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Full text of "Bulletin de la Société d'émulation du Bourbonnais. Lettres, sciences et arts"

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BULLETIN 


DE LA 

SOCIÉTÉ D’ÉMULATION 

Du Bourbonnais 



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BULLETIN 

DE LA 


SOCIETE D’EMULATION 

DU BOURBONNAIS 


LETTRES, SCIENCES ET ARTS 


TOME VINGT-CINQUIÈME 





MOULINS 

LES IMPRIMERIES RÉUNIES " 

15, RUK D*EN<îUI UN, 15 



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PROCÈS-VERBAUX 


SÉANCE DU 9 JANVIER 1922 


Présidence de \1. Georges Bruel 

E taient présents: MM. Baudet, Capeun, Chambalous, Ciiam- 
bron, chanoine Clément, D r Fourny, Gauthier, Gédel, 
Génermont, M m * Monceau, D 1 ' Monceau, Montagne, Roy, 
Sabatier, Sarrazin. 

— Excusés : MM. le D r de Brinon, Galfione. 

— Après lecture du procès-verbal de la précédente séance, 
M. Montagne fait observer qu il s’est glissé une erreur au sujet de 
la grotte de Sanssat. M. Gabriel Morand n’y a fait aucune fouille 
récente et sa dernière visite remonte à une trentaine d’années. 

— I n échange de vues a lieu entre MM. Montagne et le chanoine 
Clément, au sujet des grottes bourbonnaises. Certaines possèdent 
un tuyau d’aération, les autres en sont dépourvues. 

— 11 est procédé ensuite au dépouillement de la correspondance. 
Selon son aimable habitude, la Société Archéologique du Tarn-et- 
Garonne nous adresse des vœux de bonne année en vers latins 
d’élégante facture, contemporains, croirait-on, d’Ovide ou de Vir¬ 
gile, et dont la traduction que j’en donne atténue terriblement l’éclat : 
« La vétusté dissolvante ronge le fer et la pierre (1). » Le temps 
dévoraleur entraîne tout au trépas lointain. En tout lieu du monde, 

i) Ovide. 


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Société d’Emulation du Bourbonnais 


les monuments s’écroulent, les ruines mêmes périssent. Nous nous 
efTorçons de conserver amoureusement tout ce qui exhale le parfum 
du passé ; vestiges, chartes, inscriptions, temples, sépulcres, non 
moins que les paroles ou les faits mémorables de nos ancêtres. 

« C’est ainsi, sœur, que nous nous sommes constituées gardiennes 
du temps passé et fidèles ministresses de l’histoire locale. Tel est 
ton labeur comme c’est aussi notre œuvre utile 1 Décris donc les 
monuments célèbres de la région, s’il en existe. Rassemble pieuse¬ 
ment les vieux documents, ce faisant tu honoreras la petite patrie. 
Ainsi, les heures, pour toi, passeront rapides et douces ; les instants 
consacrés aux Muses sont toujours charmants ; quand ta mémoire 
est fidèle, c’est un fait agréable de conter. Raconte, écris et que tes 
sœurs lisent avidement tes œuvres. » 

— Lettre deM. Vernin, donnant une liste de diverses branches 
desa famille. Originaires du Donjon, les Vernin ont essaimé à Bei t, 
Neuilly-en-Donjon, Monétay-sur-Loire, Luneau, Salignj’-sur-Rou- 
don. Parmi leurs alliances, nous relevons les noms suivants : « Reve- 

9 i 

noux, Cadet, Tournu, Chartier, Riollet, Niguer. » 

M. Vernin termine sa communication par la recherche suivante : 
« Origine du nom. 1° Kymrique : givern, marais, combiné avec cced, 
donnèrait: arbre des marais, c’est-à-dire l’aulne vulgairement verne 
ou vergue ; 2° Latine de verna (sous-entendu arbor ), arbre printanier 
(verne ou vergne). 

« Il existe-en Piémont les noms suivants : Verna, Vernone, Ver- 
nino, ce qui plaide en faveur d’une origine latine ou, tout au moins, 
d’un nom celte latinisé. » 

— Lettres de MM. le D r La Couture, J.-B. Thomas, Gannat, 
Grillot, Henri Darçon, Mauzat, remerciant de leur admission. 

De M Guillaumin, donnant des renseignements sur les posses¬ 
seurs de Belret. Une note de M. Tiersonnier les complète ainsi : 

Les Minard n’ont eu Belret qu’entre 1703 et 1710 et l’ont eu par 
acquisition faite des Petitjean de la Font. 

Il y a donc eu bien des possesseurs de Belret avant les Minard. 
N'ayant jamais eu occasion d’étudier l’histoire de cette terre, je ne 
puis pas aligner les noms des possesseurs anciens ; mais voici deux 
actes à l'appui de ce que je vous dis plus haut. 

Archives nationales : 

P 476'', N° 1882 (original parchemin) Foi et hommage, io juillet 


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Procès-Verbaux 


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1703, P ar Françoise Roche, veuve de Jacques Petitjean, sieur de La 
Font, conseiller du Roi, pour la terre et seigneurie de Belleret, pa¬ 
roisse de Gipcy, délaissée pour la restitution de sa dot. 

P 476®, X® 1307, 10 janvier 1710. Foi et hommage (original par¬ 
chemin) rendu par Gabriel Minard laboureur, pour la maison fief et 
seigneurie de Belleret, situés en la paroisse de Gipcy, qu’il a acquis ie 
d;*me Françoise Roche, veuve de Jacques Petitjean, écuyer. 

Si ces Minard, qui possédaient encore Belleret à la veille de la Ré¬ 
volution, se rattachent ^ la famille du Président Minard, ce ne peut 
être que par un lien fort lointain, et aucun renseignement! généalogi¬ 
que ne l'indique, à ma connaissance tout au moins. 

De M. Tiersonnier demandant pourquoi M. Capelin a conclu, du 
fait qu’une famille de charbonniers résida au Nid-de-l’Oiseau à une 
époque reculée, que ce fût auparavant un habitat d’hommes préhis¬ 
toriques. 

M. Capelin fournit l’explication suivante : MM. Guillaumin, 
de Brinon et moi avons effectué une recherche très sommaire au 

4 

seul endroit capable de fixer l’attention. Il se trouvait précisément, 
nous dit M. Guillaumin, une cabane de charbonniers, puisque les 
registres paroissiaux font mention d’enfants nés au Nid-de-l’Oiseau. 
A quelle paroisse appartient ou appartenait cette partie delà Forêt, 
nous n’avons vu aucune importance à le savoir. Le fait qu’une cabane 
était établie en ce lieu désertique il y a quelques siècles, n’amène pas 
à conclure que quelques milliers d’années auparavant, il existât 
quelque chose ou n’existât rien ; il y a une simple présomption, car 
le plus souvent les habitats humains se superposent comme des stra- 
tifications alluvionnaires. 

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— M. Bruel lit une note de M. Guillaumin, relative à la légende du 
Trésor de la Forêt de Grosbois et dont le texte sera publié in extenso. 

— M. le Président donne l’indication des articles intéressant la 
Société, parus dans les revues et publications reçues. 

SOCIÉTÉS SAVANTES 

1 . — Provincia. Bulletin trimestriel de la Société de Statistiques de 
Marseille. T. 1, année 1921, premier et deuxième trimestres. 

2. — Archives de la France monastique. Revue Mabillon. 2 me série, 
4, onzième année, N° 44, Octobre 1921. 

3. — Bulletin de la Société nationale des Antiquaires de France. 
1920. 

4. — Annuaire-Bulletin de la Société de l'Histoire de France. Année 
1920. 


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Société d'Emulation du Bourbonnais 



BIBLIOGRAPHIE 

La reprise des relations diplomatiques avec le Vatican, par -Jules 
DELAHAYB, sénateur de Maine-et-Loire. i 884 -i 9 21 - Paris, Plon-Nourrit 
et C 1 *, 8, rue Garancière. 322 pages. — Offert par l'auteur à la So¬ 
ciété. L’auteur habite Chantocelle, près de Deux-Chaises, et son livre, 
qui a un intérêt général, a été écrit en Bourbonnais. 

Peux procès de Madame Anne de France, dame de Beaujeu, par 
Léonce CÉLIER. Extrait de la Bibliothèque de l École des Charles. 
Année 1918. T. LXXIX. Paris, 1919, 22 pages. — Offert par l’auteur 

à la Société. 

Le premier procès est une revendication du Beaujolais par Jacques 
de Beaujeu, seigneur de Lignères et d’Amplepuis, contre Anne de 
France. Le procès dura 8 ans (1507-1516) et se termina par une tran¬ 
saction. 

Le second est une affaire de délimitations de justices entre les cha¬ 
noines de Lyon et Anne de France, pour des terres situées du côté de 
Trévoux. Le procès se termina en 1512 et le représentant de la du¬ 
chesse était Jacques de Vitry, chancelier de Bourbonnais. 


— M. de Saint-Venant, président de la Société des Antiquaires 
du Centre, par lettre du -16 décèmbre 1921 prie M. Tiersonnier de 
signaler à ses confrères de la Société d’Emulation la table des noms de 
lieux et de personnes de l’Histoire de Berry, par de la Thaumassière, 
faite par M. l’abbé Duplaix et éditée par la Société des Antiquaires 
du Centre. Cette table, qui renvoie à ledition ancienne et ù la réim¬ 
pression jadis faite par nos savants voisins de Bourges, facilite sin¬ 
gulièrement les recherches. Tous ceux qui sont tant soit peu au 
courant de l’histoire provinciale savent combien la Thaumassière 
est à la fois utile et difficile à consulter. La Uble de l’abbé Duplaix 
facilite les recherches. La Thaumassière fournissant une foule de 
renseignements utiles à enregistrer pour l’histoire bourbonnaise, la 
table de l’abbé Duplaix mérite d’être signalée aux amateurs. Cette 
publication, qui a coûté fort cher à nos confrères des Antiquaires 
du Centre, peut être acquise au prix de 7 fr. 1 exemplaire, plus les 

frais de port. 

Au prix où sont depuis plusieurs années les impressions, on peut 
dire que la Société des Antiquaires du Centre a agi pour l’amour de 
l’art et sans préoccupation commerciale. M. Tiersonnier qui a plus 
d’une fois consulté cette table avec profit, ne peut que conseiller 
tous les possesseurs d’un exemplaire de la Thaumassière, de se pro- 


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Procès-Verbaux 


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curer cette table. Pour eux, aussi bien que pour la Société des Anti¬ 
quaires du Centre, par cette acquisition ils feront une bonne œuvre 
archéologique et historique. 

— M. Bruel fait circuler une série de cartes postales offertes par 
notre confrère M. Sèque ; elle renferme les principales vues de 
Coulandon. 

— Les membres présents peuvent ensuite examiner le buste trouvé 
à Cusset, par M. Gav, architecte, et possédé par M. de Froment, 
d’Isserpeut, dont il a été donné une reproduction page 233, t. XXIV. 

— M. Bruel lit une note du comte de Cliabannes adressant à* la 
Société une liste (les Bourbonnais exécutés à Lyon en 1793. 

— M. le Chanoine Clément donne lecture d’une lettre adressée 
par M. Emile Magne, à notre confrère M. Crépin-Leblond, en ré¬ 
ponse à la demande de renseignements supplémentaires sur la 
possession par Tallemant, du fief nérisien des Réaux. 


8 Décembre içii. 


Cher Monsieur, 

% 

Je suis très heureux d’apprendre que quelques érudits du Bourbon¬ 
nais se sont intéressés à mon livre et je ne demande pas mieux que do 
leur offrir, par votre aimable entremise, des renseignements anticipés. 

11 ne peut pas être question d’une terçe des Réaux quelconque, située 
à Jonzac ou ailleurs, et ayant donné son nom à Gédéon Tallemant. Cn 
fief des Réaux existait bien au xvn e siècle, aux environs de La Rochelle, 
mais il appartenait à une autre famille. 

J’ignore à quelle date les Réaux bonrbonnais sont entrés en posses¬ 
sion des Tallemant. Je n’ai pas découvert le contrat d'acquisition. Il est 
plus que probable que cette terre fut attribuée à Pierre Tallemant, 
banquier, père de Gédéon, par quelque débiteur insolvable. De la même 
manière, le banquier Rambouillet possédait maisons et terres aux envi¬ 
rons de Calais. 

Je n’ai découvert que le contrat de vente par Pierre Tallemant, de la 
terre des Réaux. Ce contrat, en date du 20 août 16 ô 3 , spécifio que la 
dite terre était située « en la paroisse de Néris, en Bourbonnois, près 
Montluçon ». 

L’acquéreur se nommait Guillaume de Saint-Mesmin, receveur des 
tailles à Montluçon. Je peux vous préciser, par un acte des Archives 
Nationales, que ce Guillaume de Saint-Mesmin devint, dans la suite, 
vice-sénéchal du Bourbonnais. 

I.» terre des Réaux était affermée au sieur Claude'Le Bnuyx, mar¬ 
chand tanneur à Montluçon. Kn avril Ifiôl, Pierre et Paul Tallemant, 
fils aines de Pierre Tallemant, lo banquier ot ses associés, donnent quit¬ 
tance d’un fermage à Claude Le Bnuyx. Le 1 er mai 16 ôl, Piprre Talle¬ 
mant renouvelle ce fermage. 


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Société d’Emulation du Bourbonnais 


Le contrat de vente stipule que l’acquéreur entrera en jouissance « à 
la date de la SainWean-Baptiste prochain », c’est-à-dire en juin 1654 . 
Le vendeur se réserve le bétail existant dans la propriété à cotte date. 

Conditions de vente: 12.000 livres, dont 2.000 comptant; 4.000 le 
jour de l’entrée en jouissance de l’acquéreur, en échange desquelles 
seront livrés les titres de propriété ; 6.000 livres garanties par un titre 
de rente de 300 livres, que l’acquéreur pourra racheter en quatre quar¬ 
tiers, moyennant les intérêts au denier vingt. Pierre Tallemant prévoit, 
dans le contrat, la rupture du bail de son fermier. 

Guillaume de Saint-Mesmin régla les 4.000 livres à la Saint-Jean- 
Baptiste 1654 . I>e 7 février 1660 , Pierre Tallemant, sieur de Boisneau, 
son père étant mort, lui rendait sa rente de 300 livres, moyennant une 
somme de 6.185 livres. 

La vente de la terre des Réaux, en Bourbonnais, obligea Gédéon Tal¬ 
lemant, connu sous le nom de Des Réaux, dans la Société, et, n’ayant 
plus de nom désormais, à adresser une requête au roi pour obtenir que 
sa terre du Plessis-Rideau, eu Touraine, fût appelée terre des Réaux. Le 
Roi lui donna satisfaction, comme vous le verrez dans mon second 
volume, et il y eut désormais une nouvelle terre des Réaux. 

J’espère que ces explications satisferont la légitime curiosité de vos 
amis. 


M. Bruel lit la note suivante émanant de M. le D r de Brinon : 
Tallemant des Réaux connaissait Moulins. Dans la réunion du 
15 avril 1854, M. de Bure (notre troisième président) signale à l'at¬ 
tention des moulinois présents un passage des Historiettes de Talle¬ 
mant des Réaux relatif à la dénomination de la rue de la Flèche à 


Moulins (Bull., t. III, p. 332). 

— M. Sabatier informe la Société du résultat des fouilles qu’il a 
faites à Aurouër. Les travaux entrepris ont mis à jour de nombreux 
tessons de poteries brutes ou vernissées, tuiles ou fragments de 
vases, du verre et, dans une tranchée plus profonde, un couteau en 
pierre recouvert d’une gangue calcaire, ainsi qu’un coup de poing. 
Les explications de M. Sabatier et l’examen des trouvailles ont 

9 

vivement intéressé les membres présents. 


— M. G. Bm kl signale que deux caries du Xoiirel Atlas l'nirer- 
srl de Schradcr, n° 7, « France Physique », et n° 12, « Franco 
F>1 », portent, en Bourbonnais, des inscriptions mal placées. Sur 
ce* caries, le nom : Sologne Bourbonnaise couvre le terrain com¬ 
pris entre Saint-Pierre-le-Moutier. Saint-Ennemond et la vallée 
de l’Abron, alors que Limagne Bourbonnaise est inscrit dans la 
région comprise entre Toulon-sur- Allier. Beau Ion. Yniimn« et 
Sa i nf-Géra nd-de-Vaux. 


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Procès-Verbaux 


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On est d'autant plus surpris de voir ces noms de pays niai pla¬ 
cés que la première édition de l’Atlas Vivien de Saint-Martin 
porte ces noms là où ils doivent être (cartes n° 8 et 13), et que 
le Dictionnaire de la -France, de Paul Joanne, édité lui aussi chez 
Hachette, donne les indications suivantes, qui sont très exactes : 

(Article Allier, t. I, p. 51) : 

« Au Nord de Mayet-de-Montagne, et surtout d’une ligne à tra¬ 
cer de Varennes-sur-Allier à Jaligny, sur la Besbre, s’étendent des 
plateaux très boisés (bois de Jaligny. de la Marsaude, des Fougis, 

du Puyet, de la Motte, de Leyde, de Pommai, de Munet), qui ap- 

» 

partiennent aux formations tertiaires (grès de Fontainebleau) et qui 
descendent graduellement à 250 mètres. Çes plateaux forment le 
dos du pays entre Loire et Allier, dans les deux cantons de Neuilly- 
le-Réal et de Chevagnes, offrent des terrains froids, argileux, ma¬ 
récageux, qui ont valu à celte partie du pays le nom de Sologne 
Bourbonnaise , pauvre campagne avec de sombres bois de chêne, 
des cabanes couvertes de chaume, des cultures de blé noir et des 
étangs à fleur du sol.... 

«t Au centre du Département, la Sioule, l’Andelot et l’Ailier, que 
séparent les vastes forêts de Montpensier et de Marcenat, arrosent 
la plaine fertile (terrains tertiaires, profonds, alluvions), qui con¬ 
tinuent au Nord la Limagne d’Auvergno et a reçu le nom de Li- 
tmtgne Bourbonnaise. » 

(Article Bourbonnais, tome I, p. 546) : 

« Deux traits constituent néanmoins son individualité géolo¬ 
gique : d’abord à l’Est de Moulins, entre l’Ailier et la Loire, une 
plaine* basse de sable et d’argile pliocène, avec fond de marnes 
imperméables, pays d’étangs, de terres infertiles, nommé la Sologne 
Bourbonnaise , qui se rattache au Sud à là Limagne d’Auvergne 
par la Limagne Bourbonnaise (pays de forêts) entre l’Ailier et la 
Sioule. » 

(Article Sologne Bourbonnaise, tome 1. p. 4.684) : 

« La Sologne Bourbonnaise fait suite au Nord à la plaine de 
In Limagne. Touchant à l’Ouest à la vallée de l'Ailier \crs Mou¬ 
lins. à l Est celle de la Loire en face Bourbon-Laney, au Sud-Est 
colle de la Besbre à Dompierre, elle a pour principal émissaire 
l'Acolin.... Au Nord la Sologne Bourbonnaise, qui va s’effilant en- 


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Société d’Emulation du Bourbonnais 


tne la Loire et l’Ailier, se modifie et fait place à un plateau juras¬ 
sique disloqué : cetto extrémité septentrionale est généralement 
appelée pays entre Loire et Allier. » 

De son côté, Onésime Reclus, dans Lu France et scs Colonies , 
tome I, p. 126, dit : 

« Sologne: — On peut croire que le nom de Sologne a le même 
radical que celui de « ségalas ». Ce n'est pas qu’une plaine à- pi- 
mères avec étangs d'eau rousse, verdis par le nénuphar, ressemble 
à nos plateaux granitiques ou schisteux du Midi, mais ces plateaux 
et celte plaie' ont de tout temps dressé plus d’épis de seigle que 
d’épis de froment. Or. seigle se dit en latin secale, d’où, d’une 
part ségalas, ot d’autre part secalaunia, et par corruption Sologne, 

m 

nom que d’autres ont tiré de Sabulonia, la Sablière. » 

L’étymologie d’Onésime Reclus convient bien à la contrée qui 
nous intéresse, car autrefois la Sologne Bourbonnaise était bien 
une terre à seigle et, seuls les amendements et engrais employés 
depuis 80 ou 90 ans, les défrichements de landes et de champs de 
balais, ont permis de transformer le pays et en ont fait une terre 

à froment et !ù prairies de valeur moyenne. 

« 

Lorsqu’on examine les cartes géologiques au 80.000 e (feuilles 
de SainUPierre, Autun, Charolles et Moulins) on est frappé de 
voir l’étendue, presque continue, occupée par la teinte rosé, qui 
couvre un vaste triangle dont les sommets seraient : Saint-Pienre- 
le-Moutier. Saint-Honoré-les-Bains et Yarennes-sur-Allier. D'après 
les légendes, cette teinte correspond à des argiles et graviers de 


hauts plateaux, à des sables et cailloutis do plateaux, à des argiles 
et sables du Bourbonnais, qui paraissent appartenir à une même 
formation géologique d’Age assez discutable (d’après la légende de 
la feuille de Moulins, où l'on ropj>elle qu’on a rattaché ces sables 
à ceux de la Sologne et aux graviers de Thagny). D’après M. G. 
Dolfus, ces formations se sont déposées à partir du Miocène in¬ 
férieur et M. Chaput Goir Bulletin Société tl'Fmiilalion, 1021, p. 
282) estime que les dépôts ont continué pendant une partie de l'é¬ 
poque quaternaire. 

A l’Est de la forêt du Perrav (N.-O. de Donnes) des formations 
rie granit et de grnnulite. de gneiss, du porphvrilo micacée, for¬ 
ment un îlot de 4 sur 7 kilomètres, limitant au Nord la Sologne 
Bourbonnaise, qui au Sud-Est est bornée par la ligne Varennes, 


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Procès-Verbaux 


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Montoldre, Tréteau, Thionnc, Jalignv cl. la vallée de la Besbre. 
Les vallées qui se sonl creusées dans ce plateau oui leur fond 
lormé d’alluvions modernes, qui donnent eu général d'assez bonnes 
prairies, dès qu’ils sont drainés. 

Si l’on trace sur une carie muette, au 20U.U0U m ' par exemple, les 
divers étangs (beaucoup d’entre eux ont été vaqués depuis un siècle, 
ce qui fait que dans beaucoup de prés on voi/t d'anciennes chaus^ 
sées éventrées), qui se trouvent dans la partie Nord-Est du Bour¬ 
bonnais et dans le Sud-Est du Nivernais, on voit que l’aine qu'ils . 
occupent coïncide presqu'oxactcinent avec la zone que nous avons 
définie d’après la carte géologique. Dans le voisinage on trouve 
bien quelques étangs, mais ils sont plus espacés et sont en général 
peu nombreux. 

Aussi ne doit-on pas s'étonner que M. J. Lcvaimille, dans son 
ouvrage sur le Morvan, appelle Sologne Bourbonnaise (voir sa 
carie p. 7) le triangle de la rive droite de la Loire ayant pour som¬ 
mets : Decize, Saint-llonoré et l'embouchure de la Besbre. 

Divers atlas classiques, comme celui de Sehradcr et Gallouédec. 
indiquant les Sologne et Limagne Bourbonnaises comme occupant 
les mêmes; emplacements (pie sur les cartes du nouvel Atlas Uni¬ 
versel Schrader, il convient de protester contre ces inexactitudes 
oî do faire remarquer à la maison Hachette qu elle doit rectifier 
ces erreurs inexplicables, dans ses nouvelles éditions, et revenir 
ainsi aux indications des premières cartes Prudent <*l aux notices 
du Dictionnaire do Paul Jeanne. 

li faut noter aussi que sur la feuille 12 du nouvel Allas Universel 
d** Sehradcr, le nom (’ombrailles ne s'étend pas assez à lEst. II 
devrait, en effet, aller jusqu'à la Double moyenne, puisque Mar- 
< iliat (qui est dans noire département) et Montaigut-on-Uoinbraillcs 
(qui aux xvil® et xvin* siècles faisaient partie de la Généralité de 
Hioni) appartenaient à la Uondmiilles au Moyen-Age. L inscription 
de la carte \° 7 est mieux placée, puisque les quatre dernières 
lettres du mot (.’ombrailles sont à l'Est du Cher. 

A propos de ces noms de pays de notre Bourbonnais. M. Bruel 
demande à partir de quelle époque l’expression Montagne Bour¬ 
bonnaise a commencé à être employée, car elle ne lui paraît pas 
être ancienne, alors que depuis quelques années elle devient cou¬ 
rante. 


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Société d’Emulation du Bourbonnais 


— Sont admis en qualité de membres titulaires : 

M. le D r Treyve, avenue Nationale. 

M. Jules Grandmougin, directeur de la Banque Régionale du Centre, 
avenue Nationale. 

M. le D r Robert Chantemesse, rue Boissy-d’Anglas, Paris. 

M. Pierre Roux, propriétaire, à Saint-Germain-des-Fossés. 

M. Pierre Ollagxier, ingénieur civil des Mines, directeur des 
Mines de Bert, à Montcombroux. 

M. Louis Vai.lery, notaire, à Arfeuilles. 

M. Félix Buissox, avenue de la Gare, Vichy. 

M. l’abbé Léon Cote, licencié ès lettres, professeur de rhétorique, 
à l’Institution du Sacré-Cœur, rue de Paris, 51. 

M. Pierre Pouxadoux, instituteur à l’école Carnot, à Vichv, 

M ,,c Charles, institutrice à l’école Sévigné, à Vichy. 

M. Félix Gabt, conservateur des Hypothèques, en retraite, rue de 
Longchamp, à Vichy. 

— Sont présentés à l’admission : 

M. Claude Mosxier 73, rue de Paris, à Saint-Leu-la-Forêt (Seine- 
el-Oise' t présenté par MM. le D r dè Brinon, Dénier, Grégoire. 

M. Rouii.lox, directeur de la verrerie de Souvignv, présenté par 
MM. le chanoine Clément, Génermont, Georges Bruel. 

M m * de Tulle, propriétaire. 22, rue de Bourgogne, présentée par 
M 11 ’ de Bonand, MM. de Brinon, le chanoine Clément. 

M. Gabriel Giraudet, agriculteur, à Franchesse, présenté par 
MM. le chanoine Clément, Génermont, Gustave Bourdérioux. 

M. le D r Marigot, médecin à Bourbon-l’Archambault, présenté par 
MM. le chanoine Clément, D r Fourny, Gustave Bourdérioux. 

M. Paul Pvvaillon, propriétaire, 13, rue Régemortes, présenté par 
MM. le D r de Brinon, Leutrat, le chanoine Clément. 

M Jean-Baptiste Charpy, entrepreneur de serrurerie, 17, rue du 
Vert-Galant, présenté par MM. le D r de Brinon, le chanoine Clément, 
Jean Sèque. 

M. Aristide Brossahd, quincaillier, 27. rue de Bourgogne, présenté 
par MM. le l) r de Brinon, le chanoine Clément, Jean Sèque. 

M. Charles de Boxy. propriétaire, à Aurouër,- présenté par MM. le 
l) r de Brinon. Sabatier. Chambron. 


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Procès-Verbaux 


11 


,, r if ^ — - — - 

M. P. Descombes, directeur de la « Semaine de Gusset », à Vichy, 
présenté par MM. le chanoine Clément, Paul Duchon, Joseph Viple. 

— L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 22 heures. 

E. Capelin. 


SÉANCE DU 6 FÉVRIER 1922 


Présidence de M. le D r de Brinon 

« 

Etaient présents : MM. Bony, Georges Bruel, Capelin, Chanoiue 
Clément, Gautier, Gédel, Génermont, Grandmougin, Lassimonne, 
Montagne, Roy, Sabatier, Tiersonnier. de Verrières. 

— Excusés: MM. Chambron, Delaigue, Galpione, Morand. 

— Après lecture et approbation du procès-verbal de la séance 
précédente, M. le Président prononce les paroles suivantes : « Nous 
avons à enregistrer le décès d’un de nos plus anciens membres, 
M. Abel Chabot, qui est mort le 27 janvier. Son admission remon¬ 
tait au 3 juillet 1891 . Il n’assistait pas à nos réunions mais s’inté¬ 
ressait à nos travaux. Collectionneur avisé, .il avait réussi à consti¬ 
tuer une galerie où les meubles et les faïences rivalisaient avec de 
belles reliures et l'on pouvait admirer un lot important de serrures 
artistiques. » 

— M. le Président complimente M. le Chanoine Clément de sa 
promotion à la dignité d’oflicier d’Académie, distinction bien mé ¬ 
ritée, dont tous les membres présents félicitent chaleureusement 
notre confrère ; à ce juste hommage ne manquera pas de s’ajouter 
l’adhésion unanime de tous nos sociétaires. 

M. le D r de Brinon annonce la reconstitution de la Société Scien- 
tiiique du Bourbonnais et du Centre de la France, dirigée, pendant 
toute son existence, par notre collègue M. Ernest Olivier. Le nou¬ 
veau président qui est l’un des nôtres, M. Lassimonne, en est venu 
annoncer, la reconstitution et assurer, en même temps, que la nou¬ 
velle Société compte toujours entretenir les meilleurs rapports avec 
la nôtre. 


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12 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


— li est procédé au dépouillement de la correspondance : 

Lettres de MM. Vallert, notaire à Arfeuilles ; D r Treyve ; P. Olla- 
gxier, directeur des Mines de Bert ; Grandmougin, directeur de la 
Banque Régionale du Centre, à Moulins ; D r Robert Ciiantemesse : 
M 11 * Charles, à l'école Sévigné à Vichy ; Pouzadoux, instituteur à 
Vichy ; Félix Gabt, conservateur des hypothèques en retraite à 
Vichy, remerciant de leur admission. 

Lettre de M. A. Bai dot. président de l’Académie de Dijon, qui 
nous annouce que les mémoires de cette Académie paraîtront régu¬ 
lièrement tous les mois à partir de 1922 ; que la Commission des 
antiquités de la Côte-d'Or, la Société Bourguignonne de Géo¬ 
graphie et d’Ilisloire. ont fusionné avec l’Académie. 

Lettre de M. l’archiviste des Vosges qui est, en même temps, 
président de la Société d’EinuIation des Vosges, demandant com¬ 
munication du travail de M. Alary, sur François Beaucaire de 
Péguillon, paru en i 852. Noire excellent bibliothécaire a retrouvé 
un tirage à part de ce travail et,l’a envoyé à Epinal. 

Lettre de M. le D r de la Di re qui a bien voulu communiquer à 
la Société d intéressants renseignements bibliographiques qui paraî¬ 
tront dans la chronique du Bulletin . 

Lettre de M. Eugène Le Brus, annonçant qu’il s’est présenté à la 
librairie Bosse dans l’intention d'acheter le livre de raisou de Pierre 
de Culan, pour la Société. L’ouvrage venait d’être vendu. Le libraire 
ignore le nom et l’adresse de l'acquéreur. 

M. le Chanoine Clément lit un article nécrologique consacré à 
notre confrère Pierre Gautier, mort glorieusement pour la 1*’rance 
au cours de la Grande Guerre. 

M. Hubert Gautier, père de l'héroïque combattant, remercie en 
termes émus, de la sympathie qui lui est témoignée. 

M. le Chanoine Clément nous entretient, au nom de M. Vouilloux, 
gardien du Musée, d’une découverte de 200 monnaies d’argent 
fi kilog', faite le mois dernier par M. llippolytc Mallet, proprié¬ 
taire à Cosne, chez lui. d’après ses déclarations, et renfermées dans 
un pot de terre grise. Elles sont toutes à l'efligie des rois Charles^ 111 
1470 - 1 / 198 ), Henri Iï ( 1547 - 1559 ', Charles IX \i56o-i 574) et 
Henri III (i 584 -i 589 ,. Ce sont des écus au soleil, grands 
blancs, etc., en parfait état de conservation. O 11 pouvait encore les 


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Procès-Verbaux 


13 


voir, le mois dernier, entre les mains de M. Andriot, au domaine 

■% 

Pérou, à Venas. 

— Notre confrère annonce que M. Léon Burias vient de passer sa 
thèse d’archiviste paléographe consacrée aux « Grands Jours d’Au¬ 
vergne » et qu’il vient d’être nommé archiviste départemental à 
Angoulême. 

— M* le Président rend compte des publications reçues : 

I. — Mémoires de la Société d'Emulation de Montbéliard. 45 # vol. 1921.- « 

II. — Les Amis de Montluçon . Bulletin de septembre-décembre 1921. 

III. — La région du Centre , janvier 1922. 

IV. — Mémoires de i Académie des sciences , belles-lettres et arts de Lyon. (Scien¬ 
ces et Lettres.) 3* série. Tome XVII. Lyon, 1921. — 1 vol de 400 pages. 

V. — Archives de la France monastique. Vol. XX. Recueil de chartes et docu¬ 
ments de Saint-Martin-des-Champs, monastère parisien, par J. Dbpoih, T. IV. 
Ligugé-Paris, 1921. 

VI. — Archives de la France monastique . Vol. XXI. Recueil des chartes et docu¬ 
ments de Saint-Martin-des-Champs, par J. Depoir, T. V. Ligugé-Paris, 1921. 

VII. — Bulletin historique du diocèse de Lyon . Nouvelle série, janvier 1922, n® 1, 
Rédaction : rue des Macchabées, 11, à Lyon. 

VIII. *— Bulletin de la Commission historique et archéologique de la Mayenne. 
2 é série. Tome 37. 1921. 

IX. — Bulletin de la Société archéologique , scientifique et littéraire de Béziers 
(Hérault). 9 f série. Tome XI, 2* livraison. Volume XLIII de la collection. Béziers, 
1919-1920. 

X. — Mémoires de la Société des sciences naturelles et archéologiques de la 
Creuse . T. XXI, 6® fascicule. Guéret, juillet 1921. — M. Marcel Savignat con¬ 
tinue ses notes historiques sur les registres paroissiaux ; il donne dans ce fascicule 
la paroisse de Bord-Saint-Georges : plusieurs noms intéressent des familles bour¬ 
bonnaises : de Montagnac, de Chaussecourte, du Peyroux. ^ 

XI. — Bulletin historique et scientifique de i Auvergne, publié par l’Académie 
des sciences, belles-lettres et arts de Clermont-Ferrand. Les 12 fascicules de l’an¬ 
née 1921 et le 1 er fascicule de l'année 1922. — À signaler la généalogie de la fa¬ 
mille de Prélat par M. Henri Duraüdard d’Aurblle. 

XII. — Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de VYonne. 
Année 1920, 74 vol. (4 e de la 5* série). Auxerre, 1921. 

XIII. — Mémoires de la Société d'Emulation du Doubs. 8 # série. 10* volume, 

1919-1920. Besançon, 1921. 

XIV. — Bulletin et mémoires de la Société archéologique du département (Tllle-et- 
Vilaine. Tome XLVIII. Remies, 1921. 

XV. — Revue des Etudes historiques, 87 e année. Septembre-décembre 1921. 
Librairie Auguste Picard. 

XVI. — Bulletin-Journal de la Société d'Agriculture de V Allier. N° 10, novembre et 

0 

décembre 1921. — La Société nous a envoyé, comme tous les ans, une carte 
d’entrée au concours. 


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14 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


— M. Tiersonnier signale une publication déjà ancienne, mais qu’il 
serait, à son avis, intéressant d’avoir dans notre bibliothèque : 

Nobiliaire du Nivernois, par Adolphe de Villenaut, avec collabo¬ 
ration de M. de Flamare, archiviste de la Nièvre, t. II (seul paru), 
Nevers, Vallière, 1900 . 

Dans ce seul tome II 011 trouve des renseignements sur nombre 
de familles mêlées à notre histoire provinciale. 

Aycelin de Montaigu, de Bar, de La Barre, de Beaujeu. de 
Bonnay, de Breschard, de Bourbon, de Bourbon-Busset, de Bourbon- 

•k» 

Clessy, de Bèze, de Babute, de Ballorre, de Bongars, de Buffevent, 
Rouzitat,de Bouillé, de Béthune, de Charry, de Châlillon, deChéry, 
du Crcst, Chauvelin, de Culon, Coquille, de Chabanncs, de Cliatel- 
perron, de Champfeur, de Dreuille, d'Estut, Fouet de Dornes, 
Frappicr, de Grivel, Gueneau., de Gaulmyn, de Gamacbes, Gravier, 
de L’Hospital, Josian de Grandval, de Lichy, de Lanty, Maublanc, 
de Mcllo, de Mullot de Villenaut, de Marcellanges, de Montjournal. 
de Norry, de Noury, de Neuchèze, Pierre de Saint-Cy, de Pons, de 
Pierrepont, Palierne. Quarré d’Aligny, Robert, Soreau, de Saint- 
Quintin, Sallonnier, Sanlnier de Toury, de Saulx-Tavaunes, de 
Toucy, Tridon, Tiersonnier, Thonnelier, Vyau de La Garde et de 
Baudreuil, de Vienne, de Viry, de Vichy, etc... 

Cet ouvrage, très sérieusement fait, a justifié son exergue : Ne quid 
falsi audeat, ne quid uere taceal. 

La mort des deux collaborateurs fait présumer que l’ouvrage ne 
sera jamais terminé. Le volume paru commence à devenir fort rare. 
On peut encore se le procurer, avec quelque peine, au prix de 
3o francs. Ce serait pour notre bibliothèque un utile instrument de 
travail, complétant heureusement la collection des Gozis. 

M. Tiersonnier présente «à la Société une feuille imprimée con¬ 
tenant une : « Nouvelle et dernière liste des personnes convoquées 
par ordre du Roi, pour l’Assemblée des Notables du Royaume, 
remise au jeudi 22 février 1787 . » 

— Il est émis la proposition de tenir la réunion statutaire de 
mars, le premier dimanche dans l’après-midi ; cette proposition 
n’est pas adoptée. 

— M. le Chanoine Clément présente divers projets d’excursion 
l'un à Hérisson, Châteloy, l’autre à Villelranche, Montcenoux, 
Murat, Chappes. 


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Procès-Verbaux 


15 


A la prochaine réunion, les membres de la Société décideront, 
par la voie du scrutin, sur celui des projets qui leur agréera. 

— M. Sabatier donne connaissance du compte rendu .d’une 
réunion tenue à Moulins en 1795 , à l’effet de protester contre l’exé¬ 
cution des 3a Bourbonnais à Lyon. 

— M. Sabatier lit un article paru dans le supplément littéraire 
du Figaro, sous la signature d’Adolphe Aderer et relatif au passage 
de Boileau à Moulins lorsqu’il se rendit à Bourbon-l’Archambault ( 1 ). 

— M. Roy présente deux haches en pierre polie bien conservées. 
Trouvées, il y -a quelques années, sur le territoire de Tronget, elles 
peuvent, à ce titre, intéresser la Société. 

L'une qui paraît être en grès, est de forme régulière et mesure 
o m ,io de longueur sur o m ,o63 de largeur maxima. 

L’autre, par sa dureté et la finesse de son grain et malgré sa 
patine verdâtre, paraît être en silex. Elle présente cette particula¬ 
rité que souligne M. le Président, d’être incurvée sur son grand axe. 
Elle mesure o“\n5 sur o m ,o45. 

Ces haches ont été trouvées en plein champ, sur le plateau uni 
de Tronget, où il ne saurait être question de trouver ni grottes ni 
abris. 

M. Roy fait circuler un triangle en aluminium provenant de la 
carcasse métallique d’un Zeppelin, et fait remarquer avec quelle 
ingéniosité sont opérés les assemblages. 

— M. G. Bruel signale deux brochures de M. M. Moriu, agrégé 
et professeur de physique au lycée de Montluçon, concernant l’étude 
hydrologique du bassin du Haut-Cher. 

Dans la première de ces brochures ( 2 ), on trouve : une carte indi¬ 
quant la position des 12 barrages envisagés (6 sur le Cher, 5 sur la 
Tardes et 1 sur la Vouèze), 1 proül de ces trois rivières, des gra¬ 
phiques concernant les chutes de pluies et les débits des cours d'eau 

(1) Le satirique Boileau aurait été l'objet d’une tentative matrimoniale 
assez grotesque d’ailleurs. Depuis cette séance, l’article en question a été re¬ 
produit, en entier, par le Courrier de l’Ailier (n° du 21 février 1922), qui 
•joute « qu’il s'agit là d'un amusant pastiche, délassement aimable d'un 
lettré délicat ». 

(2) « Régime des eaux de Combrailles (bassin du Haut-Cher) •, 27 pages, 
10 figures. Extrait des Annales de la Direction Générale des Eaux et Forêts, 
fasc.49, Impr. Nation., 1919. 


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16 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


en 1916, le régime du Cher, à Rochebut, avant et après la cons¬ 
truction du barrage, etc. 

M. Morin nous apprend que le régime du Cher est très irrégulier, 
puisque, le 19 novembre 1906, le Cher débitait à Montluçon à 
8 heures, ao m3 par seconde, et qu'à 16 heures il roulait Soo'*' 3 . Le 
rapport des débits extrêmes considérés est d’environ 25 .000 à 1, ce 
. qui s’explique par la constitution géologique du bassin du Haut- 
Cher, presque entièrement granitique ou gneissique, qui le rend 
imperméable. 

Pour étudier le régime pluvial, M. Morin a organisé 11 postes 
d’observation, dont 5 ont fonctionné durant 10 ans. L’année 1910 a 
été exceptionnellement pluvieuse, alors que 1918 a été extrême¬ 
ment sèche. Les mois les plus pluvieux sont mai et juin (orages) et 
les plus secs janvier et février, si l’on considère la hauteur de pluie 
et non le nombre de jours où il pleut. La chute moyenne annuelle 
de 1909-1918 est de 903 millimètres. Le coefficient de ruisselle¬ 
ment déterminé par M. Morin est 0.462. 

Le barrage de Rochebut situé à 2.600 m. en aval du confluent 
de la Tardes et du Cher est haut de 43 mètres et forme un réservoir 
de 2 kilomètres carrés environ, qui s’étend à 9 kil. 5 oo dans la 
vallée du Cher et à 8 kil. 5 oo dans celle de la Tardes. Ce réservoir 
peut emmagasiner 34 millions de mètres cubes d'eau. 

Les 12 barrages envisagés pourraient fournir un total de 36 .260 
chevaux-vapeur. Dans la seconde brochure (1), M. Morin donue 
quelques détails supplémentaires sur ces divers barrages. 

Il est à souhaiter que des études aussi sérieuses et aussi complètes 
soient faites et publiées sur les vallées de la Besbre, de la Sioule et 
de la Bouble, qui sont susceptibles de nous fournir de la houille 
verte. Il importe, en effet, d’être fixé au plus tôt sur les barrages 
possibles, sur le régime de ces rivières, de façon à être renseigné 
sur l’énergie que nous pourrions capter de telle sorte que l’on n’y 
entreprenne que des travaux utiles et payants. 

— M. G. Brlel indique ensuite que sur la feuille n° 46 (Moulins) 
de la carte de France au 200.000* du Service Géographique de 
l'Armée, les hauteurs séparant la vallée du Haut-Cher de celle de la 

(1) « Essai théorique de régularisation du débit d'une rivière du Massif 
Central ». Extrait de la iteu. Gen. de l’Electricité, 2 juillet 1921, t. X, p. 17*21, 
2 fig. 


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Procès-Verbaux 


n 


Sioule el de son affluent la Boublc, sont appelées collines de Com- 
brailles. 11 s’étonne de voir que les huit dernières lettres du mot 
Gombrailles s’étendent au nord du chemin de fer Montluçon-Gannat, 
sur les environs de Montmnrault et jusqu’à hauteur de Deux- 
Chaises. 11 semble cependant que la Gombrailles ne s’est jamais 
étendue au N.-E. de Beaune et. par suite, sur des contrées Bour¬ 
bonnaises situées au-dessous de la courbe 5 oo m . 

\ 

— M. G. Brl’ei. demande que l’on publie dans le Bulletin le ques¬ 
tionnaire de Géographie Humaine que la Société Bourbonnaise des 
Etudes locales vient d'adresser à^ses membres. Il souhaite que les 
deux Sociétés collaborent à cette enquête fort intéressante, qui per¬ 
mettra de préciser beaucoup de faits .ou de notions vagues. Il attire 
spécialement l’attention de nos confrères sur la partie concernant 
l’habitation, ses caractères, ses particularités (formes des toitures, 
tuiles, matériaux employés, etc.), sur ses transformations di¬ 
verses, etc. 

II signale l’enquête sur les conditions de l’habitation en France, 
les Maisons types (2 vol. 29.7/12 et !\3 de la bibliothèque de Mou¬ 
lins), qui comprend une introduction de 5 i pages de M. de Foville, 
une étude historique de J. Flach, de 97 pages et 516 pages de 
texte ou de gravures concernant diverses régions de France, parmi 
lesquelles ne figure pas le Bourbonnais. La lecture de cet ouvrage 
* montrera les points sur lesquels il faut principalement faire porter 
l’enquête. 

— M. G. Bruei. fait connaître enfin le développement considé¬ 
rable pris par la Société Bourbonnaise des Etudes Locales, qui 
compte maintenant plus de 55 o membres, alors qu’au i ,r août 191/1 
elle n’en avait que 107 et seulement 91 au i* r janvier 1919. D’après 
♦des renseignements envoyés par le Comité Central en novembre 
1921, seuls les groupes départementaux de l’Ailier, de l'Indre, du 
Rhône et de la Loire-Inférieure, avaient repris leur vie normale et 
publiaient un Bulletin. Les trois premiers groupes‘comptaient seuls 
plus de 5 ©o membres. 

Le développement parallèle de nos Sociétés montre l’intensité de 
la vie intellectuelle dans notre département, surtout si l’on songe 
que la Société des Amis de Montluçon compte actuellement environ 
280 membres et que la Société Scientifique du Bourbonnais en 
groupe déjà une soixantaine. 

2 


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18 


Société d’Emulation nu Bouhronnais 


M. le Président donne lecture de quelques pages consacrées à 
l'historique de notre Société. 

— M. G. Bruel signale que le « Larousse Mensuel » (Numéro 
1 54 î décembre 1919, page 974 ; 2 colonnes et demie de texte et un 
portrait) a consacré, sous la signature de M. F. Guiraud, un inté¬ 
ressant article à M. Emile Mâle, élu le 6 décembre 1918 membre de 
l'Académie des Inscriptious cl Belles-Lettres. M. Mâle est né à Com- 
mentry le 2 juin 1862. 

— Sont admis en qualité de membres titulaires : 

M. Claude Mosnier, rue de Paris. " 3 , à Saint-Leu-la-Forêt 
(Seine-et-Oise) ; ‘ 

M. Rolillon, directeur de la verrerie à Souviguy ; 
de Tulle, rue de Bourgogne, 22 ; 

M. Gabriel Giraudet, agriculteur à Franchesse; 

M. le D r Marigot, médecin à Bourbon-FArchambault ; 

M. Paul Pavaillox, propriétaire, rue Hégemortes, i 3 : 

M. Jean-Baptiste Charpï. entrepreneur de serrurerie, rue du Vert- 


Galant ; 

M. Aristide Brossard, quincaillier, rue de Bourgogne, 27 ; 

M. Charles de Bony, propriétaire à Aurouër ; 

P. Descombes, directeur de la Semaine de Cusset, Vichy. 

— Sont proposés à l 'admission : 

MM. 1 ^uis Brunat, propriétaire à Champleu, commune d'Avor- 
mes, présenté par MM. le D r de Brinon, Génermont, G. Bruel ; 

Abbé Louis Henri, curé de Villefranche (Allier), présenté par 
MM. le D r de Brinon, Génermont, chanoine Clément ; 

Abbé Francis Lerat, rue Voltaire, 11, Moulins, présenté par 
MM. le D r do Brinon, Génermont, chanoine Clément ; 

M* n * la Baronne Henri Durye, château du Riau, Villeneuve (Allier), 
présentée par M. le chanoine Clément, M"® Françoise de Bonand, 
M. le D r de Brinon ; 

M. René Virlogeux, docteur en droit, agriculteur à Neuvy, présenté 
par MM. Lamoureux, Pierre Dubost, Marcel Génermont; 

M lle Camille Dejoux, institutrice à Châtillon, présentée par 
MM. Jean Golleland, Raynaud, Bardet. 

— L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 22 heures. 


E. Capelin. 


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Procès-Verbaux 


19 


SÉANCE DU 6 MARS 1922 


Présidence de M. lb docteur db Brinon. 

Etaient présents : MM ,n '*la M 1 ** de Champeaux, Dupuy. V ,c,m d’Orcet, 
M l,e de Bonand, MM. Amédée Bardet, Georges Bruel, Capelin, 
Chambalous, Chambrox, chanoine Clément, abbé Dumont, Marcel . 
Dupuy, Frobert, Gautier, Génermont, Herblay, Loizel, Milcent, 
D' Monceau, Monnac, Montagne, Morand, Pavaillon, Raynaud, 
André Roy, Sarrazin, Tiersonnier, Virotte-Ducharme. 

— Excusés : M”* Monceau, MM. Béhier, de Bony, Bussière, 
de Chazbttes de Bargues, Delaigue, Galpione, Mc Penon, Raymond. 

— Le procès-verbal de la séance précédente est lu et approuvé. 

■ 

— M. le Président exprime les regrets que cause à la Société 
la mort de M. le chanoine Emile Moitron, curé doyen de Saint- 
Pourçain-sur-Sioule, membre titulaire depuis le i* r décembre 1899, 
mort le 9 février 1922 ; 

De M. Piewe Fagot, propriétaire au Donjon, abonné au Bulletin ; 
De M. Prelle, au Donjon, membre titulaire; 

De M ,w Renée Flachaire de Roustan, archiviste-paléographe, 
attachée à la Bibliothèque Sainte-Geneviève ; M 11 ’ de Roustan s'inté¬ 
ressait vivement à notre Société et avait manifesté le désir d’assis- 

# 

ter à notre réunion de février. Obligée de partir plus tôt qu’elle ne 

pensait, elle a été frappée en arrivant à Paris, du terrible mal qui 

Ta emportée. Elle est morte le 12 février 1922. Nous perdons en 
« 

elle une précieuse colloboratrice et nous envoyons nos respectueuses 
sympathies à sa famille. 

— Il est procédé au dépouillement de la correspondance : 

— Lettres: de M. Claude Mosnier, qui nous annonce une notice 
sur le poète Giboin. La Société ne sera pas oubliée dans la répartition 
des exemplaires. 

De MM. Marcel Rouillon, de Souvigny ; Pierre Roux, de Saint- 
Germain-des-Fossés ; Giraudet, de Franchesse ; Pavaillon, de Mou¬ 
lins, remerciant de leur admission. 


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20 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


Du commandant du génie, dirigeant les travaux à La Ferlé et à 
Saint-Loup, qui informe la Société que, dans le cas où les ter¬ 
rassements entrepris mettraient à jour des vestiges anciens, il donne¬ 
rait toutes facilités à la Société de faire des constatations. 

De M. Yiple, qui demande les statuts pour un caudidat éventuel à 
notre Société ; 

De la Société Scientifique du Bourbonnais et du Centre de la France, 
qui envoyait une invitation à sa réunion du 28 février ; 

De M. Sèque, qui fait hommage à la Société, d’un ex libris très 
artistique destiné à ses collections : une Bourbonnaise au costume tidè- 
lement reproduit, parcourt un vieux livre, devant une fenêtre en ac¬ 
colade d’où la vue s’étend sur la ville de Moulins, dominée par les 
flèches eflilées de la Cathédrale et le vieux Jacquemard si sympa¬ 
thique aux Moulinois. Dans les angles du dessin, très finement 
poussé, figurent les quatre écussons de Moulins, Monlluçon, Cannai 
et La Palisse. 

La Société remercie M. Sèque et exprime le vœu que son exemple 
trouve de nombreux imitateurs. 

— Lettre du Conservateur du Musée de Roanne, M. Déchelette, 
au sujet îles objets antiques possédés par le Musée et de provenance 
bourbonnaise. La lettre de M. le Conservateur est particulièrement 
précieuse, parce quelle a permis de prendre connaissance de l’étude 
de Joseph Déchelette sur la découverte faite à Chassenard. Il s’agit 
de la sépulture d’un légionnaire romain de Tan 4o et non de celle 
d'un Gaulois, ainsi qu’il a été dit dans diverses notes du Bulletin. M. le 
Conservateur signale en outre un chapitre du tome I des Vases céra¬ 
miques, du même archéologue, consacré aux fabriques de Saint- 
Rémy, Vichy, Gannat. 

Si un coufrère pouvait nous procurer ce volume, ne serait-ce qu’en 
communication, il nous rendrait un grand service pour l’enquête. 

Le Conservateur du Musée de la Société Eduennc à Autun a ré- 

0 

pondu, très courtoisement d’ailleurs, qu’il n’y avait que très peu 
d’objets provenant du Bourbonnais. 

— Lettre de M. Rouleau, instituteur à Thicl, à qui M. le Prési¬ 
dent avait écrit sur la recommandation de notre confrère M. Bardet, 
confirmant l’existence de nombreuses mottes, signalées sur le terri- 


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21 


Procès-Verbaux 

r 


toire de cette commune, M. Rouleau donne des renseignements sur 
divers objets préhistoriques trouvés dans la région. 

— La Société remercie ses correspondants bénévoles de leur pré¬ 
cieux concours. 


— L’Académie de Clermont invite la Société (l'Emulation à prê¬ 
ter son aide à l’Académie Française, pour l’étude des dossiers de 
l’Allier relatifs à l'attribution des prix Cognacq-Jay, Lamy, destinés 
aux familles nombreuses. L’Assemblée est d’avis de donner suite à 
cette invitation et prie le Président de faire le nécessaire auprès de 
l’Académie de Clermont et, éventuellement, de 1 Académie Fran¬ 
çaise. 


— M. le Président a relevé parmi les publications reçues pendant 
le mois, les notes ci-après dont il est donné lecture : 

1. — Société archéologique et historique de l*Orléanais. Bulletin. T. XIX, numéro 
2*. 1- et 2 e trimestres de 1921. Orléans, Paul Pigelet, 1921. 

Je signalerai dans ce numéro deux articles de M. Jacques Soyer. 

1° L’étymologie du mot Chambord (il s’agit du ch&teau des bords de la Loire, 
cambos t courbes etriton, gué, camboritum , a donné cambortum pour Chamborl et 
Chambord moderne). Celle étymologie ne s’applique qu’à certains Chambord : la 
condition essentielle est la présence d’un gué ; notre Chambord bourbonnais n’est- 
il pas dans ce cas ? 

Le 2* esl consacré à un recensement de la population d'Orléans en 1762 : il y 
aurait eu à cette date un .dénombrement individuel de toutes les généralités du 
royaume. 

2. — Archives de la France monastique , Revue Mabillon. 2 e série, numéro 3. 
[ 1 e année, numéro 45, janvier 1922, Paris, A. Picard et fils et Ligugé, 1922. 

Ce fascicule contient une étude dc*M. Louis Bréhier : L'égliso romane de Sou- 
vigny et les dates de sa construction. L’auteur conclut que « par son architecture 
<c comme par sa décoration, l’église de Souvigny était franchement bourgui- 
« gnonne, et dans les restes magnifiques qui ont survécu aux remaniements du 
a iv H siècle on peut suivre toutes les phases du développement de la puissante 
« école de Bourgogne ». 

3. — La Région du Centre . 2* année, numéro 5. Février 1922. 

4. — Société des Antiquaires de l'Ouest, Bulletin des 2 e et 3* trimestres de 1921. 
Poitiers. 

5. Pulletin delà Société historique et archéologique du Périgord. T. XLYI1. 6 e li¬ 
vraison. Périgueux, novembre-décembre 1921. 

6. — Bulletin et Mémoires delà Société d'anthropologie de Paris. 8 e série. T. 1. 
Fascicules 4, 5 et 6, 1920. 

7. — Annales de la Société d’Emulation et d'Agriculture de l'Ain. 1919, 1920, 
1921. Bourg 1921. Torne LL 




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22 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


8. — Mémoires de l’Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon . Année 
1922, janvier. Jobard, à Dijon. 

9. — Société historique et archéologique de l'Orne . Tome XL. 3 e et 4 e bulletins. 
Alençon. Juillet-octobre 1921. 

10. — Bulletin de la Société Bourbonnaise des études locales . Janvier, février, 
mars 1922. 

Dans la chronique bourbonnaise qui ouvre ce numéro, M. Viple, notre jeune 
et érudit collègue, retrace la vie mouvementée de la Société bourbonnaise pendant 
ses dix premières années d'existence, malgré la guerre elle atteint aujourd’hui le 
chiffre de 550 adhérents, et peut envisager l'avenir avec confiance. M. Fazy con¬ 
tinue ses études sur le conseil général : celte fois c'est la période do la Restauration 
qu'il étudie, 1815-1830 ; M. Emile Bourgougnon commence un travail sur les 
noms géographiques du Bourbonnais ; M. Pourrad nous donne quelques extraits 
des registres de Monétay-sur-Loire ; enfin, en supplément, M. Viple commence la 
publication des cahiers des trois ordres de la sénéchaussée du Bourbonnais. 

11. — Académie des Inscriptions et Belles-Lettres . Comptes-rendus des séances 
do l’année 1921. Bulletin de juillet-octobre. 

Dans une étude sur les rapports de l'art français au xv c siècle avec Dante, M. le 

comte Durrieu a été amené à rechercher si le texte original italien de la rapine 

Comédie avait pénétré dans certaines bibliothèques françaises au xv e siècle : il en 

trouve trois: celles de notre duc Jean de Bourbon, de René d’Anjou et de Charles 

de France, duc de Berrv. 

* 

Ce manuscrit qui était entre les mains du futur duc Jean II dès avant 1454 
est aujourd’hui à la Bibliothèque nationale: manuscrit italien 1470, c’est une 
copio sur papier, sans miniature. 

12. — Revue des Etude s historiques. 88* année. Janvier-mars 1922. 

13. — Bulletin et Mémoires de la Société archéologique et historique de la Charente. 
Année 1920. 8 e série. Tome XI, Angoulême, chez E. Constantin, 1921. 

BIBLIOGRAPHIE 

Henry de Lagu£rb2«hb. Au pays Saint-Amandois. Première série. — Edouard 
Champion, 5, quai Malaquais, Paris, et Auguste Pivoteau, place Mutin, à Saint- 
Aman d-Mont rond (Cher). 1 vol. broché h couverture chamois de 138 pages. 
Prix : 5 francs. 

Ce volume, que notre ancien collègue fait parvenir gracieusement à notre biblio¬ 
thèque, intéresse les Bourbonnais à plus d’un titre. Saint-Amand est la capitale 
de toute une région bourbonnaise qui se trouve géographiquement entre les deux 
pèles attractifs de Montluçon et de Saint-Amand. M. de Laguérenne qui se qualifie 
un berrichon du Bourbonnais, fait revivre les anciennes confréries de drapiers de 
Saint-Amand, les conditions de l’apprentissage dans Part des apothicaires et des 
chirurgiens à Saint-Amand ; il raconte l'enterrement mouvementé d’un gouver¬ 
neur du château de Saint-Amand et nous retrace la vie des bourgeois de Saint- 
Amand au bon vieux temps. 

Plus d’un membre de notre Société voudra se procurer le plaisir d’une excur¬ 
sion dans le vieux Saint-Amand avec un guide aussi éclairé que M. de Lagnc- 
renne. 


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Procès-Verbaux 


23 


— M. Georges Bruel expose qu’il a été.chargé d’étudier, de con¬ 
cert avec M. Génermont, directeur du Bulletin, représentant la Société 
d'EmuIation, alors que lui représente la Société des Etudes Locales, 
de quelle façon on pourrait publier les Conférences Bourbonnaises. 

Ces conférences faites à 17 heures, ce qui permet aux élèves des 
écoles de Moulins d’y assister, ne peuvent être entendues par nom¬ 
bre de citoyens, retenus par leurs affaires à ce moment de la journée, 
ainsi que par nos compatriotes habitant le Bourbonnais. Aussi, 
pour que tout le monde puisse profiter de ces conférences de vulga¬ 
risation, il serait désirable qu’elles fussent imprimées. 

La combinaison étudiée est la suivante : les souscripteurs ne paye¬ 
raient que l’impression et le prix du papier ; quant aux illustrations, 
elles seraient fournies par des subventions demandées au Conseil 
Général, aux Municipalités, aux Chambres de Commerce, aux di¬ 
vers groupements ou Sociétés Bourbonnaises, pendant que l’on utili¬ 
serait les clichés de gravure fournis par les auteurs, la Société 
d’EmuIation, etc. 

Un prix de souscription (de faveur) de 3 à 4 fr. existerait pour 
les Membres des Sociétés d’EmuIation, des Etudes Locales, ainsi 
que pour les élèves des écoles de Moulins payant déjà leur cotisa¬ 
tion pour assister aux conférences, les autres souscripteurs paye- 

raient 5 fr. et le volume mis en librairie serait vendu 6 fr. 5 o ou 

# 

« 

7 francs. 

Des bulletins de souscription seraient encartés dans les Bulletins 
des Sociétés d'Emulation, des Etudes Locales et des Amis de Mont- 
luçon, pendant que 1.000 ou i. 5 oo bulletins de souscription se¬ 
raient adressés, par la poste, aux collectivités ou personnalités 
n’appartenant à aucune de ces trois sociétés. 

Ces bulletins seraient imprimés et envoyés aux frais du Comité 
des Conférences Bourbonnaises. •* 

M. Bruel demande que le principe de cette publication soit voté 
par l'Assemblée, les détails d’exécution devant être réglés par les 
bureaux des deux sociétés mères. 

M. Tiersoxxier, trouvant que ces Conférences ne font que résu¬ 
mer des publications déjà faites, estime qu'elles n’intéressent guère 
les Membres de notre Société, qui sont tous des érudits, et il 


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24 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


demande dans quelle mesure les finances de la Société se trouveront 
engagées par cette publication. 

On décide alors de reprendre cette discussion après l’exposé de 
M. le Trésorier, qui nous mettra au courant de l’état de nos finances. 

— M. Frobert, trésorier, prend la parole pour rendre compte 
de l’état de nos finances et présente un projet de budget pour 1922. 
Voici le compte de gestion 1921 : 


Recettes 

Solde en caisse au i cr janvier 1921. . . 1.082 .07 

220 cotisations à 20 fr.. 4.398 •> 

49 cotisations à 10 fr. 490 » 

2 correspondants à 20 IV. 4 o » 

1 correspondant à 10 li. 10 » 

i 5 abonnements à 20 fr. 3 oo » 

Vente de Bulletins. 3 '17 80 

Intérêts de l’avoir. 192 if> 

Tôt ai.. . . . . (i.-*o i;‘) 

Dépenses 

Imprimerie et gravures. 0.76/4 80 

Frais de recouvrements et de bureau . 200 98 

Bibliothèque. 120 90 

Gens de service.. 290 » 

Dépenses imprévues. Monument des morts 

et plaque commémorative. 7 io » 

Au fond de réserve. Art. III des statuts. . 3 1 12 

Totai . S.iôo 77 

Excédent des dépenses, du à la Banque ' 

Frobert. i. 38 o 2 5 


Il est à remarquer, pour expliquer ce déficit, qu’unc somme des 
plus importantes du budget est imputable à une. dépense d’ordre 
exceptionnel : les 700 francs de la plaque élevée par la Société à la 
mémoire de ses membres. 

La Société vote des remerciements à son dévoué trésorier. En 


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I 


Procès-Verbaux 


25 


raison du déficit, il est jugé expédient, après discussion, de suppri¬ 
mer un des fascicules du bulletin ( 3 , au lieu de l\, pour 1922). 

Le Trésorier donne alors communication du projet de budget ci- 


dessous pour 1922 , qui est approuvé : 

/ 

Recettes 

Membres titulaires à 20 fr. 4.300 l'r. 

» » à 10 . 490 

Membres correspondants à 20 . .. 40 

» y> à 10 . 10 

✓ 

Membres abonnés à 20 . 300 

» » à Ht. 10 

Intérêts s/ titres.: . . . . 192 


Dépenses 

« 

Gage du concierge de la Mairie et frais de recouvre¬ 
ments à Moulins. 

. Bibliothèque. 

Bulletin.. 

Frais de recouvrements. 

Dépenses imprévues. 

Fonds de réserve. Art. III des Statuts. 


a.o 42 fr. 


170 fr. 
120 
4.300 
200 
200 
30 


o 




— .Reprenant la question de la publication des Conférences 
Bourbonnaises, M. Georges Bruel indique que I on peut, sans 
doute, prévoir les recettes suivantes si on édite les Conférences : 


:>oo souscripteurs membres de la Société d Emulation, 

à 3 fr. 5 o. 

3 oo souscripteurs membres delà Soc. des Eludes Locales, 
ûo — élèves abonnés . 


100 souscriptions de communes 

sur 3 2 !... 

• • 

5 oo 

100 — ordinaires. 

% 

• • « • • 

• • 

Ôoo 

100 volumes vendus en librairie 

net.. .... 

/ 

• • 

5 oo 

Vente probable 85 o exemplaires 

• • • • • 

. . 3 . 

. \'?.b 

Publicité. 

• « • « • 

• • 

3 oo 

Subventions diverses . 

• • • • • 

I 

. 1 5 o 

9 

l'or ai. 

\ • 

870 fr. 


700 fr 
1 .o 5 o 


■ 7 ° 


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26 


Société d’Emulation ou Bourbonnais 


alors que l’édition de 1.000 exemplaires d'un volume de 200 pages 
de texte et de gravures dans le texte, accompagné de 8 cartes ou 
gravures hors texte (total 22/i pages^, reviendrait à 4*8oo fr. 

Grâce aux feuilles de souscriptions rentrées avant le tirage du vo¬ 
lume, on éditerait suivant les besoins à 760, 800 ou 1.000 exem¬ 
plaires, et le seul aléa concernerait les exemplaires à mettre en 
librairie. 

Les assistants, trouvant les prévisions trop aléatoires et considé¬ 
rant la situation financière de la Société d’Emulation. sont d'avis 
que la Société ne doit pas s'engager financièrement et qu elle ne 
peut contribuer à cette publication que par le prêt gratuit des cli¬ 
chés typographiques qu’elle peut posséder dans ses archives. 

— M. le Président lit la note suivante relative au Musée de 
Moulins: « La vitrine qui contient les objets de l’époque gauloise, pré- 
sente un état lamentable. La rouille est en voie de faire disparaître 
une collection de valeur. Il y a notamment une lame d’épée qui est 
perdue ; d’autres objets sont atteints. Il serait urgent d’y remédier. 
Un bain de paraffine, une soucoupe contenant du chlorure de cal¬ 
cium, suffiraient pour éviter un désastre. Je demande à la Société de 
prier l'administration du Musée de prendre, d’urgence, tous les 
moyens nécessaires pour circonscrire le dommage. » 

Lgs membres présents décident, sur l’avis de M. Chambron, d'en 
référer à M. Tissier, avocat, notre collègue, spécialement chargé, 
dans le Conseil Municipal, des questions du Musée. 

— M. le Chanoine Clément propose l’excursion d’Hérisson qui 
présente le double avantage d'être une des plus grandes curiosités 
de l’Ailier, et aussi de ne pas nécessiter un compte rendu trop vo¬ 
lumineux, considération qui a sa valeur en présence de notre situation 
financière. La région d’Hérisson a été particulièrement étudiée à de 
uombrcuscs reprises dans notre Bulletin, notamment en 1920 et 
1921. et son iconographie n’a pas été négligée. 

Les membres présents acceptent à l’unanimité cette proposition. 

— M. le Chanoine Clément donne quelques détails sur la décou¬ 
verte de souterrains à Chanlelle. Un forage de puits, entrepris chez 
M. Châtel. a occasionné, à i!\ mètres de profondeur, la rencontre 


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Procès-V erbaux 


27 


d'un carrefour de galeries : l'une se dirigeant vers la Bouble, l’autre 
vers le château, la troisième enfin longeait les remparts dans le but 
probable d’éventer les sapes d’un assiégeant. 

— M. G. Morand lit la note suivante : 

« Henry Havard, dans son histoire de l’Orfèvrerie (p. 329), rap¬ 
porte qu’Annc de Bretagne manda auprès d’elle Arnould du Vivier, 
orfaivre d'Anne de Beaujeu, duchesse de Bourbon, l’habile artiste 
se rendit de Moulins à Paris, puis à Tours « pour fayre certaine 
vesselleet autres choses d’or », à l’occasion des couches de la reine... 

« En i 5 o 5 , Anne de Bretagne remit entre les mains de Jehan 
de Paris, argentier de la Couronne, la vaisselle d’or qui fut serrée 

dans le cabinet du roy, au château de Blois, elle comprenait 275 
mares, 6 gros de pots à anses, flacons, drageoirs, aigeuères, tasses, 
etc., exécutés par Arnoud du Vivier ou autres. 

« Un ciboire ou calice donné par Anne de Bretagne à l’église de 
Saint-Jean-du-Doigt (Finistère), et qui s’y voit encore, serait l'œu¬ 
vre d’Arnould. » 

M. Morand demande si cet artiste est connu, était-il Bourbonnais? 

A-t-il laissé des œuvres dans le pays, dans quelques trésors reli¬ 
gieux ? 

— M. le Président met sous les yeux de l'assistance, une plaquette 
manuscrite adressée par M. Mosnier. Elle renferme une série d’ar¬ 
ticles relatifs à l’expulsion des trappistes de Sept-Fons et découpés 
dans les journaux régionaux par M. Monod, préfet, qui les accom¬ 
pagne d’assez longues notes manuscrites, présentant un grand inté¬ 
rêt. Le très distingué fonctionnaire qui occupa la préfecture de 
l’Ailier, du 1” avril 1879 au 23 novembre 1880, relate d’une façon 
pittoresque son entrée dans la chapelle de Sept-Fons ; il reconnut 
ou crut reconnaître une divergence d’idées parmi les autorités mo¬ 
nastiques. Son récit est fort piquant. 

— Est présentée à l’admission comme membre titulaire : 

M ,u Jeanne Beaury, institutrice à Chantelle, présentée par 
MM. Viple, Raynaud. Amédée Bardet. 

— Sont admis en qualité de membres titulaires : 

M 11 * Camille Dejoix, institutrice à Châtillon : 



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28 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


M m * la Baronne Henri Duuye, château du Hiau, Villeneuve : 

M. Louis Br un at, ancien commerçant, Ghampfeu, commune 
d'Aver mes; 

M. l'abbé Louis Henry, curé de Villefranche ; 

M. l'abbé Francisque Lerat, rue Voltaire, 1i ; 

M. Henri Virlogeux, docteur en droit, agriculteur à Neuvv. 

— L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 22 heures. 

E. Capelin. 


1 


SÉANCE DU 3 AVRIL 1922 


Présidence de M. le Docteur de Bri.non 


Etaient présents : MM. Georges Brlel, Capelin, Chambron, Cha¬ 
noine Clément, abbé Dumont. Dupuy, Gautier, GéneRmont, Milcent, 
D r Monceau*. Pavaillon, André Hoy, Sabatier, Tiersonnier. 

— Excusés : Madame Monceau, MM. Amédée Bardet, Dei.vigik, 
Montagne, Raynaud, Sarra/in. 

—■' M. le Président dit quelques mots sur la perte que vient de 
faire la Société, à la suite du décès récent de M. Joseph Faulquier. 
membre de notre compagnie depuis février 1900 ; il adresse à notre 
confrère, M. Viple, scs condoléances b l’occasion de la mort de son 
père. 

— En raison du déficit budgétaire de l’exercice écoulé, un 
échange de wies a lieu entre plusieurs des membres présents ; 
M. Boy signale qu’il est indispensable de souligner que la grosse 
dépense imprévue pour la plaque de la Grande Guerre ne se renou¬ 
vellera pas. MM. Bruel, Pavaillon, Milcent proposent divers 
moyens d’augmenter les recettes par la publicité. M. Gênermont, 
directeur du Bulletin , répoud à ces diverses propositions. 

— M. le Président émet la proposition suivante : 

Quelques membres du Conseil, dans la réunion du 20 mars, ont 
étudié la question du déficit linanrier~dc l’année 1921. Tout eu 


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Procès-Verbaux 


29 


maintenant la décision relative à la réduction du nombre des Bulle¬ 
tins. ils ont pensé qu'il y aurait peut-être lieu de .faire appel à la 
générosité de ceux de nos membres qui s’intéressent à la prospérité 
de la Société, étant donné qu'une grosse part du déficit est causée 
par les frais de la plaque (700 fr.) ; ils proposent d'ouvrir une sous¬ 
cription pour couvrir ces frais. Nous aurions, peut-être ainsi, des 
chances de revenir plus tôt ail mode trimestriel de publication, ce 
que chacun désire. 

Les membres présents sc prononcent en majorité contre ce projet. 

M. le Président informe à ce sujet qu’il a signé la demande faite 
à la ^Caisse d’Epargne eu vue de retirer i. 38 o fr. 45 , conformément 
à la (décision prise à la réunion statutaire du b mars. 


— Il est procédé au dépouillement de la correspondance : 

— Lettre de M" B Camille Dejoux, institutrice à ChAtillon (Allier), 
de M. l’abbé Hexrt, curé de Villcfranche-d'Allier, remerciant de 
leur admission. 


— Programme du concours pour l’année 1922, envoyé par l’Aca¬ 
démie de Marseille. Le Maréchal de Villars, fondateur de l’Acadé¬ 
mie de Marseille en 1726, lui a légué un capital inaliénable dont le 
revenu est destiné à récompenser un travail littéraire dont le sujet 
est laissé à son choix, Le sujet imposé est le suivant: « Etude sur le 
littérateur Paul Arène ». 

— Bulletin de souscription, adressé par l’Institut Colonial, en 
faveur du <» Livre d’Or de l'Effort Colonial Français, pendant la 
Grande Guerre ». 


— Lettre de M. le baron de Nomazt du Jo.net,. 1 bis, rue de 
Melzeral, Strasbourg, adressant une généalogie de la maison Berger 
(extrait de la France Moderne, t. III, Haute-Garonne et Ariège, 
par J. Viflain, Montpellier ; Imprimerie-Lithographie Firmin, Mon¬ 
tagne et Sicardi 1911), annotée par notre collègue. 

La Société est heureuse de voir que notre confrère, le baron de 
Nomazy, lui reste fidèle malgré l’éloignement, et le remercie de la 
généalogie qui va enrichir les rayons dê notre bibliothèque. 

— Lettre de M. le Président de la Société Archéologique de Nantes 
et de la Loire-Inférieure, donnant des renseignements sur les précau¬ 
tions prises dans sa Société contre les accidents qui pourraient sur¬ 
venir pendant les excursions. L’assemblée décide d’ajouter sur le 



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30 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


programme de l'excursion une formule mentionnant la non-respon¬ 
sabilité de la Société en cas d'accident. 

— M. le Président passe sommairement en revue les publications 
reçues. 

I. — Recueil des publications de la Société Havraise d'Etudes di¬ 
verses, 1921, 2 e trimestre. — La crise des logements et ses remèdes, 
par Alphonse Martin. 

L’auteur constate avec tristesse que, depuis un demi-siècle que la 
question de l’habitation des clauses moyennes ou pauvres s’est posée, 
aucune solution n’est venue résoudre le problème. La crise va en 
s’aggravant tellement que nombre de fonctionnaires sont obliges de lo¬ 
ger à l’hôtel. Pour remédier à cet état de choses, tout au moins provi¬ 
soirement, l’auteur propose la construction d’habitations à rez-Je- 
chaussée établies sur des terrains d’un prix modéré, sauf à s’éloigner 
du centre des villes. 11 faudrait se contenter de murailles de o m ,o6 
d’épaisseur en briques blanches silico-calcaires, qui peuvent être em¬ 
ployées sans enduit à l'intérieur ni ravalement à l’extérieur. Pas de 
fondations, mais un simple empâtement en briques, en raison de la 
légèreté des parois. Charpentes en planches moisées, système belge, 
et plafond en fibro-ciment cloué sous des planches posées à champ. 
Toiture en plaques céramiques ou fibro-ciment. Fenêtres à petits car¬ 
reaux, à cause de l’absence de volets ou persiennes. Dallage en ciment 
pour la cuisine et plancher pour les chambres. Un seul conduit de fu¬ 
mée sans hotte ni manteau de cheminée s’élevant dans la pièce voi¬ 
sine de la cuisine pour lui communiquer une chaleur relative. Le type 
de la maison comprendrait une cuisine, salle à manger de 5 m. x 4 m., 
une chambre de même dimension cl une autre plus petite de 5 m. x 3 m. 
A l’un des pignons et en appentis, cellier de 5 m. x 2 m. dans le¬ 
quel serait réservé le cabinet de o ra ,8o x i m ,2o. Hauteur sous plancher, 
2 n ,70, grenier perdu au-dessus. Devis prévu: 5 à 6.000 francs. ‘Délai 
rie construction : un mois, si l’on peut utiliser les restes de charpente 
en bon état provenant des anciens camps. 

II. — Rci<ue de Saintonge et d'A unis. Bulletin de la Société des Ar¬ 
chives historiques, XL e vol., i re livr., 1922. — Continuation d’un ar¬ 
ticle sur le mauvais accueil fait en Espagne au Clergé (insermenté) de 
la Charente-Inférieure, déporté en Espagne sous la Révolution, (suite). 
I/auteur raconte avec autant de surprise que de tristesse que les popu¬ 
lations basques et castillanes les recevaient avec beaucoup d’injures et 
de menaces. 

III. — Bulletin historique et scientifique de VAuvergne publié par 
l'Académie d s sciences, belles-lettres et arts de Clermont-Ferrand, 2 0 
série, 1922, n° 2, février. — L’hérédité des charges et une famille Rio- 
moise sous l’Ancien Régime (suite). 


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Procès-V ekbaux 


31 


IV. — Bulletin de la Société archéologique de Nantes et de la Loire- 

Inferieure , année 1920, tome 6o, Nantes, 1921. — Deux mégalithes 

Guérandais ignorés. 

V. — Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 
louve 44, i ro livraison, janvier février 1922. 

VI. — Bulletin journal de la Société d’Agriculture de l'Allier , n° t, 
janvier et février 1922. 

VII. — Mémoires de la Société Eduenne. Nouvelle série, tome 44, 
2*’ fascicule, 1921„ — Continuant son ctude des hommes mêlés à la 
Révolution, Montarlot publie en ce moment une liste des Emigrés de 
Saône-et-Loire. Parmi eux figurent une certain nombre de Bourbon- 
nais. i° Girard de la Vesvre (Guillaume-Gilbert), écuyer, seigneur de 
St-Gérand-le-Puy, né en ce bourg ; 2 0 comte d'Havrincourt (Anne-Ga- 
briel-Pierre de Cardevac, comte d’Havrincourt), chevalier; 3 0 Jacque- 
lot de Chantemerle de Villette (Jean-René-Marie), écuyer, seigneur 
de Contresol ; 4 0 Jullien du Breuil (Pierre-Edme). 

VIII. — Bulletin de la Société archéologique scientifique et littéraire 
du Vendômois. Tome LVIJI, 1919; tome LIX, 1920; tome LX, 1921. 

IX. — Bulletin de la Société Nivernaise des Lettres , sciences et 
arts , année 1921, 2® trimestre, 3* et 4® trimestres en un fascicule, Nevers, 
1921:.. — A la séance du 24-novembre 1921, la question de la région 
économique est traitée par M. Gabriel Montagnon. Pour lui, la région 
idéale serait composée de la Nièvre accrue des circonscriptions de 
Moulins, Lapalisse, Autun, Charolles, La Guerche, Sancoins, Saulicu, 
Avallon. et Vézelay. M. le Chanoine Allard parle d’une épitaphe de 
Pouilly-sur-Loire, concernant la famille du Broc de Seganges. 

X. — Mémoires de VAcademie de Dijon. Février 1922. 

XI. — La région du Centre. Mars 1922. — Ce numéro est presque 
entièrement consacré à l'aménagement des forces hydrauliques de la 
Dordogne dans la partie classée 2® section. 

XII. — Smithsonian Institution. Rapport sur les progrès du musée 
national des Etats-Unis pendant l'année finissant le 30 juin 192t. 

XIII. — Société des Antiquaires de la Morinie.. Bulletin historique, 
69® année, 258® livraison, T. XIII, août-décembre 1921, St-Omer, 1922. 

XIV. — Bulletin de la commission historique et archéologique de la 
Mayenne , 2® série, T. XXXVII, 1921, Laval, 1921. 

/ 

— Dans sa séance du 20 mars, le Conseil, sur la proposition de 
M. G. Bruel, a décidé qu’il y aurait lieu de nommer une commis¬ 
sion chargée de s’occuper du recrutement. 

Celte commission aurait à établir : i° Une liste par localité des 
personnes qui seraient susceptibles d’accueillir une.invitation à faire 



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32 


Société d’Emülation du Bourbonnais 


partie de notre Société ; 2° la carte établissant où se trouve le plus 
grand nombre de nos adhérents et les points où nous en manquons. 
La question sera étudiée par le Conseil. 


— M. le Chanoine Clément nous fait approuver le programme 
de la prochaine Excursion de la Société à Hérisson, et dans la vallée 
de l'Aumance. Celte excursion est fixée, par la Société, au jeudi 
1 tr juin prochain. M. Capelin veut bien encore accepter d’en être le 
trésorier. On en trouvera le programme complet — rédigé en colla¬ 
boration avec notre confrère, M. Grégoire — dans le numéro du 
Bulletin qui va paraître. 


— M. le Chanoine Clément rend compte d'un voyage qu'il a fait 
à Chantelle avec M. Kené Moreau, et qui leur a permis de mettre au 
point la question des souterrains dont a . parlé la presse et dont il 
nous avait entretenu à la dernière séance. 

/ 

Il s’agit de la découverte de la chambre basse d’une des tours qui ^ 
flanquait, au xv f siècle, le rempart extérieur du château de Chan¬ 
telle. M. Châtel, propriétaire de ce terrain, voulant creuser un puits, 
au milieu des décombres de cette tour, a percé la voûte de la cham¬ 
bre basse, sur le sol de laquelle il a trouvé deux ouvertures d’un 
souterrain qui, d’un côté, devait aboutir «à la Bouble, de l’autre 
rejoindre le souterrain qui suivait les murs d’enceinte et que nos 
confrères ont pu parcourir sur une trentaine de mètres dans le sous- 
sol d’une maison voisine. Quand les travaux seront terminés, 
M. Châtel doit les prévenir et ils pourront alors donner un plan 
exact de l’état de ces découvertes qui s'annoncent intéressantes pour 
l’histoire de la vieille forteresse. 


Notre confrère, auquel on a montré un fragment d’une délicate 
sculpture, en pierre dWpromont. a pu déterminer qu’il s’agissait là 
d’une partie du fameux cerf ailé, emblème cher à nos ducs, si 


multiplié par eux dans la décoration de leurs châteaux et dont on 
voit encore à Moulins de bons spécimens au Musée, et dans la 
sculpture d’une maison place du Jeu-dc-Paume. Il a pu recons¬ 
tituer la silhouette de l’animal en entier, avec les ceintures « Espé¬ 
rance » cl les flammes des pots à feu, dont on retrouve des amorces 
sur la pierre. Cette sculpture décorait sans doute le tympan de la 
porte d’entrée ou la hotte d'une des cheminées monumentales du 


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Procès-Verbaux 


33 


donjon. I) fait circuler sous nos yeux cet essai de reconstitution, 
dont il a adresse un calque à M. Chàtel. 

Notre confrère nous entretient ensuite du résultat des recherches 
entreprises l’été dernier à Néris, par M. Maurice Prou, l’éminent 
directeur de l’Ecole des Charles. En août et septembre, le distingué . 
membre de l'Institut a pratiqué des fouilles dans l'église de Néris 
dont notre confrère nous avait signalé déjà le caractère romain des 
murs goutteraux. Il nous lit un extrait du rapport de M. Prou, inséré 
dans le Bulletin archéologique [décembre 1921, pp. xixxin) et s’asso¬ 
cie aux conclusions de l’auteur qui vpit dans la partie antérieure de 

l’église de Néris un reste de basilique du iv* ou du v* siècle. Nous 

« 

citons la dernière réflexion de M. Prou : « Admettons que l’édi¬ 
fice du iv* ou du v* siècle dont nous avons ici lfes débris n’ait 
pas été à l’origine une basilique chrétienne. Il n’en reste pas 
inoius qu'il a été affecté au culte peu après sa construction et que 
nous sommes en présence de trois, murs, l’un presque intact, les 

deux autres remaniés de la primitive église, celle où l’archiprêtre 

• | 

dont parle Grégoire de Tours (Liber vilæ Palrum', chap. ix) célébrait, 
l’office au vi* siècle. » 

Enfin M. le Chanoine Clément nous donne des nouvelles de notre 
confrère M. Henry de Saint-Hyllier : l'érudit colonel rentre d’Orient, 
après avoir parcouru la Palestine et la Haute-Egypte. Il nous serait 

très agréable d’avoir de lui une relation de son voyage qu’il a su 

• • 

faire en savant autant qu’en distingué militaire. Nous aurions grand 
profit par exemple à entendre ses confidences, ses découvertes dans 
les nécropoles royales ; sur le culte de l’arche de Noé qu’il jeroit re¬ 
connaître comme culte initial de la barque d’Amon ; sur l’inscrip¬ 
tion réputée gauloise qui a fait l’objet d’une communication à 
l'Académie des Inscriptions ej Belles-Lettres; et enfin sur un ca¬ 
lendrier de l’année 358 (temps de Julien l’Apostat) qu’il a découvert 
et où les fêtes sont celles de la Triple Nuit, de la Nuit initiale, de 
la Nuit et du Jour, du Premier Législateur... Çe calendrier, d’après 
le docte colonel, est daté de l’an 201 3 de 1 ère d’Aménophis, de l'an 
385 de l’ère Latine, de l’an mille de Tarann... 

M. Chambrox donne quelques détails sur le décret paru récem- 
ment et relatif à l’embellissement et à l’agrandissement éventuel des 
villes de plus de 10.000 habitants. 

3 


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34 


Société d’Emülation du Bourbonnais 


La municipalité de Moulins a chargé M. l’Ingénieur de la voirie 
de satisfaire aux exigences gouvernementales, en s'efforçant de res¬ 
pecter tout ce qui peut présenter un caractère esthétique ou ar¬ 
chéologique. » 

Les membres présents expriment le vœu que l’édilité moulinoise 
ne se départissant jamais de cette attitude, sache conserver à notre 
ville tout ce qui l’ait son charme et sa beauté. . . 

Dans le but de seconder, en cas de besoin, le travail de l'édililé. la 
Société d’Emulalion désigne trois de ses membres, MM. Georges 
Brucl, chanoine Clément et Capelin, chargés d'étudier ce plan et 
de lui soumettre uu rapport sur l'opportunité, au point de vue 
local et archéologique, de certaines modifications projetées et éven¬ 
tuellement sur la nécessité d’autres améliorations. 

A une séance précédente, M. G. Bruel avait remis à la Société une 
brochure de la part de la Société Française de Stéréotopographie ; 
aussi est-il heureux de signaler un article du commandant Va von. 
paru dans le n° 61, de mars 1922, de la Science et la Vie (pages 3 i 8 - 
lldo', intitulé : La photographie appliquée aux levés des plans, illustré 
de 10 figures (dont 2 plans), qui montrent le détail des instruments 
utilisés, et dont l'une est un schéma du stéréoautographe d'Orel. Le 
commandant Vavon, après avoir rendu hommage à notre compatriote 
le colonel A. Laussedal. qui « est véritablement et sans conteste pos¬ 
sible le père de la pholotopographie », dit-il, expose les principes de la 
photogrammétrie, de la stéréophotogrammétric. et enfin du stéréo- 
autographe d'Orel. 11 montre enfin les avantages et la précision de 
la méthode et indique le rendement de l'instrument. 

_ Au sujet du plan d'urbanisme de Moulins, M. G. Bruel de¬ 
mande que la Société d Emulation s’occupe, non seulement de la 
protection des curiosités artistiques et Archéologiques de notre ville et 
de son embellissement, mais aussi d'améliorer la circulation automo¬ 
bile, si intéressante pour le tourisme, et de l’agrandissement de 
notre cité. Celte dernière, située au centre de la France, en un point 
qui est un nœud de chemins de fer de premier ordre, ne peut 
que se développer lorsque le canal de pénétration de l'Ailier sera 

exécuté. 

A rc propos, il signale que le canal latéral est écarté et que tous 
les projets retenus sont à liane de coteau, de façon à créer des 




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Procès- Verbaux 


35 


chutes artificielles, notamment aux abords de Moulins, pour pro¬ 
duire de l’énergie électrique. 

Le plan d’urbanisme doit envisager non seulement la commune 
de Moulins, mais bien l’agglomération géographique Moulinoise 
tout entière, qui comprend Y/.eurc. Cette commune sera, eu effet, 
fatalement unie à Moulins, un jour ou l’autre, sous une même 
administration municipale. Dès maintenant d’ailleurs le quartier des 
Bataillots et celui de 1 *Est de la route de Lyon, où il y a des usines 
importantes, cjont celle de chargement, sont intimement liés à la 
ville de Moulins au point de vue économique. 


— M. l’abbé Ph. Dumoxt fait la communication suivante, relative 
à la bibliographie bourbonnaise : 


I. — Dans les Documents inédits pour sen’ir à l'histoire de la Ré¬ 
forme et de la Ligue , publié? par Loutchizki, Paris et Kicv^ 1875, 
i..-8° ; on trouvera des indications sur le. Bourbonnais. 

II. — M. de Quirielle {Rio Bibliographie...du Bourbonnais, Mou¬ 
lins, Durond, «899, p. 50) mentionne, parmi les écrivains anciens du 
Bourbonnais, M. de Cindré, députe aux Etats de Blois, qui'présenta 
des Remontrances à Henri III. 

M. de Cindré ne serait-il pas Claude de Montjomal, seigneur de Cin¬ 
dré et de Trezelles, gentilhomme bourbonnais, commandant de Char- 
lieu, auteur du Bref discours sur le très heureux advènement de nos- 
tre t. c. roy Henry III t avec les remonstrances à MM. de la Rochelle, 
A ymes, Montauban et autres villes..., LyonT 1574? —(Cf. Hauser, Les 
Sources de t Hist. de France au AT/ 0 siècle , t. III, Paris, Picard, 
1912, p. 271*272.) 

III. — M. R. de Quirielle (op. cit., p. 12-15), qui rattache les Aubery 
de Paris aux Aubery du Bourbonnais, consacie un article à Jacques, 
Louis et Antoine. 

Jacques Aubery du Maurier, avocat- Manceau, représenta le minis¬ 
tère public dans le procès célèbre contre les juges des'Vaudois, sous 
Henri II. 


L’exorde de son plaidoyer fut imprimé par Daniel Heinsius: Pro 
Merindoliis ac Caprariensibus actio, Leyde, 1619, in-f°. 

Le plaidoyer entier fut publié par Louis Aubery du Maurier: Histoire 
de iexécution de Cabrières et de Mérindol et d'autres lieux de Pro¬ 
vence , Paris, 1645, in-4 0 . 

L’ « Histoire » est à consulter sur l’affaire des Vaudois, au XVI e 
siècle (1540-1547 et 1551-1552). — (Cf. HAUSER, op. cit., t. II, 1909, p. 
et 184-185). 

11 y eut un Benjamin Aubery du Maurier. 


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Société ij’Emui.ation ou Bourbonnais 



Benjamin naquit à La Flèche en 1556, fut élève des Jésuites du col¬ 
lège de Clermont et de l’Académie de Genève. On le trouve à Coutras 
et à Ivrv. Il est employé par du Plessis-Mornay, Bouillon, Sully, Hen¬ 
ri IV.En 1592, il est chargé de démentir auprès d’Elisabeth les bruits 
de contersion du Béarnais. De 1613 à 1624. il est ambassadeur dans 
les Provinces-Unies. 

Benjamin a laissé (Biblioth. de Poitiers) des « Mémoires » estimés 
et qui n'ont jamais été publiés intégralement. 

Louis du Maurier en a inséré deux courts fragments dans ses Mé¬ 
moires de Hollande. Ils ont été largement utilises par Ouvré: Aubery 
du Maurier t étude sur l'histoire de la France et de la Hollande (1566- 
1636), Paris, 1853, in-8°. 

Les Mémoires de Benjamin, destinés à ses enfants, sont rédigés après 
1610. 

L’auteur est bien informé, soucieux des détails, mais sans vue d’en¬ 
semble. On peut le consulter sur le* négociations avec l’Angleterre et 
l'affaire Bouillon. Il fait à la fois l’éloge et la critique de Sully. — 
(Cf. Hauser, op. cit. t. IV, 1916, p. 32-33). 

D'après M. R. de Quiriclle, qui ne le nomme pas, Benjamin serait 
le père de Louis (cf. op. cit., p. 13). Et, comme il fait de Louis l'ar¬ 
rière-petit-neveu de Jacques, Benjamin serait son petit-neveu» 

M. H. Hauser, qui n'entre pas dans le détail généalogique, appelle 
simplement Louis et Benjamin neveux de Jacques." 


— M. le Président fait circuler «les photographies adressées par 
notre cou frère M. DarçoD. 

Elles représentent une' stèle vraisemblablement gallo-romaine, 
trouvée à Saint-Hilaire, dans un ruisseau, près d'un lieu où l’on a 
trouvé de nombreux débris gallo-romains, tuiles à reboÉds, etc. 

— M. Ciiépin-Lebi.ond nous fait parvenir la communication 
suivante : 


a Récemment, en dépouillant le Catalogue de la Bibliothèque natio¬ 
nale. j’y rclexai l’article suivant: « Fournier DE Cl’SSET (Antoine). — 
Dialogus Anlhonii Fornerii...de peccato originali et conceptione inte- 
merala lirginis Marie >» et je notai qu’une édition de cet ouvrage fut 
imprimée à Paris et une autre à Rouen.. Aucune des deux nest datée. 
Fournier do Cusset était-il un Bourbonnais qu'aurait ignoré M. de Qui¬ 
riclle dans sa Bio-Bibliographie?... J ai posé la question à notre érudit 
compatriote M. P.-L. Grenier, bibliothécaire à la Nationale, et voici 
la réponse qu’il a eu l'obligeante bonne grâce de m'adresser: 

k... Sans avoir trouvé aucun renseignement biographique propre¬ 
ment dit, je n’en suis pas moins persuadé que le Fournier en question 
était bien originaire de Cusset. Ceux qui se sont occupés, avant moi, 


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Procès-Verbaux 


37 


de ce personnage n'ont probablement pas eu de raisons plus précises 
que moi pour traduire par de « Cusset » son nom de Cuciacensis q\ii, 
selon les cas, aurait pu se traduire par : de Cussac, de Cussy ou de 
Cussay. 

L’ouvrage est, en effet, présenté comme étant l’œuvre d Antonii F or¬ 
nent Cuciacen\sis\ sacre théologie professons... 

*« Heureusement qu’au début de cet ouvrage, l’auteur nous donne de 
précieux et pittoresques renseignements. « Cum — dit-il — de communi 
officio amicitie , ipse ego cum Johanne Rolando , docto admodum inro, 
ex instituto convenissemus , et opidi noslri externa peteremus deam- 
bulatoria... » Et il.ajoute: « is [Jean Roland] quippe qui major erat, 
ir. primis admirabat nostri opidi muros, nonmodo eorttm sumptum 
atque impetisas, sed etiam quantum excedant alios tolius Gallie forti- 
tudtne. » 

<« Voilà donc un professeur de théologie qui se promène en devisant 
de cette science avec un certain Jean Roland, docte personnage plus 

âgé que lui; et Jean Roland admire les murs nostri opidi (de notre 

« 

ville), murs magnifiques et coûteux, et surpassant en puissance tous 

les autres murs de France. Or, si j’ouvre à l’article Cusset (signé A. 

# 

Vayssière), la Grande Encyclopédie, je m'aperçois que les murs de la • 
ville pouvaient susciter un pareil orgueil chez les enfants de cette 
vieille cité. Voici, en effet, ce qu'écrit Vayssière: « A la suite de la 
« guerre du Bien public, Louis XI fit fortifier Cusset, et ce fut un 
<« Cussétois, Jean de Doyat, gouverneur d’Auvergne, qui dirigea les 

travaux. 11 n’épargna rien pour que les murailles fussent à la fois 
*« belles et solides, ainsi qu’on peut en juger par les restes d’une tour 
•< servant aujourd’hui de prison. » 

« L’ouvrage de Fournier est dédié à Hébert, archevêque d’Aix. J'ai 
vu dans la Gallia christiana, que cet archevêque, Hébert d'Aussonvil- 

lier, était Parisien et occupa de 1484 à* 1498 le siège d’Aix. La Gallia 
fait allusion à l’ouvrage en question et à son auteur. 

« Où Fournier de Cusset professa-t-il la théologie? Je l’ignore. 11 
avait probablement fait connaissance, à Paris, avec Hébert d'Ausson- 
villier...Mais ici nous entrons dans le royaume des pures hypothèses...» 

En remerciant, et très vivement, M. Grenier de son intéressante 
consultation, je l’inforrnai que je transmettrais le... dossier à notre 
compagnie, en vue d ; un «< supplément d’enquête » pour lequel mon 
incompétence personnelle m’oblige à me récuser. M. Paul Dnchon, 
historien de Cusset, et M. Joseph Viple ne sont-ils pas tout indiqués 
pour poursuivre les recherches?... 

— M. Sabatier donne communication d'un procès-verbal dressé 
par M* Béraud, notaire à Moulins le 11 avril 1776. « M* Béraud assisté 
de M* Pornotte. son collègue, s’est transporté à la requête du sieur 
Polonceattx, receveur des gabelles au grenier à sel, jusqu’entre les 


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38 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


ilcux guichets des prisons de la ville, où étant le* concierge Jean- 
Baptiste Bruxelles a fait comparaître le nommé Antoine Beaulieu 
demeurant en la paroisse de Biozat. lequel a déclaré qu’il avait été 
introduit dans les prisons de cette ville le jour d’hier par les em¬ 
ployés des fermes du Boy et qu’il ne connaissait pas les motifs dcSa 
détention aucune copie d aucun acte ne lui ayant été délivrée. Après 
explication le sieur Polonceaux reconnaît l’erreur commise, il con¬ 
sent que mainlevée soit faite de la personne du dit Beaulieu pour 
sortir des dites prisons et il paie tous les frais ou dépenses qu’il a 
faits ou fera jusqu’à sou élargissement. » 

Ce fait divers de la vie moulinoise en avril 177O montre que l’on 
était peut-être à celle époque exposé à être introduit bien facilement 
dans les prisons de la ville, mais on en sortait de même. Il suffisait 
de s’expliquer devant deux notaires. 


— Est présenté à l’admission : 

M. Bobert Svi>ouk\y, inspecteur d’assurances, cours de Bussie, 
n® 20, par MM. Yirottc-Ducharme, D' de Brinon, Georges Bruel. 

— L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 22 b. 1/2. 


E. Capelix. 



* 


t 




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PROGRAMME 

De DA XX e EXCLUSION 

DK LA SOCIÉTÉ D’ÉMULATION . 

Dans la Région d’HÉRISSON 

✓ 

LE JEUDI 1 er JUIN 1922 


Moulins (1). Rendez-vous place Achille-Roche, à 6 heures 15 . 
{Dépari, 6 h. 30 ). Route de Cosiie, par Marigny, Saint-Menoux, 
Bourbon-l’Archambault, Ygrande, Vieure. 

Le Saut-du*Loup. (8 h. 30 ). Une des beautés naturelles de la 
région d’Hérisson ; site pittoresque immortalisé par le pinceau d’Har- 
pignies et des artistes qui s’y donnent rendez-vous chaque année. 
( Départ, 9 h. 1 / 2 .) 

Hérisson (10 h.). Sous la conduite de M. Grégoire : Visite de 
la Ville, Porte de la Rivière et Porte de la Varènne, tours et mu¬ 
railles de l’époque féodale ; les vieux logis ; la « synagogue » avec ses 
peintures murales ; Maison Luyllier ; le clocher du chapitre ; 
l’église neuve ; Vierge romane et reliquaire ; Hôtel de Ville ; ta¬ 
bleaux laissés par les artistes qui villégiaturaient à Hérisson ; l’an¬ 
cien Collège : le parc Bignon. 

Déjeuner : Hôtel de M. Ville, Midi. 

La Soirée : 

(13 h. 1 /2). Visite des ruines du Château. Résumé par M. Louis 
Grégoire de l’histoire du château. 

(1) Voir plus loin les renseignements utiles pour les excursionnistes de la 
région de Mootluçon. 


P 


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40 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


(14 heures). Le Calvaire : Groupe de la Pieta (xvn e siècle). 

(15 heures). Dépari pour Chateloy par voiture automobile. 

• a 

Arrêt à Saint-Etienne: Chapelle sépulcrale des Luyllier de Cou¬ 
ture, dominant le val de Ceuilles. Peintures murales de la chapelle, 
représentant notamment des sibylles. 

Chateloy. Eglise romane de Saint-Pierre, classée parmi les 
monuments historiques de la France, chapiteaux romans ; remar¬ 
quables peintures murales de diverses époques. Description du mo¬ 
nument et des peintures par le Chanoine Clément. 

Au Nord du Village, restes de murailles gallo-romaine ; empla¬ 
cement de la cité de Cordes ; la tour de Babylone, dont parle 
Nicolaï. 

Si le temps le permet, excursion au rocher de Romier. Signal 
géodésique, et superbe point de vue sur la vallée de T Aumance et le 
château de la Roche-Othon, les Simons, le Creux, la Lande... 

( Départ , 17 h. 1 / 2 ). Retour par Saint-Hilaire, Gipcy, Meillers et 

« 

Souvigny ; traversée des forêts de Dreuille et de Messarges... 

Arrivée à Moulln8 entre 19 et 20 heures. 


I. — Pour les excursionnistes de la région de Moulins, 

M. le Trésorier de l’excursion évalue la dépense de cette journée de 
trente-cinq à quarante francs (dont 25 à 30 fr. pour transport par per¬ 
sonne (1), le reste pour le repas et frais divers, comme bonnes- 
mains). La somme due sera perçue par M. le Trésorier à l’hotel, à 
Hérisson, pendant le repas pris en commun par les excursionnistes. 

— Les personnes de la région de Moulins, désireuses de prendre 
part à cette excursion, sont priées de bien vouloir en donner avis 
au plus tard le 15 Mal, dernier délai ( 2 ), à M. Edoakd CAPEL 1 N. 

( 1 ) Suivant le nombre des inscriptions; il y a donc intérêt à se faire ins> 
crire au plus tôt, car le Trésorier ne pourrait répondre d’assurer des places 
aux personnes qui viendraient en surnombre. 

Par contre, si le nombre des inscriptions reçues le 15 mai ne permettait 
pas d’assurer la location d'une voiture complète, les adhérents seraient aver¬ 
tis avant le 20, soit de la suppression de l'excursion, soit de la nécessité pour 
eux d'assurer leur transport par leurs propres moyens. 

( 2 ) Passé ce jour, les personnes qui voudraient participer à l'excursion 
devront se rendre 6 Hérisson par leurs propres moyens. 


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Programme de la XX e Excursion 


41 


n° 81 , rue de Bourgogne, qui veut bien assurer la charge d’être le 
trésorier de cette excursion. 

II. — Les personnes de la région de Montluçon voudront bien 
s’adresser à M. MONTAGNE, juge de paix honoraire, 8, rue Mo¬ 
lière, à Montluçon, avant le 15 Mai. 

/ 

Notre confrère veut bien accepter jusqu’à cette date de servir 
d’intermédiaire entre les excursionnistes et les garages de la ville 
et donner toutes explications utiles. 

A 

t 

Les personnes étrangères à la Société qui désireraient se joindre 
à elle, pour cette excursion, seront, comme de coutume, les bienve¬ 
nues, mais elles devront se faire présenter lors de leur inscription 
par l’un des membres de notre compagnie. 

Comme les années précédentes, les dame8 seront admises à pren¬ 
dre part à l’çxcursion. 

Les membres se rendant à Hérisson par leurs propres moyens 
sont invités à faire part néanmoins à M. Capelin, avant le 15 mai. 

de leur désir d’assister au repas en commun. 

« 

Les amateurs photographes qui prendront des vues, sont priés de 
bien vouloir concourir à la documentation qui restera-dans les Ar¬ 
chives de la Société. 

Ils n’auront qu’à les adresser ù M. Marcel Génermont, directeur 
du Bulletin, place de la République, à Moulins. 

La Société décline toute responsabilité pour les accidents qui 
pourraient se produire au cours de l’excursion. 




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Essai de formation dans l’Ailier 

PENDANT LA GUERRE DE 1870-71 

' d’un Escadron d’Ecledmirs À chenal 

v 


La nouvelle de nos premières défaites, en 1870 , se répandit par* 
tout avec une rapidité foudroyante. La stupéfaction, la conster 

nation furent unanimes tan 4 on croyait nos armées invincibles. Le 

■ 

canon de Frœscheviller avait dissipé bien des illusions, après les¬ 
quelles la réalité laissait la France effarée 11 ne fut plus alors 
question que de mesures extraordinaires à prendre, inspirées non 
encore du désespoir, mais du patriotisme exaspéré. Autorisées par 
le ministre de la guerre, des compagnies franches de volontaires, 
disposées à entreprendre une guerre de guérillas, se formèrent dans 
toutes les villes. Ces compagnies, généralement composées de jeunes 
gens aux allures martiales, étaient pleines d enthousiasme et impa¬ 
tientes d’aller au feu. Elles ne devaient pas tarder à être assimilées 
aux troupes régulières Les temps ne se prêtaient plus à une guerre 
de ce genre. 

Dans l'Ailier, il y avait un bataillon de francs-tireurs organisé par 
le commandant Turlin, du Mayet-de-Montagne. Ce bataillon figura 
à l’armée de la Loire (I). Il y eut également une compagnie, dite les 
« Eclaireurs de l’Ailier », commandée par le commandant Prieur, de 
Moulins, qui fit partie de l’armée des Vosges et combattit sous les 
ordres du général Garibaldi. Une autre compagnie fut formée à 
Gannat par le capitaine Fontenoy, tué à Beaune-la-Rolande (Loiret), 

■ I l Vuir Historique par le docteur Turlin. Bibl. de la Société d'Emulation 


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Essai de formation d’un Escadron d’Eclaireurs en i870-71 43 


le 28 novembre 1870. Enfin le capitaine Dugué, de Vichy, essaya de 

former un escadron de francs-tireurs à cheval, sans v réussir com- 

9 » 

plètement. 

Ce serait aujourd’hui un travail intéressant de rappeler les sou¬ 
venirs laissés par ces volontaires. Je n’ai pas l’intention de l’entre¬ 
prendre et je sais qu’un autre s’en occupe. Je veux seulement utiliser 

« 

ici quelques notes provenant des Archives départementales, série R, 
non classée, et qui sont relatives à cet escadron du capitaine Dugué 
qui ne vit pas le jour. Cela sans doute ne paraîtra pas, pour cette 
raison même, de haute portée, mais c’est un épisode de l’organi¬ 
sation de la défense dans l’Ailier qui, à certains égards, n’est pas 
dénué d’intérêt, ainsi qu’on en pourra juger. 

Le 23 septembre 1870, la garde nationale sédentaire de Vichy, ou 
tout au moins la 3 e compagnie, était assemblée devant la mairie pour 
y procéder à ses exercices habituels. M. Dugué, lieutenant, vio¬ 
lemment surexcité, s’y montra d’une intempérance de langage 
extraordinaire. 

A plusieurs reprises, il proféra contre M. Auçlaire, sous-lieute¬ 
nant porte-drapeau, des insultes grossières qu’il aggrava de propos 
offensants pour Messieurs les officiers. Nous ignorons le motif de 
ces violences, peu conformes à la discipline militaire; toujours est-il 
que l’insulté Auçlaire réclama sur le champ à l’insulteur une répa¬ 
ration par les armes. Il se la vit refuser. 

Les choses évidemment ne pouvaient en rester là,-et les officiers 
en délibérèrent. Réunis sous la présidence du commandant Mitton, 
ils décidèrent à la majorité de 19 voix sur 20, que « la destitution 
de M. Dugué s’imposait ». C’est dans ce sens que le commandant 
rendit compte de cette affaire à M. Jardet. maire de Vichy, en lui 
demandant d’en faire l’objet d’un rapport au préfet. Les insultes, 
nientionnait-il, avaient eu lieu sans motif, et réitérées. « M. Auçlaire 
n’avait cessé de garder le bon droit pour lui ». 

Mais le même jour, le maire de Vichy (Jardet) recevait une 
deuxième lettre, qui plaçait la question sur un autre terrain. Elle 
était signée de M. Poyer, capitaine, de l’auteur de l’incident, 
M. Dugué èt d’une dizaine de sergents et caporaux qui avaient pris 
fait et cause pour lui. Ces Messieurs se bornaient, dans cette lettre, à 
protester contre la délibération des officiers, laquelle, prétendaient- 
ils, « portait atteinte à des droits résultant d’une libre élection». 


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Société d’Emulation du Bourbonnais 


Ils déclaraient tenir, par suite, la destitution de l’irascible lieutenant 
pour illégale et non avenue. 

I.e maire en référa au préfet: qui était alors M. François Combes. 
Celui-ci ne paraît pas avoir expliqué par lettre de quelle manière il 
envisageait le conflit et on l’ignorerait absolument si le dossier ne 
contenait un brouillon de lettre de lui, disant qu’il vient de. voir 
Dugué, lequel, mentionne-t-il, a vu le commandant de la garde 
nationale et ajoutant : « De leur entrevue il résulte que la difficulté 
sera facile à lever et, si vous voulez intervenir, tout me fait croire 
que cette fâcheuse affaire s’arrangera. » 

Cette fâcheuse affaire s’arrangea, en effet, et ce fut, qui le croirait? 
sous ces déplorables auspices, que Dugué fut autorisé, avec le 
grade de capitaine, à organiser un corps de francs-tireurs à cheval. 
Voilà qui ne laisse pas de paraître étrange et de dénoter de la part 
du préfet la plus singulière compréhension de l’ordre en un pareil 
moment. Comment cela eut-il lieu, de quelles démarches et circons¬ 
tances cela fût-il précédé? On l’ignore. Il fallut bien nécessairement, 
que la nomination fut la suite d’une demande, et que cette demande 
eût été appuyée. Par qui le fut-elle ? On l’ignore également. Le cer¬ 
tain, c’est que par décret du 11 novembre, rendu sur avis favorable 
du préfet, le gouvernement de Tours décidait qu’il serait formé dans 
l’Ailier un corps de francs-tireurs à cheval, sous la dénomination 
d’ « Escadron des Eclaireurs de l'Ailier ». Son effectif, ajoutait 
l’arrêté, « actuellement de 80 hommes, pourra être augmenté par un 
arrêté préfectoral ultérieur et il sera commandé par MM. Dugué, 
capitaine, Poyet, lieutenant, Maugue et Reynaud Halert, sous-lieu- 
tenants », c’est-à-dire les sous-officiers qui, avec Poyet, avaient 
soutenu Dugué dans son équipée devant la mairie de Vichy. Tous 
avaient pris des galons. 

Ce corps devait être soumis, au point de vue de la solde, de l’en¬ 
tretien et de la discipline, aux dispositions en vigueur, notamment 
au décret du 29 septembre 1870, d’après lequel les corps francs 
étaient mis à la disposition du ministre de la guerre, et soumis au 
même régime que la garde nationale mobile. 

Aussitôt nommé. Dugué se mit à l’œuvre. Il revient à Vichy, fait 
des tournées, fait imprimer des affiches, les envoie dans les com¬ 
munes, provoque, ou essaye de provoquer des engagements et des 
dons. A la date du 17 novembre, il fait insérer dans le journal Le 


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Essai de formation d’un Escadron d'Eclairelrs en 1870*71 45 


Républicain de l’Ailier , un article où il signale les hautes visées que 
lui inspirent le patriotisme et les nécessités du moment. Pour les 
engagements c’est surtout les gardes nationaux mobilisés qui doivent 
les lui fournir. Une dépêche ministérielle du 23 octobre autorisait 
les hommes qui en font partie à entrer dans les corps francs. 

Le préfet est à sa complète disposition. Celui-ci a sans doute cru 
découvrir en lui un bon organisateur doublé d’un chef militaire 
spécialement doué. Certainement, il accomplira des merveilles, sa 
façon d’observer la discipline militaire en est un sûr garant. Des 
ordres sont envoyés aux sous-préfets et aux maires pour lui prêter 

le concours le plus actif et lui faciliter le recrutement de son esca- 

0 

dron. Tout garde national porteur d’une feuille d’acceptation portant 
la signature de Dugué, était admis à contracter un engagement ; les 
anciens artilleurs et les anciens soldats dy train des équipages étaient 
seuls exceptés. 

Mais ce protégé ne va-t-il pas causer des embarras au préfet ? On 
s’en rendra compte par la lettre suivante que celui-ci envoie le 
18 novembre au Ministre de l’Intérieur. 

« Par décret du 11 de ce mois, vous avez autorisé la formation du 
corps de francs-tireurs à cheval, sous la dénomination d’Escadron 
des Eclaireurs de l’Ailier. J’ai vu M. Dugué, officier commandant 
ce corps, qui m’a demandé les moyens de pouvoir mettre à réalisa¬ 
tion ce décret, et entre autres choses des chevaux et le harnache- 

•. 

ment nécessaires. Tout en voulant favoriser dans la plus large 
mesure possible la création des corps francs, il ne me semble pas 
que les départements soient obligés de contribuer è leur formation, 
surtout si leurs ressources financières ne le leur permettent pas. 

« Dans l’Ailier c’est avec la plus grande peine que l'on parviendra 
à habiller et à équiper convenablement les gardes nationaux mobi¬ 
lisés. D’un autre côté la création de batteries départementales 
me préoccupe vivement, car si l’emprunt de un million émis dans 
l’Ailier n’est pas couvert il sera impossible de commander le 
nombre de batteries réglementaires. t 

c Dans cette situation je vous prie, monsieur le Ministre, de me 
faire connaître d’urgence la ligne de conduite que je dois tenir À 
l’égard de M. le commandant des Eclaireurs de l’Ailier, qui devrait, 
ce me semble, agir comme l’ont fait d’autres personnes qui ont 



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Société d’Emulation du Bourbonnais 


organisé des corps francs c’est-à-dire faire appel aux dons volon¬ 
taires d’argent et de chevaux. » 

Dugué ne possédait donc pas ' les qualités d’organisateur que lui 
avait, semble-t-il, bien gratuitement prêtées M. Combes. En réalité 
il aimait assez les besognes toutes faites. 

Le préfet fut néanmoins mis un peu à l’aise par la réponse du 
Ministre (21 novembre) lui annonçant qu’il pourrait aider pour une 
partie aux dépenses du corps des Eclaireurs de l’Ailier par un cré- 
ditspécial, à la condition que la majeure partie soit fournie pardons 
volontaires d’argent et de chevaux. % 

En réalité c’était placer Dugué en face de l’impossible. 

Mais on doit se demander s’il est réellement admissible que ce 
capitaine Dugué ait un seul instant pu inspirer à M. Combes, qui • 
était un ancien journaliste, la confiance qu’il a paru avoir en lui. 
Les notes et lettres émanant de lui sont véritablement informes, 
chiffonnées et maculées, écrites avec une négligence et une incom¬ 
préhension complète des règles de l’orthographe. Le soin que tout 
homme de culture sérieuse apporte dans sa correspondance, en est 
totalement absent. Voici de son écriture un fragment de lettre ou 
note sans date ni signature, qui le prouve et qui a trait à la grave 
question des frais d’organisation. 

« ... Ne pas laisser dans l’inaction, dit cette note ou lettre, 80 hom¬ 
mes résolus... Le département n’est en partie composé que de réac¬ 
tionnaires et légitimistes qui s’empressent peu d’apporter leurs dons 
volontaires et qu’en proie à des besoins actuels il serait préférable 
que le département de la guerre supporta (sic) cette dépense que de 
chargé (sic) le préfet du département de l’Ailier qui est lui-même 
très embarrassé en ce moment pour la situation financière... » 

Quoi qu’il en soit Dugué s’occupa le plus possible de recruter des 
hommes et de se procurer des chevaux. N’obtenant pas de résultats 
il alla à Tours plaider lui-même sa cause auprès des membres du 
gouvernement et chose faite pour surprendre, ce ne fut pas en vain. 
Le 28 novembre il télégraphiait d’Angers au préfet : 

« Arriverai demain à Vichy avec 30 chevaux. Veuillez être assez 
obligeant pour donner des ordres immédiats au maire pour que le 
fourrage soit prêt pour mes chevaux à mon arrivée. » 

. La veille il était sans doute à Tours. En tout cas, ce jour-là, une 
dépêche signée Gambetta parvenait au préfet : « Le Ministre de lTn- 


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Essai de formation d'i n Escadron d’Eclairei rs en 1870-71 47 


térieur e$ de la Guerre invite le préfet de l’Ailier à donner au capi¬ 
taine Dugué commandant l’escadron des éclaireurs à cheval de 

l’Ailier, toutes facilités pour compléter son effectif de chevaux et har- 

« 

nais. » Voyons de quel secours allait être à Dugué la recommanda¬ 
tion de Gambetta. . 

Il avait une partie (on verra combien) des hommes et des chevaux 
devant composer son escadron. Il fallait les faire vivre. Le 1 er décem¬ 
bre il est à Moulins et naturellement il accourt vers le préfet ù qui 
il réclame des subsides et'du fourrage. Combes n’a ni l’un ni l'autre. 
Il s’adresse au gouvernement de la défense pour sortir d’embarras, 
t ... Dugué demande de lui faire la paie des hommes, télégraphie- 
t-il, dois-je payer sur les fonds destinés aux mobilisés à la condi¬ 
tion que cette avance sera remboursée au départemént par le gou¬ 
vernement ? Il ne serait pas équitable que la paie soit faite et les 
fourrages fournis par la guerre, qui a délivré une commission dé 
belligérants à M. Dugué. Réponse avant demain matin, urgent. » 

On ne trouve pas la réponse, mais voici une note de M. Datas, 
sous-intendant militaire, sur la même question et du même l ,r dé¬ 
cembre : 

« M. Dugué, capitaine des Eclaireurs de l’Ailier, s’est présenté nu 
bureau de la sous-intendance pour réclamer des rations de fourrage 
pour les chevaux de sa compagnie. , 

« Je lui ai répondu que ces rations, comme la solde des hommes de 
ladite compagnie ne regardaient en rien l’administration de la guerre, 
tant que les Éclaireurs ne seraient pas à la disposition du ministre dé 
la guerre... Je pense donc qu’il incombe à M. le préfet de l’Ailier de 
donner des ordres pour la distribution des fourrages nécessaires 
aux éclaireurs à cheval. Cependant si M. le préfet se croyait dans 
l’impossibilité de donner des ordres dont il est parlé ci-dessus, il 
adviendrait que l’administration de la guerre donnerait des bons de 
fourrage, mais sans imputation plus tard sur la solde. * 

En marge de cette note on lit : « Copie d’une décision écrite par 
le préfet (l’original a été remis à M. Dugué) : Le préfet de l’Ailier 
prie M. le sous-intendant militaire de délivrer les rations de fourrage 
aux conditions qu’il indique dans sa note, de même que nous allons 
donner la solde des hommes, provisoirement et en attendant que le 
Ministère ait résolu la question. » A cette date du 1 er décembre, le 
Ministère n’avait donc pas encore pris de décision. 


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d’Emulation du Bourbonnais 



Mais il fallait régulariser la situation et le préfet prit (encore le 
même 1 er décembre) un arrêté motivé de ce que le sous-intendant 
n’avait reçu aucun ordre du Ministre de la guerre pour le paiement 
de la solde de l’escadron des Eclaireurs à cheval de l'Ailier et qu’il 
importait, en attendant cet ordre, de pourvoir’ aux besoins des 
hommes qui composent ce corps. Far cet arrêté « une somme de 
187 fr. 50 nécessaire pour la solde de 12 hommes composant actuel¬ 
lement l’escadron, du 1 er au 10 décembre, sera prélevée à titre 
d’avances sur les fonds destinés à l’armement et à la solde des gardes 
nationaux mobilisés de notre département ». Cette somme devait être 
remboursée au département dans le plus bref délai possible. 

Vous avez bifen lu : 12 hommes !... Et Dugué avait débuté avec un 
effectif dé 80 !... et il avait ramené d’Angers 80 chevaux (1). 

Ce qui est étonnant, c’est que ne recrutant pas d’hommes, ou les 
recrutant à rebours il cherche à compléter son escadron avec des 
chevaux. A cet effet un jury de trois personnes est formé avec lui 
pour les recruter (2). 

Une nouvelle circulaire est envoyée aux maires, les exhortant à 
redoubler d’efforts pour favoriser cette formation difficile. « Ce corps 
des éclaireurs à cheval, y est-il dit, est appelé à rendre d’importants 
services à l’armée. Je vous prie de faire appel aux propriétaires de . 
votre commune qui auraient l’intention de mettre volontairement 
des chevaux et harnais à la disposition de M. Dugué commandant à 
Vichy. Ces offres seront acceptées avec reconnaissance... Le gou» 
vernement a fait don à M. Dugué de 40 chevaux (3), d«s armes de 
précision ont été remises à tous les hommes et l’escadron formera, 
je n’en doute pas, une troupe modèle... » 

(1) Cet escadron minuscule de 12 hommes comprend 12 cavaliers encadrés 
des officiers et sous-officiers. 

Voici les noms des sous-officiers et des cavaliers, d’après un état de solde 
du l* r au 10 décembre inclus, signé £. Dugué : maréchal des logis chef, 
Robin Emile ; maréchal des logis, Momiron Jean; cavaliers: Besson Jean, 
Bournadat Pierre, Grangier Jean, Darmangeat François, Dubessay Antoine, 
Gérard Théodore, Boutonnet Martin, Frobert Léon-Marcel, Fournier 
Simon-Pierre, Déjardin Paul, Raymond Jean, Aufrère Simon-Paul-Jean. 

La paye était de 2 fr. par jour pour le maréchal des logis chef, de 1 fr. 75 
pour le maréchal des logis, et de 1 fr. 50 pour les hommes. 

■ . (2) Ce sont MM Jules Henrion, vétérinaire, à Cusset ; François Reynaud- 
Pouillien, propriétaire à Vichy, et Eugène Montaret, ancien maître de 
poste également à Vichy. 

(3) Il n’y en avait en réalité que 30. 


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Essai de formation d’i n Escadron d'Eclaibelrs en 1870-71 49 


Puis, organisé ou non, le Ministre de l’Intérieur informe le préfet 
(6 décembre) dlavoir à opérer la remise à l’autorité militaire de cet 

escadron aux dépenses duquel aura à pourvoir l'intendance. Le 9 

* 

cet ordre est exécuté par lettre du préfet au général de Pissis, com¬ 
mandant la place de Moulins. 

Dugué était informé de cette remise le même jour et que toutes 
les questions intéressant l’escadron seraient à l’avenir traitées par 
l’autorité de l’intendance. 

Malgré ces dispositions une somme de 422 fr. 50 cent, était remise 
le lendemain à Poyet par le maire de Vichy pour la solde de ses 
hommes. 

« 

L’histoire de cet escadron fantôme devrait s’arrêter là. Nous avons 

« 

encore cependant quelques lignes à ajouter, mais avant de passer 
outre, ouvrons une parenthèse pour dire quelle était la situation 
morale-de ce corps. La lettre datée de Vichy de Paul Déjardins, 
l’un des Eclaireurs, du 2 janvier, adressée au préfet nous renseigne 
un peu à cet égard. 

«... Je faisais partie, raconte cet homme, de la levée des vieux 
garçons de la garde nationale mobilisée de la commune de Lapalisse, 
lorsque j’ai appris par affiches placardées et par la voie du journal 
Le Républicain de l'Ailier, qu’il se formait un escadron sous la déno¬ 
mination d’« Eclaireurs à cheval de l’Ailier ». Croyaut pouvoir 
rendre plus de service à la patrie, et principalement au maintien du 
gouvernement actuel, je me suis empressé de me rendre à Vichy... 
Je suis engagé depuis le 24 novembre. Donc depuis cette époque je 
fais partie de l’escadron où je croyais trouver entre les gens qui le 
composent des hommes dévoués à la défense du gouvernement que 
nous avons pour le moment et que nous avons tant besoin de sou¬ 
tenir. Malheureusement mes espérances ont été déçues. Je n’ai 
trouvé que gens qui, comme moi, sortaient des mobilisés, et qui en 
outre se sont engagés dans cet escadron parce qu’ils ont supposé 
qu'il faudrait beaucoup de temps pour le former, comme il est arrivé, 
et qu’ils ne partiraient pas, car ces personnes supposent à mon 
point de vue avant que l’organisation soit faite, que la guerre sera 
terminée. Je viens donc. M. le Préfet, fixer votre attention sur ces 
quelques lignes qu’un citoyen vous soumet. Dans la situation où 
nous sommes, nous avons besoin d’hommes à notre tête pour nous 
conduire dans la voie du salut de la France et de la République. En 

4 


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9 


\ 


9 



Société d’Emulation du Bourbonnais 


conséquence vous pouvez croire que la plupart des hommes qui 
sont à la tête de l’escadron n’ont aucun principe, ni même un symp¬ 
tôme d’amour de la liberté et de la patrie. En plus les hommes qui 
nous sont arrivés jusqu’à ce jour et dont le chiffre, tout compris, ne 
surpasse pas 32, la plupart de ces hommes sont ennemis jurés de la 
République et, en outre, ne cessent de calomnier les hommes qui sont 
à la tête de la préfecture, particulièrement un sieur nommé Guillau¬ 
min, qui avant de venir à l’escadron travaillait dans les bureaux de 
ladite préfecture. 

c Inutile de vous citer tant d’autres qui sont de même calibre, 
particulièrement un autre qui était piqueur de l'empereur et tant 
d’autres. Eh bien, ces hommes ont été les bienvenus auprès de 
Messieurs les officiers, qui se sont empressés de les mettre au 
premier rang avec les grades de maréchal des logis. 

« Donc, je vous laisse à voir de vous-même et à comprendre que 
cet escadron peut devenir par la suite funeste au salut de la Répu- 

é 

blique, et en même temps le peu d’honnêtes citoyens qui comme 
moi sont venus dans le même but pourraient se trouver plus tard. 


si l'escadron n’est pas supprimé et versé n’importe où» en butte avec 
des ennemis et non des amis... » 

Si ces indiscrétions ne sont pas mensongères, voilà qui est édifiant. 
En tout cas l’escadron était parvenu à ses derniers moments. Il 
allait disparaître. Le jour meme où Déjardins faisait ses confidences 
*au préfet, le général de Pissis informait ce dernier que « par ordre 
du ministre de l’intérieur, les <r Eclaireurs à cheval de l’Ailier » étaient 
licenciés ». Il le prévint de communiquer cet ordre au comman¬ 
dant, dont il « ignorait l’adresse ». 


Je n’ai pas trouvé trace des motifs ayant déterminé cette mesure, 
mais le licenciement ne fut pas effectué, et alors nous sommes en 
présçnce d’un imbroglio difficile à démêler. Le général Sabatier, 
commandant le camp de Clermont, s-’immisce dans l’affaire et donne 
l’ordre de retenir provisoirement à Vichy les armes et les chevaux. 
Le préfet en informe le général de Pissis et Dugué et celui-ci répond : 
« Veuillez prévenir intendant que nous restons tels jusqu’à nouvel 
ordre. » 

Enfin arriva du même général Sabatier, le 10 janvier, l’ordre de 
faire partir l’escadron pour Clermont, de manière à arriver au camp 
le dimanche suivant 15. 


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Essai de formation d’i n Escadron d'Eclaireirs en 1870-71 51 


Le gouvernement avait décidé qu'à partir du 19 janvier il ne serait 
plus formé de compagnies franches, et il s'informa par circulaires de 
celles dont la constitution serait assez avancée pour qu’elles puissent 
être remises dans un délai très prochain à l’autorité militaire. La 
formation de tous autres corps devait être suspendue, et les quelques 
volontaires en faisant déjà partie devaient être licenciés ou versés 
dans l'armée active ou l’armée auxiliaire. 

% a 

Le préfet en avait donc fini avec ce corps. Cependant il recevait 
encore du général Sabatier, le 20 janvier, une lettre remise par le 
capitaine Dugué lui-même. « Mon intention, disait cette lettre, est de 
porter à 80 chevaux l’effectif de l’escadron des a Eclaireurs de 
l'Ailier »,'qui a été placé sous mon commandement, et le départe¬ 
ment du Puy-de-Dôme offrant peu de ressources aux chevaux de 
selle je vous serais obligé de vouloir bien autoriser le capitaine 

t 

Dugué à réquisitionner des chevaux dans l’Ailier ». 

Mais Combes déclara que quel que fût son désir il lui était impos¬ 
sible de satisfaire à cette demande, l’intendant en chef du 25 e corps 
d’armée venait de lui donner l’ordre de lui trouver d’urgence 400 
voitures de transport attelées, et d’un autre côté les pays appelés 
à réquisitionner les chevaux destinés aux batteries d’artillerie de 
l'Ailier avaient commencé leurs opérations. Il craignait que, en 
présence de la demande instante de M. l'Intendant du 25 e corps, il 
lui fût impossible de trouver les 600 chevaux dont il avait besoin. ' 

Cependant le même général Sabatier demandait encore le 2 février 
que Dugué fût autorisé à prendre 20 chevaux pour l’escadron qui 
s’organisait au camp (sans doute sur les réquisitions du 25 e corps). 

Ainsi le 2 février, après plus de trois mois écoulés, cet escadron 
d’éclaireurs à cheval de 80 hommes était encore en voie d’organi¬ 
sation, et moins nombreux qu’au début. Il avait fondu tout comme 
s’il était retour du front. 

Dans tout ce qui précède il n’a pas été question de l’habillement 
des hommes de l'escadron. Il n’en est fait mention que dans une 
lettre du 7 février adressée au préfet par un nommé Henri Ebstein, 
tailleur, garde mobilisé à Vichy, datée de Sainl-Pourçain. Elle est 
bonne à citer pour montrer l’incohérence du commandement. 

Ebstein explique qu’il a été chaagé par M. Dugué, commandant 
des Eclaireurs à cheval, de faire les vêtements de cet escadron. 
« Vous m’avez même, dit-il, donné à cet effet un sursis de départ 


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Société «'Emulation ou Bourbonnais 


que M.-le commandant Martinet a révoqué. J’ai été obligé de re¬ 
joindre ma compagnie. J’ai écrit à M. Dugué, qui vient de me 
répondre qu’ayant commencé il fallait que je termine et que les vête¬ 
ments que j’ai déjà livrés ne me seraient pas payés avant la livraison 
des autres. J’en ai livré pour 702 francs. Voyez dans quelle position 
je me trouve. Je vous prie de me faire régler les 702 francs qu’on 
nie doit ou si vous désirez que je fasse le reste des vêtements donnez 

un ordre pour que je puisse rentrer chez moi. » Que répondit le 

* 

préfet?Une note au bas de la lettre l’indique : « Accorder 15 jours 
pour tout délai, Ecrire à Dupond et à Ebstein, 9 février. » Mais le 
sursis était révocable et ne devait pas prévaloir devant l’autorité 
militaire. 

Le corps fut licencié le 8 mars. Il était alors stationné au camp de 
Pont-du-ChAteau (Puy-de-Dôme). ‘ 

Le président de la sous-commission d’habillement et d’équipe¬ 
ment instituée par l’Assemblée nationale, prévint le préfet, le 
24 mai 1871, qu’il résulterait d’informations parvenues indirecte¬ 
ment à la commission parlementaire des marchés que le corps des 
francs-tireurs de l’Ailier stationnant vers le milieu de février dernier 
au camp de Pont-du-Château, aurait, au moment même de son licen¬ 
ciement, reçu des distributions d’habillements neufs au complet, 
consistant pour chaque homme en une tunique, un gilet, un panta¬ 
lon et une paire de souliers. Le président demandait des renseigne¬ 
ments à ce sujet. 

L’intendant de la 20 e division fait savoir au préfet, qu’examen fait 
de la comptabilité de son prédécesseur, la seule distribution d'effets 
reçus par les Eclaireurs de l’Ailier au camp de Pont-du-Château est 
à la date du 21 février et consiste en 55 chemises, 55 capotes et 
55 cravates. Le corps n’a dû être licencié que le 8 mars. 

Ainsi, et ce sera le mot de la fin, lors de son licenciement le 8 mars 
(évidemment depuis le 21 février il n’avait plus été fait de recrues), 
près de quatre mois après le décret autorisant sa formation, l’esca¬ 
dron n'avait pu être amené au complet de 80 hommes; il ne conte¬ 
nait encore que 55 cavaliers. 

E. Delaigue. 

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G.BRXTEL 


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V 


t 



Les Régions Economiques 
et le Bourbonnais 

(Suite) 


L’histoire nous apprend donc que le Bourbonnais et l’Auver¬ 
gne ont été souvent liés, plus ou moins complètement, l’un à 
l’autre, et que, depuis sept ou huit siècles, le Bourbonnais a 
vécu d’jme vie propre, ne dépendant que fort peu des provinces 
voisines, sur lesquelles il déborda même parfois. 

Faut-il s’étonner, après cela, de voir mille liens administratifs 
nous rattacher encore à l’Auvergne? Clermont n’est-il pas le 
chef-lieu .de la 13* région militaire, de la 13 e légion de gendar¬ 
merie, de l’arrondissement minéralogique, de celui du génie . 
rural, de l’Académie dont nous dépendons; Riom n’est-il pas 
le siège de la cour d’Appel, pendant que Moulins possède la 
21 e Conservation des Eaux et Forêts, qui comprend le Puy-de- 
Dôme. Par contre, il est vrai, notre évêque est suffragant de 
l'archevêque de Sens, pendant que nous dépendons de Mâcon 
pour la remonte, de Cluny pour les haras et de Bourges pour 
l’Office Régional Agricole et pour le canal du Berry. 

On le voit, lorsque le département de l’Ailier ne relève pas 
directement de Paris, il dépend presque toujours du Puy-de- 
Dôme ou est relié à lui de façon assez étroite. 

.Si l’on se place maintenant au point de vue économique, on 
doit constater que notre département est surtout agricole, 
bien qu’il possède des mines importantes, des industries non né¬ 
gligeables et d’importantes stations thermales, dont certaines 
ont une réputation mondiale. 

il Voir Tiullrtin 1021, pages 152. 325. 


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54 


Société d’Emülation du Bourbonnais 


Il existe; en Bourbonnais, quatre dépressions, jalonnées au¬ 
trefois par des lacs dans lesquels se sont formés des dépôts im¬ 
portants de charbon. Ces dépressions sont celles de Bert ; Souvi- 
gny, Noyant, Le Montet, prolongée en Auvergne par la Bouble, 
Saint-Eloi, Messeix et Champagnoc; Villefranche, Montvicq, 
Doyet, Bézenet, Commentry; Meaulne, Estivareilles. Ces mines 
sont plus ou moins exploitées et ont fourni, au total, en 1917, 
525.000 tonnes de chaxbon pour le département de l’Ailier. Mal¬ 
heureusement, le bassin de Commentry paraît s’épuiser, ce qui 
est un grave danger pour Montluçon, obligé, dès maintenant, 
d’importer de divers points de France et d’Angleterre de gros¬ 
ses quantités de charbon ou de coke. Montluçon est donc direc¬ 
tement intéressé à la mise en exploitation rapide du bassin de 
Souvigny, à l’amélioration des communications ferroviaires 
avec cette localité et même à la création d’un canal Montluçon- 
Moulins, qui tangenterait ce bassin houiller. Enfin, à Buxiè- 
res-les-Mines, on exploite des schistes bitümeux que Ton dis¬ 
tille. Cette exploitation serait, paraît-il, susceptible d’un grand 
développement (1). 

Des gisements de fer, de cuivre, de wolfram, d’antimoine, 
de plomb, de manganèse, existent en divers points du Bour¬ 
bonnais. Leur exploitation a souvent été abandonnée, non par 
suite du manque de richesse des filons, mais bien .à cause de 
l’éloignement des voies d’eau (rivières navigables ou canaux), 
qui seules permettent des transports économiques à grandes 
distances. C’est la même raison qui a paralysé le développe¬ 
ment de nombreuses carrières exploitées dans notre région, où 
l’on trouve d’importants gisements de kaolin, de gypse,- de 
pierres à chaux, de marbre, de granit, de terres réfractaires. 
de geysérite. de pierres pour construction, empierrement et 
ballast. 


Au point de vue industriel, il faut d’abord citer Montluçon. 
avec ses fonderies et ses importantes usines métallurgiques, sa 
glacerie, sa verrerie, son usine de produits chimiques, sa 
manufacture de faux-cols et de manchettes, etc.; puis, Com¬ 
mentry. avec ses forges et chaîneries; les tréfileries de Tron- 


(i) P. M lu \tilnre, 1921. |>. 2.'*'1-2.'».*». 


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Les Régions Economiques et i.e Bourbonnais 


<>;> 


çuis; les verreries de Souvigny, de Cusset et de Saint-Yorre; 
Moulins avec ses tanneries réputées, ses scieries importantes 
et les nouvelles industries créées pendant ou depuis la guerre : 
bonneterie, chaussures, cachets pharmaceutiques, machines à 
bois, etc. Enfin, dans tout le département, on trouve diverses 
brasseries et multeries, ainsi qu’un grand nombre de minote¬ 
ries et de moulins. 

L’industrie thermale amène à Vichy pins de 100.000 bai¬ 
gneurs, pendant que 6.000 vont à Néris et 4.000 à Bourbon- 
l’Archambault. Vichy expédie près de 00 millions de bouteilles 
d’eau, dont 17 millions vont à l’étranger (plus de G millions 
dans les deux Amériques). 

9 

La forêt de Tronçais, les gorges du Cher et de la Sioule, la 
Montagne Bourbonnaise, les diverses curiosités archéologiques 
disséminées dans toqt le département, font de l’Ailier une con¬ 
trée toute désignée pour le tourisme des baigneurs de nos 
stations thermales, ainsi que pour ceux qui viennent en Auver¬ 
gne, puisque l’automobile permet de circuler facilement. 
C’est une raison de plus pour qu'une liaison intime existe 
entre tous nos groupements thermaux, nos syndicats d’initia¬ 
tive et ceux qui ont pour centre Clermont-Ferrand. L’union 
nous permettra d’organiser de façon'aussi parfaite que possi¬ 
ble nos hôtels, nos circuits automobiles et nous pourrons faire 
connaître à l’étranger, tout spécialement dans les deux Amé¬ 
riques, nos importantes stations thermales, ainsi que les 
beautés touristiques qui les entourent. 


* * 


Les espèces de froment cultivées en Bourbonnais sont très 
voisines de celles cultivées dans le Cher. Ce sont des blés 
tendres, alors qu’en Auvergne on récolte surtout des blés durs 
(variété Foulard), utilisés pour la fabrication des pâtes alimen¬ 
taires. En Basse-Auvergne, on récolte trois à quatre fois plus 
* 

de seigle que dans l’Ailier, où l’emploi d’amendements et 
d’engrais nous ont permis de réduire les surfaces occupées par 
cette céréale pour lui substituer le froment. Le Berry cultive 
encore moins de seigle que ijou.s. Les orges de la région de 
Crannat et de .Saint-Pourçain, analogues à celles de la Limagne 


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56 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


Auvergnate, sont utilisées sur place pour l’élevage ou par les 
malteries locales et l’excédent est employé par la Société de* 
Grandes Malteries d’Auvergne. 

Notre gros bétail appartient à la race charolaise; aussi nos 
intérêts se confondent sur ce point avec ceux des départe¬ 
ments de la Nièvre, du Cher et de l’arrondissement de Cha- 
rolles, qui ont le même Herd-Book (1). Il est bon cependant 
de remarquer que la race blanche gagne du terrain vers le 
Sud, où elle atteint Billom-et Jssoire, en Limagne, ainsi que 
Saint-Gervais, dans la vallée, de la Sioule, refoulant vers les 
montagnes la race ferrandaise, qui est excellente laitière et 
permet de faire de délicieux fromages. Nous, possédons beau¬ 
coup moins de moutons que le Berry et l’Auvergne. Les vigno¬ 
bles de Saint-Pourçain et du Sud du département, les vergers 
des environs de Vichy, nous créent des intérêts communs avec 
ceux du vignoble auvergnat et avec ceux de l’industrie frui- 
tière de Clermont-Ferrand. 

m 

Le Puy-de-Dôme et l’Ailier sont boisés à peu près également : 
11 °/„ de leur superficie totale et l’on y trouve les mêmes essen¬ 
ces, mais en proportions variables : chênes (plus abondants en 
Bourbonnais), hêtres, résineux divers (en plus grand nombre 
en Auvergne). Nos forêts prolongent celles d’Auvergne, puis¬ 
qu’elles sont sur les contreforts du Massif Central; aussi 
l’administration les a réunies dans une même circonscription, 
la 21® Conservation, qui a son centre à Moulins. 

Nous élevons des carpes, des tanches et quelques brochets 
dans les nombreux étangs, qui sont répartis dans 601 commu¬ 
nes (sur 321) et qui couvrent une superficie de 2.876 hectares. 
L’existence de ces étangs nous rapproche du Cher (1.570 hecta¬ 
res d’étangs), de l’Indre (5.826 hectares), du Loir-et-Cher (6.824 
hectares), de la Nièvre (1.369 hectares) et de Saône-et-Loire 
(3.818 hectares), où l’on élève les mêmes espèces de poissons 
que nous, alors que les lacs et les cours d’eau du Puy-de-Dôme 
(1.144 hectares) contiennent en outre des truites, des ombles. 

(i) En 1921 le Herd-Book de la race «harolaisc comptait 12.501 bétes inscrites 
dans H départements. La Nièvre en avait 5.906 (47,2 0 0 ), l’Ailier 2.585 (20,6 °/oh 
Saone-el-Loire 1.827 (14,6 o/ o\ le Cher 990 (7.9 °/ 0 \ le Pny-dc-DAmc 10. 


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Les Régions Economiques et le Bourbonnais 


57 


etc., c’est-à-dire des espèces spéciales aux eaux vives des 
montagnes (1). 

Au point de vue constitution de la propriété, on oppose sou¬ 
vent le Bourbonnais au Puy-de-Dôme, en qualifiant le premier 
de pays de grande propriété et le second de pays de petite 
propriété. C’est en réalité schématiser un peu trop. En effet, 
d’après les statistiques officielles, on appelle grandes proprié¬ 
tés celles de plus de 40 hectares, petites propriétés celles de 
moins de 10 hectares et propriétés moyennes celles qui sont 
comprisevS entre les deux. La grande propriété couvre 60 •/* de 
la superficie totale de l’Ailier et 32 °/ u de celle du Puy-de-Dôme. 
La moyenne propriété règne surtout sur les coteaux auvergnats 
et occupe 42 % de la superficie du Puy-de-Dôme. Le qualificatif 
de petite propriété ne s’applique qu’à la Limagne, tant au 
nord qu’au sud d’Aigueperse. La propriété y est même très 
morcelée, puisque nombre de pièces de terre n’ont que 50 ou 
100 mètres'carrés. En réalité, au point de vue constitution de 
la propriété, l’ensemble de nos deux départements diffère, mais 
pas de façon profonde, fondamentale. En effet, si la grande 
propriété caractérise le nord-est du département de l’Ailier, la 
petite propriété règne en maîtresse autour de Saint-Pourçain, 
Cusset, Gannat, Iîuriel et Marcillat. 


Enfin, on répète souvent que le métayage, fort répandu en 
Bourbonnais (17.171 métayers en 1892), nous rapproche plus 
du Berry et du Nivernais que de l’Auvergne. Or, en 1908, le 
Puy-de-Dôme comptait 6.979 métayers, pendant qu’en 1892 
le Cher en avait 4.000 et la Nièvre seulement 1.300. 


Ces diverses constatations expliquent que le Ministère de 
l’Agriculture ait rattaché notre département, par arrêté du 
25 avril 1919, à l’Office Régional du Centre, qui a pour chef- 
lieu Bourges et qui comprend: le Loiret, l’Yonne, la. Nièvre, 
la Creuse, le Cher, la Haute-Vienne, l’Indre, le Loir-et-Cher et 
l’Indre-et-Loire. C’est une circonscription beaucoup plus vaste 
qu’une région économique et rien, par ailleurs, n’obligeait deux 
ministres à créer chacun p,our leurs besoins, des circonscrip- 


(l) Congrès de l'Etang, 1918, pp. 26 cl 27. 


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58 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


fions d’étendues égales, superposables ou multiples les unes 
des autres. 


♦ 

+ * 


Lorsqu'on étudie un pays, une contrée pour chercher à dis¬ 
cerner quel sera son avenir économique et à quel centre d’at¬ 
traction voisin il a intérêt à s’associer, on est fatalement amené 
à attacher une importance considérable aux moyens de com¬ 
munication et aux diverses sources d’énergie qu’il peut ou 
pourra utiliser. 

Nos rivières sont en partie navigables pour des radeaux ou 

pour de petites embarcations à fond plat et elles ont été fort 

# • • 

utilisées autrefois, lorsque les moyens de transport terrestre 
vêtaient quasi inexistants. Depuis l’époque où notre admirable 
réseau routier a commencé à êfre constitué (son origine remonte 
à moins de deux siècles et demi) et surtout depuis la création 
de nos réseaux ferrés à voie large et étroite, on n’utilise plus 
ces voies d’eau naturelles et, pour compléter ces moyens 
de communication faciles et permanents, il faut créer des 
canaux. Or, le Massif Central ne se prête pas facilement à la 
construction de canaux; aussi, notre département n’est-il que 
tangenté par le canal du Berry et le canal latéral à la Loire. 
Cependant, une branche du canal du Berry, qui est à petite 
section, pénètre dans notre département sur 26 kilomètres et 
atteint Montluçon depuis 1884-1839. 

Montluçon, qui ne comptait, en 1827, que 4.600 habitants, 
n’a pu devenir une grande ville industrielle (35.326 habitants 
en 1921), que grâce à l’existence du bassin houiller de Com- 
mentry, complété par l’ouverture du canal du Berry (qu’il faut 
transformer en canal à grande section), et à la création de 
voies ferrées, mettant Montluçon en relations avec les quatre 
points cardinaux. Kn 1911, le port de Montluçon a eu un mou¬ 
vement total de 347.000 tonnes,' pendant que la gare trans¬ 
portait, en 1902, 619.000 tonnes, ce qui montre bien que 
canal et chemin de fer sont deux organes complémentaires, qui, 

loin de se nuire, s’entraident et sont solidaires l’un de l’autre (i). 

% 

(i) A. Vacheu, «< Montluçon, essai de géographie urbaine n, An. de Géographie, 
igoi, PP- i^ i- 1 37. 


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Les Régions Economiques et le Bourbonnais 


59 


Pour tirer partie de toutes les richesses que recèle notre 
département et spécialement de celles qui y sont à l’état latent, 
il faut que le Bourbonnais soit traversé par le canal de péné¬ 
tration de la vallée de l’Ailier et soit coupé d’est en ouest par 
be canaF Doropierre-Moulins-Montluçon, tronçon du canal qui 
mettra un jour les bassins du Rhône et du Rhin en relation 
directe avee l’Océan. 

TJne commission interdépartementale, créée en 1916, a mis 
au concours, en 1918, le premier de ces cénaux et les projets 
déposés ont été soumis à un jury qui a prononcé. Il faut main¬ 
tenant-faire la synthèse de ces divers projets et passer rapide¬ 
ment à l’exécution. Le programme, très judicieusement conçu, 
prévoyait à la fois l’aménagement du bassin de l’Ailier pour • 
créer des forces hydro-électriques, l’irrigation de surfaces aussi 
grandes que possible et enfin l’avant-projet d’un canal, à large 
section, outillé à la moderne, remontant jusqu’à Brassac-les- 
Mines ou jusqu’à Brioude. Le projet le plus complet (il prévoit 
même l’aménagement de l’Ailier jusqu’à Langeac), coûterait 
620 millions.-On a pris pour base de cette évaluation les prix 
d’avant-guerre multipliés par le coefficient 1,5. Il faut remar¬ 
quer que ce projet prévoit la création de grandes chutes arti¬ 
ficielles et de barrages, permettant d’obtenir environ 200.000 
kilowatts. 

Actuellement, le département de l’Ailier est assez bien 
desservi et relié aux régions voisines par des lignes de chemin 
de fer à voie large, à une ou deux voies. Les communications 
avec Paris, Lyon, Clermont-Ferrand sont faciles et rapides. 
A partir du premier juin 1921, un express Bordeaux-Strasbourg, 
faisant pendant au Lyon-Nantes et au Lyon-Bordeaux, traver¬ 
sera le département. La création de cet express provoquera sans 
doute des améliorations de profil à la voie Moulins-Montluçon, 
ainsi que le doublement de la voie de Moulins à Yillefranche. 
Kn attendant d’être carrefour de canaux, le Bourbonnais est 
dès maintenant un nœud important de chemins de fer, ce qui 
correspond bien à sa position au centre de la France, dans 
une zone de traversée relativement facile, puisque sur les 
lisières du Massif-Central. 

Pour mettre en lumière nos facilités de relation avec les 


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60 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


grands centres voisins, nous avons dressé le tableau suivant, 
qui donne leurs distances à chacun des chefs-lieux d’arrondis- 
sement et le total de ces distances : 


TRAJET 


Clermont - Moülins 


DISTANCES 


PARTIELLES 


109 kilm.l 


TOTALES 


... 

Gannat. 

41 — 

I 340 kilomètres. 

— 

Lapalisse. *. 

83 — 


Montluçon (par Gannat ou 
par Volvic-Lapeyrouse) . 

109 — 


Bourges 

- Moulins. 

109 — 

• 

— 

Gannat. 

175 — 

^ 360 — 

\ 

— 

Lapalisse. 

169 — 

— 

Montluçon. 

109 — 

Limoges 

- Moulins . 

237 — 


— 

Gannat .... .... 

224 — 

i r\ /% A 

— 

Lapalisse . 

266 — 

G 83 - 
• 

— 

Montluçon . 

156 — 

Dijon - 

- Moulins . 

196 — 

i • 

— 

Gannat . 

262 — 

! 990 — 

' 

— 

Lapalisse . 

255 — 

— 

Montluçon . 

277 — 


% 

Sans 

aucun doute, nos relations avec Clermont-Ferrand sont 

les plus courtes, donc les moins coûteuses 

et aussi les plus 


rapides. Elles vont d’ailleurs s’améliorer lorsque diverses lignes 
en construction seront achevées : celle de Montluçon-Goutières, 
par Néris, Marcillat et Pionsat, qui rapprochera Montluçon de 
11 kilomètres de la capitale de l’Auvergne, celle de La Ferté- 
Hauterive-Gannat par Saint-Pourçain, qui réduira la distance 
Moulins-Clermont de 10 kilomètres et évitera l’arrêt de Saint- 
Germain-des-Fossés. Les lignes Riom-Vichy (41 kilomètres) et 
Maringues-Randan relieront les stations thermales du Puy-de- 
Dôme à Vichy et faciliteront les communications de l’arrondis¬ 
sement de Lapalisse avec Clermont-Ferrand, surtout si l’on 
construit la ligne Cusset-Lapalisse, qui sera sans doute pro¬ 
longée un jour sur Digoin, ce qui mettrait en relation directe 
l’Auvergne avec la Bourgogne, l’Alsace et la Lorraine. 


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Les Régions Economiques et le Bourbonnais 61 


Le département de l’Ailier est desservi par un réseau ferré à 
voie étroite assez développé (436 kil.), mais construit sans plan 
d’ensemble, ce qui est fort regrettable, tant au point de vue in¬ 
térieur qu’au point de vue des liaisons avec les départements 
voisins auxquels nous ne sommes reliés qu’à Sancoins, Digoin 
et Lavoine. • v 

Le réseau actuel comprend : 

1° Une ligne est-ouest: Digoin, le Donjon, Trezelles, Varen- 
nes, Saint-Pourçain-sur-Sioule, Chantelle (avec embranche¬ 
ment sur Ebreuil), Montmarault, Commentry, Marcillat (184 

kil.). 

2° Une ligne nord-sud: Sancoins, Lurcy-Lévy, Cosne-sur- 
l’CEil, Villefranche, Montmarault, Lapeyrouse (88 kil.). 

3° Une ligne Moulins, Bourbon-1’Archambault, Cosne-sur- 
rŒil (57 kil.). 

4° Une ligne Dompierre, Jaligny, Lapalisse, le Mayet-de- 
Montagne (67 kil.). 

5° Une ligne Vichy, Cusset, le Mayet-de-Montagne, Lavoine, 
Saint-Just-en-Chevalet (Loire) (40 kil.). 

Avant la guerre, on projetait la construction des lignes : 

a) Moulins-Decize- (avec embranchement sur Dornes), qui 
devrait être prolongée dans la Nièvre jusqu’à Saxi-Bourdon 
(près Saint-Saulge). 

b) Bourbon-1’Archambault, Cérilly, Laugière, ce qui permet, 
trait de gagner directement Bourges, tout en se reliant à 1 * 
ligne Sancoins, Saint-Amar.d-Montrond. 

c) Cosne-sur-l’Œil, Hérisson, Vallon-en-Sully. 

Les difficultés de traction ep montagne ont sans doute empê¬ 
ché le Puy-de-Dôme de faire construire des voies ferrées de 
1 mètre, mais la traction électrique, modifiant heureusement 
les conditions d’exploitation des chemins de fer à fortes pen¬ 
tes, il est probable que, d’ici 20 ans, l’Auvergne commencera 
à se couvrir de tramways et de chemins de fer à voie étroite, 
auxquels nous aurons intérêt à être soudés, ce qui nécessitera 
des accords que la 17 fl Région économique facilitera. 

Le 11 mai 1914, le Conseil Général du Puy-de-Dôme avait 


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Société d’Emclati'ox uu Bourbonnais 



concédé à la Société des Autobus départementaux du Puy-de- 
Dôme 19 lignes, d'un développement total de 576 kilomètres. 
Il est à désirer que certaines de ces lignes soient prolongées 
jusqu'en Bourbonnais et que les limites de départements ne 
soient plus comme- des limites d’états, que des voies de com- 

I 

mnuication ne peuvent franchir qu'a près de longues négocia¬ 
tions diplomatiques. 

Dès maintenant, des services automobiles desservent tous 
les jours ou plusieurs fois par semaine: 1° Moulins-Neuilly-le- 
ltéal ; 2° MoulinsrDecize ; 3° Moulins-Montmarault ; 4° Moulins- 
Saint-Pourçain-Vichy. 

« 

(d suivre.) G. Brlel. 



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Le Père Bobynet, Jésuite 

et son « Horographie ingénieuse » 


e 

Nous ne connaissons pas encore toutes nos richesses littéraires et 
scientifiques. Notre érudit confrère M. Roger de Quirielle nous 
permettra de marcher un peu sur ses brisées et de parler du Père 
Bobynet qui a échappé à ses recherches, lors de la publication de 
son intéressante Bio-Bibliographie des écrivains anciens du Bour¬ 
bonnais (1). 

A dire vrai, je sais peu de chose du Père Bobynet qui me fut 

« 

rappelé, en l’an de grâce 1912, par le catalogue d’avril de la librairie 
Paul Chéronnet, 19, rue des Grands-Augustins, à Paris. Page 12, on 
y pouvait lire ce qui suit : 

« 3401 Bobynet (Le P.), jésuite, né à Montluçon, en 1593. ( L’ho • 
rographie ingénieuse. Contenant des connaissances et des Curiositez 
agréables dans la composition des cadrans.) 24 grav. en taille douce. 
Paris, 1663, in-12, couv. parch. (Rare). 10 fr. » 

De suite je signalai à M. de Quirielle la trouvaille faite, pensant 
que peut être il aurait le désir de faire entrer dans sa belle collée* 
tion d’auteurs bourbonnais l'œuvre du jésuite montluçonnais, et de 
fait, elle s’y trouve maintenant. 

Je laisse à notre aimable et érudit confrère, M. de Quirielle, le soin 
de parler de Yhorographie ingénieuse et de ses diverses éditions, aussi 
bien que des autres œuvres du Père Bobynet. Nous trouverons tout 
cela un jour, espérons-le, dans une seconde édition de la Bio-Biblio¬ 
graphie des écrivains anciens du Bourbonnais. 

Quant à la biographie du P. Bobynet, elle nous est fort peu con¬ 
nue. Les divers dictionnaires biographiques ne nous apprennent rien 
de bien précis et la documentation est nulle. Tous ces dictionnaires 
se sont copiés l’un l’autre et leurs renseignements sommaires sont 

<1) Moulins, H. Durond, et Paris, A. Durel, 1899. 


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64 


Société d'Emulation du Bourbonnais 


empruntés en somme au P. Sotwel, auteur de la bibliographie des 
membres de la C ,e de Jésus. 

Au point de vue biographique comme au point de vue bibliogra¬ 
phique, nous ne sommes pas plus avancés en 1921 que ne l’était en 
187)2 M. Bouchard, qui s’était documenté dans la Biographie Di - 
dot (1). 

Au point de vue biographique, quand nous aurons dit que Pierre 
Bobynet naquit à Montluçon, en 1593, fut reçu dans la Société de 
Jésus dès l’âge de 12 ans, qu’il professa pendant vingt ans la philo¬ 
sophie et la théologie, fut recteur des collèges de Moulins et de 
Quimper-Corentin et mourut à Orléans, des suites d’un catarrhe 
chronique, le 25 juin 1668, nous aurons répété tout ce que l’on sait 
de lui à l’heure actuelle. Le P. Stowel le silhouette au point de vue 
moral : homme d’une piété remarquable, d’une grande soumission à 
l’égard de ses supérieurs, et d’une amabilité et d’une patience qui le 
faisaient aimer de tout le monde. 

Ce bref éloge, en vérité, fait regretter de n’en pas savoir plus long 
sur le pieux jésuite, notre compatriote. 

J’ai bien cherché à en apprendre davantage en m'adressant aux 
Archives de l’Ailier. Je comptais sur la collection des Gozis. J’ai 
bien scruté le dossier des Bobinet, à Montluçon, mais en vain, hélas I 
Humble et caché par delà le tombeau, le Père Pierre Bobynet n’y 
figure pas. 

A mon sens, on ne saurait douter toutefois que l’auteur de l 'horo¬ 
graphie ingénieuse ne soit de cette famille, car elle était... Jésuitique. 

Voici, en effet, ce qu’on lit dans des Gozis, au sujet de Françoise 
Bobinet, née le 18 décembre 1658, sœur converse au couvent des 
Ursulines de Montluçon, morte le 28 novembre 1689, fille de Gilbert 
Bobinet, sieur de Crevallas, maître et marchand tanneur, et de 
Françoise Urban, sa première femme. 

« .C’estoit une très bône âme, simple, douce et innocente, dont 

le principal élément estoit la piété, et qui vécû toujours dans le 
siècle avec beaucoup de vertu et d’édification, estant une fille de 
famille, qui appartenoit à des personnes de considération dans cette 
ville, et plusieurs de ses proches estant religieux de la compagnie de 

(1) Cf. Histoire du Collège de Moulins , par Ernest Bouchard, avocat, 
2* édition. Moulins, Desrosiers, 1872, pages 69-72. 


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Le Père Bobynet 


65 


Jésus y sont considérés poqr leur mérite, mais elle préféra la con¬ 
dition de sœur converse en ce monastère à celle de religieuse de 

* 

chœur, qu’elle pouvoit avoir dans une communauté d’un autre 
ordre... » 

% 

Si la généalogie des Bobinet, donnée par des Gozis, passe sous 
silence le R. P. Bobynet, eu étudiant de près la filiation de cette 
honorable famille montluçonnaise, je ferais volontiers du Père 

I 

Pierre Bobynet, un des nombreux enfants issus de l’union de Léonard 
Bobinet. marchand tanneur, bourgeois de Montluçon, et de Gabrielle 
de Luc ou Duluc. 

, • 

Des Gozis pense que Léonard Bobinet naquit vers 1540 et se maria 
aux alentours de 1570. Ce sont là dates purement approximatives, et 
comme Léonard eut un fils, ‘Pierre Bobinet, né à Montluçon le 
20 septembre 1593, on peut se demander si notre jésuite n était pas 
un frère jumeau de ce Pierre Bobinet, lequel, marié par contrat du 
10 juillet 1616 à Isabelle Herminv, en eut 6 enfants, à moins que, 
par erreur. Des Gozis n’attribue au laïc l’acte de baptême du jésuite. 

Un fait certain, c est que le P. Bobinet déclaré montluçonnais, 
appartenait à cette prolifique famille. 

Un P. Bobinet, Jésuite, mourut à la maison professe, à Paris, le 
3 novembre 1094 et fut inhumé dans l’église Saint-Louis, dépendant 
de ladite maison professe des Jésuites (1). Ce P. Bobinet ne doit pas 
être confondu avec notre auteur, car outre que né en 1593 il aurait 
été un peu plus que centenaire, nous savons parle Père Sotwel et ses 
copistes, que notre Pierre Bobynet mourut à Orléans, le 25 juin 
1668. 

Les maigres renseignements qui précèdent laissent entière la 
question Bobynet. Ils la posent sans la résoudre. Puissent nos éru- 
dits bibliophiles, les consciencieux chercheurs de notre compagnie 
et nos confrères « Les amis de Montluçon », trouver la solution de 
ce petit problème bio-bibliographique intéressant pour notre histoire 
provinciale. 

Philippe Tiehsonnibr. 

« 

(1) Voir : Inscriptions de la France du v» au xvni* siècle, publiées par F. 
de Guilhbrmy, t. !•', ancien diocèse de Paris, p. 522. Imp‘*N u , 1873. 




5 


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V 


La Navigation à Vapeur 


9 

sur l’Ailier 


Il y a quelques années, j'ai publié des Xotes relatives à la 
navigation sur /’.M/iVr, mais j’avais omis, faute de renseigne¬ 
ments, de parler de la navigation à vapeur sur ce fleuve. 
Aujourd’hui, je vais tenter de combler cet oubli. 

Je n’apprendrai rien à mes lecteurs en rappelant que la navi¬ 
gation à vapeur est une invention absolument française, mise 
au point et exploitée par les Anglais ou les Américains. 

Le 25 septembre 1707, un docteur en médecine de Blois, 
Dehis Papin, que la révocation de l’Edit de Nantes avait obligé 
de s’expatrier, lance le premier bateau à vapeur sur le Weser, 
en terre allemande. Parti de Cassel, le bateau arrive àMinden, 
et comme la machine se conduit bien, Papin forme le projet 
de pousser jusqu’à Brème, peut-être jusqu’à Londres. C’est 
alors qu’une bande de mariniers, poussés par la crainte de la 
concurrence, se jettent sur le bateau et le brisent à coups de 
hache. Papin en mourut de chagrin et dans la plus noire 
misère, deux ans après. 

En 1772, deux officiers de la légion de Lorraine, le comte 
d’Auxiron et M. Monnin de Follenai, lancent à l lle des Cygnes, 
à Paris, un bateau à vapeur; ils annoncent que, le 21 avril, 
ils remonteront la Seine jusqu’au Pont-Neuf. Mais, la nuit 
avant le jour fixé, leur bateau sombre, peut-être frappé par 
une main anarchiste. Nos deux officiers, faute d’argent, ne 
peuvent continuer leur tentative et passent la main à un of¬ 
ficier d’artillerie, au marquis de Joufiroy, qui, le 23 juillet 
1783, avec \in bateau à vapeur de son invention, remonte la 


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La Navigation a Vapeur sur l’Allier 


67 


Saône, de Lyon à l’Ile Barbe. Aussitôt, il adresse au roi une 
demande de privilège pour son invention ; Louis XVI renvoie 
cette demande à l’Académie des Sciences. Cette haute compa¬ 
gnie, avant de se prononcer, exige que des essais soient 
faits devant elle, sur la Seine: c’était trop demander. Jouft'roy 
ne peut ou ne veut transporter son bateau jusqu’à Paris. Il 

se contente d’établir un service régulier entre Chalon et 

« % 

Lyon, service qui fonctionna pendant plusieurs mois. 

La Révolution interrompt les études du marquis, qui, l’un 
des premiers, émigre et va se ranger sous le drapeau de Condé, 
puis passe en Angleterre; ce-n’est qu’après l’amnistié du 
(> floréal an X (1802) qu’il rentre en France et reprend ses 
recherches ; mais, ruiné, sans ressources, il ne peut rien tenter. 

En 1802, après la rupture de la paix d’Amiens, au moment 
où Bonaparte songe à traverser la Manche, avec une armée 
réunie au camp de Boulogne, un aventurier américain, Fulton, 
adresse au Premier Consul les plans d’un bateau à vapeur, et, 
le 3 août 1803, il vient faire un essai à Paris même. Ces pro¬ 
positions ne furent pas acceptées et Fulton rentra dans son 
pays, où, en 1807, il organisa un service régulier de bateaux 
ii vapeur, entre New-York et Albanie, sur l’Hudson. 



faveurs royales. Le comte d’Artois se déclara le protecteur 
du marquis de Jouft'roy et lui fournit lés moyens pour reprendre 
ses essais. Le « Charles-Philippe » fut lancé à Bercy, en 1816, 
et, le 16 août, il descendit la Seine jusqu’aux Tuileries. . 
Louis XVIII fit rouler son fauteuil jusqu’à l’une des fenê¬ 
tres du palais pour le voir passer. Mais ce beau jour n’eut pas 
de lendemain: le bateau fut incapable de remonter le faible 
courant du fleuve. Jouft'roy, ruiné, dut accepter une place aux 
Invalides, où il mourut du choléra, en 1832, à peu près oublié. 

Les Anglais avaient été plus heureux dans leurs recherches. 
Dès 1812, il y avait des bateaux à vapeur en Ecosse. L’année 
même de l’insuccès de Jouffroy, un officier de la marine fran¬ 
çaise, le capitaine Andriel, fit l’acquisition, en Angleterre, 
d’un bateau à vapeur,-P « Elise », avec lequel, après avoir 
traversé la Manche, il remonta la Seine jusqu’à Paris, et vint 
mouiller au pont d’Iéna, au milieu des applaudissements de 


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68 


Société ü’Emulatiox du Bouhbonnais 


la foule et des salves d’artillerie. Bientôt, 1’ « Elise » établit 
un service régulier entre Rouen, Elbeuf et Paris, et, dès 1828, 
il y eut des services de bateaux à vapeur sur tous les fleuves 
de France. Sur la Loire, un service de Nantes à Angers fut 
créé, en cette année 1828, puis fut prolongé jusqu’à Orléans, 
en 1829, par la Compagnie des Hirondelles. Malheureusement, 
un bateau construit sur les mêmes plans que ceux de cette 
société, fit explosion à Lyon, en 1829, faisant de nombreuses 
victimes parmi les passagers et cet accident jeta un froid sur 
ce mode de locomotion, cependant si agréable. 

L’ingénieur Gâche prit, le 1 er octobre 1886, un brevet pour 

4 

a bateaux à tapeur inexplosibles » et, peu après, s’associa avec 
le marquis de la Rochejacquelin, neveu du grand chef ven¬ 
déen, pour exploiter ce brevet. A cet effet, ils fondèrent un 
atelier de construction à Nantes. Trois ans après, le baron de 
Luckner fondait la Société des « Inexplosihles de la lîasse-Loire » 
et organisait un service régulier de bateaux à vapeur, entre 
Orléans et Nantes. 

L’année après, en 1840, notre baron créait la Société des 
c Inexplosibles de la Haute-Loire » et organisait un service de 
navigation d’Orléans à Nevers. C’est alors qu’un Moulinois 
rêva de :\>ter sa ville d’un bateau à vapeur de Moulins à Nevers. 

Maximilien-Louis Duoloux, comte de l’Kstoile, né à Mou¬ 
lins, le 15 avril 1806, avait été admis à Saint-Cyr, en 1822. 
Sorti le second de sa promotion, il était entré, en 1827, 
à l’Ecole d’Etat-major. Au sortir de cette école, il travailla 
à la Carte d’état-major, en Vendée, puis participa à la prise 
d’Alger, où il fut blessé à la main. Après les journées de juil¬ 
let 1880, Max de l’ Es toi le fut du nombre de ces jeunes officiers 
royalistes qui refusèrent leurs services au roi citoyen, et il 
rentra dans ses foyers, mais bientôt l’oisiveté lui pesa; il'essaya 
du journalisme, puis rêva au commerce et à l’industrie. C’est 
alors qu’il fit un voyage à Nantes et s’aboucha avec le baron 
de Luckner et le marquis de la Rochejacquelin. Ceux-ci le pous¬ 
sèrent à organiser une société de navigation à vapeur sur l’Ai¬ 
lier, de Nevers à Moulins, et même à Vichy. 

Max de l’Estoile était d’une haute intelligence, mais un peu 
rêveur. Il se laissait facilement convaincre sans étudier à fond 


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La Navigation a Vapeur sur l'Allier 


69 


les questions. Dès son retour à Moulins, il s’occupa de l’or¬ 
ganisation d’une Société de bateaux à vapeur inexplosibles sur 
l’Ailier, dont M. Watelet, notaire à Moulins, rédigea les sta¬ 
tuts le 27 février 1840. Cette société était au capital assez 
modeste de 140.000 francs, divisé en 280 actions de 500 francs. 
Son but était l’exploitation d’un service de navigation à vapeur 
de Nevers à Moulins, pour voyageurs et marchandises légè¬ 
res, avec prolongement si possible jusqu’à Vichy, et de Nevers 
à Decize, avec prolongement jusqu’à Digoin, et même jusqu’à 
Roanne, et tant à l’aller qu’au retour. 

La Société devait commencer son service le plus rapide¬ 
ment possible et, pour ce, acheta son premier bateau à l’usine 
La Rochejacquelinj de Nantes, en même temps qu’elle signe¬ 
rait un traité avec la Société des inexplosibles de la Haute- 
Loire. Ces deux sociétés ne devaient se faire aucune concur¬ 


rence, se transmettre leurs voyageurs, auxquels elles assu¬ 
raient des places par préférence. La Société de l’Ailier devait 
être administrée par ne'uf administrateurs. M. de l’Estoile était 
nommé « directeur général et gérant j>, aux appointements de 
deux mille francs par an, plus vingt pour cent sur les béné¬ 
fices. 


Les principaux actionnaires étaient : MM. Brunet-Delatour, 
Théogène de Labrousse, Dorothé de Chalus, Comtesse de Cha- 
zeron, V® Baudinot, V e Pavy, V e Dugravier, Louis Deborge et 

Frédéric Débordé, banquiers, de Séréville, Jourdier de la Char- 

% 

née, Moreno de Mora, vicomte de Fradel, Devaulx%de Ville- 
mou se, Devaulx de Chambord, Louis et Jacques Tallard, le 
baron de Bonnefoy, Vernin d’Aigrepon, Ch. Legros, Préve- 
raud de la Bouteresse, Querry, de Tarrade, Decluny, Pinston, 
Lherbier (maître marinier), Escrot d’Estrée, D® Bernard, Félix 
de Conny, le marquis de Bellenave, de Chavigny, le comte du 
Buisson, le comte de Dorrny, le comte de Champfeu, le marquis 
de Chabanne de Lapa lisse, Charbon de Valtange, etc., qui 
nommèrent comme administrateurs MM. Charrier, maire de 
Moulins, le baron de Labrousse, ancien maire, de Saint-Martin, 
receveur général, de Bonnefoy (Léonce), le comte de Chalus, 
Picard du Chambon, Jourdier (Elphège), de Valette et Hastier 
do la Jolivette, chacun propriétaire de trois actions au moins. 


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70 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


A. la fin de l’année 1840, le service fonctionnait. L’embar¬ 
cadère était en aval du pont de Moulins ! les départs Avaient 
lieu un jour sur deux, les lundi, mercredi et vendredi; les 
retours, les mardi, jeudi et samedi. Le départ était fixé à six 
heures du matin, l’arrivée à quatre heures du soir. De Mou¬ 
lins à Nevers, la distance est de soixante kilomètres environ, 
le bateau mettait quatre heures à la descente et huit heures à 
la remonte. Il y avait lin court arrêt au Veurdre. Les voyageurs 
étaient répartis entre deux classes. Le prix était de Moulins 
à Nevers, ou vice-versa, 4 fr. 50 en première et 2 fr. 50 en 
seconde. A Nevers, il y avait correspondance avec le bateau 

d’Orléans (160 kilomètres) ; le prix de Moulins à Orléans était 

» 

15 fr. 50 en première et 10 fr. 50 en seconde. A Orléans, le 
bateau assurait la correspondance soit avec le bateau d’Angers à 
Nantes, soit avec la diligence pour Paris. Comme les bateau^ 

ne marchaient pas la nuit, le voyage par eau était plus long, 

* 

mais bien moins fatiguant et plus reposant que ceux par terre. 

lia Société des bateaux à vapeur inexplosibles de l’Ailier 
n'eut pas le succès qu’elle escomptait. Si, parmi les actionnai¬ 
res, si, parmi les administrateurs de la Société, on comptait les 
plus grands noms du Bourbonnais, les techniciens manquaient. 
Si, parmi les actionnaires, on comptait un marinier, M. Lher- 
bier, il avait été écarté du conseil d’administration, où su 
place aurait du être marquée. La plupart des dirigeants semble 
avoir ignoré complètement le régime de l’Ailier et l’affaire, mal 
étudiée, fut mal organisée. 

La Loire, l’Ailier, naissent côte à côte dans les Cévennes, 
à la même altitude, et jusqu’à leur jonction au bec d’Allier, 
ne sont que des torrents, qui tantôt ont trop d’eau, ta.ntôt pas 
assez pour une navigation régulière. Pour l’Ailier, sa peut*' 
moyenne, dans le département auquel il donne son nom, est de 
soixante centimètres par kilomètre, mais cette pente est loin 
d’être uniforme. Après des parties profondes, au courant lent, 
dit mouilles, on arrive à des rapides, à des jurs, où le tirant 
d’eau ert très réduit et la vitesse très activée. Dans une année, 
le débit du fleuve sous le pont de Moulins passe de 16 mètres 
à 800 mètres par seconde; sa largeur minima de soixante-dix 
mètres à trois cent cinquante en majeure. Enfin, pour tous les 


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La Navigation a Vapeir sir l’Ai.lier 


71 


mariniers, la navigation n’y est possible que pendant 185 jours 
par an en* moyenne, car on doit compter sur quinze jours de 
crue, trente jours de glace et cent-trente-cinq jours de basses 
eaux, où le tirant d’eau tombe au-dessous de vingt-cinq centi¬ 
mètres. 

fie bateau choisi était un grand chalaud, du modèle de ceux 
employés sur la Basse-Loire : il avait trente mètres de long 
sur six de large, et pouvait transporter deux cent-cinquante 
voyageurs. La propulsion avait lieu par deux grandes roues à 
aubes, qui augmentaient encore sa largeur. Enfin, il demandait 
un tirant d’eau d’au moins trente centimètres. C’était beau¬ 
coup trop pour un fleuve n’avant souvent que vingt-cinq centi¬ 
mètres de tirant. Aussi les ensablements étaient-ils très fré¬ 
quents, même en aval de Moulins. 

Les grands-mères aiment à bercer leurs petits enfants en 
leur narrant des contes ou des histoires; moi, je préférais les 
voyages. Combien de fois ma bonne grand-mère ne m’a-t-elle 
pas bonté le voyage à Paris qu’elle fit en 1842.Elle était partie 
de Moulins en diligence, à sept heures du soir, et elle était 
arrivée à Paris le surlendemain, à 9 heures du matin ; très fati. 
guée par ces 38 heures de voiture, pour son retour, elle choisit 
la route par eau. De Paris à Orléans, elle fit le trajet en dili¬ 
gence et coucha à Orléans; puis, le lendemain, de très grand 
matin, elle s’embarqua sur 1’ « Ine.rftlosible », après avoir pris 
un billet direct pour Moulins; le voyage jusqu’à Nevers fut 
des plus agréable, mais elle ai riva très tard‘en cette ville^ où 
elle coucha. Le lendemain, elle embarqua sur ]’ « Iru’xplosihle » 
de l’Ailier, où, tout de suite, tout alla mal : le bateau, sembla^ 
ble à ceux de Haute-Loire, était trop gros, les eaux de l’Ai¬ 
lier étaient déjà basses; avant d’arriver au Guétin on s’ensabla 
et l’on dut aller chercher dans un domaine voisin six paires 
de bœufs pour hfder le bateau. Après un long travail, on put 
reprendre la route, mais en arrivant près de Villeneuve, nouvel 
ensablement, et, comme la nuit approchait, on remit le travail 
au lendemain; on donna le choix aux voyageurs soit de cou- 
cher à bord, sur leurs banquettes, soit de les mettre à terre, 
e( alors, à eux de gagner Moulins, éloigné de trois lieues, par 
leurs propres moyens. Trouver des voitures fut impossible. Ma 


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72 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


grand’mère préféra faire les trois lieues à pied; elle n’arriva 
en notre ville qu’à la nuit noire, jurant mois un peu tard qu’on 
ne la reprendrait plus sur 1’ « Inexplosible »; et elle fut fidèle à 
son serment. 

La Société avait Vichy dans son privilège; les vieux habi¬ 
tants des rives de l’Ailier, entre Moulins et Vichy, aiment à 
rappeler que le bateau à vapeur remonta une fois, mais une 
seule fois jusqu’à Vichy; dans le trajet, à la montée, il s’en¬ 
sabla cinq ou six fois; puis, avant de redescendre, il dut atten¬ 
dre plus de deux mois: la quille du bateau s’était usée sur les 
cailloux; on dut le radouber. Quand ce travail fut achevé, les 
eaux étaient si basses qu’il fallut attendre une crue. 

En 1843, la Société des Inexplosibles de l’Ailier se trouva 
dans une situation financière des plus difficiles; son capital 
social, de 140.000 francs, était absorbé; elle fut mise en liqui¬ 
dation. Son directeur général dut accepter un modeste emploi 
dans l'administration des hospices de Moulins. La Société des 
Inexplosibles de la Haute-Loire racheta son unique bateau et 
son privilège et continua le service de Nevers à Moulins; puis 
elle fusionna avec sa sœur, la Société des Inexplosibles de la 
Basse-Loire, et devint la Société des Inexplosibles de la Loire. 
Elle disposait alors de cinq bateaux : le Nivernais , le Charolais, 
le Berry, la Haute-Loire et le Sully. 

Dans l’annuaire général de l’Ailier de 1845, je trouve, page 
020, le renseignement suivant : 

« Les ba.teaux à vapeur inexplosibles partent tous les matins 
« de Moulins, à six heures moins le quart, pour Nevers, Or- 
« léans, Tours et Nantes. Correspondance à Orléans avec le 
« chemin de fer pour Paris. » 

La première compagnie de bateaux à vapeur sur la Loire 
avait été la Compagnie des Hirondelles, qui, en 1841, était 
devenue la Compagnie des Paquebots de la Loire. La Compa¬ 
gnie des Inexplosibles et celle des Paquebots se faisaient une 
concurrence à mort. Afin de s’enlever des voyageurs, entre les 
bateaux de chaque Société, c'était une course de vitesse, d’où 
souvent des abordages, des avaries: c’était entre chaque com¬ 
pagnie à qui baisserait le plus ses prix; au débarquement, les 


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La Navigation a Vapf.uk sur l’Allieu 


voyageurs étaient bousculés par les déchargeurs, les porteurs, 
les garçons d’hôtel, d’où souvent des batailles. 

A ces deux compagnies concurrentes vinrent s'en adjoindre 
deux nouvelles, en 1845,- celle des Messageries de la Loire et 
celle des Remorqueurs de -la Loire; mais les plus grands 
concurrents, à cette époque, fùrent surtout les chemins de fer, 
qui commençaient à exploiter le val de la Loire. En 1847, la 
Compagnie des Chemins de fer de Paris à Orléans se disposait 
à ouvrir sa ligne d’Orléans à Angers, lorsqu’elle traita avec 
les deux Sociétés des Paquebots et des Inexplosibles. Elle leur 
rachetait leurs privilèges et leurs flottes et fit cesser de suite 
le service de Moulins à Angers. Je rappellerai que Moulins fut 
relié à Paris par chemin de fer en 1853. La correspondance se 
faisait par Saincaize, Bourges, Yierzçm et Orléans et, à partir 
de cette époque, il ne fut plus question de bateaux à vapeur 
sur l’Ailier. 

G. Morand. 


Original Jrom 

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Le buste de Cusset 


Le remarquable buste en bronze que M. D. de Froment, d’is- 
serpent, a bien voulu me confier pour le présenter à la Société, 
a été trouvé vers 1895 par M. Gué, architecte de la ville de 
Cusset, en faisant faire les fondations de F hôpital de cotte 
ville. Il a été trouvé dans les fouilles, avec divers objets anti¬ 
ques. Les renseignements relatifs à la découverte nous ont été 
» 

transmis par notre collègue, M. Duchon, qui ne spécifie pus 
davantage les circonstances. Le mot « antiques » par lequel 
M. Duchon désigne la nature des objets (pii entouraient le 
buste, peut s’appliquer aussi bien à des débris gallo-romains ou 
mérovingiens. Les dimensions sont: hauteur totale, 0 m ,18; hau¬ 
teur de la tête, 0 ra ,07 ; diamiètre fronto-occipital, 0 m ,05; mento- 
oeeipital, 0“',07 ; biauriculaire, 0 m ,00. Le cou mesure, à la nu¬ 
que, en hauteur, 0 m ,017 ; au niveau des oreilles, () m ,027 ; dia¬ 
mètre, 0 n, ,04. La poitrine mesure, au niveau du sternum, O m ,10 
de hauteur; distance niaxima des épaules, O n \il. L’épaisseur de 
la fonte est en moyenne de 0“,002 mill. Poids, 780 grammes. 

La face, nettement asymétrique, représente un homme avec 
moustache et barbe en collier. Elle offre un mélange des types 
romain et gaulois, lies yeux, fendus en amandes, sont si sail¬ 
lants que la pupille surtout à droite est au niveau de la verti¬ 
cale du sourcil. Los pupilles sont perforées. L’orifice des pau¬ 
pières décrit, à droite, un losange allongé; tandis qu’à gauche, 
il est, presque triangulaire. La paupière inférieure se porte 
directement en bas, en partant de l’angle interne, ce qui décou¬ 
vre une surface plus grande de la. cornée. Les sourcils sont très 
saillants: le gauche plus que le droit. Le nez prolouge en droite 
ligne le front et se termine par un lobule épaté. Le front, lar¬ 
gement découvert sur les côtés, se rétrécit sur la ligne médiane 
par une dentelure convexe en bas de la ligne d’implantation. 
Cette ligne se continue sans interruption de chaque côté avec 
la barbe, qui s’avance légèrement sur les joues, couvre l’angle 
de la mâchoire inférieure et forme, au-dessous du menton, un 
collier complet, rejoint de chaque côté par les pointes d’une 
moustache à la gauloise. Ce qui est très notable, c’est que le 
menton est complètement rasé. La moustache, comme la barbe 


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I 


Le Buste de Cusskt 


75 


et les cheveux, est coupée très court et découvre la lèvre supé¬ 
rieure. 

Les oreilles sont mal venues à la fonte. 

Le cou est très fort, du type dit procon.sulaire. Les épaules, 
bien dessinées, sont coupées à la naissance des bras, qui n’exis¬ 
tent pas. 

Tandis que la tète et le cou sont sculptés en pleine saillie, 
le thorax n’est figuré qu’en avant, sous la'forme d’une plaque 
quadrangulaire, qui permet de distinguer les détails de la 
fusion. Une large ouverture postérieure permet de -voir l’inté¬ 
rieur du cou et de la tête et montre à la partie inférieure du 
thorax, une saillie horizontale, percée d’un orifice carré, par 
où une tige quadrangulaire pouvait atteindre le sommet du 
crâne. Cette tige devait fixer le buste sur une hampe en bois, 
qui permettait de le porter ou de le déposer dans un lieu con¬ 
sacré à cet effet. 

La poitrine présente un vêtement sur lequel on remarque le 
dessin de folioles imbriquées, à convexité inférieure. Ce vête¬ 
ment découvre le cou, au-devant duquel il forme des plis verti¬ 
caux, limités par un triangle saillant, dû au reploiement do 
l’étoffe, qui vient se rattacher à un bouton, sur l’épaule droite, 
et descend le long du bras droit, en se repliant sur elle-même. 
Du côté gauche, une série de plis verticaux semblent indiquer 
un autre reploiement, symétrique de la même étoffe. Il semble¬ 
rait qu’il y a là un double vêtement, une tunique collante, à 
dessins imbriqués, et un manteau (sagum ou sagulum) pas¬ 
sant autour du cou et devant la poitrine et pendant de chaque 
côté, en avant. 

. La partie inférieure du thorax présente en avant et sur les 
côtés trois saillies en forme d’écaillea^pointues, dirigées horizon¬ 
talement et hautes d’un bon centimètre, qui devaient servir à 
fixer le buste sur son support. 

Notons enfin qu’on remarque sur la gauche du thorax doux 
meurtrissures profondes, faites par la pioche de l’ouvrier qui a 
trouvé le buste. 

Quelle est la date de ce bronze, et quel personnage représente- 
t-il? Pour la date, nous n’avons aucun élément. Pour le per¬ 
sonnage, nous avons l’impression qu’il s’agit d’un personnage 
important de l’époque du bas-empire,-peut-être un candidat à 
la pourpre. 

D r l)K Bhîxon. 



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Nos Morts de la Grande Guerre 



Pierre GAUTIER 

I884-IOI7 


D ans le trop modeste monument que nous élevons. — depuis 
la victoire, — dans l'obituaire sanglant du Bulletin <le In 
Société il’Emulation , à la mémoire des nôtres qui sont glo¬ 
rieusement tombés pendant la grande guerre, nous devions faire une 
place à part et de choix à un de nos plus érudits confrères. M. Pierre 
Gautier, archiviste de la Haute-Marne, mort pour la France à Saint- 
Di é-d es-Vosges, le 12 juin 1917. 

Nous regrettons de n’avoir pas ici la place de consacrer à notre 
compatriote d'adoption une étude complète qui ferait connaître sa 
captivante nature et justifierait les larmes de sa famille, les regrets 
amers de ses maîtres et de ses amis, en mettant en relief l'étendue 
de la perte que fait, en sa personne. l’Erudition (I). 

(1) La Société de l Ecole des Chartes lui a consacré toute une notice lue 
par son président annuel. M. Delachenal. dans l'assemblée générale du 
29 novembre 1917. — Le comte Paul Durieu, membre de l'Institut, a fait 
de même dans son rapport sur le Concours des Antiquités de France de 
1917 ( Académie des Inscriptions et Belles-l.étirés, 1917, p. 167 .Enfin, de justes 
éloges parurent aussi sur Pierre Gautier, dans divers journaux : le Petit 
Champenois 15 juin); En Avant >17 juin); la Croix de ta Haute-Marne 
(24 juin 1917), etc. 


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Pierre Gautier 


77 


Un de ses amis. M. le chanoine Marcel, supérieur honoraire du 

« 

Petit-Séminaire de Langres, a publié en I9f8, sur lui, à l’imprimerie 
Champenoise, une forte et documentaire brochure qu’il estimait lui- 
même trop courte. Au lieu de la statue que nous voudrions ériger 
à notre ami, lui et moi sommes réduits à graver un simple « mé¬ 
daillon »... 

La vie trop courte de Pierre Gautier a pourtant laissé de tels sou¬ 
venirs et une si profonde impression dans les départements où elle 
s’écoula, que — à l’instar de la Grèce antique pour certains grands 
hommes — l’on se dispute l'honneur de l’avoir pour compatriote. 

La Côte-d’Or prend pour prétexte qu’il naquit à Dijon, patrie de sa 
mère et de son arrière-grand-père Guilberl de Pixerécourt, le fécond 
dramaturge, pour en faire un de ses fils ; la Marne, que sa famille 
paternelle était originaire de Buàsy-le-Château (1); qu’il fut lui- 
même pendant neuf ans l'archiviste apprécié de la Haute-Marne, 
pour le revendiquer comme Langrois ; mais le Bourbonnais ne sau¬ 
rait se laisser dépouiller sans élever une juste protestation. Et se 
basaut sur son long séjour dans notre rue de Decize — qui lui fut 
si chère ! — sur son enfance, la période de son instruction au Lycée 
Banville, sa formation religieuse et morale qui se déroula dans l’in¬ 
timité de la chapelle Sainte-Claire, celle du Lycée et la Cathédrale ; 
son heureuse union avec la.fille d’un juge bourbonnais du tribunal 
de Moulins ; ses affections personnelles ; la petite Patrie qu’il con¬ 
naissait si bien, où il revenait avec tant de joie, où ses restes glorieux 
reposent et surtout où son coeur vit encore... tout nous autorise à le 
regarder comme a nôtre », et bon moulinois d’adoption. 

Pierre Gautier était né à Dijon, le 13 janvier 1884 (2). mais la 
carrière de son père, notre distingué confrère M. Hubert Gautier, le 
fixa, avec sa famille, en 1888 à Moulins. 

« 

(1) Le chanoine Marcel fait remarquer à ce propos que l'honorable fa¬ 
mille de Pierre Gautier avait fourni sans interruption à la Marne des rec¬ 
teurs d'école durant une période de plus de cent trente ans, exactement de 
1674 à l'an X. 

(2- Qu’il nous soit permis ici de rappeler qu'un autre frère de Pierre Gau¬ 
tier revint du front avec de graves blessures ; et que le plus jeune, le capo¬ 
ral André Gautier, né le 8 septembre 1892, après avoir été cité deux fois à 
l’ordre de l'armée, le 29 décembre 1914, pour l’attaque du château de Ver- 
melles, et le 20 avril 4915, pour la prise du grand éperon de Notre-Dame de 
Lorette, tombait mortellement blessé, le 14 mai de la même année, sur le 
même champ de bataille... 


✓ 


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78 


Société d’Emulatiok du Bourbonnais 


C'est dans noire ville* que Pierre vécut les années de sa gracieuse 
jeunesse, qu'il remporta de brillants succès au Lycée Théodore de 

m 

Banville, dont il sui\it toutes les classes «là aussi que sa vive intelli¬ 
gence et son solide jugement le portèrent vers l’Histoire etque naquit 

« 

sa.vocalion d’« archiviste ». Pour y mieux répondre, il fît en 1901 

♦ 

une année de rhétorique supérieure au Lycée Henri IV, à P'uris. Le 
7 novembre 1902, U était reçu à l'Ecole des Chartes, où — après une 
année de service militaire au 121" d'infanterie à Clermont-Ferrand 
— il entra en octobre 1903. 

« Désirant donner à sa culture scientifique et intellectuelle, la plus 
solide base possible et élargir l'horizon de ses connaissances », Pierre 
Gautier ne se borna pas aux cours déjà pourtant si chargés de l’Ecole 

des Charles, il suivit ceux de la Faculté des Lettres qui, le 23 noveiri- 

« 

bre 1904 lui conférait le grade de licencié pour son mémoire sur 
VAmbassade du général Aubert-üubayet, à Constantinople, en 1796- 
1797 ; ceux de la Faculté de Droit, dont il fut le licencie, le 30 juillet 
1907 ; ceux enfin de l’Ecole des Hautes Etudes qu'il fréquenta pen¬ 
dant quatre ans, aux conférences de laquelle il prit une part active, 
et où il eut pour maîtres les professeurs Lot, Roy, Longnon, qui 
étaient cl restèrent pour lui des amis. 

Le 31 janvier 1907, il sortait de l'Ecole des Chartes. 

La thèse sur la Diplomatique des évêques de Langres au Moyen-Age, 
fut si remarquée qu’elle lui valut le titre d'archiviste paléographe 
et l’attribution, par le Ministre de l’Instruction Publique, d une 
bourse de voyage avec mission de rechercher en Italie les documents 
relatifs à l'histoire de l’ancien duché de Bourgogne couservés dans 
les Archives et les Bibliothèques de Turin, de Florence et de Rome. 

A son retour, le 23 juillet 1908, il fut noqimé archiviste de la 
Haute-Marne. Il connaissait bien la richesse de l'important dépôt. 
Son premier biographe a pu dire que « depuis la mort du Bénédic- 
tin, qui au lendemain de la Révolution en avait été le premier 
organisateur, ces Archives n’avaient jamais eu pareille fortune ». 

C’est dire le bon travail que fit notre ami pendant les années qui 
le séparaient de la guerre (1). !Sous ne pouvons ici nous étendre sur 


(1; On comprendra quel accroissement de vie il imprima tout de suite au 
fonctionnement des Archives confiées à ses soins, par le seul fait suivant : 
en 1908 le nombre des communications au public était de 1.261, l'année 
suivante il montait déjà à 2.281... 



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PlKRRE GaLTIKR 


79 


la sagesse des mesures qu’il sut prendre pour améliorer l'installation 
des collections et que disent éloquemment, bien qu’avec la réserve 
habituelle qui était dans la manière de notre ami, les rapports an¬ 
nuels qu’il devait adresser au préfet de la Haute-Marne, à l'occasion 
de la session du conseil général. 

Quantité considérable de documents vus, estampillés par lui : 
inventaires sommaires des séries, continués ou terminés; nou¬ 
velles séries classées ; récupération de documents épars ; achats de 
nombreux dossiers ; versements sollicités aux Archives des 12.000 
pièces du fonds Laloy ; des 20 registres et des.55 liasses du fonds de 
Vandeul ; les accroissements de la bibliothèque Barotte ; l’heureuse 

adjonction à ce dépôt d'un musée sigillographique avec des sceaux 

% 

originaux ou des moulages exécutes par lui et ses prédécesseurs... 

Malgré ce travail énorme, l’inspection régulière et très métho¬ 
dique des Archives communales et hospitalières, qu’il faisait chaque 
année dans le département, les' fréquents voyages que lui imposait 
son litre de membre de la Commission de classement des Monuments 

historiques et des œuvres d’art de la Haute-Marne, de nombreuses 

« 

lettres de renseignements, les innombrables indications qu’il devait 
fournir aux visiteurs de son dépôt, des conférences d’historiographie 
aux élèves de l’Ecole Normale et du Lycée, la création de la Société 
des’Etudes locales de l'enseignement primaire, ses communications 
savantes à la Société d’Ilistoire, d’Archéologie et des Beaux-Arts de 


Chaumont, dont il était l’érudit secrétaire, Pierre Gautier avait publié 
plus de vingt-cinq brochures sur des questions d’histoire, d’archéo¬ 
logie et d’art extraites des revues de Province et des grands recueils 
de Paris (I). 


Le Bourbonnais n’etait pas oublié pour cela, et nous nous rappe¬ 
lons la savante collaboration qu’il inaugurait en 1912, dans notre 
Bulletin, avec de Nouveaux extraits du cartulaire de La Chapelaude 
qui complétaient si heureusement les grands travaux de Chazaud et 
d’Emile Chénon. 

Il nous promettait de nouvelles études, tandis qu’il rêvait de donner 
une édition définitive de certaines œuvres de Diderot dont il avait 



(1) Cf. dans la brochure citée du chanoine Marcel (p. 38-40\ la bibliographie 
des ouvrages de Pierre Gautier, et 1 indication des Reouea qui lui doivent une 
collaboration recherchée. 


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Société d’Emulation du Bourbonnais 



reçu en dépôt une masse énorme de dossiers ( t ) ; il rêvait aussi de plus 
grands travaux sur la cathédrale de Langres, sur l’histoire du pays où 
vécurent ses ancêtres, ou qui devaient compléter ses études sur les 
évêques de Langres, sur les monuments de la région. Quand la 
Grande Guerre vint tout interrompre et tout briser... 

Le 2 août 191£, un ordre du ministre de la guerre l’appelait à la 
défense de la Patrie. Pierre, lieutenant de réserve, rejoignait le 
121* d'infanterie à Montluçon, et partait le 22 avril 1915 sur le front, 
avec le 16° d'infanterie, en attendant qu’il continua .la lutte avec le 
216*. 11 devait être partout au premier rang. 11 avait trop étudié le 
passé de la France, pour que son âme si haute n’ait pas tout mis à la 
défense de sa patrie : se dévouer et au besoin se sacrifier pour son 
salut fut dès lors sa grande et généreuse préoccupation. 

. L ardent archiviste était devenu conducteur d’hommes. Archiviste 
et soldat, comme notre cher Pierre Flament, il travaillait dans les 
tranchées et jusque sous les obus ennemis à faire connaître le rôle 
joué sous l’Empire par Denis Caroillon de Yandeul, d’abord à Berlin 
comme secrétaire d’ambassade, puis à Darmstadt comme ministre 
plénipotentiaire ; il rédigeait une note inédite sur une sépulture de 
l’âge du fer, découverte en 1916 au cours du creusement d'une tran¬ 
chée militaire établie sur le chemin de Cauroy-les-Hermonville, à 
Cormicy (Marne),à hauteur d’un boyau, dit boyau d’Esternoy ; et puis 
il se battait, avec quelle vaillance! Promu capitaine le 23 juillet 1916, 
il prit part, au mois d’octobre suivant, aux combats légendaires de 
la reprise du fort de Yaux. 

La citation du 3 novembre 1916, qui lui valut la croix de guerre, 
nous dit son « cran » merveilleux, l’amour de ses hommes et l’estime 
de ses chefs. 

Quelques mois plus tard, une nouvelle citation, mettait une palme 
sur sa croix de guerre... « Officier d une haute tenue morale, par sa 
droiture et sa conception intangible du devoir..., intelligence d’élite, 
s’impose à tous par ses connaissances cTordre supérieur et particuliè¬ 
rement à ses soldats par sa grande autorité personnelle et ses remar- 

• 

(1) D'après l'estimation de notre ami, les autographes inédits de Diderot 
auraient permis d'ajouter au moins huit ou neuf volumes de S à 600 pages 
chacun, aux vingt volumes dont se composent les « œuvres • soi-disant 
complètes du philosophe publiées de 1875 à 1877, à la librairie Garnier, et 
connues sous le nom d'édition Assezat et Tourneux. 


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Pierhe Gautier 


81 


(jiiables aptitudes militaires », disait de Pierre Gautier, le 18 juin 
1917, un ordre du jour qui constitue la plus belle oraison funèbre. 

Hélas ! presque à la fin de cette terrible guerre, Pierre Gautier 
tombait à son tour pour nous assurer la victoire et les bienfaits de la 
paix. 


Il mourait au matin du 12 juin 1917, à Saint-Dié-des-Vosges, d’uné 

terrible blessure reçue en plein front la nuit précédente, à son poste 

de combat, au cours d’une alerte, dans le secteur du Bau-de-Sapt, en 

lace de ce col de Sâales qui fut comme on l'a appelé « l'un des détroits 

* 

des Thermopyles delà France »... 


Il avait tout pour captiver, au physique comme au moral. Superbe 
nature, loyauté prenante, travailleur averti, ami passionné des monu¬ 
ments, des livres, de l'histoire; d'une probité intellectuelle, d une 
sagacité remarquable, d'une prudence scientifique fort peu commune; 
il avait des connaissances quasi universelles, en botanique comme en 
numismatique et en archéologie ; patriote ardent, savant agréable... 
Il était avant tout un cœur exquis. 

Les regrets si vifs que son souvenir provoque, disent encore 
plus que ses panégyriques écrits, la noblesse de son à me si religieuse 

et si intelligemment chrétienne, l'élévation de sa pensée, la droiture 

| 

de son caractère, la générosité et la délicatesse de ses sentiments. 

Nous savons bien, que cette trop brève et p<He esquisse n’acquittera 
pas la dette d'admiration et de reconnaissance que nous devons k 
Pierre Gautier. Du moins, elle permettra à notre Compagnie de 

comprendre tout ce qu elle a perdu par la mort glorieuse mais 

• • 

trop prompte d'un de ses membres les plus jeunes et des plus dis¬ 
tingués. 

Chanoine Joseph Clément. 



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ü’Afnique Equatoriale Française, le pays, les habitants, 
la Colonisation, les Pouvoirs publics, par M. Georges Bruei., 
administrateur en chef des Colonies, élève breveté de l’école colo¬ 
niale ; préface de M. Merlin, gouverneur général ; 186 reproductions 
photographiques, 33 diagrammes, profils, et 7 cartes dont 5 en cou¬ 
leurs. — Paris, Emile Larose, libraire-éditeur, 1918. 

On a souvent reproché aux Français de s’absorber aux affaires de 
la métropole et de trop se désintéresser de leur immense domaine 
colonial. C’est qu’ils ignoraient jusqu’à ces derniers temps presque 
tout de ce qui se passait en dehors des frontières de la « douice 
France ». El ce n’était même pas tout à fait leur faute, car ils man¬ 
quaient vraiment par trop de documents ; mais, à l’heure actuelle, si 
nos compatriotes restent étrangers aux choses coloniales, on est bien 

en droit d’incriminer leur négligence, car de bons et beaux livres 

« 

ont été publiés pour nous faire connaître et apprécier nos richesses 
coloniales d’outre-mer. 

Parmi les auteurs compétents qui nous aident, depuis vingt ans, à 
combler les regrettables lacunes des connaissances coloniales, nul 
ne l'a fait avec autaut de conscience et d’autorité que notre distingué 
confrère, M. Georges Bruel, administrateur en chef des colonies. 

Après avoir édité de nombreuses études et des cartes estimées 
sur le Bassin du Tchad, la région du Haut-Chari, le cercle du 
Moyen-Logone, le Moyen-Ogooué et la Ngounié, etc., il a publié, 
en 1918, chez Emile Larose, à Paris, un superbe volume qui a pour 
titre: l’Amérique Equatoriale Française, qu’il a illustré de 186 repro¬ 
ductions photographiques, de 33 diagrammes et profils, et de sept 
cartes dont cinq sont en couleurs. 

Tout ce qui peut faire connaître, à fond, ces immenses espaces est 
l’objet d’une étude profonde et substantielle. 

Qu’on on juge par ce rapide résumé du livre : 

Il nous montre d’abord naturellement le pays (situation, limites, 
géographie, météorologie et climat, géologie, relief et orographie, 




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Bibliographie 


83 


hydrographie, végétation, flore, faune ; il n’oublie pas d'enous parler 
de l'important régime des voies navigables, qui sont en même temps 
les sources fertilisantes d'immenses territoires et les grandes 
▼oies de pénétration, de communication et de transport de l’Afrique 
Centrale. 

Puis il nous décrit les « noirs » qui l’habitent et en étudie l’an¬ 
thropologie, les langues, la famille, le village, les vêtements, les orne¬ 
ments, les armes ; les moyens d'existence, la vie sociale, les croyan¬ 
ces, les populations, les maladies... Abordant Yœiiure de la colonisa¬ 
tion, il expose les produits naturels, agricoles, l’élevage et les indus¬ 
tries, les voies de communication, régime douanier, les sociétés 
concessionnaires, la monnaie et le commerce ; enfin les Pouvoirs 
publics, c’est-à-dire les diverses organisations politique, administra¬ 
tive, judiciaire, militaire, financière..., sans oublier tou{ ce qui tou¬ 
che à l’enseignement et au culte. * ' 

Tout cela nous fait pénétrer dans ce domaine, vaste huit fois 
comme la France, et nous le fait connaître sous tous ses aspects. 
M. Bruel l’a étudié en géodèse et en savant qu’il est, appliquant à 
cette étude les principes rigoureux posés par son oncle, notre émi¬ 
nent compatriote, le colonel Laussedat, et ses connaissances variées 
puisées à l’école coloniale, enfin son expérience qui ne relève pas 
d’une instruction livresque, mais résulte de documents contrôlés 
sur place, d’après les faits et en pleine vie. 

L’illustration, dont il a su enrichir cet ouvrage magistral, achève 
de nous renseigner sur le pays et ses habitants. Avec lui nous voya¬ 
geons réellement sur des lacs de rêve comme celui de d’Alombié et 
le Tchad célèbre ; nous traversons — avec moins de peine que lui — 
les vastes forêts du bassin de la Liconi, les vertigineux rapides... 

Il avait mêlé à ses observations des idéés très justes sur le côté 
philosophique et religieux de la question de la colonisation ; mais la 
censure de la guerre, si prude parfois et si complaisante pour cer¬ 
tains. a cru devoir les supprimer, contre tout bon sens et toute im¬ 
partialité scientifique ; nous le regrettons, tout en constatant que ces 
fâcheuses coupures n’enlèvent pourtant rien d’essentiel à l’intérêt 
qui s’attache à la lecture de ce puissant ouvrage. 

II vient bien.à son heure. Un tel livre eut été difficile à faire il v a 
quelques années, car il restait de nombreuses régions inconnues. 
Mais, M. Bruel, qui avait parcouru lui-même presque la totalité du 


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84 


Société d’Emulation du Boukbonnais 


pays de 1896 à 1911, a profité — pour notre plus grand profit 
— des conquêtes méthodiques du pays, de l’envoi de* missions 
d’études organisées depuis 1909, et qui étaient restées, pour nous, 
lettres mortes, parce qu elles étaient généralement ignorées du pu¬ 
blic. Et, dans son introduction, il a cité les revues, les documents 
géographiques, les sources où il a puisé les multiples renseigne¬ 
ments qu’on retrouvera dans la volumineuse élude qui était terminée 
en 1914, mais que la guerre mondiale ne permit de faire paraître 
qu’en 1918. 

Aussi son ouvrage a-t-il été reçu avec la plus particulière faveur 
par le public lettré, qui n’estime que les livres de valeur et ne va 
pas chercher des renseignements dans d’odieux bouquins écrits en 
« nègre », et où toute science est remplacée par de basses calomnies 
et une honteuse exploitation pornographique — pour ne rien dire 
de plus — des prétendues mœurs africaines. M. Merlin, gouverneur 
général de l’Afrique Equatoriale, qui l’a préfacé avec éloge, a-t-il 
pu dire que le volume de M. Bruel, qui comble tant de lacunes, « per¬ 
mettra à l’avenir à toute personne s intéressant à notre empire du 
Centre Africain d’y trouver tous les renseignements d’ordre géogra¬ 
phique utiles à la connaissance complète de ce pays ». 

Nous ne pouvons rien ajouter à cet éloge tombé de la plume de 
celui qui mieux que personne connaît l’Afrique Equatoriale et 
tout ce qui avait précédemment été tenté pour la bien décrire. 

Nous ne pouvons.donc que souhaiter à ce beau volume toute 
l’heureuse fortune qu’il mérite, et que la sympathie qu’il vaudra ù 
l’auteur se reporte aussi sur l’œuvre de colonisation qu’il nous 
expose d’une façon si attrayante. 

Après avoir lu ce volume, on aimerait visiter les pays qu’il décrit 
et aller voir de près ses sites, ses champ*s, ses forêts et ses habitants. 
Quelques lecteurs y puiseront peut-être le désir d'aller porter leur 
concours ù ces entreprises de colonisation et de civilisation, qui 
l£ur offriraient en même temps des débouchés commerciaux et des 
installations lucratives. Ce résultat pratique ne saurait déplaire à 
M. Bruel, qui trouverait dans ces exodes de ses compatriotes la 
plus réaliste appréciation et la meilleure récompense de son long et 
captivant labeur. 

Chanoine Joseph Clément. 


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Bibliographie 


85 


Monographie de Mont&igu-le-Blin, par M. Jules Morel. 

La Société Bourbonnaise des Etudes locales fait don à notre 
Société de la monographie de Montaigu-le-Blin, par M. Jules Morel, 
membre de cette Société. Nous remercions la Société Bourbonnaise 
de son envoi. Le travail de M. Morel, avec ses soixante pages de 
texte très serré,* mérite réellement les éloges qu’il a reçus de juges 
aussi compétents que M. Dunan, notre ancien président, et notre 
collègue, M. Joseph Viple. J’y joins volontiers les miens et tiens à 
vous rappeler que M.'Jules Morel a été un des correspondants 
bénévoles qui ont mis le plus d’empressement à répondre à notre 
appel, pour l'enquête sur le préhistorique en Bourbonnais. 

Après avoir dit quelques mots de la topographie, de l’étymologie 
et de la géologie, M. Morel aborde le chapitre de la seigneurie et 
des seigneurs de Montaigu-le-Blin. 

Il se heurte dès le début à une ditliculté qu’il a eu le mérité de ne 
pas esquiver : ne pouvant la résoudre, il s’est borné à l’exposer. 
Voici ce dont il s’agit : le nom de Montaigu est très commun ; de 
nombreuses familles l’ont porté. En Bourbonnais en particulier, il y 
en a deux : les Montaigu, seigneurs de Montaigu-le-Blin, et les 
* Avcelin. scigueurs de Montaigu-sur Billon, en Auvergne, du Brcuil 
près la Palice, de Châteldon et de Montgilbert. Comme il arrive très 
souvent que dans les pièces d’archives, le nom patronymique soit 
supprimé, il n’est pas toujours facile quand on retrouve un Mon¬ 
taigu dans un acte du xm ou du xiv c siècle dans notre région, 
de déterminer à quelle souche il appartient. Mais il y a plus : cer¬ 
tains ont cru que les Aycelin étaient venus à un certain moment à 
Montaigu-le-Blin et avaient été les auteurs de la race des seigneurs 
de Montaigu-le-Blin. Or, à notre avis, il n’en est rien, et en cela 
nous ne faisons que suivre la route tracée par Aubert de la Faige et 
tics Gozis. Les Aycelin n’ont eu en Bourbonnais que le Breuil, 
Châteldon et Montgilbert ; ils ne sont pas venus à Montaigu-le-Blin. 
Les seigneurs de Montaigu-le-Blin, qui sont peut-être une branche 
des Châtelmontagne, ont des armes totalement différentes des 
Aycelin et n’ont aucune alliance ni aucune date qui permettent de 
les confondre ou de les relier. L’acte de cession de Montaigu aux 
Aycelin par Philippe-le-Bel, concerne Montaigu-sur-Billon, et c’est 
ù partir de cet acte que les Aycelin prennent le nom de Montaigu, 


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86 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


qu’ils ne portaient pas avant. Nos Montaigu ne prennent jamais de 
nom patronymique. Les deux tableaux généalogiques ci-joints ne 
permettent pas à notre avis d’avoir un doute ; j’y insiste parce que 
dans le numéro de l’èxcursion de 1919, on a alors soutenu la thèse 
contraire. 

L’auteur décrit après Montaigu les maisons fortes qui se trouvent 
sur la paroisse et fait l’historique de leurs possesseurs. 

Cette première partie est en somme très exacte : il y a quelques 
erreurs de noms, qui sont plutôt des fautes de correction. 11 faut lire 
la Queuille, pour Queulle, et la Queullc. 

Planchard au lieu de Flanchard. 

Pour la succession des Rohan à Montaigu, Charles de Rohan 
Montbazon, époux de Jeanne-Armande de Schomberg, eut pour 
héritier Armand de Rohan Montbazon, fils de Charles et de Char¬ 
lotte-Elisabeth de Cochefilet, et cela par le fait d’une donation, en 
date de 1698 : son neveu Hercule Meriadec lui succéda en 1717, non 
en 1736. 

Nicolas de Boucé, sieur de Poncenat,a épousé d’après Courcelles, 
Catherine Leclerc, fille de Pierre, seigneur de la Forest-le-Rov, et 
de Claude de Pisseleu, Catherine Leclerc étant veuve d’Antoine de 
Lespinasse. 

Suzanne de Boucé, femme d’Henri d’Apchon, n’est pas la sœur 
mais la fille du capitaine de Poncenat : Elle s’est mariée en 1552. 

Dans l’énumération des seigneurs du Riage, il faut lire : Boniface, 
Perron et Jean du Riage ; et non Boniface Perron et Jean du Riage. 
L’absence d’une virgule tend à créer une famille Perron qui n’a pas 
existé au Riage. 

Dans les noms de famille de la Jarrousse, il faut lire L’Espicieret 
non Lespirier. 

Le chapitre suivant est consacré à la'période révolutionnaire : il 
eût pu être très intéressant s’il nous avait donné une idée de la 
mentalité de ce centre agricole en face de la grande secousse révo¬ 
lutionnaire. L’auteur se borne à nous citer une proclamation de la 
municipalité du 21 mars 1793. Cette proclamation qui vise le soulè¬ 
vement de la Vendée, n’est en somme que la reproduction des ins¬ 
tructions envoyées par les Directoires de Moulins et de Cusset ; elle 
ne nous fait pas connaître le sentiment qu’éprouvait la population. 
Puis vient un incident quelque peu tumultueux, provoqué par 


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Bibliographie 


87 


l’annonce de la conscription ; l’incident se clôt par la condamnation 
à mort d’un ancien bourgeois du nom de Grassin, qui en aurait été 
reconnu l’auteur responsable. Et bous arrivons à l’affaire des 32, 
dans laquelle se trouvaient impliqués trois habitants de Montaigu, le 

ci-devant seigneur du lieu, Denis-Michel-Philibert du Buysson,comte 

» 

de Douzon, son régisseur Dumont et un de ses métayers. M. Morel 
ne nous parle que de l’ancien brigadier-général du Buysson. Il nous 
montre ses compatriotes de Ciernat lui décernant le 27 septembre 
1793, un certificat de civisme confirmé par la municipalité de Saint- 
Gérand le-Puy ; ce qui .ne l’empêche pas d'être arrêté le 5 décembre 
suivant, expédié à Lyon et envoyé à l’échafaud le 31 décembre. 

Il paraît qu’au moment de l’appel des condamnés, il se produisit 
un incident assez curieux. On avait appelé Dubuisson tout court : un 
des prisonniers présents prend immédiatement la file, sans récri¬ 
miner ; mais, heureusement pour lui, sa femme se trouvait là et 
s’apercevant de l’erreur, elle réclama les prénoms. L’huissier nomma 
Denis-Michel Philibert, et l’ancien brigadier va remplacer celui qui 
avait failli payer pour lui. Cet incident, inconnu d’Audiat, méritait 
de ne pas tomber dans l’oubli, et nous serions heureux de savoir 
quel était le Dubuysson qui marchait si crânement à la mort pour 
son parent. 

Pour nous reposer de ces scènes tragiques, M. Morel nous con¬ 
duit à l'armée du Rhin et effeuille pour nous la correspondance 
inédite d’un volontaire de Montaigu, ancien soldat au régiment de 
Iteauvoisie, qui reprit du service dès qu’il crut la patrie menacée. 
Georges Beurrier, son nom a été donné à une rue de Montaigu, nous 
raconte les incidents de sa campagne à Lauterbourg, Spire, 
Mayence. 

Le chapitre suivant est consacré à l’histoire très succincte de 
l’administration municipale et à la description des églises de Mon- 
tnigu et de Ciernat, et nous arrivons à la question des Ecoles. Il 
paraît que, lorsque la municipalité de Ciernat dut se constituerai 
n’y avait sur trente-sept citoyens actifs, que trois possédant une 
instruction suffisante pour l’époque: le curé et deux bourgeois. Tous 
les autres ne pouvaient signer leur nom. M. Morel en profile pour 
affirmer que, avant la Révolution, l’enseignement public n’existait pas 
et que les campagnes étaient dépourvues de toute instruction. Je 
crois que M. Morel aurait dû avant de lancer un jugement de cette 


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88 


Société d’Emulation du Bouhbonnais 


gravité, se documenter un peu mieux. Il aurait dû consulter notam¬ 
ment le Dictionnaire de pédagogie de Buisson, où il aurait vu les 
résultats d’enquêtes faites par les inspecteurs primaires d’Académie ; 
il aurait dû lire l’article de l'Histoire de France .d’Ernest Lavisse, 
t. IX, page 164 (Paris 1910), et surtout le court et consciencieux 
travail de notre collègue le chanoine Moret, sur les écoles primaires 
en Bourbonnais avant la Révolution, et je crois qu’il aurait été un 
peu moins catégorique. 

En résumé, et malgré quelques critiques de détail, nous croyons 
qu’un travail sérieux comme celui de M. Morel mérite d’être encou¬ 
ragé. Il y a quelques lacunes que l’auteur pourrait réparer dans un 
supplément ; il a négligé complètement deux sources importantes : 
les registres paroissiaux qui existaient depuis 1606 et. les archives 
des notaires. Il aurait pu, en les étudiant, nous donner des indi¬ 
cations sur les courbes de la natalité, de la mortalité, de la longé- 

0 

vité. Il aurait pu consacrer quelques lignes à cette belle race de 
cultivateurs qui occupent les terres de la riche plaine de Montaigu. 
Il y a là des familles qui n’ont pas quitté leurs champs depuis 300 ans. 
des familles remarquables par leur belle santé physique et par leur 
bonne tenue morale. J’ai eu le plaisir d’en connaître intimement 
quelques-unes, et je m’étonne que cette particularité n ait pas frappé 
un observateur aussi sagace que M. Morel. 

M. Tiersonnier me signale qu’il existe aux Archives de l’Ailier un 
dossier très important relatif à l’adjudication des terres et seigneu¬ 
ries de Montaigu-le-Blin et Poncenat, saisies sur les héritiers de 
Hercule-Meriadec de Rohan et adjugées à François-Seneterrc du 
Buysson-Audier, chevalier, comte de Douzon. 

Je crois que ce dossier n'existait pas aux Archives lorsque 
M. Morel a fait son travail et que, par conséquent, il n'y a pas de 
reproche à lui faire de cette omission. 

Je reçois au dernier moment une lettre de M. le curé de Montaigu, 
qui me signale un fait intéressant, c’est qu’il y avait à Montaigu 
avant la Révolution « la maison du cloître > appartenant aux reli¬ 
gieux de Souvigny, habitée par quelques religieux. Les religieux ont 
dû donner l’instruction au pays en même temps que les curés. 
M. Morel a omis de nous parler de cette maison. 

D r DE B. 


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Bibliographie 


89 


(D’après Des Gozis) 


MONTAIGU LE BUN 


De sinople à la croix d'or, cantonné de ‘20 alias U croisettes de même. 


Guillaume, seigneur de Montaigu (châtellenie de Billy) et de Palluet, foi çl hom¬ 
mage à Guy de Daropierrc, avril 1245, pour Palluet. 



Etienne , seigneur de Montaigu (né 1230-40), mort vers 1303. 


Roger de M., sg r de Montai¬ 
gu, Moulinneuf, etc., foi et 
hommage 1301 au sirede Bour¬ 
bon pour Montaigu-le-Blin et 
pour Moulinneuf, ép. entre 
1290 et 1300 Agnès de Chrilei- 
perron, fille de Guichard et 
d'Isabelle de Chauderon. 

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Guillaume, foi et hommage 1320, 
ép. Isabelle de Champlemr, dame 
de Brinon, laquelle fait foi et 
hommage, en 1346, pour ses biens 
à Brinon Donne Brinon à Gui¬ 
chard Dauphin, sg r de Jaligny. 
Elle meurt en 1347 : héritier, 
Jean de Darnecy qui, la même 
année, donne sa part aux Chàtel- 
perron. 


Guvot et Perrin 
1320. 


Guillaume 11, chev., sg'dc Montaigu 
le Blin et de Moulinneuf, né vers 
1303, ép en 1328 Catherine de Chd 
lel[>erron, fille de Guichard et d’Isa- 
beau Chauderon. 


? A lis de Montaigu, ép. vers 1310-20 
Hugues de Chdtelperron, sg r de la Ferté- 
Chauderon, fils de Guichard et d’Isa- 
beau Chauderon et veuf de Jeanne 
de la Rivière, 


Jean de Montaigu (l ,r du nom, chev., sg' 
de), mineur 1336 (tuteur, Robert de Chaius), 
hommage 1367 pour Montaigu, 1377 pour 
Moulinneuf, ép. avant 1367 Jeanne de Vichy , 
fille de Raoul et de Blanche de Chàtclmon- 
tagne. 



Jean II de Montaigu le Blin, vivant en 
1408. habite Saint-Aubin, épouse vers 
•1380-83), Béatrice Chatelus Chaleaumo - 
nmd, fille de Jean le célèbre chevalier. 

I 


Ilenri !•' Montaigu, sg r de Moulin- 
ueuf, ép. le 21 oct. lili Péronnelle de 
la Palice, üllc de Phililert et d’Agnès de 
la Pierre. 



Guichard de Montaigu, chev., 
vend Montaigu 1439. 

I 


Jean III , né vers 1429, Jacques, 

reprend Montaigu 1447, né vers 
emprisonné à St-Pierre- 1434. 

le-Moutier jusqu’en avril 
1451. 


Antoine, Geoffroy , Jeun, tous trois font 
hommage de Moulinneuf en 1443. An¬ 
toine et Geoffroy seuls en 1453 pour 
Cindré. 

I 


Antoine et François frères, fils de l’un 
des trois ci-dessus, vendent 1487 droits. 


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Isabenu A vcrlin, ép. 1410, Jean de Vienne ; cil 2 e 
noces, 1427, Claude de Mello. 



L'inteplrtêdiaipe 

des Recherches et des Echanges 


A la demande de plusieurs Membres de la Société. — qui nous en ont fourni 
les premiers éléments, — nous ouvrons, dans notre r Bulletin », cette rubrique 
destinée à faciliter tes recherches et les échanges entre confrères. Combien 
de fois, en séance, n'avons-nous pas entendu un confrère solliciter l'aide de 
collaborateurs volontaires pour combler telle ou telle lacune d’un travail en pré¬ 
paration ou, au cours d'une conversation privée, nous offrir un ouvrage faisant 
double emploi, nous demander de lui procurer tel volume ou tel objet manquant à 
ses collections ! 

L'Intermédiaire permettra, par ta voie du e Bulletin », de mettre en rap¬ 
ports celui qui questionne et celui qui peut répondre, celui qui recherche et celui 
qui possède. A nos confrères d'en user ! 

Toutes les communications concernant cette rubrique devront parvenir au 
Directeur du e Bulletin » avant la fin du deuxième mois de chaque trimestre 
pour paraître dans le numéro suivant. Les demandes paraîtront sous un numéro 
d'ordre qu’il conviendra de rappeler dans la réponse (en joignant un timbre s'il y 
a lieu à transmission). Les réponses à des questions d'ordre général pourront être 

publiées ; les autres seront simplement transmises aux intéressés. 

\ 

I — Recherches 

1. — Il v a en Bourbonnais, deux familles qui ont occupé, par leurs 
charges ou par leurs alliances, une position considérable, les familles 
éie Chauvigny et de Culattt. Jusqu’ici, toutes les recherches en vue de 
savoir si elles se rattachent aux deux souches féodales de Chauvigny 
<*t de Culant, ont échoué: le problème est donc h résoudre. 

2. — Un confrère demande où il.pourrait se procurer des rensei¬ 
gnements sur les anciens ateliers de poterie noire de Coulandon. 

3. — Peut-on fournir des renseignements sur l'abbé des Gallois de 
la Tour, qui fut chargé de constituer le diocèse de Moulins en 1788 
et mourut archevêque de Bourges? Il s'agit ici de documents qui n'au- 


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92 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


raient pas paru dans les ouvrages bourbonnais du XIX e siècle qui sont 
dans toutes les bibliothèques. - — Connalt-on un portrait, des lettres, 
mémoires... de lui? 

4. — En la châtellenie de Rochefort, se célébrait, tous les ans, une 
cérémonie dite dixtne de l'annuel. Elle consistait en service religieux, 
aumônes aux pauvres, repas offert à différentes personnes de la pa¬ 
roisse de Saint-Bonnet-de-Rochefort et autres. 

9 

A ce droit de dîme sont mêlés, sans qu’on sache pourquoi, l’hôpital 
de G an nat, l’abbé d'Ebreuil, le chapitre d'Hérisson. 

î.e fondateur et donateur de cette dîme est appelé « Franc de Li- 
nard de Bourbon, seigneur de Rocheforl » ou « seigneur de Bourbon », 
ou « François de Rocheforl, seigneur de Saint-Bonnet » 

En 1678, l’Hôpital de Gannat accusait l’abbé d’Ebreuil de cacher 
le testament de « Franc de Linard », lequel aurait été à cette époque, 
d'après les administrateurs de l’Hôpital, entre les mains de Messire 
Louis du Ligondès, seigneur de Saint-Bonnet-de-Rochefort, cousin 
germain de l’abbé d’Ebreuil. 

En 1678, l’abbé d’Ebreuil prétend qu’il y a cinq ou six siècles que 
Messire François de Rochefort, seigneur de Saint-Bonnet, par tes¬ 
tament, donna au prieuré de la paroisse de Rochefort, une dîme, etc... 

Cette assertion de l’abbc d’Ebreuil, nous ramène à environ 1178 ou 
1078. * 

En 1078, le château actuel de Rochefort n'existait pas. En 1178,. Ro¬ 
che.'ort appartient à Mahaut de Bourbon, et, par elle, à son mari 
Gui de Dam pierre, sire de Bourbon. 

Quel peut être le fondateur de cet annuel ou dixme de Saint-Bonnci 
ou encorte d'Ebreuil? Comment l’Hôpital de Gannat et les chanoines 
d Hérisson ont-ils des droits dans cette fondation? 

II. — Echanges 

N° 1, — Un confrère demande à acheter ou à échanger les tomes Tl 

VII, complets comme texte et gravures, des Tablettes historiques 

« 

d'Auvergne, par J.-B. Bouillct (imprimerie Pérol, Clermont-Ferrand), 
le premier volume de 1841, le second de 1846. 

N° 2. — Un confrère cherche à se procurer la Physiologie du Bour¬ 
bonnais (imprimerie Desr«>sicrs, Moulins). 




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NOS CONFRÈRES M. le chanoine Joseph Clément, a été nommé of¬ 
ficier d’académie. 

«f» Notre confrère M. Lassimonne a été promu officier du Mérite agri¬ 
cole. On a vu plus haut 'p. u) qu’il venait de prendre la présidence de la 

Société scientifique du Bourbonnais reconstituée. L’organe de cette société, 

♦ 

la Revue scientifique, m en sommeil » depuis la guerre, a repris tout récem¬ 
ment sa publication sous la direction d’un autre membre de notre compagnie, 
M. Jean Olivier, fils du fondateur de ce périodique. 

CARNET DE DEUIL £Jous avons A enregistrer la mort de M. l’abbé 

Amédée Laronde, professeur à l’Ecole diocésaine 
de Conflans-Charenton, naturaliste de grande valeur, lauréat de l’Académie 
des sciences, qui fut l’un des collaborateurs les plus appréciés de la Revue 
scientifique du Bourbonnais. 

i 

NOS COMPATRIOTES Un ministère présidé par M. Poincaré, a été con¬ 
stitué par décret en date du 15 janvier dernier. Nous 
avons à noter que deux parlementaires bourbonnais en font partie : M. Albert 
Pbyronnrt, sénateur de l’Ailier, comme ministre du travail, et M. Gaston 
Vidal, député, comme sous-secrétaire d’Etat à l’enseignement technique, 
fonctions qu’il occupait déjà, depuis le 17 janvier 1921. dans le précédent 
cabinet. 

MIETTES g Le recensement du 6 mars 1921 a permis au ministère de 
D’HISTOIRE l'intérieur d'établir un certain nombre de statistiques où 
LOCALE g nous puisons des renseignements que nos confrères auront 

ainsi sous la main dans leur bibliothèque. ’ 

Tous les départements, sauf huit, ont vu, par suite des pertes de la guerre, 
diminuer le nombre de leurs habitants. Dans l'Ailier, la population, qui était 
de 406.291 âmes lors du précédent recensement (1911), n’était plus, en 1921, 
que de 370.950 ; soit une diminution de 35.341 habitants. 

Peut-être n’est-il pas sans intérêt de suivre la courbe des dénombrements 
d’une guerre à l’autre. En 1872, le chiffre de la population est de 390.812 ; 
en 1876, de 405.783 ; en 1881, de 416.759 ; en 1886, de 424,582 ; en 1891, de 




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Société d’Emulation du Bourbonnais 


424.382; en 1896, de 424.378; en 1901, de 422.024 ; en 1906. de 417.961 ; en 
1911, de 406.291 ; enfin, en 1921, de 370.950. 

Le ministère de l'intérieur ayant publié un tableau présentant le chjffre de 
la population dans les villes de plus de 30.000 âmes, nous y voyons que 
Montluçon, qui en comptait 26.079 en 1881, en accusait 35.062 en 1901 ; 
34.251 en 1906 ; 33.799 en 1911 et 36.114 en 1921. 

BEAUX-ARTS M ,le Jeanne Tissibr, fille de notre confrère M. Léon 

Tissier, a exposé au Salon des femmes peintres et sculp- 
teurs cinq ■ intérieurs ■ au pastel : L'Horloge en vernis Martin ; le Salon 
bleu ; le Chiffonnier en bois de rose ; la Commode ; la Poudreuse. 

«9* Nous relevons, aux catalogues des Salons, les enVois suivants d’ar¬ 
tistes bourbonnais : 

1° Société Nationale des Beaux-Arts: 

Peinture 

AndRBau {René}, né à Moulins. — 15. Fin de journée dans le port. 

Desliens |M lle * Cécile et Marie, nées à Chavenon. — 307. Un Théologien 
(portrait de S. G. M« r Nègre, archevêque de Tours). 

Paul (Eugène-Léon), à Branssat. — 780. Sur la Butte. 

Dessins 

Andreau (René). - 992. Paysage de Montmartre (pastel). 

Lacroix (Pierre), né à Doyet. — 1158. Cresserelles ; 1159. Barges: 1160. 
Pic-vert ; 1161. Huppes (aquarelle et gouache). 

2* Société des Artistes Français : 

Peinture 

Noirot Emile), à Le Bourzat (Allier). — 1.331. Le moulin. 

Dbssins, Miniatures, etc. 

Ansaloni (Edouard), né à Yzeure. — 1.876. Portrait de T auteur, fusain 
et sanguine. 

Dorbec-Chakvot (M“ e Henriette), née à Moulins. — 2.200. Portrait de 
Afme Jacques G..., miniature ; 2.201. Portrait de M üt Renée P..., miniature ; 
2.202. Portrait de M ,ne B. G .., miniature. 

Jamot (M u * Marie) à Moulins. — 2403. Portrait de l/ u * de C...,; por¬ 
trait de Jf u * de B..„ miniatures. 

PÉnat (Lucien), né à Vallon-en-Sully. — 2.652. Jeune Bretonne du Finis¬ 
tère, pastel. 

SculptuRe 

Fournier des Corats (Pierre), né à Moulins. — 3.300. La pluie , statue 
plâtre.' 


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Chronique 

♦ 


95 


Rivoirb (Raymond), né à Cusset. — 3.655. Torse, étude marbre ; 3.656. 
Portrait d'un athlète, bronze. 

Architecture 

Mouret (Pierre', né à Yzeure. — 4.002. Seize aquarelles. 

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Gravure bt Lithographie 

Albert-Philibert, né à Moulins. — 4.113. Vision, lithographie originale. 

Arts appliques 

Diffloth (Emile), né à Couleuvre. — 4.611 Céramiques, grès et porcelai¬ 
nes ; émaux à cristallisations irisées . 

9 

A TRAVERS X La Comédie Française a publié le tableau de son réper- 

LES LETTRES toire pour l’année 1921, Nous y voyons qu’en ce qui con¬ 

cerne les auteurs morts, si Molière occupe le premier rang 
avec 112 représentations et Musset le second avec 61, Théodore de Banville 
vient en troisième ligne, ex-cequo avec Racine et Marivaux, ces trois auteurs 
ayant été joués chacun 29 fois. Le quatrième rang appartient à Victor Hugo, 
avec 24 représentations. 

NOTES K K K K Une circulaire ministérielle a réglementé récem- 
B|BLIOQRAPHIQUES ment le mécanisme du dépôt légal. Ce dépôt est 

désormais effectué aux Archives départementales. 
Nous avons relevé sur le registre des Archives de l’Ailier les impressions 
suivantes : Imprimerie régionale, à Gannat : Dernières Feuilles, par Amédée 
Déron, ancien préfet, trésorier général honoraire, 224 pp. — Imprimerie 
Herbin et Bouché, à Montluçon : Hypnotisme et Magnétisme , par Jean 
Filiatre, xx-396 pp. — Imprimerie Crépin-Leblond, à Moulins : Jules 
Pouénat , mort le 5 juin 1916, plaquette anonyme de 8 pp. ; Hérisson, Guide 
pittoresque de la voilée de TAumance, par Louis Grégoirb, 32 pp. 

La lettre pastorale de carême publiée par M? r Pbnon, évêque de Moulins, 
a pour sujet : « le courage chrétien • ; celle de Me* Boutry, évêque du 
Puy : « la conscience » ; celle de Mk 1 * Caillot, évêque de Grenoble : « l’u¬ 
nion des efforts » ; celle de Mu 1, de la Cbllb, évêque de Nancy et de Tout : 
a la question des vocations sacerdotales *. 

A l’Imprimerie polyglotte de Rome ont paru : Lettres inédites du cardinal 
de Bernis à la princesse de Sainte-Croix, publiées avec une introduction et 
des notes par Maurice Mignon et Henri Buriot-Darsilbs [ce dernier pro¬ 
fesseur agrégé au Lycée de Moulins]. 

ANTIQUITÉS K K Notre studieux confrère le docteur Edouard os la 
dt CURIOSITÉS X Dure, qui dépouille avec un scrupule diligent maint 
BOURBONNAISES catalogue de librairie, a relevé dans les plus récents 

un certain nombre de. « numéros • intéressant le Bour¬ 
bonnais et a bien voulu communiquer ces fiches à notre président. Nous en 
reproduisons ici quelques-unes : 


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96 


Société d*Emulation du Bouhbonnais 

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m 

I . — Catalogue de la librairie Ch. Bosse, rue de l’Ancienne-Comédie, 
Paris : 

« 705. Manuscrit du seizième siècle sur vélin, in-24, de 75 ff., velours 
rouge, tr. dor. — 250 fr. 

« Ce manuscrit, qui date de la seconde moitié du seizième siècle, est en 
latin et en français et comprend trois parties : un calendrier perpétuel de 
8 ff., les Psaumes qui occupent 47 ff., et un livre de raison de 21 ff . 

• Les miniatures, en couleurs et or, sont au nombre de quatre... Le livre 
de raison est écrit partie en latin partie en français : il mentionne les nais¬ 
sances et les morts survenues dans la famillè de Pierre de Culant (ou Decul- 
lant/, contrôleur en l’élection du Bourbonnais, qui appartenait à la maison 
de Culant, laquelle était alliée aux Bourbons, aux Châtillon, aux Gamaches, 
aux Sully, etc. • 

II. — Le dernier catalogue de Champion, quai Malaquais, Paris, offrait 
un ex. du « Thrésor des langues de cest univers, de Jean Duret, Cologny, 
CIC. CICC, rel. vélin, à 250 fr. » 

« C’est, dit M. de la Dure, la plus forte cote que j’ai encore vue. de beau¬ 
coup, pour cet ouvrage dont un autre exemplaire, portant, celui-ci, la mention 
A. Y ver don , i6iç, figurait sur un catal. de Gaillandre, à Paris 11919), pour le 
prix de 45 francs. » 

III. — Catalogue de Lemallier, à Paris, janvier 1922 : 

« N° 452. Commentaire sur les ordonnances faictes par le Roy Charles 
neuviesme, en sa ville de Molins, au mois de février 1566. Par M. Philibert 
Bugnyon de Lyon. Paris. V. Normand, 1579. Pet. in-8 veau fauve, tr. dor. 
— 40 francs. ' 

RkOEMORTES. 



Lé Gérant : E. Reveeet. 


LES IMPM MIRIII RÉUNIES, MOULINS 


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PROCÈS-VERBAUX- 


SÉANCE DU i er MAI 1922 


Présidence de M. le D r de Brinon 

I 

— Etaient préseuts : M“* Monceau, MM. Georges Bruel, Hubert 
Bruel, Capelin, Chambron, Chanoine Clément, abbé Dumont, 
Gédel, Génermont, Milcent. D r Monceau. Morand, Paul Pavaillon, 
Roy, Sarrazin, Tiersonnier. 

— Excusés : MM. Delaigue, Thonier de la Busserie. 

— Après lecture et approbation du procès-verbal de la précé¬ 
dente séance, il est procédé au dépouillement de la correspondance. 

Lettres: de M. Montagne, au sujet de l’excursion projetée et disant 

% 

que les « Amis de Montluçon » veulent bien aller à Hérisson, mais 
après le i* r juin. 

De M. le Comte de Noblet, que la quittance 1921 n'avait pu 
atteindre, par suite d’un changement d adresse, et qui tient à rester 
des nôtres. 

— M. le Président présente à l'assistance uu certain nombre de 
brochures, gracieusement offertes par notre confrère, M. Léonce 
Délinière, et dont voici la nomenclature : 

i. — Une série de placards: pièces à afficher , la plupart de l'époque 
révolutionnaire.- 

1 bis. — Ordonnance de police concernant le commerce des grains et 


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Société d’Emulation du Bourbonnais 


la police du marché de la ville de Moulins t du 18 août 175;, signé : 
Pierre-François Golliaud, lieutenant général de police et Jean-Jacques 
Perrotin de la Serrée, maire de Moulins. Faure, imprimeur. 

2. — Arrêté du j Nivôse , an II (daté de Lyon, commune affranchie et 
signé: Fouché^ Alette et Laporte), réorganisant les corps administratifs 
de l'Ailier. — (En double.) 

3. — Décret de la Convention nationale, du 6 décembre 1792. Juge¬ 
ment de Louis Capet. G. Boutonnet, imprimeur du département de 
l'Ailier. 

4. — Décret de la Convention 'nationale du 11 janvier 1793, relatif à 
l'exercice du culte catholique . M. Alex. Pavy, imprimeur du départe¬ 
ment. 


5. -— Loi relative au voyage de Mesdames, du 24 février 1771. — C. 
v G. Pavy, imprimeur du département. 

6 . — Loi portant que les chanoinesscs qui se marieront conserveront 
leur traitement, 12 septembre 1791. — Etienne Vidalin, imprimeur. 

7. — Ordonnance du comité de la ville de Moulins , du 3 septembre 
1789, tendant à Vélargisemcnt du sieur Claude Xoatlly > négociant et 
maître de Poste, à Droiturier. — Etienne Vidalin, imprimeur. 

8. — Proclamation de Fouché aux citoyens du département de l Al¬ 
lier, relative à l'exercice public du culte. 1793. — Imprimerie Etienne 
Vidalin. 


9. — Arrêté du Directoire exécutif , préservant des mesures pour la 
stricte exécution du calendrier républicain, 29 germinal, «an VI. — Im¬ 
primerie Thibaud, rue du Temple, à Moulins. 

10. — Tableaux de développement de l'échelle de proportions du De¬ 
partement de l Allier , arrêtée par les administrateurs et commissaires 
adjoints en vertu de la loi du .5 messidor, an I’. Sans signature ni nom 
d’imprimeur. — 100 livres assignat valent 16 livres numéraire, en mars 

«795- 

11. — Loi du 14. août i8qj, contenant la formule de serment, exigée 
des pensionnaires de l'Etat. — Imprimerie C. J. Pavy, imprimeur du 
département. 

11 bis. — Proclamation. Emprunt forcé de l'an . 

Lycée de Moulins. 

12. — Lettres patentées du Poi, concernant le collège de Moulins. 2 
septembre 1780. A la 8 e page, Etat des pensions du principal et des 
professeurs et leurs noms. 

13. — Mémoire où Von examine s'il convient d'établir un lycee à Mou¬ 
lins : signé J.-X. Bureaux-Puzy, 28 germinal, an X, 8 pages, sans nom 
d’imprimeur. 

14. — Thèse de plrilosophie (eu latin) soutenue par les moines de Clu- 
ny dans le monastère de Souvigny , 12 juin 1783. —• Etienne Vidalin, 
imprimeur de la ville et du collège royal. 


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T 


Procès-Verbaux 


99 


15. — C ours de langues anciennes et cours d'histoire naturelle, à 
l'école centrale du département de VAllier. 13 fructidor, an VI. — Im¬ 
primerie de Joach. Burelle à Moulins. 

16. — Thèse de physique théorique et expérimentale . Jacques-Xicolas 
Breidt de Paris; le père Canard , président; collège des prêtres de la 
Doctrine Chrétienne. 9 août 1783. — Imprimerie Etienne Vidalin. 

17. — De la synthèse et de l'analyse . Discours de Paul Costa, traduit 
de Tltalien par Alary, maître d’études au collège royal de Moulins. — 
Moulins, chez Place Bujon, 1835, 2 exemplaires. 

17 bis. — Extrait des registres du parlement du 16 février 1762. — 
Lé envoi des titres de propriété des Jésuites chargés de la sénéchaussée 
du Bourbonnais . — 18 février et 9 mars. (3 feuilles.) 

18. — Arrêt de la cour du Parlement du 29 mai 1762 relative à une 
prise de possession du prieuré de Frémontier t interdite par la cour . 

19. — Extrait des registres du Parlement du 6 août 1762, ordonnant 
de brider une liste de livres des Jésuites. 

Ces 3 pièces sortent de ^imprimerie de J. P. Vernon qui, dans celles 
du 16 février et du 6 août, s’intitule imprimeur du Roi et de la séné¬ 
chaussée du Bourbonnais, et dans celle du 27 mai, seul imprimeur du 
Roi. 


20. — Remontrance des Directeurs de Vhôpital général , au sujet de 
Vécrit: « Société en faveur des pauvres honteux >», par Charles Lhéron- 
det, curé de Moulins, 1733. 

20 bis. — Projet de mémoire Lhérondet. . 

21. — Explication du ynausolée du duc de Montmorency . Non signé. 
— De Pimprimerie Place Bujon, imprimeurs-libraires du lycée, rue de? 
Grenouilles, 29. 

22. — Réception de S. A. R. Mme la Duchesse d'Angouléme % dans le 
département de VAllier. — 4 pages, sans nom d’auteur, chez L. Des¬ 
rosiers, imprimeur de la Préfecture. 

23. — 1 Edit du roi, portant création de quatre offices de procureurs en 
la châtellenie de Ccrilly . Décembre 1780. 

24 — Arrest du Conseil dèètat du Roy commet Vintendant de Moulins 
pour faire le procès des assassins du sieur Marchand % commis aux Aydes 
à Hérisson. 28 novembre 1724. 

25. — Mémoire pour Pierre J obier, curé de Voussac, contre Gilbert 
Mercier. 16 janvier 1786. Etienne Vidalin. 

26. — Addition pour la communauté des marchands drapiers de Mou¬ 
lins contre Pierre Rouard. rtc., et contre 1 rs maires et cchevins de 

Moulins . 1789. 

27. — Mémoire pour Vindrinet, propriétaire et maire à V aligny-le- 
Monial contre le procureur du Roi. 16 octobre 1823. 

28. — Premier mémoire pour Edmr-foscph Jacquesson de IHcrbut 
contre Joseph Faucompré. — Lyon, 3 octobre ï 767. 2 mémoires. Mou¬ 
lins. 1767. 


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Société d’Emulation du Bourbonnais 


29. — Etat des J5Q gentilshommes de la noblesse du, Bourbonnais, 
convoqués à Moulins le premier avril 1689 .. 

30. — Mémoire pour servir à la généalogie de ( hauvigny de Blot. — 
16 pages.. De l’imprimerie de François Gonin, libraire à Riom. — 
Cette généalogie se termina en 1750. 

Série de 11 «plaquettes imprimées brochées. 

31. — Agricultura Carmen f par Augustin Souchet cle la Société de Jean 
Berrichon. — Moulins. C. Pierre Vemoy. 1712. 

32. — Véritable Duchesne: jfô lettres bougrement patriotiques du véri¬ 
table Père Duchesne. 8 pages. 

'33. — Le Père Duchesne. La grande confession de la femme Capet 
au Père Duchesne. 8 pages. 

34. — Opinion d'un député (. 1 / al ou et) dans la séance des Communes 
du 8 juin /y 89. 16 pages. Imprimé à Riom. 

35. — Un mot et quelques observations de la part de Claude-Lazare 
Petitjean , député de l'Ailier à la Convention, sur le jugement de Louis 
XVI. 7 pages. Imprimerie nationale. 

36. — Discours prononcé par le rcprésentant dit peuple Boisrot à la 
Société populaire de Moulins (d'après une note manuscrite après le 9 
thermidor, an II. 27 juillet 1794.) — 4 pages. Imprimeries Laudriet. 
Riom et Gannat. 

37. — Procès-verbal de t inauguration de l'école centrale du départe¬ 
ment de l'Ailierfaite à Moulins le premier vendémiaire 5 an V. Mou¬ 
lins. Imprimerie Joachim Burelle. 17 pages. 

38. — Opinion de /.-B. Dalphonse , député de VAllier, sur la résolu¬ 
tion du 16 brumaire, an V. 16 pages. Imprimerie nationale. 

39. — Rapport fait au nom de la section de législation, par Chabot 
(de l’Ailier) sur le premier titre du troisième livre du projet de code ci¬ 
vil relatif aux successions. Séance du 26 germinal . an II. Tribunal. 64 
pages. Imprimerie nationale. 

40. _ Projet de constitution pour la République française et discourt 

préliminaire prononcé par Boissy d'An glas , au nom de la Commission 
des Onze , dans la séance du 5 Messidor 4 an III. Moulins. Imprimerie 
des associés Maine et Guinemant, imprimeurs du département. 154 
pages. . 

Les membres présents expriment unanimement leurs remercie¬ 
ments à M. Délinière. 

_ Notre confrère, M. Louis Grégoire, continuant l'étude déjà 

si complète qu’avait commencée M. Camille Grégoire, son père, 
vient de faire paraître un guide d Hérisson et de la région envi¬ 
ronnante, si abondante en sites curieux et en souvenirs archéolo¬ 
giques. M. Grégoire fait don d’un exemplaire de son ouvrage à la 
Société, qui lui adresse l’expression de sa gratitude. 


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PllOCÈS-V HH B AUX 


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— M. le Président énumère les publications reçues et indique 
les articles susceptibles d’intéresser nos adhérents: 


SOCIÉTÉS SAVANTES 


I. — Bulletin historique et scientifique de VAuvergne. 2* série, 1922. 
n° 3, mars. Ce numéro contient une lettre de M. Frédéric Masson qui 
précise les conditions que l’Académie exige des candidats aux prix Co- 
gnacq. 


11 . — Académie des 
des senne es de Vannée 
Aug. Picard, 1921. 


Inscriptions et Belles-Lettres. Comptes rendus 
lyji. Bulletin de novembre-décembre. Paris, 


III. — Bulletin de la «« Diana ». Janvier-mars 1921, t. XXI, n° 2. 


I V. — Bulletin historique du diocèse de Lyon. Nouvelle série. Année 
1922. n° 2. 

V. — La région du Centre , avril 1922. 

VI. — Mémoires de l'Académie de Dijon. Année 1922, mars. 

• M. l'abbé M. Chaume étudie le sentiment national 'bourguignon, de 
Gondebaud à Charles le Téméraire, 5 cartes nous donnent:. 

i° La Burgondie des temps mérovégiens, s’étendant de Troyes, en 
Champagne à Aix, en Provence, et de Nevers au lac de Constance; 

2 0 Le royaume de Boson, oct.-dcc. 879. 

3 0 La Bourgogne en 922; 

4° Les possessions de la Maison Capétienne de Bourgogne, en 1262. 

Celles-ci nous intéressent. La Bourgogne est alors divisée en deux 
grands territoires, séparés par un large intervalle: dune part, le Du¬ 
ché de Bourgogne qui comprend la seigneurie de Bourbon, et d’autre 
part, le Dauphiné de Viennois. C’est la période où le Bourbonnais se 
trouve uni à la Bourgogne par le fait du mariage de Jean de Bourgo¬ 
gne, fils de Hugues IV, avec Mahaud de Bourbon. T.a cinquième carte 
nous donne les possessions des Valois de Bourgogne, en 1467. 

VII. — Revue scientipque du Bourbonnais et du Centre de la t rance. 
fondée en 1888 par Ernest Olivier, n° 1, 1922. 

Nous saluons avec joie le premier numéro qui renferme dans ses 32 
pages des articles intéressants sur la géographie cryptogamiquc du \ u- 
lais et de curieuses observations d'histoire naturelle. 


VIII. — Mémoires de l Académie des sciences, arts et belles-lettres 
de Dijon. 5 e série, t. III, années 1920-1921. Dijon, Nourrv, libraire- 
éditeur. 1921. — l’n volume de 500 pages. 

IX. — Bulletin de la Société d'agriculture, lettres, sciences et arts 
du département de la Haute-Saône. Année 1921. 

.V. — Bulletin historique et scientipque de VAuvergne. 2* série, 1922, 
n° 4. avril.» 




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102 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


— Interrogé par M. le Président sur les résultats des démarches 
laites pour assurer le transport des excursionnistes, le 1" juin, M. le 
Chanoine Clément fait observer que la question est rendue très diffi¬ 
cile par les prix demandés, et qui sont faits « par voiture » et non 
par kilomètre ou par personne. En sorte que si les membres qui dési¬ 
rent prendre part à l’excursion se trouvaient inférieurs aux places 
que peut contenir chaque camion automobile, il y aurait une aug¬ 
mentation de prix, que notre confrère répugne absolument à deman¬ 
der à chacun des participants. 

— M. Roy fait observer que, s'il s’agissait seulement d'une 
différence peu importante de prix, la Société pourrait s’en charger, 
plutôt que de remettre l’excursion projetée. Les membres de la 
Société semblent partager cette manière de voir. 

— M. le Chanoine Clément lit ensuite une note de M. Bernard, 
relative à la dépopulatipn de l’Ailier examinée par canton ; et une 
seconde note du même confrère, sur l’enquête faite par lui au Musée 
de Saint-Germain-en-Laye (relevé de la carte de M. Chantre pour le 
Bourbonnais). 

— M. Léon Burias, notre confrère, ancien chartiste, a étudié spé¬ 
cialement la maison où loge le gardien du château de Busset. Il en 
a adressé les plans à M. le Chanoine Clément, qui les présente à 
l’attention de l’assistance. 

Cette construction, située en dessous du château de Busset. 
présente une particularité extrêmement rare : elle est à double 
paroi, possédant en cas d’assaut la facilité de s’isoler, même si la 
porte extérieure arrivait à être enfoncée, ne laissant, en outre, aucune 
communication entre le rez-de-chaussée et les étages supérieurs. 

— M.' Morand présente à l’assistance une hache à ailettes, en 
bronze, et une pointe de lance à douille, en bronze également. Ces 
objets ont été trouvés dans la région de Digoin-Chassenard, dans 
une cachette qui contenait trente-deux pièces diverses. 


— M. Georges But el si 
notre compatriote. Directeur 
de Paris : « Relations entre 
ta fi U 1 à Paris (i). 


gnalc une note de M. Léon Besson. 

du Service Météorologique de la ville 
les éléments météorologiques et la mor- 


1 1) An. des Scrv. Tech, d'hygiène de la ville de Parié , T. Il, 1921, p. (1-26). 
graphiques. 


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Procès-Verbaux 


103 


M. Besson emploie une nouvelle méthode de recherche qui est 
très scientifique. La voici : « Les variations de l’état sanitaire au 
cours d’un grand nombre d’années ont été comparées aux variations 
météorologiques concomitantes de manière à faire ressortir, par 
l'emploi des moycunes, ce qu’il peut y avoir de constant daus la 
correspondance de ces deux ordres de phénomènes, les coïncidences 
purement fortuites tendant à s effacer complètement dans les moyen¬ 
nes. » Ce procédé analytique a été appliqué à une période de dix 
ans (1904-1913), tant pour les décès résultant des maladies des 
voies respiratoires que pour ceux de la diarrhée infantile. 

Des courbes mettent en évidence les relations existant entre les 
décès d’une part et la température, la direction moyenne des vents, 
les saisons, etc., de l’autre. 

M. Besson trouve que l'influence de la température moyenne se 
fait sentir sur lu mortalité trois semaines après et qu’elle varie 
dans le meme sens que la fréquence des vents N.-N.-E. à E., et en 
sens contraire que celle des vents S.-S.-YV. à YV. f avec un retard 
d’une semaine. 

Pour la diarrhée infantile, le seul élément météorologique qui 
parait avoir une influence sur la mortalité est la température. La 
mortalité augmente dès que la moyenne thermomélrique dépasse i 6°5 
et cela avec un retard d’environ une semaine. 

\ 1 . Besson fait remarquer que : « Si l’on savait calculer le nombre 
de décès-'en fonction des éléments météorologiques, la comparaison 
des résultats du calcul et des constatations de la statistique ferait 
connaître si quelque cause non climatique a accru ou diminué la 
mortalité et, au cas où des mesures prophylactiques auraient été 
[irises, permettrait de contrôler l'efficacité de celles-ci. » 

MM. L. Besson et II. Dutheil ont fait deux communications à 
l’Académie des Sciences, l'une sur: « Les relations entre la direction 

des cirrus à Paris et la situation barométrique en Europe (1) », l’au- 

» 

tre sur: « Le déplacement des hausses et des baisses barométriques et 

la direction des cirrus (u). » 

' / 

— Les notes de M. Besson lues par M. Georges Bruel amènent 
diverses remarques formulées par MM. les docteurs de Brinon et Mon- 
cea 11. 


(1; C. /?. Ac. des Scien?es. 28 nov. 1921, p. 1101-1106. 
(2) Jd. 23 janv. 1922, p. (137-240). 




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104 


Société d’Emülation du Bourbonnais 


— M. G. Bruel fait ensuite une analyse du livre de M. Augustin 
Bernard, notre confrère, « Le Maroc », qui en est à sa 6* édition 
ainsi que de son article: « Les gravures rupeslres de C Afrique du 
Nord (i). » 

\ 1 . Bruel demande enfin si l'on peut lui indiquer des sources et 
des documents permettant de déterminer les véritables causes qui 
ont empêché Moulins d’avoir : 

i° En 1791 une école d’artillerie,* un arsenal de construction, 
line fonderie, une manufacture d'armes à feu ; 

2 0 L’embranchement sur Lyon (au lieu de Saint-Germain-des- 
Fossés), lors de la construction de la voie ferrée Paris-Lyon par le 
Bourbonnais ; 

3° Le siège du i 3 * corps d’armée après 1871 ; 

4 ° L’école Forestière après 1871. 

Il serait, en effet, fort intéressant de savoir pourquoi ces divers 
projets n'ont pu aboutir ou tout au moins de réduire à néant des 

M. le Chanoine Clément et M. Morand déclarent qu'au moins sur 
les deux premiers points on trouvera des renseignements aux Archi¬ 
ves départementales et dans les notices des Annuaires de l’Ailier de 
l’époque. 

— M. l’abbé Dumont, qui poursuit ses recherches sur la biblio¬ 
graphie bourbonnaise et veut bien en faire profiter notre Compagnie, 
fait la communication suivante sut Etienne de Bclleville ou de Bour¬ 
bon, prédicateur et historien du moyen Age. 



Ktienne naît à Bclleville en Beaujolais d'une famille de Bourbon. 
D'où son double nom d’Etienne de Belleville ou de Bourbon: de Belle- 
ville, du lieu de sa naissance; de Bourbon, du lieu d’origine de sa fa¬ 
mille. 

11 étudie à Mâcon et à Paris et entre dans l’ordre des Frères Prê¬ 
cheurs. Nommé inquisiteur à Clermont et à I.yon, il passe la majeure 
partie de >a vie en prédication ; parcourt la France et l'Italie; connaît 
les derniers compagnons de Saint Dominique; e>t en relations avec les 
grand» personnages du temps; et meurt vers 1262. 

Il laisse un ouvrage important: « Tractatus de se plein dont s Spiritus 
Suite li ». 


(Ij La Géographie, mars 1922. T. XXXVII, p.(252-257). 


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Procès-Verbaux 


105 


Ce traité est imité des « Sermones Vulgares » de Jacques de Vitry, 
cité dans la préface. 

C'est un abondant recueil dèxemples à l’usage des prédicateurs, en 
même temps qu’un riche répertoire d’anecdotes historiques du XIII 1 * 
siècle, spécialement sur l'hérésie albigeoise, combattue par l’auteur. 

Au Moyen-Age, on fit du « Traité des sept dons du Saint-Esprit » des 
copies, des abrégés et des tables. 

L’un de ces abrégés : « De abundantia exemplorum » est assez répandu 
et souvent attribué à un autre Dominicain, Etienne de Besançon. 

hlartèner— Ample col!. V, 1777-1794 — a donné des fragments- du 
m Traité*. Quétif (Scriptores ord. Prad. 1, p. 184 et 39) l'a longuement 
analysé. Enfin, Lecoy de la Marche a publié la partie historique pour 
la Société de l’Histoire de France: «< Anecdotes historiques t légendes et 
apologues tirés du Recueil inédit d'Etienne de Bourbon », Paris, 1877, 
in-8°. •— (Cf. A. Molinier. Les Sources de l’Histoire, de France..., 
t. III, p. 147-148, Paris, Picard, 1903). 

M. Morand lit les notes suivantes sur « Le Comte de Bussv- 
Rabulin à Moulins en i 64 o » : 

Bussy Rabutin consacre quelques pages de ses mémoires secrets ù 
notre bonne ville de Moulins. Il était à peine âgé de 23 ans, et déjà 
colonel, lorsqu’en 1640, son régiment reçut l’ordre d’aller prendre scs 
quartiers d’hiver dans la capitale du Bourbonnais. 

A cette époque, il n'y avait pas encore de caserne, les soldats étaient 
logés chez l’habitant et la discipline en souffrait beaucoup: les officiers 

très occupés à courir le Guilledou négligeaient leurs hommes qui vo- 

« 

(aient et pillaient ou faisaient le métier de faux solniers, ce qui amc- 
nait des luttes à mains armées avec les gens du roy, MhJ. les commis 
aux Aides. 

En arrivant à Moulins, notre colonel prit logement à l’hôtellerie « .-1 
l'Image de Saint Jacques » faubourg des Cannes, où il noua de suite 
une aventure galante avec une charmante Comtesse du pays, que du 
reste, en galant homme, il ne nomme pas. Bussy nous narre cette aven¬ 
ture avec beaucoup d'humour. 11 y a l’histoire du souper du château «Je 
la Faim qui a dû inspirer Théophile Gauthier dans son Capitaine Fra¬ 
casse. Ce qui a un intérêt pour nous, c’est de retrouver sous la plume 
de Bussy les noms de nombreux Bourbonnais: Dandelot Comte de Coli- 
gny, le Maréchal de Saint-Gérand, le Marquis de Saint-Germain-d'Ap- 
chon, son cher Beauvoir, de Chavagnac le Bosquet, etc..., 

Le temps se passait assez agréablement lorsque Bussy reçut une 
lettre de cachet, datée du 19 décembre: quelques hommes de son régi¬ 
ment avaient maltraité quelques commis aux Aides et à la demande de 
M. Desnoyers, secrétaire du roy, notre colonel était déclaré responsable 


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106 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


de son régiment, il fut incarcéré à la Bastille où il resta plus d’un 
mois. 11 y était encore le 6 juin 1641. 

A sa sortie, il épousa Gabrielle de Toulongeon, dont la mère, Fran¬ 
çoise de Rabutin, était la sœur du baron de Chantal. La veuve de ce 
dernier mourut le 13 décembre de la même année, en odeur de Sainteté, 
«à la Visitation de Moulins. Par suite de son mariage, le comte Bussv- 
Rabutin se trouva donc le neveu de Madame de Chantal, et le cousin 
germain de la marquise de Sévignc. 


— M. Georges Bruel informe l’assistance, au nom de M. Lassi- 
monne, que l'excursion organisée par la Revue Scientifique du Bour¬ 
bonnais aura lieu le mardi 9 mai. Les excursionnistes remonteront 
la vallée de la Queusnc. depuis l’Ailier jusqu’à Patry. 

— M. Paul Pavaillox fait la communication suivante : Pour la 
Iroisième fois, le coq surmontant le clocher de Coulandon a été 
renversé par un cyclone. Cette circonstance a permis de l’examiner 
à nouveau. Les noms de trois curés y sont inscrits. Le coq était tout 
entier en cuivre. A la suite d’un accident comme celui qui vient de 
sc produire, il avait été endommagé et on lui a ajouté une queue en 
fer blanc. 

M. le Chanoine Clément engage notre confrère à examiner ce coq 
et à relever les inscriptions dont il vient de nous parler. Si cet in 
léressant objet est apporté à Moulins en vue. de réparations, il se 
propose de le photographier. 


— Est élu comme membre titulaire : 

M. Sadourny, inspecteur d’assurances à Moulins. 

— Est présenté comme membre titulaire : 

M. Victor NYaltheh, instituteur en retraite, rue de Favrotière, à 
Hérisson, par MM. l’abbé Clément. Géncrmont et Grégoire. 

— L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 23 heures. 


E.- Cape i.iv. 


% 


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Procès-V erbaux 


107 


SÉANCE DU 5 JUIN 1922 


Présidence de M. le Docteur de Brinon 

— Etaient présents : MM. Augustin Bernard, Capelin, Génbrmont. 
Grandmougin, Sarrazin. 

— Excusés : MM. le Chanoine Clément, Delaigle. Milcent, SA- 

nATIER. 

— Après lecture et approbation du procès-verbal de la précédente 
séance, M. le Président prend la parole : « Notre confrère M. Géner- 
mont a eu la douleur de perdre son père. Que notre dévoué Direc¬ 
teur du Bulletin reçoive ici les témoignages de vive sympathie de 
toute la Société. »> 

— Passant en revue, dans les diverses publications reçues, les ar¬ 
ticles de nature à intéresser notre Société, M. le Président signale 
particulièrement : 

I. — Annales de la Société d'Agriculture, Industrie, Sciences, Arts et 
Selles-Lettres du dé parlement de la Loire. 2® série, T. XXXIX, 3 0 li¬ 
vraison, 65® volume de la collection, 1921. Saint-Etienne, 1921. 

II. — Bulletin de la Société historique et archéologique de Langres. 
T. VIII. 15 décembre 1921, 1 fascicule; 15 avril 1922, 1 fascicule. 

III. — Bulletin de la Société neufchâteloise de géographie, t. XXIX, 
1920, et t. XXX, 1921. 

IV- — Academie des sciences, belles-lettres et arts de Savoie. Volume 
IX, Imprimeries réunies de Chambéry, 1922. Documents: « Le culte 
de Dieu, de la Sainte Vierge et des Saints en Savoie avant la Révolu¬ 
tion » ; — « Essais de géographie hagiologique », par le chanoine J. 
Burlet. 

V. — Mémoires de lAcadémie des sciences, arts et belles-lettres de 
Dijon. Avril 1922. 

VI. — Bulletin de la Société d'études scientifiques et archéologiques 
de Draguignan. T. XXXIII, mémoires vm-Xl, 1920-1921. — Expé¬ 
riences de psychométrie en vue de déterminer la matière d'un objet pré¬ 
historique trouvé dans le Var (p. 41 du XI® volume des mémoires); — 
Table générale des matières des tomes I à XXX (1855-1915). 

VIT. — Revue historique et archéologique du Maine, 2• série. T. I : 
i 1- *' livraison 1921, 2® livraison 1921, 3® livraison 1921,4® livraison 1921. 


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108 


Société d’Emülation du Bourbonnais 


VIII. — Bulletin-journal de lu Société d'Agriculture de l'Ailier. 
n° 2, mars et avril 1922. 

IX. — Les amis de la Pologne (Bulletin mensuel). Rédacteur en chef: 
Rosa Bailly. 2* année, n° 9, i* r mai 1922. — « La défense de Plock », 
par le capitaine de Bures. 

X. — Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Comptes rendus 
des séances de Tannée 1922. Bulletin de Janvier-Février. 

XI. — Bulletin de la Société bourbonnaise des Etudes locales. Avril- 


mai-juin 1922. 

XII. — Bulletin archéologique, historique et artistique de la Société 
archéologique du Tarn-et-Garonne. T. XL 1 X, année 1921: Montauban, 
Forestier, imprimeur, 1922. 

XIII. — Revue des Etudes historiques. 88® année, avril-juin 1922. 

XIV. — La Région du Centre. 2* année, n° 9, mai 1922. 

XV. — Bulletin de l'Auvergne. 2® série, 1922, n° 5, mai. 

XV’I. — Bulletin de la Société des Sciences , Lettres et Arts de Pau. 
2* série, t. XL, 1 volume de 312 pages. T. XLI et XLII. — Dans un 
atticle très intéressant sur le berceau de Henri IV-, M. Hilarion Bar- 
thefy étudie la question de savoir si le berceau conservé au château de 
Pau est authentique; en d’autres termes, s’il a été sauvé au moment de 
la Révolution grâce à une substitution. Un des agents principaux de 
cette pieuse fraude serait un Bourbonnais, M. Bourdier de Beauregard, 
directeur des domaines à Pau, qui aurait fourni une écaille de tortue 
provenant de son cabinet d’histoire naturelle en échange du berceau. 
Ce Bourdier. originaire de Bourbon-TArchambault, serait mort à Pau le 28 
mai 1803, âgé de 80 ans. Sa fille, Marie-Marguerite Beauregard, épousa, 
le 5 juillet 1804, François-Jean-Yves Deschamps-Delaporte. Quel est ce 
Bourdier que des Gozis ne paraît pas connaître? 

XVII. — Bulletin de la Société des Sciences, Lettres et Arts de Pau, 
2'' série, t. XLIII: janvier-février-mars 1940, 1 fascicule t; avril-mai- 
juin 1920, t fascicule 2; juillet-août 1920, 1 fascicule 3; septembre-oc¬ 
tobre 1920, 1 fascicule 4; novembre-décembre 1920, 1 fascicule 5. — 11® 
série, t. XLIV: janvier-février tq2i, fascicule 1 ; mars-avril 1921, fasci¬ 
cule 2; mai-juin 1921, fascicule 3; juillet-août 1921, fascicule 4; sep¬ 
tembre-octobre 1921, fascicule 5; novembre-décembre 1921, fascicule 6. 

XVIII. — Mémoires de la Société historique, littéraire et scientifique 
du Cher. 4® série, 32® volume, 1920-1921. 

XIX. — Bulletin des Amis de M ontluçon. Janvier-avril 1922. 


BIBLIOGRAPHIE ET DONS A LA BIBLIOTHEQUE 

De notre collègue, M. René Moreau, architecte des Monuments histo¬ 
riques, président de la Société d<*' Architectes du Centre: Le Bourbon¬ 
nais en trente-cinq minutes. Moulins, Crépin-Leblond, imprimeur-édi¬ 
teur, 1922. — Plaquette de 33 pages, élégante, comme tout ce qui sort 


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» 



Procès-Verbaux 


109 


des presses de M. Crépin-Leblond. Cette .conférence, faite aux archi¬ 
tectes, à Vichy, le 15 juin 1921, renferme des détails intéressants, en 
particulier sur les matériaux de construction et les mœurs bourbon¬ 
naises. 

CHARLES JANET: Considérations sur l'être vivant. Deuxième partie: 
l’individu, la sexualité ; la Parthénogénèse et la mort au point de vue 
ortbobiontique. — Beauvais, imprimerie Dumontier et Hagué, 23, rue 
Jules-Michelet, 1921. 196 pages, avec carte de l'auteur portant hommage 
à la Société d’Emulation. 

Je propose de transmettre cet ouvrage à la Société scientifique du 
Centre de la France, où il sera mieux à sa place. 

Physiologie des eaux minérales de Vichy en Bourbonnais,, par Claude 
Mareschal, docteur en médecine de la Faculté de Montpellier. — Sol - 
vitur bis juvenum passin vita fenum. A Lyon, chez Henry Lardanchet, 
rue Président-Carnot, n° 10. MCMXXI. — M. PLACE Joseph, avocat, 
rue Bintôt, Vichy. 95 pages. 

Cette réimpression est entrée à notre bibliothèque sous le n° 1879. Je 
l'avais signalée au moment de sa réception et j’avais exprimé les 
remerciements de la Société pour le don fait à notre Bibliothèque. C*est 
par erreur que la note n’a pas paru au Bulletin. J’en fais mes excuses 
à notre généreux donateur et je lui renouvelle l’expression de notre 
gratitude. 

% 

— Il est procédé au dépouillement de la correspondance. 

Lettre du Ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts, 
signalant l’envoi d’un certain nombre de fiches destinées à la cons¬ 
titution des dossiers relatifs à l’inventaire supplémentaire prévu 
par l’article a de la loi du 3 i décembre 1913. Le Ministère prie la 
Société de lui faire parvenir les renseignements demandés avant le 
mois d’octobre prochain. 

Lettre de M. Abel Bailleau, relative aux silex recueillis par le 
docteur Bailleau, son père, dans le champ de Tilly et spécifiant 
leurs différentes formes. M. Abel Bailleau estime que la plupart de 
ces silex doivent être attribués à l’époque Aurignacienne. 

Circulaire de la librairie J. Denolly, 6 , rue de la Chaussée-d’An- 
tin, Paris, sollicitant la souscription de la Société pour son : « Grand 
Annuaire des Littérateurs, des Auteurs et Compositeurs de musique 
et des Artistes Peintres, Sculpteurs, Graveurs, etc. », au prix de 
ao francs l'exemplaire. 

Lettre de la municipalité de Moulins, demandant un supplément 


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110 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


de souscription pour le monument aux morts. Il est convenu que la 
Société s’en tient à ce qu elle a déjà promis. 

Lettre de M. Sèqüe faisant connaître que l’habile dessinateur de 
son charmant ex-libris est M. Hackspill. 

— M. Sabatier adresse uue note relatant la mésaventure arrivée 
à Moulins, à Ronchon de Valette. 

— M. Bourderioux a communiqué les renseignements suivants 
relativement au receveur des domaines de Pau, qui aurait joué un 
rôle dans le sauvetage du berceau d’Henri IV. 

II s’appelait Généreux Valentin. Né le 26 septembre 1723. il était 
fils de Jean Bourdier, sieur de la Moulière. et de Marguerite Batissier. 
Il était le petit-fils de Gilbert, maire perpétuel et intendant des eaux 
minérales. 

Il avait épousé Rose Casamajor ; il eut deux enfants. Gilbert- 

Isaac B. de B., capitaine de gendarmerie à Châlons, marié à Lucie- 

Charlotte Pierry de Saint-Vallier, et Marie-Marguerite, épouse de 

* 

François-Yves Deschamps Delaporte. Ces Bourdier de la Moulière 
habitaient à Bourbon près des Capucins, en face l'ancien établisse¬ 
ment thermal, la maison occupée au xix* siècle par le docteur 
Peyroux, puis par Prévost, notaire, et où logèrent en 1816 le prince 
de Talleyrand et sa nièce. 

— M. Grandmougin offre à la Société deux photographies prises au 
cours de la dernière excursion et représentant le château d’Hérisson. 

— Il est donné lecture du rapport de la Commission chargée de 
prendre connaissance des projets d'agrandissement et d'embellisse¬ 
ment de la ville de Moulins. 

— M. Augustin Bernard donne lecture d’un travail relatif à la 
dépopulation des communes de l’Ailier. Cette communication démo¬ 
graphique,' du plus haut intérêt, est accompagnée d une carte du 
département où les fluctuations diverses sont indiquées par des 
teintes différentes et des hachures. 

— Est présenté à l’admission : 

M. Jules Morel, à Montaigut-le-Blin, par MM. Bardet, D r de 
Brinon, Viple. 


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Procès-Verbaux 


111 


— Est admis en qualité de membre titulaire : 

M. Victor Walther, instituteur en retraite, rue de Favrotière, à 
Hérisson. 

f 

♦ 

— L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 22 heures. 


E. Capelix. 


SÉANCE DU 3 JUILLET 1922 

I 


PllÉSIDEXCE DE M. I.E D r DE BrIXON 

» 

— Etaient présents : M me Moxceau, MM. Bardet, abbé Dumont, 
Capelix, Cuambalous, Chanoine Ci.émext, Gêxermoxt, D r Moxceau, 
Moxxac, Gabriel Moraxd, André Boy, Tiersoxxier. 

— Excusés : MM. Delaigue, Galfione, Pavaillou. Raynaud, Sar¬ 
rasin. 

— Lecture et approbation du procès-verbal de la précédente 
séance. 

— Dépouillement de la correspondance. Lettres : 

De M. Gabriel Montilliet, accompagnant l’envoi de nombreuses et 
intéressantes photographies prises au cours de l’excursion d'Hérisson. 

De M. Augustin Bernard, accompagnant l’envoi de graphiques 
signalant le mouvement de la population dans l’Ailier, par com¬ 
mune. Ces clichés sont destinés à une étude démographique des 
plus complètes qui paraîtra dans le Bulletin. Notre distingué con¬ 
frère met ces clichés à la disposition de la Société. 

De M. Lassimonne, invitant la Société d’Emulation à prendre 
part à l'excursion que la Société Scientifique du Bourbonnais devait 
accomplir le jeudi i 5 juin, en forêt de Moladier. La visite de la 
mardelle dite le « Trou Saint-Vincent », figurait au programme. 

De M. Morel, relative à la monographie de Montaigut-le-Blin. 

De M. Walther, remerciant de son admission. 

De M. Bourderioux, contenant de nouveaux détails sur les Bour- 
dier. 



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112 


Société d’Emulation du Bouhbonkais 


— M. le PnÉfeiDErr signale les arlicles intéressants, parus dans 
les publications des diverses Sociétés en relation avec la nôtre. 

I. — Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord . Tonie XLIX, 
2* livraison, Périgueux, mars-août 192a. 

II. — Mémoires de la Société des Sciences nouvelles et archéologiques de la Creuse . 
Tome XXI, 7* fascicule, Guéret, novembre 1921. 

III. — Bulletin de la Société nationale des Antiquaires de France , 1921. 

IV. — Archives de la France monastique. Revue Mabillon . Avril-juillet 192a, 
a« série, n OB 6-7, onzième année, n°* 46 - 47 * — Page ■ 43 . un article de M. Des- 
houlières, intitulé: « Les dates de l'église de Souvigny », avec une réponse de 
M. Louis Bréhier. 

V. — Groupe d'Emulation artistique du Nivernais. 14 * exposition, 1922 . — Le 
n° 3 1 4 comprend : i° le catalogue de l'exposition de Nevers (9 avril-7 mai 193a); 
a* le journal du groupe ; 3 ° une série de contes : « Les mariniers de la Loire », 
par Francis Guyonnet, avec gravures sur bois d'André Deslignères. 

VI. — Société industrielle de Saint-Quentin et deVAisne. Bulletin n*6o, 1919-1930, 
Saint-Quentin, 19a!. 

VII. — Revue de Saintonge et d’Aunis. XL f vol., a* livraison, Saintes, igaa. 

VIII. — Société historique et archéologique de l'Orne. Tome XL 1 , i fr et a e Bul¬ 
letins, Alençon, janvier-avril 193a. 

IX. — Mémoires de VAcadémie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Dijon. Mai 
193a. 

X. — Mémoires de VAcadémie des Sciences , Inscriptions et Belles-Lettres de Tou¬ 
louse. Onzième série, tome IX. Toulouse, 19a!. 

XI. — La Région du Centre , Deuxième année, n # 10, juin 193a. 

% 

. 

BIBLIOGRAPHIE 

Le Chroniqueur français , Revue bimensuelle d'information générale. i r * année, 
i*r n°, juin 193a. 

Enquête sur Vhabitation rurale des indigènes de iAlgérie, faite par ordre de M . le 
gouverneur général , publiée par Augustin Bernard, professeur de géographie et 
colonisation de l'Afrique du Nord à la Faculté des Lettres de Paris. 1 vol. de i 5 o 
pages, avec une carte hors-texte en couleurs, 16 planches de photographie hors- 
texte et i5 croquis dans le texte. Alger, imprimerie Orientale, Fontana frères, 3 , 
rue Pélissier, 1921. 

Notre collègue offre ce volume k la Société d'EmuVation et y joint un hommage 
très cordial. La Société remercie notre collègue ; son livre vient à point et lui 
servira de guide dans l'enquête que, sur la proposition de M. Bruel, elle a décidé 
d’ouvrir, d’accord avec la Société des Etudes locales, k propos des couvertures des 
bètiments ruraux du Bourbonnais. 

Le rapport étudie successivement les tentes, les gourbis et les maisons, leurs 
matériaux, leur distribution géographique, l'évolution qui se produit d’une forme 
k l’autre et les motifs qui en sont la cause. 


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Procès-Verbaux 


113 


— M. l’abbé Dumont fait une fort intéressante communication 
sur « l’Ordre de l’Ecu d’Or », que le Bulletin reproduira. 

— M. le Président présente à l’assistance un exemplaire de 
l’ex-libris de M. Augustin Bernard. Les motifs et la légende sont 
particulièrement inspirés du Bourbonnais. 

— M. le Président lit la première partie de l'enquête sur le pré¬ 
historique en Bourbonnais et signale une note de M. Capitan, 
publiée dans la Revue Anthropologique, 1922, page 127, donnant la 
description des silex tertiaires trouvés à Ipswich (Angleterre). 

— M. Génbrmont donne lecture d’un questionnaire dressé par 
M. Georges Bruel, au sujet des habitations rurales en Bourbonnais. 

— M. Amédée Bardet parle de plusieurs grottes, autrefois habitées, 
qui existent dans l’Ailier, et donne des renseignements géologiques 
sur les terrains dans lesquels l’homme les a creusées. 

M. Gabriel Morand signale, à ce sujet, qu’une grotte de vastes 
dimensions est utilisée à Bill y comme réservoir d’eau pour le bourg 
de Billy. 

— M. le Président donne communication d’un mémoire de 
M. Hackspill, racontant le passage de Charles IX en Bourbonnais, 
eu i 566 , accompagné du prince qui devint plus tard Henri IV. 
Le roi était venu à Moulins, présidçr l'assemblée des Etats. 

M. l’abbé Dumont signale que, déjà à ce moment, il existait 
uu projet de massacre des protestants, et que Moulins risqua forte¬ 
ment d'être le théâtre d’une Saint-Barthélemy anticipée. 

— Il est donné lecture d’une note de M. Walther, d’Hérisson. 
Notre confrère a recherché dans les actes officiels les plus anciens, la 
désignation delà rivière. Invariablement, avant la méprise de Cassini, 
le nom d’OEil est employé. L’argument historique est péremptoire. 

— M. Capelin lit la note suivante : « En attendant l'accomplisse¬ 
ment des vastes projets d'alignement et d’embellissement que la 
ville de Moulins a été invitée à former, puis à réaliser... à la longue, 
il est une mesure, de minime importance, qu’on pourrait prendre et 
qui satisferait à la fois la prudence et l'esthétique. La porte de 
Paris, avec ses robustes piliers de grès, surmontés de tailloirs et 
terminés par des pommes de piu, oblige les piétons à descendre 
du trottoir, ce qui, par ce temps de circulation automobile, n’est pas 

sans présenter des inconvénients. Il serait facile de pratiquer uu 

8 


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114 


Société d’Emulation du Bourbonnais 

1 


passage, de chaque côté dans les pilastres, sans modifier en quoi que 
ce soit l’esthétique. Les piétons seraient préservés de tout accident 
et la ville aurait une entrée majestueuse. » 

M. Gapelin fait circuler un dessin représentant l'état actuel de la 
porte de Paris, et un croquis indiquant l'aspect que pourrait prendre 
la même entrée. 

— M. Tiersonnier signale la note parue dans les Archives de la 
Société des collectionneurs d'ex-libris et de reliures artistiques, nu¬ 
méro de juin 1922 , p. 95 , sous ce titre : « Un curieux Ex-Libris 
monastique. » C’est une vue du couvent de N.-D. de Lorette, ordre 
des Ermites de Saint-Augustin, en Bourbonnais. 

u Ce couvent, aujourd'hui ruiné, était situé sur le coteau du Mont- 
croux, en face du village de Château-sur-Allier. Notre confrère 
M. Eugène Le Brun lui a consacré une notice dans son intéressant 
livre : Une petite ville bourbonnaise. Le Veurdre, ses seigneurs, ses 
châteaux et leurs 'possesseurs (Paris, Champion, et Moulins, Louis 
Grégoire, 191 3 ). Page 179, il a même reproduit la vue dont s’agit. 
L’intérêt de la communication de M. J.-B. Mercier résulte du fait 
que celte vue a été utilisée comme ex-libris par les RR. PP. Augus- 
tins de N.-D. de Lorette. M. Lemercier a trouvé cet ex-libris, d’un 
genre peu usité, sur un volume provenant du dit couvent, ainsi qu’en 
fait foi l’inscription manuscrite : u Ce livre appartient aux RR. PP. 
Augustins de Notre Dame de Lorette, 1699 » et la cote déclasse¬ 
ment : L. 11. 

u D’autres exemplaires de cet ex-libris existent dans les collections 
de plusieurs membres de la Société des collectionneurs d’Ex-Libris, 
MM. BallofTet et le Docteur Olivier. » 

M. Tiersonnier signale cet ex-libris bourbonnais aux collection¬ 
neurs de notre Compagnie. 

— Est admis en qualité de membre titulaire : 

M. Morel, à Montaigut-le-Blin. 

— Sont présentés à l’admission : 

M. François Mitton, Ingénieur E. C. P., 4 b» boulevard de 
Courtais, et M. Adrien Mitton, Architecte, élève de l’Ecole des 
Beaux-Arts, même adresse, l’un et l’autre présentés par MM. le 
D r de Brinon, le Chanoine Clément, Tiersonnier. 

— La prochaine réunion est fixée au lundi 9 octobre. 

— L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 2a h. 1/2. 

E. Capelin. 

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\ 


Les Régions Economiques 
et le Bourbonnais "' 

(Suite et Tin) 


lia civilisation moderne repose en grande partie sur la subs¬ 
titution partielle des forces motrices artificielles à celles que 
fournissaient autrefois l’homme (les esclaves) et les animaux 
domestiques, une fois que nos ancêtres eurent résolu le diffi¬ 
cile problème de la domestication de divers animaux. 

Les forces motrices artificielles utilisées actuellement sont 
produites par: le vent (trop négligé depuis un siècle), les for¬ 
ces produites par le bois, la houille, la tourbe, la lignite, le 
pétrole et ses dérivés, les forces hydrauliques captées soit par 
des roues ou des turbines, qui actionnent des moulins, des 
norias, etc., grâce à des engrenages et, depuis quelque quarante 
ans, au moyen de dynamos produisant de l’électricité, trans¬ 
mise au loin par fil de cuivre ou d’aluminium, enfin, depuis 
une trentaine d’iumées, on emploie des conduites forcées, qui 
permettent d’utiliser de petits débits d’eau, tout en produisant 
une énergie considérable, grâce à des dénivellations artifi¬ 
cielles de plus de 100 mètres. 

Nos nombreux moulins (plus de 200 dans le département), 
qui autrefois ne pouvaient marcher de façon continue, faute 
<l’eau, en été spécialement, se sont adjoint successivement des 
moteurs à vapeur, puis des moteurs à explosion ou des dyna- 

(1) Voir Bulletin 1921, pages 152, 325 ; 1912, page 53. 

/ 


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116 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


mos, branchés sur des réseaux de transport de force électrique. 

Notre département possède du bois (nous avons 79.755 hec¬ 
tares de forêts), de la houille, des forces hydrauliques, du vent, 
et, il faut espérer que la Limagne pourra, d’ici peu, nous 
fournir du pétrole. 

Placé presqu’entièrement en dehors de la région franche¬ 
ment montagneuse, nous ne pouvons songer à créer, chez nous, 
de puissantes usines hydro-électriques (1). De 1906 à 1909, on a 
construit, sur le Cher, en aval du confluent de la Tardes, le 
barrage de Rochebut (commune du Teillet), qui peut emmaga¬ 
siner 26 millions de mètres cubes d’eau, et qui fournit 10.000 
chevnux de force. Durant l’été, vu le faible débit du Cher, il 
faut utiliser une usine de secours actionnée par la vapeur. 

Un réseau de transport de force électrique dessert Evaux, 
Boussac, Chateaumeillaïit (Creuse), Montluçon, Commentry, 
Moulins, Neuilly-le-Réal, Varennes et Saint-Pourçain-sur- 
Sioule. 

Pour utiliser sur place le charbon, on construit une usine 
th'ermiqu© près de la mine de Bert. Elle servira en même temps 
d’usine de secours pour tout le réseau. 

Un second barrage sur le Cher est prévu en aval du premier 
au Moulin Mercier (commune de Lignerolles). Le réservoir 
aura 60 hectares et la chute 37 m ,50. La force fournie sera de 
12.000 chevaux. 


Un projet envisage lu création d’un barrage de 24 mètres 
«le haut, sur le Barbenan (affluent de la Besbre), qui fourni¬ 
rait, grâce à une conduite forcée de 9 kil. 600, une chute de 
245 mètres, qui serait utilisée dans une usine installée près 
d’Arfeuilles, et qui produirait environ 1.500 chevaux. Un autre 
barrage à construire sur la Besbre, en amont de Châtel-Mon- 
tagne, pourrait, de son côté, fournir 6 à 7.000 chevaux. 

Au total, nos ressources hydrauliques semblent ne devoir 
nous permettre de transformer en électricité que 30 à 35.000 


chevaux-vapeurs. Pour satisfaire les besoins immédiats, c’est 
peut-être suffisant, puisque l’arrondissement de Lapalisse éva- 


(1) Une douzaine de barrages pourraient être construits sur le Haut-Cher 
et donneraient environ 36.000 chevaux-vapeur. 


a 


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Les Régions Economiques et le Bourbonnais 


117 


lu ait, l’an dernier, ses besoins à 300 IIP pour l’éclairage et à 
900 HP pour la force motrice. 

Ne doit-on pas prévoir cependant que, grâce à un réseau bien 
compris de câbles de distribution, dans quelques dizaines d’an¬ 
nées, non seulement la grande industrie, les minoteries, les 
moulins, l’industrie familiale utiliseront l’électricité comme 
force motrice, mais que les chemins de fer, tant à voie large 
qu’à Voie étroite et les tramways serout à traction électrique. 
Outre cela, l’agriculture emploiera l’électricité pour éclairer 
les maisons et les écuries, pour actionner de petits instru¬ 
ments : coupe-racines, trieurs, tarares, concasseurs, aplatis- 
seurs, etc., ainsi que de gros instruments, comme: batteuses 
et treuils lialant des charrues. Dans ces conditions, la consom¬ 
mation d’électricité deviendra très grande. Comment alors se 
procurer cette énergie? 

Nous 11 e pouvons que la demander à nos voisins de la région 
montagneuse du Massif Central, là où des étranglements de 
vallée faciliteront la construction de grands barrages situés 
dans les hautes vallées, de façon à créer de grands lacs artifi¬ 
ciels, contenant des millions de mètres cubes d’eau, que l’on 
utilisera dans des usines placées beaucoup plus bas, afin d’aug¬ 
menter la pression de l’eau au moyen de conduites forcées. 

lia distribution économique de l’électricité ne peut se faire 
actuellement que dans un rayon assez faible, 75 à 100 kilo¬ 
mètres, à moins d’employer des voltages très élevés. C’est une 
des raisons qui doit pousser notre département à faire tous les 
sacrifices nécessaires pour faire exécuter le canal de pénétra¬ 
tion de la vallée de l’Ailier qui, d’une part, n’est réalisable 
qu’avec l’aménagement hydraulique de la vallée de l’Ailier, et 
qui, de l’autre, permettra, grâce à un tracé à flanc de coteau, 
de créer des chutes artificielles de grande hauteur, notamment 
aux environs de Yichv et de Moulins, ce qui réduira la déper¬ 
dition d’énergie, en rapprochant les usines génératrices des 

_ ^ m 

points de consommation. 

On a en effet l’intention de constituer de très longs biefs 
presque horizontaux et de racheter les différences de niveau 
non par des séries d’écluses formant échelles, mais par des 
puits-écluses de 50 mètres de diamètre, pouvant avoir de 21 m ,84 


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118 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


à 79 œ ,95 de haut (système Maire et Gouédard) ou au moyen 
de plans inclinés de 13 à 51 mètres de haut, sur lesquels roule¬ 
raient des paires de sas métalliques, (montés sur huit paires de 
roues), qui s’équilibrent. 

MM. Maire et Gouédard prévoient que le bassin de l’Ailier 
• « 

pourrait fournir 200.000 chevaux-vapeurs, dont une partie ser¬ 
virait à la manœuvre des écluses ou des puits écluses, à action¬ 
ner les appareils de manutention et à réaliser le linlage. 

Actuellement, le barrage de la Sioule, construit aux Fades 
(12.000 HP), au Chambonnet (6.000 HP), à Queuille (7.200 HP), 
le tout un peu en amont de Chateauneuf, fournissent au total 
25.200 HP, qui sont distribués à Montluçon, Riom, Gannat, 
Clermont, Issoire et Brioudo. L’usine de Sauviat, sur la Dore, 
au sud de Courpière, produit 4.000 HP et dessert Thiers, 
Billom et Vichy. 

La Compagnie d’Orléans (P.-O.) va aménager presque toute 
la haute Dordogne (vallées du Chavenon et de la Rhue), de 
façon à produire, dans 7 usines, 95.000 HP, qui serviront à 
électrifier 3.000 kilomètres de voies ferrées. Elle économisera 
ainsi annuellement de 500.000 à 700.000 tonnes de charbon, 
tout en augmentant la vitesse en montagnes, en doublant le 
trafic, ce qui lui permettra, espère-t-elle, de réaliser une éco¬ 
nomie de 8 à !) "... Mais cette transformation nécessitera une 
première mise de fonds de 1.500 millions à 2 milliards. 

Toute l’énergie ainsi récupérée devant être utilisée pour 
l’électrification des lignes du P. O., il n’en restera pas ou peu 
pour les besoins de l’industrie et «le l’agriculture des régions 
avoisinantes, qui auront à se pourvoir ailleurs. 

D’après des évaluations sérieuses, on peut estimer que l’amé- 

r 

nageaient intégral du Massif Central tout entier pourrait pro¬ 
duire une force vive de 2 millions de chevaux vapeur. Ce chif¬ 
fre ne doit pas masquer la réalité. Lorsque les intérêts locaux 
agricoles et industriels seront satisfaits (il faut prévoir une 
transformation radicale des zones montagneuses, comme cela 
s’est produit dans maintes vallées des Alpes, où de nombreuses 
industries se sont créées depuis* (pie l’on y utilise la houille 
blanche), restera-t-il beaucoup de force disponible à vendre au 


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Les Régions Economiques et le Bourbonnais 


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profit des pays en lisière du Massif Central? C’est au moins 
douteux. 

Dans ces conditions, en échange de leur collaboration, des 
capitaux qu’ils engageront dans ces entreprises, nos compa¬ 
triotes industriels et agriculteurs, s’ils «ont prudents et pré¬ 
voyants. devront se faire réserver, dès l’origine, un certain 

• • 

pourcentage de l’énergie électrique produite. 


A côté de tous ces facteurs matériels, il est nécessaire de 
tenir compte aussi d’un certain nombre d’autres, qui sont 
d’ordre moral et intellectuel. 

Certains prétendent que les Auvergnats et les Bourbonnais 
n’ont jamais sympathisé, parce qu’ils ont des caractères trop 
opposés. Evidemment, il n’y a pas identité de tempérament, de 
.traditions et d’éducation. Mais il n’y a pas de véritable incom¬ 
patibilité d’humeur. S’il y avait d’ailleurs identité, nous serions 
Auvergnats, ou les Auvergnats seraient Bourbonnais. 

Le rapide exposé historique, qui a été fait, montre.que des 
relations constantes ont existé entre l’Auvergne et le Bourbon¬ 
nais, et on doit constater que les mariages mixtes ont été fré¬ 
quents, sinon dans le peuple, qui se marie presque toujours 
dans un petit rayon, au moins dans la bourgeoisie et l’aristo¬ 
cratie. Depuis que le service militaire obligatoire existe, com¬ 
bien de nos compatriotes ont tenu garnison en Auvergne ou 
vice-versa? Que de jeunes gens ou de jeunes filles d’Auvergne 
ont, surtout autrefois, fait leurs études en Bourbonnais? En 
revanche, presque tous les jeunes gens de notre département 
ont été passer leur baccalauréat à Clermont et beaucoup ont 
achevé à Clermont leurs études supérieures. En effet, la capi¬ 
tale de l’Auvergne est un vrai centre intellectuel, avec ses 
diverses facultés (J)/ leurs laboratoires et les savants qui les 
dirigent. Presque tous ces professeurs «e sont spécialisés dans 
des études régionales. En tout cas, ils sont disposés à cher¬ 
cher à résoudre les problèmes divers que l’on peut avoir à leur 
poser. 

(I) Créées depuis 1854. 


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120 Société d’Emulatiox du Bourbonnais 


De plus en plus, les progrès véritables résultent de décou¬ 
vertes scientifiques et d’applications de lois, de principes, dé¬ 
terminés après de longues et minutieuses recherches. Les syn¬ 
dicats, les associations diverses ont donc intérêt à créer des 
prix, à doter les laboratoires de recherches et l’on ne doit pas 
toujours s’adresser à Paris, et à ses divers Instituts, qui sont 
faits pour étudier des problèmes généraux et non des problèmes 
locaux, influencés presque toujours par des données locales, 
des contingences, qu’on ignore souvent dans la capitale. 

Si l’on admet qu’un chef-lieu de région économique a intérêt 
à être en même temps un foyer intellectuel bien organisé, on 
doit constater la supériorité de Clermont-Ferrand sur Limoges, 
Bourges ou Orléans. 

Mais, objecte-t-on parfois, les Clermont ois tireront la couver¬ 
ture à eux çt négligeront les intérêts de notre département. Cela 
ne serait vrai que si nous adoptions une attitude boudeuse, si 
nous n’assistions pas aux réunions périodiques qui ont lieu à 
Clermont, si nous négligions de faire connaître nos besoins, nos 
desiderata et si nous étions incapables de défendre nos intérêts, 
ce qui n’est pas le cas. 

D’ailleurs, si, sur certains points: électricité, eau pour irri- 
gation, etc., nous dépendons de l’Auvergne, ce pays ne peut 
communiquer par chemin de fer ou par eau, avec Paris, la 
Basse-Loire, la Normandie, le Nord et le Nord-Est de la France 
qu’en passant chez nous. Une alliance entre nos deux provin¬ 
ces doit donc être féconde pour les uns et pour les autres, car 
les apports sont sensiblement de même valeur, nos intérêts 
sont souvent communs et jamais opposés. 


A 


Depuis sa création, la XVII'’ Région Economique a agi et 
fait un certain nombre de créations utiles. 

1 ° Une école supérieure commerciale régionale à Clermont- 
Ferrand, qui compte 95 élèves et possède des sections colo¬ 
niale et d’industrie hôtelière. En fin d’études, elle accorde 
quelques bourses de voyage. 

2 ° TJn musée d’échantillons. 


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Les Régions Economiques et le Bourbonnais 


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3° Une banque populaire de la XVII e Région (ouverte le 
1 er mars 1921). » 


4° Une Revue du Centre, avec cartes et illustrations, desti¬ 
née à faire connaître les desiderata des diverses chambres de 
commerce de la région, les études entreprises, les démarches 
faites, les résultats obtenus, etc. C’est un organe indispen¬ 
sable pour développer l’idée régionaliste et pour montrer que 
nos intérêts sont presque toujours solidaires. Les questions de 
clocher auront moins d’influence lorsque les questions seront 
exposées impartialement, complètement, en se plaçant au poipt 
de vue de l’intérêt général et lorsque leur étude ne sera plus le 
monopole de quelques intéressés. 

Dès que les ressources le lui permettront, la région du Cen¬ 
tre, qui possède déjà des services de transport et de renseigne¬ 
ment, voudrait organiser: 

a) Une inspection régionale de l’enseignement technique; 

b) Une chambre des métiers, destinée à s’occuper des ques¬ 
tions d’apprentissage; 

C) Une école supérieure hôtelière du Massif Central; 


et elle désire favoriser la fondation à Clermont d’un Institut 
d’Hydrologie. 

Enfin, elle est habilitée, de par sa constitution même, polir 
contracter des emprunts consacrés à l’exécution de ^travaux 
publics régionaux et d’entrepôts généraux en des points de 
jonction de voies d’eau et de voies ferrées. La XVII* Région 
Economique est donc toute désignée pour demander la conces¬ 
sion de travaux d’aménagements de cours d’eau, destinés à 
créer des forces hydro-électriques et pour entreprendre la cons¬ 
truction d’un ou plusieurs canaux. Naturellement, elle sera 
autorisée à vendre l’électricité et à percevoir des taxes de ha- 
lage, de location d’engins de manutention, etc. 

Pour l’exécution d’un grand canal, comme celui allant de 


Sancoins ou du Guétin à Brassac et Brioude ou Langeac, la 
Région Economique devrait prendre la direction d’une société 
clans laquelle entreraient comme actionnaires et obligataires 
les départements, les communes et tous les intéressés, y com¬ 
pris ceux des départements comme la Lozère et l’Aveyron, 


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Société d’Emulation du Bourbonnais 


qui, bien qu’en dehors de la Région Economique, sont cepen¬ 
dant dans la zone d’attraction du canal. 


Dans sa session du printemps 1920, le Conseil Général de 
l’Ailier a adopté, le 4 mai, le vœu suivant: 

t Le Conseil Général de l’Ailier émet le vœu que le Gou¬ 
vernement étudie et que le Parlement vote une nouvelle divi¬ 
sion de la France en régions à la fois administratives, écono¬ 
miques et politiques. » 


Si l’on se reporte aux procès-verbaux publiés, la délibéra¬ 
tion paraît avoir été assez sommaire, bien que le problème 
soit complexe et d’importance capitale pour l’avenir de la 
France. 


Il faut se féliciter, tout d’abord, de constater que nos con¬ 
seillers généraux sont partisans d’une réforme administrative, 
qui s’impose. L’accord est unanime pour décentraliser, pour 
décongestionner le Parlement et les Ministères, car l’afflux à 
Paris des questions de moyenne ou de minime importance pa¬ 
ralyse les meilleures bonnes volontés. Il importe donc de créer 
des organismes régionaux, ayant des pouvoirs propres assez 
étendus, empruntés les uns aux directeurs de ministère, lors¬ 
qu’ils signent « pour et par ordre », aux divers conseils supé¬ 
rieurs ou à des tribunaux divers, à des comités, à des commis- 
, sions, les autres à des corps ou à des fonctionnaires locaux, 
disséminés un peu partout, que l’on pourrait supprimer, main¬ 
tenant que les moyens de communication ne sont plus les che¬ 


vaux de selle, les diligences, mais bien les trains et les auto¬ 
mobiles, qui n’existaient pas sous la Révolution et l’Empire. 


c’est-à-dire à l’époque où toute l’administration française a été 


réorganisée. 


. Ceci «admis, quelle méthode faut-il adopter, si l’on veut abou¬ 
tir vite et bien ? Est-il nécessaire que le Parlement évoque 
directement la question et veuille la traiter lui-même en détail, 
alors qu’il a tant de peine à voter le budget (qui est sa fonction 
principale), après quatre ou six douzièmes provisoires, et qui 
ne peut arriver à trancher maints problèmes d’importance vi- 




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Les Régions Economiques et le Bourbonnais 123 


taie, la Chambre et le Sénat jouant a la raquette avec les 
projets de loi, lorsque ces derniers ne restent pas ensevelis au 
sein de commissions multiples et parfois rivales. On ne doit 
pas oublier enfin qu’un projet de loi non voté tombe en fin de 
législature, ce qui fait que toute la procédure est à recommen¬ 
cer après l’élection d’une nouvelle Chambre. Aussi, peut-on 
dire que, dans bien des cas, vouloir réaliser une réforme, qui 
ne passionne pas l’opinion publique, par voie législative, c’est 
en réalité la repousser aux calendes grecques. 

Ne vaut-il pas mieux, dans bien des cas, s’en remettre à 
des décrets rendus en Conseil* d’Etat, que les Chambres peu¬ 
vent et doivent contrôler? ' 


D’un autre côté, notre amour inné de la simplicité, de la 
symétrie, de l’uniforniité, de ce que l’on appelle l’esprit géomé¬ 
trique, fait que le Français est porté à désirer que la réforme 
régionaliste se fasse en bloc et provoque la* création d’une série 
unique de circonscriptions pour tous les services relevant des 
divers ministères. 

t 

Mais, dès -qu’on examine les choses de près, et non plus 
d’un point de vue théorique, on se rend compte de leur coin- 

f 

plexité et l’on comprend que les opérations administratives, 
militaires, judiciaires, économiques, financières, agricoles, 
sociales, universitaires, que les questions de travaux publics, 
etc., ne peuvent être soumises à un même gabarit, car il faut 
tenir compte du passé, des traditions, des moeurs, des habi- 

9 

tudes, à moins de vouloir révolutionner, c’est-à-dire faire 
presque toujours œuvre éphémère, au lieu de viser à l’évolu¬ 
tion, qui avance lentement, mais sûrement. 

D’ailleurs, la Fiance n’est pas un pays neuf, puisque notre 
histoire date de plus de 20 à 25 siècles. Même dans les colo¬ 
nies les plus barbares, lorsque des esprits imbus de l’esprit de 
système ont voulu créer des circonscriptions uniques, ils ont 
dû y renoncer, eux ou leurs successeurs, et il a fallu bien vite 
s’adapter au pays, aux diverses populations qui l’habitent et 
qui n’ont pas partout la même densité, aux -ressources des 
diverses contrées, aux moyens de communication, etc. 

La vérité est donc qu’il ne faut pas rechercher systématique- 


9 


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Société d’Emulation du Bourbonnais 


ment la création de régions où tous les services seraient cen¬ 
tralisés dans une même capitale régionale, mais admettre, cha¬ 
que fois que cela est nécessaire, que les limites des circonscrip- 
tions de chaque service ne soient pas identiques et que leurs 
centres puissent ne pas coïncider. 

Un service agricole, un service économique, un service des 
mines, une cour d’appel, une région militaire, une conservation 
îles eaux et forêts, une préfecture maritime, une région politi¬ 
que, etc., ne doivent pas avoir fatalement une même superficie, 
de mêmes limites ou un même centre. 

La concentration des chefs-1 feux,. des bureaux, des assem¬ 
blées consultatives ou délibérantes est souhaitable dans bien 
îles cas, car elle facilite l’expédition des affaires, mais elle 
n’est pas indispensable. 

4 

Georges Bkuel. 


jo Avril içji. 


à 

i 



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% 

Le Trésor des Chartes de Busset 

# d'après un 

Inventaire du XVlll' siècle 


Autorisé par la très grande bienveillance de M. le comte et de 
M a * la comtesse de Bourbon-Busset à faire des recherches dans les 
Archives du Trésor du château de Busset, j'ai l’honneur de sou¬ 
mettre aux lecteurs du Bulletin de la Société quelques lettres inédites 
et un essai sur les institutions de la seigneurie de Busset. Ce modeste 
travail, fruit de mes dernières vacances de l’école des Chartes, à 
défaut d’autre mérite, aura, au moins, celui de l'à-propos, paraissant, 
après l’excursion de 1921. 

La source unique de notre documentation réside en un volume 
conservé dans les Archives du châteaude Busset. C’est 1’ < Inventaire 
raisonné des titres, terriers et papiers qui se sont trouvés au Trésor 

m 

du château de Busset, ledit inventaire commencé le douze août 1780. » 
Gros volume in-folio, de près de 800 pages, relié en veau, doré sur 
tranches, il porte entre deux nerfs de son dos le titre d' « Inventaire 
raisonné des titres du Trésor du château de Busset, en 1780 ». 

Les vingt-six premières pages, non paginées, contiennent un his¬ 
torique succinct de la famille de Bourbon-Busset, jusqu’à la fin du 
xvm* siècle. Après, 766 pages sont consacrées à l’inventaire des 
chartes. Nqus avons, d’abord, celles concernant le comté de Busset ; 
puis, celles de la baronnie de Puy-Agut (1), et enfin, les titres des 
différents autres fiefs de la maison, tels que Chalus, la Poivrière, 
Grand’val, etc... 

(1) Village de Piégut, au sud de Busset. 


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Société d’Emulation du Bourbonnais 


Nous ne nous occuperons, dans cette courte étude, que de quelques 
passages inédits de l’historique de la maison et du chartrier de 
Busset, — non pas que ceux des autres seigneuries soient à dédaigner 
et ne méritent point notre attention. Mais le peu de temps dont nous 
disposons, nous force à les sacrifier à l’importance de Basset, siège 
du château, et à notre connaissance particulière de la topographie 
des lieux. 


I 

[lettres de OQarga«rlt« d'Angoalème, 

peine de fi«n/«ppe 

L’historique de la maison de Bourbon-Busset nous fournit fort 
peu de renseignements inédits. Commençant à Louis de Bourbon, 
père du premier baron de Bourbon-Busset, il n’est, la plupart du 
temps, qu’une copie des grandes encyclopédies historiques du 
s xviii* siècle et, tout particulièrement, du Père Anselme. D’ailleurs, 
ces quelques pages sont écrites d’une autre main qu'e l’inventaire 
proprement dit et semblent l’œuvre d’un comte de Bourbon-Busset 
désireux d’avoir, en tête de l’inventaire de ses titres, une histoire 
aussi complète que possible des membres de sa famille. 

Mais, au milieu de cette compilation, l’auteur anonyme eut 
l'excellente idée de glisser le texte des pièces les plus intéressantes 
de son chartrier. Heureuse idée, dont nous ne saurions trop le féli¬ 
citer, car c’est à elle que nous devons, maintenant, d’avoir conservé 
certaines lettres dont les originaux semblent bien à tout jamais 
perdus. 

Nous ignorerions, ainsi, le billet de Marguerite d’Angouléme, reine 
de Navarre et sœur de François I er , à Philippe de Bourbon, comte de 
Busset (1). Petit-fils de Louis de Bourbon, ce seigneur épousa, en 
1530, Louise Borgia, duchesse de Valentinois, l'unique fille du 
célèbre César Borgia. De cette union naquit un premier fils, Claude, 
en 1531, qui continua la lignée. En 1533, un nouvel enfant devait 
bientôt voir le jour. Philippe de Bourbon-Busset demanda au roi 

et à la reine de Navarre de bien vouloir en être le parrain et la 

0 

(1) La baronnie de Busset fut, en 1518, érigée en comté. 


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S 

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Le Trésor des Chartes de Bosset 127 

ê 

___ * _ ; _ 

marraine (1). C’est à cette demande que la célèbre reine Margue¬ 
rite répondit : 

« Mon cousin ! 

« Vous m’avés bien faict grant plaisir de m’avoir renvoyé votre 
« sœur (2), car je commençois à murmurer contre vous pour elle. 
« Vous me priés de faire tenir votre enfant : je vous promets, mon 
« cousin, que si je puis avoir l’opportunité, je l’irai tenir moi-mêipe 
« avec le roy de Navarre qui a grant désir de vous voir. Priant Dieu, 
« mon cousin, vous donner ce que vous désirés. 

« De Nantes, le XXVI* jour d'aoust 1533. » 

Le 21 septembre de la même année naquit Henri de Bourbon qui 
fut tenu sur les fonts baptismaux, à Busset (3), par le roi de Navarre. 
Marguerite, pour une raison inconnue ne vint pas et ce fut Suzanne 
de Bourbon-Busset, tante de l'enfant, qui la remplaça. 

Combien il est regrettable que des circonstances malheureuses aient 
empêché cette gracieuse et savante reine d’habiter quelques jours 
les tours de Busset ! La reine Marguerite, chantée par Marot, louée 
par les poètes et les artistes de son temps, et la figure joviale du bon 
roi Henri IV, hôte de Busset avant la fin du siècle (4), ne serait-ce 
pas assez pour faire rêver en contemplant les toits aigus du vieux 
castel ? 

Le 4 mai 1546 (?), Louise Borgia, duchesse de Valentinois et com¬ 
tesse de Bourbon-Busset, rendit son âme au Seigneur. A cette occa¬ 
sion, Marguerite d’Angoulême écrivit à l’époux éploré, chargé de 
plusieurs filles non mariées : 


(1) César Borgia épousa en 1498 Charlotte, fille d'Alain d’Albret. Louise, 
issue de ce mariage, fut unie,— nous l'avons vu, — à Philippe de Bourbon- 
Busset. De cette union découle une parenté très proche entre les- rois de 
Navarre et les comtes de Bourbon-Busset. 

(2) Il s'agit tris probablement de Suzanne de Bourbon-Busset, gouvernante 
de la personne de Henri IV, durant son bas-âge. Elle épousa par contrat du 
l* r septembre 1535, Jean d’Albret, baron de Miossens, lieutenant-général du 
royaume de Navarre. 

(3) L'inventaire est formel pour ce nom de lieu. 

(4) Ainsi le rapporte la tradition. Au château de Busset existe une cham¬ 
bre dite « Henri IV ». 

» 


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Société d’Emulation du Bourbonnais 


« Mon cousin ! 

< Si l’occasion du voyage de ce porteur vous peut avoir donné tris- 
« tesse, soyés sûr qu’elle ne m’a moins aporté d’ennuy, considérant 
« la perte qu’avés faicte, de laquelle je me repens autant qu’elle vous 
« peut toucher. Mais, puisqu’il a plu à celui qui tient toutes les 
« choses en ses mains diposer de ma cousine, votre femme ainsi que de 
« celle que je réputé, — parla grande bonté de luy, — estre maintenant 
« participante à l’heur de chascun fidèle tant espéré, il m'a semblé 
c plus longue lettre ne vous estre nécessaire, tant pour l'estime que 
a.J’ai que votre prudence se fera si bien de se conformer à la volunté 
« du Seigneur, que je me contenterai de vous répondre seulement à 
« ce que vous m’avés écrit touchant les honneurs des obsèques de ma 
« dicte cousine, sur quoi vous en seriez satisfait, selon mon avis, 
« n’eut été que le gentilhomme m’a dit qu’avés envoyé vers le roy, 
« mon frèîe, auquel j’ai remis en ordonner de cela selon son 
« vouloir. 

« Quant à votre fille, encore que vous pensés estre assez averti du 
€ deuil qui lui sera propre, si c’est que je suis bien d’opinion que 
« luy fassiés faire la robe et deux queuës, deux tiers de menu-vert 
a devant et les deux tiers et demi derrière, le couvre-chef de crêpe 

i 

< de lin doublé jusqu’au mytan, quatre doigts au-dessous du coude, 
« la barbette de même crêpe; au-dessus de la ceinture, la corserette 
« de même et le chaperon comme l'on a accoustumé. Et restant en 
« cela, mon cousin, seulement que je voudrois faire connoître de 
« combien vous me trouverai preste vous faire tout le plaisir qu'il 
« me sera possible : il suffira que vous ayés cependant la bonne vo- 
« lonté de celle qui pria le Créateur vous estre entière et parfaite 
« consolation et vous donner autant de repos que vous en désirerai. 

« D’Evreux, ce XIV* jour de may 1546 ? (1). 
a Votre bonne cousine et amie, 

« Marguerite de Navarre. » 

(t) D'après l’inventaire, le 4 mai 1553. — Nous ne pouvons accepter cette 
date. La signature de la lettre où une erreur de lecture n’est pas possible ; 
les allusions qui y sont contenues et tout particulièrement celle qui con¬ 
cerne le « roi, mon frère •, ne permettent pas de donner à l’épitre un autre 
auteur que celui auquel il est attribué. — D’autre part, Henri I er de Navarre, 


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Le Trésor des Chartes de Busset 


129 


En post-scriptum, écrit de la propre main de la reine : 

« Mon cousin, quant vous voudrés bailler ma petite cousine, je la 
« recevrai de bon cueur et lui servirai de mère. » 

Louise de Savoie, morte en 1531, et ses deux enfants: le foi 
François I' r et Marguerite de Navarre, tous les personnages de la 
c gracieuse Trinité » dont parlent si souvent les contemporains, 

nous apparaissent dans cette lettre. N'est-ce pas le cas de rappeler le 

» 

charmant rondeau de Marot où est célébrée l’union de ces trois es¬ 
prits supérieurs : 

Ung seul cueur en trois corps aujourd’huy voy en France, 

Régnant en doulx accord, sans quelque différance, 

Vous estes unicorps, comme une trine essence, 

Ung seul cueur en trois corps. 


4 

II 

Institutions féodales 

I. — Le procès de iU2i. — De tous temps, les comtes de Bourbon- 

Busset attachèrent un grand prix à leurs chartes et parchemins. En 

/ 

1595, il existe un inventaire en dix pièces des titres du Trésor du 
comté de Busset. Il n’est donc pas étonnant qu’en 1780, à la veille 
de la grande catastrophe qui devait nous priver à jamais du plus 
grand nombre de ces documents, François-Louis-Antoine de Bour- 
bon, comte de Busset et deChalus, lieutenant-général des armées du 
roi, continuant ces traditions éclairées, fasse rédiger un inventaire 


veuf de Marguerite, ne se remaria point. Sa 611e, Jeanne d'Albret, l'épouse 
d'Antoine de Bourbon, lui succéda en 1555. Il est vrai qu'une autre Mar¬ 
guerite, l'épouse du futur Henri IV, fut reine de Navarre; mais cela nous 
repousserait beaucoup trop loin (1572). 

Marguerite d'Angoulème, reine de Navarre, est donc bien l’auteur de la 
lettre. 

Ceci établi, notons que Marguerite d'Angoulème mourut le 21 déc. 1519. 
Son frère, le roi François I' r , auquel elle fait allusion, décéda le 31 mars 
1547. Force.nous est donc de dater la lettre de mai 1546, au plus tard. Nous 
proposons cette date, ainsi que 1544, car, par mauvaise lecture, il est relati¬ 
vement facile de confondre: cinquante III avec quarante VI ou quarante IV, 
le nombre de jambages étant le même dans les trois cas. On ne peut aller 
au delà de 1544, car Louise de Valentinois, comtesse de Bourbon-Busset, 
eut son dernier enfant, Jérôme, le 19 octobre 1543. 

9 


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Société d’Emulation du Bourbonnais 


130 


analytique de son chartrier. Pour cela, il dut avoir recours à la science 
de quelques-uns de ces érudits feudistes qui allaient de provinces en 
provinces, mettant de Tordre dans les « trésors » d'abbayes et de 
châteaux, dressant des inventaires, composant parfois ces « miscel- 
lanea » aujourd'hui si utiles. 

La richesse des fonds qui composaient le chartrier de Busset, sinon 
leur ancienneté, méritait et nécessitait la science d'un de ces savants. 
Peu de documents, il est vrai, remontaient au-delà du xiv* siècle et. 
parmi les plus anciens, nous trouvons un acte de foi et hommage 
rendu par Guillaume de Vichy, seigneur de Busset, à Louis, duc de 
Bourbonnais, en Tannée 1366. Cet hommage ne concerne que les 
fiefs bourbonnais du seigneur de Busset. Il n’en est pas de même 
de celui de 1488. Il est fait à Pierre, duc de Bourbonnais et d'Au¬ 
vergne, « tant à cause du dit duché d’Auvergne qu’à cause de son 
chatel et chatelnie de Billy, en Bourbonnais ». Bertrand d’AUègre, 
alors seigneur de Busset, possède, en cfTet, des biens dans les deux 
provinces: « La baronnie de Puy-Agut, la châtelnie de Busset, de 
Champriest-de-Bramefin, mouvans du duché d’Auvergne ; — Cotefol, 
Bancherel, le Temple, les Planches et les Bletières, mouvans de la 
châtelnie de Billy. » Cet acte, extrêmement intéressant, nous permet 
de dresser une carte de la frontière si capricieuse de l’Auvergne et du 
Bourbonnais, pour la fin du xv* siècle. A celle donnée dans un précé¬ 
dent numéro de la Société d'Emulation et qui concerne le xti* siècle, 
nous devons encore ajouter à la complication en ménageant deux 
pointes bourbonnaises englobant Bancherelle, village de Ris, au 
Nord-Est de cette commune et les Blettières, village au Sud de 
Busset. 

Dans la paroisse de Busset, la population, au milieu de la guerre 
de Cent-Ans, a été considérablement diminuée. Le 25 août 1380, des 
lettres-patentes du roi sur lesquelles les élus généraux ont aussi 
donné leurs attaches, y reconnaissent seulement quinze feux. Encore, 
c en dédomagement des pertes que la paroisse a essuyé du faict de 
la peste et de la guerre », ce nombre est encore réduit à celui beau¬ 
coup plus modeste de quatre. Et ce sera ainsi, sur quatre feux seule¬ 
ment que seront levés les fouages et aides de guerre. 

Le spectre de la guerre, que Ton est tout étonné de voir promener 
ses ravages sur ces paisibles coteaux, était familier, dans cette sombre 


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Le Trésor des Chartes de Busset 


131 


période, aux manants de Busset. Nous le verrons souvent menaçant, 
contraignant chacun aux réparations du château, à la garde et au 
guet sur les murs crénelés et dans les hourds de la tour de Riom. 
Mais avant de rentrer dans les détails des contestations que ces ser¬ 
vices pénibles ne manquèrent pas d'amener, il est nécessaire de 
savoir qu’avant la guerre de Cent-Ans, les habitants de Busset sont, 
en majorité, taillables et corvéables à merci, a II n’empêche que pen¬ 
dant le siècle qui précéda l'invasion anglaise, le progrès des classes 
rurales subit une nouvelle et très forte impulsion. Mais les eflels 
immédiats de la guerre furent une atroce misère, une insécurité 
perpétuelle, le dépeuplement, l'émigration. La population très ré¬ 
duite se concentra sur un petit nombre de points, autour des ch⬠
teaux. Lorsqu’aucune bande de gens de guerre n’était signalée à 
l’horizon, on allait labourer hâtivement les terres voisines. Le reste 
du sol était abandonné. La forêt, la brousse.faisaient, de nouveau, la 
conquête des campagnes. Dans ces landes et ces bois, erraient des 

ê 

troupeaux malingres, pullulaient les loups. 

«Ces tristes circonstances permettaient aux paysans de dicter leurs 
conditions à leurs maîtres et seigneurs, lorsque, pendant les trêves, 
la vie normale pouvait renaître. Les serfs en profitent pour demander 
leur liberté, les autres sujets pour obtenir des adoucissements à leur 
sort (1). » 

Ce tableau, vrai pour toute la France, trouve une confirmation 
dans les seigneuries de Busset etde Puy-Agut. Un arrêt du Parlement, 
le 21 août 1421, nous met au courant de ces faits. 

Plusieurs procès s’étaient élevés, tant au Parlement séant à Paris 
qu’à celui séant à Poitiers et à la cour sénéchale d’Auvergne, entre 
les habitants de Busset d'une part et noble et puissant seigneur 
Morinot de Tourzel, seigneur d’Allégre et Smaragde de Vichy, sa 
femme, dame de Busset et de Puy-Agut. Un véritable vent révolu¬ 
tionnaire souffla sur ces paisibles paysans, si l'on en croit la traduc¬ 
tion de l’inventaire. « Us proclamèrent qu'ils étaient hommes libres 
et qu'ils n'étaient pas tenus de payer ni de faire à la dite dame les 
servitudes, cens, et autres charges que l'on vouloit exiger sur leurs 
ténements. ». — « Au préjudice de leurs libertés », disaient-ils, la 
dame de Busset et de Puy-Agut ou ses officiers les obligeaient à faire 

(1) Hanotaux, La France en 1010. 


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132 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


des charrois à leur volonté ; — à payer des doubles tailles de trois ans 
en trois ans et à trois termes chaque année ; — à payer des droits 
d’intrage et de muage toutes les fois qu’il y avait mutation de pro¬ 
priétaire ou de seigneur; — à payer l’aide de lods et vente, lorsque 
le cas se présentait. — De plus, les manants se refusaient à char- 
royer eux-mémes dans la grange de la dame le blé, le chanvre et le 
vin provenant de la dîme et ils prétendaient que c’était à eux qu’il 
appartenait de faire les partages de cette dîme et de « tenir la four¬ 
che pour la compter ». — Ils déniaient à Smaragde de Vichy le droit 
de percevoir sur eux la taille aux quatre cas et à ses officiers le pou¬ 
voir de les contraindre à faire des réparations « au château ou forte¬ 
resse », à y faire le guet de jour et de nuit, à monter la garde à 
la porte. 

Ces prétentions étaient formulées par « la majeure et la plus seine 
partie des habitans de Busset et de Puy-Agut ». Ce sont: Jean 
Dachier, Pierre Baudiment, Hugue Baudiment, Jean de la Queuilles 
dit Merciers, Jean Baudiment, Pierre Burgaud, Jean Bouchon, 
Guillaume Foucaud, Hugue Neyron, Guillaume Delesgouttes, Pierre 
de la Roche, Jean Bausson, Pierre Bausson, Etienne Barraut, Guil¬ 
laume Andreuf, Pierre Delesgouttes, Barthélémy Morein, Hugue 
Roux et Guillaume Bernard. 

Ce sont là, probablement, tout autant de chefs de famille et peut- 
être de communautés taisibles. Ces sociétés, dites tacites, parce 
qu elles se faisaient sans contrat entre les membres d’une.méme 
famille « taillant au même chantau, usant du même pain et pot », 
étaient créées pour échapper à la main-morte qui frappait le serf de 
son vivant et surtout après sa mort. Le serf, en effet, ne pouvait 
disposer de ses biens qui faisaient, après décès, retour au seigneur. 
Les membres de la communauté s’appelaient parceniers (1). La 
mort de l’un ne suffisait pas pour ouvrir la succession et tatit qu'il 
restait un parcenier, les biens de la société lui étaient acquis, de sorte 
que le seigneur n’héritait jamais. Ces sociétés, d’abord tolérées, furent 
ensuite admises, car le seigneur y avait un certain avantage, en gar¬ 
dant sur ses terres une forte main-d’œuvre. 

11 semble bien que nous soyons, en 1421, en face de chefs de ces 

(1) Ce terme est encore employé à Basset pour désigner les différents chefs 
d'une même association agricole. 


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Le Trésor des Chartes de Busset 


133 


communautés si nombreuses et si vivaces dans cette partie des 
montagnes auvergnates. La plupart d'entre eux ont donné leurs 
noms à des villages actuels: les Dachers, les Baudiments, les Rou- 
chons, les Faucauds, les Nérons, les Merciers, les Gouttes, les Roches, 
les Roux, les Bernards. Ce sont là autant de lieux où habitaient la 
communauté, les membres de ces différentes familles ; c’est là où, 
.depuis un temps immémorial, les champs ont été cultivés par eux. 
Ln peu plus loin, dans la même région, nous trouverons pour expri- 



Le CHATEAU DE BUSSET AVANT SA RESTAURATION (Cbabârd éd.) 


mer la même idée, le vocable « Chez » (Chez Pion, chez Gimcl, 

I 

chez Biguet — commune de Lachaux, Puy-de-Dôme). 

Quoi qu’il en soit, ces chefs de famille ne se montrèrent pas lou- 
joursaussi intraitables dans leurs revendications et il intervint,entre 
le seigneur et eux, différents accords amiables qui ménagèrent les 
droits de chacun. Smaragdede Vichy et ses successeurs surent aliéner 
une certaine partie de leurs droits, tout en conservant ce qui était 
naturel et conforme aux mœurs de l’époque. Les manants déclarèrent 
qu'ils « vouloicnt estre vrays et obeïsans sujets de leur dame ; qu'ils 
se repentoient des proçès qu’ils avoient élevés, comme mal avisés 
et mal consultés, et quant conséquence, ils renonçoient et se desis- 
toient des dits proçès ; requérans et supplians la dite dame de pour¬ 
voir et de modérer les dites servitudes et charges ainsi qu elle le 
trouveroit bon estre. Laquelle dame a accepté volontiers les requestes 


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134 Société d’Emulation du Bourbonnais 


et propositions de ses vassaux et elle estoit preste de les entendre et 
recevoir avec bonté, comme ses hommes et sujets. » 

Nous allons voir, en effet, que les seigneurs de Busset firent des 
concessions considérables et se montrèrent libéraux. 

II. — Guet. — Au xiv* siècle, les sujets de la seigneurie de Busset 
étaient contraints de faire, jour et nuit, le guet sur les tours du 
château, de monter la garde au pont-levis. Us devaient, par des cor¬ 
vées, entretenir les murs et les fossés. Ce service et ces manœuvres 
étaient à la merci du seigneur ou de scs officiers. C’est contre cet 
arbitraire que nous avons vu de nombreux procès s’élever et se ter¬ 
miner par l’arrêt du Parlement de Paris, le 21 août 1421. 

L'insécurité de cette époque, la guerre presque perpétuelle, néces¬ 
sitaient un service aussi dur. Aussi, les manants, dans les proposi¬ 
tions faites à leur dame, réclamèrent seulement de ne point fournir 
le service du guet et de garde pendant le temps de paix. Une tran¬ 
saction passée entre tous les habitants des terres et seigneuries de 
Busset et de Puy-Agut et dame Smaragde de Vichy, le 15 septembre 
1421, régla définitivement la question. Chaque habitant, à tour de 
rôle, fut obligé de contribuer aux réparations du château, de faire le 
guet et de monter la garde, de jour et de nuit, mais seulement en 
temps de guerre et de péril. 

De plus, comme une pareille charge n’en restait pas moins fort 
lourde à une époque où le danger était journalier, où les campagnes 
étaient pillées et rançonnées par les brigands, les routiers et lesécor- 
eheurs libérés des armées, Smaragde de Vichy permit à ses tenan¬ 
ciers de faire monter la garde par des hommes spéciaux, à la charge 
et aux dépens des manants. Ces mercenaires se consacraient ainsi 
entièrement à leur sen ice, pendant que les autres habitants pouvaient 
se livrer, en sécurité, aux divers travaux des champs. C’est sur un 
point spécial un exemple de la transformation, dans toute la France, 
de l'ost et chevauchée dûs, autrefois, par chacun et plus tard as¬ 
surés par une armée de métier et mercenaire. 

Moyennant cet impôt, naguère personnel et maintenant pécuniaire, 
il fut dressé, peu après le 15 septembre 1421. un mémoire énumé¬ 
rant les devoirs et les droits des habitants de Busset. Ils devaient 
faire les réparations nécessaires « au donjon de,l’église », dit l’inven¬ 
taire de ITSn, — ce qui pourrait faire croire qu’à cetteépoque l'église 


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Le Trésor des Chartes de Busset 


135 


était fortifiée ; mais, plus probablement, il s'agit là du donjon près 
de l’église ; — ils devaient nettoyer les fossés et entretenir en bon état 
la basse-cour du château, où, en cas de péril, « ils sont retrayants », 
eux, leurs familles et leurs biens les plus précieux. Tous les habi¬ 
tants de Busset, tous ceux des terres voisines qui contribuaient à 
l'entretien du château, avaient droit à ce « retrai », ce qui explique 
fort bien que ces devoirs qui peuvent paraître exorbitants à des 
habitants de Busset du xx* siècle, étaient tout naturels et dans l’in¬ 
térêt même des manants des xiv* et xv e siècles. 

Ces différentes clauses du contrat paraissent avoir été acceptées 
facilement par l’une et l’autre des parties. II n’y eut que quelques 
contestations au sujet de la somme à verser chaque année par tout 
chef de famille pour solder les gens d’armes chargés du guet et de la 
garde. Par sentence arbitrale passée avec lsabeau de Lévis, épouse 
d’Yves d’Allègre, dans la première moitié du xv c siècle, chaque chef 
de famille paya deux sols six deniers pour « le rançonnement » des 
gens d’armes du château, nonobstant toute autre transaction. 

Les temps devenant meilleurs grâce aux victoires de Charles VII 
et à la savante politique de Louis XI, la guerre porta rarement ses 
ravages à l’ombre des tours de Busset. Tout naturellement, les sei¬ 
gneurs qui étaient alors de la maison de Bourbon-Bussct, se récla¬ 
mèrent de leurs droits avec moins de rigueur. Des transactions ont 
lieu entre seigneurs et sujets, relevant ces derniers de tout devoir 
militaire. Le 22 août 1543, Philippe de Bourbon, chevalier et échanson 
du roi, sire et baron de Busset et de Puy-Agut, décharge à perpétuité 
les habitants de Coutois, Bancherelle et Doyat et leurs successeurs 
du devoir de guet et de garde. 

Il ne serait pas exact, cependant, de croire qu'il en fut ainsi de 
tous les habitants de la seigneurie. En 1618, il existe encore des ma¬ 
nants qui doivent le guet ainsi que tous les autres impôts seigneu¬ 
riaux. Mais ce sont là, très probablement, d’anciens serfs, mal servis 
par les circonstances et imparfaitement sortis de leur condition. 
Il est inutile de dire que ce ne sont là que des exceptions et que le 
rappel de ces devoirs militaires, tout au moins, était surtout de 
principe. 

A la tête de ces gens d’armes qui, au sortir du Moyen-Age, tenaient 
garnison à Busset, était un capitaine. Le seigneur, en effet, capitaine- 


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Société d’Emulation du Bourbonnais 


13(i 


né, était souvent absent, appelé à l’armée royale où il remplissait 
parfois des fonctions importantes. Qu’il suffise de citer Morinot de 
Tourzel d'Allègre, conseiller et chambellan de Charles VII ; son fils, 
Yves, tué à la bataille de Tartras, livrée contre les Anglais en 1446 ; 
Pierre de Bourbon, chambellan de Loufs XII, capitaine-châtelain de 
Thiers, gouverneur de Carlat et de Murat ; Philippe, son fils, lieute¬ 
nant de la compagnie des Cinquante lances des Ordonnances du 
roi, tué à la bataille de Saint-Quentin, en 1557. A leur place, se trou¬ 
vait un,« capitaine et garde du château et comté de Busset », comme 
Philippe Sabbatier, en 1539, ou Nicolas Hyry qui reçut scs lettres de 
provision en 1688. 

Telle nous apparaît l’organisation militaire de la seigneurie de 
Busset, d’après l’jnventaire du Trésor. Nous allons y trouver des in¬ 
formations non moins intéressantes concernant l’organisation judi¬ 
ciaire et financière. 


///. — Justice. — La féodalité faisait reposer son système judi¬ 
ciaire, comme toutes ses institutions, sur la possession de la terre. 
Le seigneur était maître de la justice dans son fief. A Busset, le sei¬ 
gneur avait ainsi sa justice particulière. L’inventaire possède fort peu 
de documents relatifs à l’exercice de ce pouvoir. Par lui, il est im¬ 
possible de sefairc une idée de son étendue et l’on ne peut savoir si 
les seigneurs de Busset possédaient sur leurs tenanciers haute et basse 
justice ou basse justice seulement. Il n'est fait mention que des 
« rolles des exploits de justice avenus en la chatelnie de Busset, tant 
aux jours d'assises qu’aux jours ordinaires ». Ce sont, par exemple, 
du 1 er août 1526 au 18 août 1528, en deux rôles ; celui du 21 janvier 
1532 au 5 juin 1533. Nous sa\ons, d’autre part, que les Archives 
départementales de l'Ailier possèdent une série de registres de la 
châtellenie de Busset. remontant au xiv siècle, riche mine de docu¬ 
ments d’histoire locale et «pii. à notre connaissance, n'a été jusque-là 
nullement exploitée. 

Pour rendre la justice au nom «lu seigneur, était désigné par lui un 
juge : le châtelain. C'était Louis Kalcon. au début du xiv c siècle, qui 
remplit, en même temps, les fonctions de notaire royal. Il était aidé 
d'un greffier : Thomas, puis Pierre Barbier, qui était chargé de faire 
les écritures. Auxxvn* et xmii* siècles, ce juge porte le titre de bailli, 
sans que pour cela, il va sans dire, ses prérogatives aient augmenté. 


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Le Trésor des Chartes de Busset 


137 


Cette juridiction fut conservée par les seigneurs pendant tout 
l'Ancien Régime. En 1785, à la veille de la Révolution, une mention 
ajoutée à l’inventaire, nous appreud que la justice et seigneurie de 
Busset est limitée, au midi, par « le ruisseau appelé actuellement 
Ricarde et autrefois le rif de Robert Duboste, à l’endroit où le dit 
ruisseau entre dans la rivière d’AUier, à sa rive droite ; et au septen¬ 
trion, par une autre ruisseau appelé le rif Bertrand, qui se jette aussi 
dans ladite rivière et à sa rive droite ». En somme, la justice sei¬ 
gneuriale de Busset s’étendait sur les communes de Mariol, de 
Busset, de Saint-Yorre et était bornée à l'ouest par la rivière d’AUier. 

Le produit des amendes résultant des sentences jndiciaires, les 
revenus du greffe, étaient perçus par le seigneur. Il en était fait une 
liste par le châtelain et la somme en était versée au seigneur ou à son 
mandataire. En 1533, Philippe Sabbatier, capitaine et garde du ch⬠
teau, encaissa cet argeut, « à charge d'en rendre compte au dit sei¬ 
gneur de Busset ». 

(A suivre.) Léon Birias. 




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ê 

DOGUPflTS SÜfl BEIihEflAVES 

— Suitt (l) — 


FAMILLE DU PESCHIN 

Armes : « Ecartelé d'argent et d'azur, à la croix ancrée de gueu¬ 
les brochant sur le tout. » (C‘® do Soutirait : Armorial du Bour¬ 
bonnais, p. 144.) 

I. — La généalogie de celle famille reste malheureusement peu 
connue. Du mariage d ’Ymbaud, seigneur du Peschin et de Ban- 
nassal, avec Blanche le Bouleiller de Sentis, fille de Guy le Bou- 
teiller de Senlis, seigneur de Leuroux et d’Ermenonville, naqui¬ 
rent au moins quatre enfants, qui étaient sous la tutelle de leur 
oncle, Chatard du Peschin, chevalier eir 1378. 

Devenue veuve, Blanche le Bouleiller de Senlis épouse Gode¬ 
froy de Boulogne, seigneur de Montgascon, 3* fils do Robert, 
comte d’Auvergne et de Boulogne, et de Marie de Flandre. 

Les enfants d’Ymbaud du Peschin étaient : 1° Louis , qui suit ; 
2 ° Jacques, chevalier, seigneur de Crocq, Guérine, le Peschin, 
écuyer d’écurie du roi, marié le 12 janvier 1381 à Dauphine de 
Montlaur et décédé avant 1423. Sa veuve avait une grande répu¬ 
tation de piéié ; elle mourut au chAteau de Crocq en 1458 ; — 
3° Jeanne, mariée à Louis de Giac, chevalier, seigneur de Giac, 
Châteaugav, grand échanson de France, chambellan du duc de 
Bourgogne (30 avril 1370) ; — 4° Marguerite, mariée à Jean de 
SainUAvït. 

(1) Bulletin delà Société d'Emulation, T. XXII, (1914-1919). P. 10. 


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Documents sur Bellenaves 


139 


II. — Louis du Peschin , chevalier, « seigneur du Peschin, de 
Leuroux, de Montcel et d’Artonne », chambellan de Jean, duc 
de Berry et d’Auvergne, marié à Ysseult de Sully (1373), eut une 
fille unique, Jaquette , mariée par les soins de la duchesse de 
Berry r à Bertrand VI, sire de la Tour, comte d’Auvergne et de 
Boulogne, à Biom, le 20 octobre 1416. 

III. — Jaquette du Peschin apportait en mariage, à la maison 
de la Tour. « la baronnie, ville, chastel, terre et seigneurie de 
Leuroux avec ses droits, noblesse, fiefs, arrières-fiefs, etangs-ga- 
rennes, les terres de Varennes, Bellefonds en Berry, Banassac 
en Bourbonnais, Artonne et Sainte-»Beauzire en Auvergne qui lui 
appartenait à cause du décès de ses père et mère, mais elle se 
réserve pour elle et pour les siens, le château et terre de Montcel 
et la terre du Peschin ». Ils eurent comme enfants : 1° Bertrand 
VII , qui suit ; 2° Godefroy de la Tour . seigneur de Montgascon, 
marié à Anne de Beaufort en 1440 ; 3° Gabrielle, qui épousa, le 
15 février 1442, Louis de Bourbon, comte de Montpensier, dau¬ 
phin d’Auvergne, son cousin germain, seigneur de Mencœur et 
de Combrailles, veuf de Jeanne, comtesse de Clermont, dauphine 
d'Auvergne; 4° Louise , mariée à Jean deCréqui(1446); i>° Blanche, 
abbesse de Cussct ; 6° Isabelle, mariée en 1450 à Guillaume de 
Bretagne, comte de Penthièvre et de Périgord, vicomte de Li¬ 
moges. 

Bertrand, héritier par son père des seigneuries de la Tour, re¬ 
cueillit par la mort de sa mère, comtesse d’Auvergne et de Bou¬ 
logne. le comté d’Auvergne avec la baronnie de Montgascon. 
Pendant la mésintelligence du comte d’Armagnac et du duc de 
Bourgogne, il défendit la ville de Corbeil assiégée par ce dernier. 
n Dedans cette ville, dit Juvénal des Ursins, étaient le sire de 
Barbazan et Bertrand de la Tour, fils du seigneur de la Toui 
d’Auvergne, accompagnés de belle compagnie de gens d’armes, 
lesquels se comportèrent fort sagement à la garde de cette ville, 
tellement que le duc dut lever le siège devant cette ville. » Ber¬ 
trand montra une fidélité constante pour le roi Charles VII. L’an 
1 440, il reçut ce prince ù Clermont et contribua à lui faire obte¬ 
nir des secours d’hommes et d’argent pour mettre à la raison le 
Dauphin révolté contre lui. 


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140 Société d'Emulation du Bourbonnais 


Bertrand mourut le 22 mars 1461 et sa veuve, le 21 septembre 
1473, fut enterrée dans l’église du couvent des Cordeliers de 
Clermont, auprès du grand autel. 

IV. — Bertrand VII, comte d’Auvergne, épousa Louise de la 
Trémouille, fille de Georges, seigneur de la Tréniouille, de Sully 
et de Craon, grand chambellan de France (1455), dont il eut : 
1° Jean III ; 2° Françoise , mariée à Gilbert de Chabannes, sei¬ 
gneur de Curton, de Rochefort. grand sénéchal de Guyenne, sé¬ 
néchal et gouverneur du Limousin, neveu du maréchal La Pa¬ 
lisse ; 3° Jeanne, qui épousa, en 1472. Aymar de Poitiers, sei¬ 
gneur de Saint-Vallier ; 4° Anne , qui devint femme d'Alexandre 
Stuart, duc d’Albanie, fils du roi d’Ecosse Jacques II, et frère de 
Jacques III, avec lequel il disputa la couronne (16 janvier 1480). 

Bertrand mourut en son château de Saint-Saturnin, le 26 septem- 

r 

bre 1406, et fut enterré dans un caveau sous le choeur de l’église 
de l’abbaye du Bouschet, avec sa femme, en un beau meausolée. 

V. — Jean III, comte d’Auvergne, épousa, en 1494, Jeanne de 
Bourbon, fille aînée de Jean, comte de Vendôme, et eut deux 
filles : 1° Anne de la Tour, comtesse d’Auvergne et de Boulogne, 
mariée à Jean Stuart, duc d’Albanie, comte de la Marche, son 
cousin, le 8 juillet 1505, morte en 1524. instituant héritière univer¬ 
selle sa nièce, Catherine de Médicis ; 

2° Madeleine de Tour, mariée le 16 janvier 1518 à Laurent de 
Médicis, duc d’Urbin, neveu du pape Léon X, morte en 1519, 
laissant comme enfant la célèbre Calherine de Médicis, comtesse 
d'Auvergne, baronne de la Tour, mariée ù Henri d’Orléans le 18 
octobre 1533, depuis Henri II, morte le 5 janvier 1580. 

BIBLIOGRAPHIE 

Pour le « Fief du Peschin », Cf. Bellenaves, tome 1, pp. 39-43- Nous 
donnons seulement ici la descendance de Jacquette du Peschin, an¬ 
noncée dans le tome I, p. 43, note i. 

Père ANSELME, Histoire généalogique et chronologique de la maison 
royale de France, des pairs, grands officiers de la couronne , 3® édi¬ 
tion, Paris, 1726, tome I, 300, 324. 

Art de vérifier les dates, des faits historiques, des chartes, des chro- 


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Documents sua Bhllbnavbs 


141 


niques, tome II, 2 e édition, Paris, 1784, pp. 348, 370, article « comtes 
d’Auvergne ». 

Baluze: Histoire généalogique de la Maison d'Auvergne , chez An¬ 
toine Dezallier, Paris, 1708, I, 327, 331, 335; II, 644. 

Dom Béthencourt: Noms Féodaux, et BOUILLET, Nobiliaire d'Au¬ 
vergne, article « Brun du Peschin », tome I, pl. 26. 

La Chesnaye, Dictionnaire de la Noblesse, Paris, 1771, tome III, 
68; IV, 100. 

DES Gozis, dossier n° 4.609 (Archives départementales de l’Ailier). 

Mo RERI : Le grand Dictionnaire historique, Paris, 1769, tome I, 
569; X, 279. 

Bibliothèque Nationale; manuscrits; pièces originales (séries généa¬ 
logiques), Fonds Français, n° 2.220. 


anciennes familles 

Achard François-Etienne, intendant des affaires de Monsei¬ 
gneur le Comte de Limoges, seigneur de Bellenave (registres 
paroissiaux, 5 avril 1667), marié à Marie Lemoine, puis à Jeanne- 
Marie-Thérèse de Châteaubodeau, vers 1680, décédé le 4 juillet 
1695. 

Enfants: Simon, gentilhomme de S. A. R. Monsieur,-lieutenant 
en la maîtrise des eaux et forêts de Montmarault, posséda le fief 
de Peufeilloux (1698) (1), sieur des Montinins, juge châtelain k 
Bellenave: — Sébastien, sieur de la Porte, marié à Jeanne Fil- 
hastre de la Besche. — Nicolas, sieur des Fontenets, décédé le 10 
septembre 1759. — Marie-Anne, mariée à Gilbert de Bressoles, 
écuyer, paroisse d’Hyds (17 janvier 1690). — Marie, baptisée le 
2'* août 1670, morte le 8 février 1738 veuve de Jean de Guille- 
bon. — Catherine, mariée à Guillaume Dogerdras, bourgeois de 
Riom, 27 novembre 1719: — Gilberle, mariée à Jean Bernard, 
sieur de' la Vemue, 20 juin 1726. — Marie, baptisée le 5 mai 
1695 ; parrain, Nicolas Achard , sieur de Coutansouze, cornette 
dans le régiment de Châteaubodeau-Ligondès. 

(I) Cf. Nome Féodaux, tome I, p. 32. — Peufeilloux, paroisse de Vallon, 
châtellenie d’Hérisson. 


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142 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


Auclair Paul-Léonard-Albert, décédé le 14 mai 1905, à 24 ans ; 
docteur en droit et attaché à la Caisse des Dépôts et Consigna¬ 
tions. 

Baratier.— Armes : « D'argent à la barrette de sable » (1). 

Baratier Etienne , clerc, pour lui et ses frères Jean et Hugues, 
cens en grain et argent, paroisse de Vicq (1351): — Hugues , fils 
de Jean, fief consistant en un colombier, Vicq (1366). — Guil¬ 
laume , une pièce de terre, un pré et un quartier du bois de 
Régnier,* Trezelle, Chavroche (1398) (2). — Pierre, consul de la 
ville de Moulins (1455) (3). 

A Bellenave, au xvii® siècle, Biaise, fils de François et de Fran¬ 
çoise Fournier est baptisé le 26 mai 1610 : parrain : Biaise Four¬ 
nier, praticien ; marraine : Jehanne de Beaufort, femme de noble 
Charles du Buisson: 

Barthélemy, notaire royal et procureur, licencié ès-lois et ch⬠
telain de Bellenave, est marié à Catherine Esmelin, le 6 juin 1657. 

Barthélemy, notaire royal, châtelain de Veauce (1708). Il était 
inscrit au rôle de la taxe des armoiries pour l’élection de Gannat 
en 1698 (4) ; autorisé à faire enregistrer ses armoiries en 1702, 
décédé à 85 ans, fut inhumé dans l'église de Bellenave, le 5 fé¬ 
vrier 1718. Il avait épousé Elisabeth Michelet. 

Enfants : Marguerite, baptisée le 27 juin 1675, mariée à Jean- 
Charles (28 janvier 1692) ; — Gilbert. baptisé le 13 août 1679 ; 

parrain : Gilbert Michelet, procureur au présidial de Moulins ; •— 

% 

Pierre, baptisé le 7 octobre 1680 : bourgeois, sieur de la Chaume 
et de la Solonne, lieutenant en la justice de Naves, décédé le 

19 novembre 1751, avait épousé Marie-Micholle Rambaud, le 

20 septembre 1705. 

Guillaume, « noble homme », juge châtelain civil et criminel de 

(1) Cf. D'Hozier, Bibliothèque Nationale, Cabinet des titres, section des 
manuscrits FR 32197 : Armorial de ta Généralité de Moulin», n° 143, fol. 
612 ; ordonnance du 9 décembre 1701. 

(2) Cf. Nom» féodaux, p. 56. 

(3) Cf. Archives municipales de Moulins n* 274-275 et Bulletin de la So¬ 
ciété d'Emulation de l'Ailier, 1906, Tiersonnier : « Consuls et maires de 
Moulins. » 

(4) Archives municipales de Gannat. 


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Documents sur Bellenaves 


i 


143 


Veauce, ïnaître des eaux et forêts de cette baronnie, sieur de 
Beauregard, né en 1073, inhumé le 3 décembre 1740, marié à 
Thérèse Guiard. 

Guillaume, arpenteur juré en la maîtrise des eaux et forêts de 
Montmaraut, épousa Anne Reinard, de Servant: 

Jean-Baptiste, lieutenant civil et criminel de la justice de Bcl- 
lenave (14 Mai 1773). Lieutenant du baillage de Naves, est par¬ 
rain, à Gannat, d’Antoine Baratier, fils de Gilbert, directeur de 

la poste, à Gannat, et d’Elisabeth Cluzel, le 21 Janvier 1741 (1). 

/ 

Jean-Baptiste, fils de François-Augystin et d’Anne Talon, bap¬ 
tisé le 18 août 1780, marié à Rose de Rochefo-rt, eut un fils : 
J ean-Baptiste-Amable-Sulhj, né à Louroux, le 14 juin 1818, marié 
à Marie-Antoinette Dauphin (28 avril 1840), mourut le 23 février 
1879. 

Enfants : Baratier Alexis, né le 15 décembre 1850. ingénieur de 
l’Ecole Centrale de Paris, titulaire de la médaille de 1870, con¬ 
seiller général de Chantelle (1898) ; habite la terre de .Barbignat, 
sur la lisière du taillis de Giverzat, provenant de son beau-père, 
M. Gardien, et qui appartint, au xvin® siècle, à la famille de 
Lapelin (2). 

Baratier Jean-François, né le 13 février 1847: Docteur en méde- 
cine de la Faculté de Paris (1871) ; thèse : de la Coxalgie ; 
exerce à Bellenave depuis 1871. Pendant la guerre, aide-major 
auxiliaire à l’armée du Rhin, de Rouen et de la Loire, fait pri¬ 
sonnier à Sedan, puis à Rouen. Conseiller municipal de Belle¬ 
nave depuis 1884 ; conseiller d’arrondissement (1880-1880) ; con¬ 
seiller général du canton d'Ebreuil depuis 1889. Titulaire de la 
médaille de 1870. M. Baratier a compris le rôle du médecin de 
campagne « non comme une profession, mais comme un aposto¬ 
lat ». Il a toujours représenté le canton d’Ebreuil « avec le sen¬ 
timent de ses intérêts réels » ; aussi la confiance de ses électeurs 
ne lui a pas manqué (3). 

(1) Registres paroissiaux de Sainte-Croix. Archives de Gannat. 

(S) Grégoire : Le canton de Chantelle, p. 257. 

(3) Cf. Discours de M. Charles Péronnet, député de l’Ailier, vice-président 
du Conseil général, séance du Conseil général de l’Ailier, 18 août 1920. 


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144 Société d’Emulation du Bourbonnais 


M. Baralier vient d’être nommé chevalier dans l’ordre national 
de la Légion d’honneur,* avec la belle mention suivante : 

« Baratier (Jean-François), docteur en médecine : médecin de 
v différents services d’assistance. Exerce sa profession depuis 
« 1871, avec une compétence éprouvée, un dévouement exem- 
'( plaire, un désintéressement auxquels les populations de 1 Allier 
« rendent un éloge unanime. A rempli sans interruption depuis 
« trente-six ans des mandats de conseiller général. Aide-major 
« pendant la guerre de 1870-1871, trop âgé pour être mobilisé en 
« 1914, a gratuitement donné ses soins aux malades civils et mili- 
« taires de l’hôpital-hospice de Chantelle, et, en dépit des diffi- 
« cultés de tous ordres, a remplacé ses confrères mobilisés dans 
« son canton et dans deux cantons voisins. » 

Barbarat Michel , né à Bellenave, le 7 mai 1826, maire de la 
commune de 1878 à 1892 ; décédé le 20 septembre 1898. 

Bbrthon Gabriel , curé de Tronget (1731), docteur en théologie, 
curé de Montaigut (1752). 

André, soldat, 1812-1814 : campagne de Prusse et de France. 

Madeleine , fille d’Auguste et de Solange Carloux, veuve do 
Pierre Bardin, morte le 2 août 1909, âgée de 107 ans. 

Etienne, né en 1799. adjoint au maire de Bellenave en 1852. 

Enfants : Jean-Baptiste, né à Bellenave, en 1830 ; élève « 
l’Ecole Normale de Moulins, instituteur dans l’Ailier, professeur 
à l’Ecole Normale de Parthenay ; inspecteur primaire à Sartène, 
Ajaccio, Belley, Villefrancho-sur-Saône, Lyon, Pans ; chevalier 
de la Légion d’Honneur. — Etienne, né à Chantelle, le 2 octobre 
1836. élève à l’Ecole Normale de Moulins, instituteur à Lurcy- 
Lévy, Mayet-d’Ecole ; directeur d’école annexe ou professeur aux 
Ecoles Normales de Napoléon. Vendée, Parthenay, Moulins ; 
inspecteur primaire à Sartène, Bressuire, Chinon, Evreux, Châ- 

teauroux, Le Mans. 

Bertrand Marcel, hussard (1807) ; campagnes : Espagne (1808), 
Autriche (1809), prisonnier (1810-1812), Prusse et Saxe (1814), 

France. 


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Documents sur Bellenaves 


145 


Boirot Pierre. << Terres ol garennes, moulin et cens, renies cl 
tailles, paroisses de Fourilles, Ussel (1411) (1). 

Cécile, fille d'Antoine et de Gilberte Joli y, baptisée le 12 juin 
1011 ; parrain : Nicolas du Buisson ; marraine : Cécile Bouchet, 
femme à Jehan de Fontenil. 

t 

Boirot Claude , avocat en parlement, fils de Pierre, bourgeois 
habitant à la Hua, et de Pétronille Treillis, épuise à Naves Marie- 
Thérèse Poussât, fille de Charles-Anne!, bourgeois, et de Jeanne- 
Thé rèso ;Guéri ton, le 4 février 1771. 

lioirol Antoine , procureur d'office en la châtellenie de \ eauce, 
épouse Louise de la Chaussée. 

Knfanls : Pétronille . épouse Joseph-Gaspard Lesbre, notaire, 
et procureur d’office au baillage d’Kbrcuil (Naves, 23 novembro 

1772). 

Amabte-Claire, mariée A Naves à Gilbert-Barthélemy Gibon, 
veuf de Marie Ksmelin (f' r Juin 1777). 

Madeleine-Elisabeth, mariée à Gaspard Guérignon, bourgeois 
d’Kbrcuil (Naves, 28 Novembre 1778). 

Anne, mariée à François Henry Gillot, commis aux droits sei¬ 
gneuriaux, fils de Louis et do Marie-Anne Charbonnier (Naves, 
20 Juillet 1781). 

Boirot Charles , né à Y eauce, marié à Catherine Bichard, maire 
de Bellenave, mort le 18 Novembre 1877. laissa 2 filles : Adeline, 
mariée à M. Lavillo et Antoinette, mariée à M. Boulai, ancien 
substitut à Mauriac et Aurillac, juge au Tribunal de Moulins, 
décédé le 8 Juin 1912. 

m 

m 

Brunet Jean, dit Pinguet , laboureur au Graveron, dime et cens, 
paroisse de SainLBormet de Bellenave, acquis de Nicolas He- 
venge, écuyer, seigneur de Chassignolo, 1718(2). 

Etienne, né en 1739, vicaire à Domérat, curé de la Chapelaude 
(1771-1798) ; sa soeur. Françoise, mariée à Tison, le 18 mai 1763, 
à Louis Chenin, régisseur au clultcau de Bevrat. 

(A suivre.) Léon Bioeau ( 3 ). 

(t) Décret du 14 janvier 1922 . Journal Officiel du 15 janvier 1922 , p. 761 . 
f (2) Cf. Noms féodaux, p. 125 . 

(3) Du même auteur : Bellenave «, T. I, 1909. Pour les membres de la So¬ 
ciété d’Emulation, 5 francs. 



oogle 


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Le Trésor de la forêt de Grosbois 


Les gens de Saint-Hilaire le placent dans la partie de la 
forêt située sur leur territoire, partie appelée les Rias, les Rios : 
ruisseau, rivière, encore un vestige de cette vieille langue d’oc 
qu’a parlée jadis notre pays. 

A l’endroit désigné, existent encore, sous la mousse, les 
restes de vieilles marches effritées, rongées, d’un escalier pa¬ 
raissant descendre au sein de la terre. 

Les détritus de terres, de bois et de feuilles ont tellement 
obstrué son entrée que nul ne sait aujourd’hui à quelle pro¬ 
fondeur ni à quelle distance va son ténébreux parcours. 

Ceci n’est dit que pour mémoire, puisque toutes les traditions 
les plus sûres placent ce fameux trésor au creux Pachounier, 
célèbre à tant de titres, entre autres par la légende de sa 
cloche. 

L’entrée en était au pied d’un gros chêne portant gui, le 
gui sacré des druides, ce qui le désignait pour couvrir de sa 
ramure, enclore de ses racines le sol renfermant un tel dépôt. 

Un court souterrain conduisait à une chambre à laquelle on 
accédait par une porte insoupçonnée, s’ouvrant dans uu bloc 
de pierre, une espèce de meuble à trois compartiments super¬ 
posés, comme les tiroirs d’une commode, était aménagée dans 
les parois de pierre de cette chambre souterraine, et les mon¬ 
naies y sont rangées par ordre de valeur. Dans le comparti¬ 
ment' supérieur, le bronze, dans celui du milieu, l’argent, et 
dans celui du bas l’or. Telle serait cette caverne d’Ali-Baba de 
la forêt 

Tout le monde sait que l’ouverture des trésors se fait le di¬ 
manche des Rameaux, au premier coup que frappe le prêtre au 
bas de la porte de l’église, avec le pied de la croix portative, 
au retour de la procession. Kt les trésors restent ouverts pendant 
tout l’intervalle du premier coup au troisième coup frappé: 
intervalle rempli par le chant de l’officiant, avec répons du 
chantre enfermé du côté intérieur de la porte. 


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Le Trésor de la forêt de Grosbois 


147 


Une pauvre femme, portant son enfant, tentée par l'appât 
de 1’ « auri sacra famés » alla donc le dimanche des Rameaux 
guetter, afin de profiter «le l'aubaine, en entrant à l’intérieur, 
sitôt qu’aurait lieu l’ouverture. Elle avait disposé son tablier 
dehors pour déposer dessus l’or qu’elle puiserait à pleines mains 
au précieux dépôt, et, pour ne pas être gênée et retardée par son 
enfant, elle l’avait posé à l’intérieur: et ce fut dans l’intervalle 
d’une allée à son tablier que le trésor, se refermant, son en¬ 
fant se trouva pris dans la chambre mystérieuse; alors, la mal¬ 
heureuse femme, qui avait cru au bonheur par la possession 
de cet or, fut cruellement punie en perdant ce trésor autre¬ 
ment précieux'qu’est un enfant pour sa mère, synthèse et sanc¬ 
tion de l’amour humain: collaboration voulue de Dieu avec sa 
créature, par le merveilleux organisme de chair de celle-ci qui, 
anime, étincelle divine, l’âme immortelle que lui donne le 
Créateur. 

_ Dans son extrême détresse, dans son profond désespoir, cette 
mère de douleur eut recours, refuge suprême, à la religion, 
cette grande consolatrice «les affligés. 

Elle alla donc demander l’avis «le son interprète autorisé, le 
prêtre de la paroisse. Celui-ci, vrai prêtre du Credo, lui «lit qu«» 
peut-être Dieu aurait pitié de l’innocence, «le son affliction, et 
d’aller, dans ce but, chaque matin, porter un petit pain, qui 
servirait à nourrir son enfant, à l’entrée du trésor; et d’aller, 
l’année suivante, ce même dimanche des Rameaux, attendre de 
rechef l’ouverture du trésor. 

Ayant suivi exactement ce conseil, elle se précipita l’année 
suivante, sitôt qu’eut lieu l’ouverture, à l’intérieur du trésor, où 
elle retrouva son enfant, plein de vie, lui souriant, lui tendant 
ses petits bras. 

Elle ne s’attarda pas à ramasser «le «‘et or, qui lui fut si 
funeste, comprenant qu’il ne suffisait pas à donner le bonheur, 
et se retira au plus vite, en le maudissant, serrant bien fort sur 
son cœur son enfant, cet ange de la terre, qu’en a fait l’eau 
baptismale, cet être du baiser, ainsi «pie l’a si bien fait dire a 
une mère 1 illustre auteur «lu « Génie du Christianisme »: « Un 
père t’a créé en déposant un baiser sur mon front. » 

Joseph V.-M. Guillaumin. 


% 


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La Vie agricole sous l’Ancien Régime dans le Nord de la 
France, par le V ,e A. de Galonné. 

L’étude de la vie rurale, des nueurs. de l'état moral et matériel 
des populations agricoles dans l'ancienne France, semble donner* 
de plus en plus naissance à des travaux historiques d’un très \if 
intérêt : ceux-ci portent en général, non plus sur l’ensemble du 
pays, suivant l’exemple des auteur* du dernier siècle: Dareste 
de la Chavanne, Henri Doniot. Tocqueville, Albert Babeau et 
I aine, mais sur des provinces cm des régions déterminées. 

Il y a quelques mois, nous analysions l'ouvrage de M. Bene 
Fages sur « La Propriété rurale en lias-Limousin, pendant le 
Moyen-A<je ». Aujourd’hui, parait dans les Mémoires de la So- 
viélé des Antiquaires de Picardie , une « étude basée sur des docu¬ 
ments originaux ou sur des témoignages soigneusement contrô¬ 
lés », du Président d'honneur de celle Société, le vicomte A. de 
t alonne, et intitulée: « La I ie Agricole sous l'Ancien Régime 
dans le A ord de la France ». 

Grèce à ces enquêtes consciencieuses. à ces monographies 
régionales, la lumière pénètre, dans le passé de notre vie provin¬ 
ciale, et la vérité historique nous apparaît enfin; l’existence du 
travailleur des champs, scs qualités morales et physiques, nous 
sont décrites sous Unir vrai jour : et les noirs tableaux de La 
Bruyère ou de Saint-Simon, les peintures systématiquement hos¬ 
tiles de certains auteurs modernes, semblent assombris de parti- 
pris et peu conformes à la réalité, ( es enquêtes nous donnent, 
en outre, l'occasion d établir un parallèle fort intéressant entre 
l’Ancien Bégimc et l'époque actuelle : elles nous permettent, au 
dire du \icomle de talonne, « de ne pas considérer connue des 
nouveautés telles choses'datant de fort loin ». et elles nous prou¬ 
vent, ainsi que l’alfirme Léonce de Lavergne, que « le règne de 
Louis XVI fut une des plus belles époques de l’agriculture natio¬ 
nale ». 


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Bibliographie 


149 


Le livre en question n'est ni un panégyrique, ni une critique 
acerbe du passé rural, mais un ouvrage de bonne foi, « écrit dans 
I * seul but de rechercher lu vérité » ; c'est le meilleur éloge 
qu'on en puisse faire. Nous nous bornerons à en indiquer le plan 
et les principaux chapitres, nous réservant de mettre en relief 
certains faits qui, pour nous, offrent le plus d’inlérôl, parce 
qu’ils semblent pouvoir être généralisés, et sortir du cadre un 
peu étroit de lu Province. 

L’auteur étudie successivement : 

1” Létal de l'Agriculture dans le Nord de la France, à partir 
du Moyen-Age, et passe en revue l’u.*uvre de Sully, Colbert, du 
Cardinal Fleury, de Turgol, Neeker, Calonne ; 

s 

*J° Les encouragements donnés à l'Agriculture (par Mirabeau, 
les Sociétés et Académies dWgriculture, les Cours et Jardins 
botaniques, les Assemblées provinciales) ; 

:r l.es Charges de l Agriculture (dîmes, droits féodaux, taille, 
aides, gabelle, coiTées) ; 

i° Les méthodes de Culture ; 

ô° Les Travailleurs agricoles ; 

Puis, les Bestiaux et les Epizooties, — les Itéfriche.ments, — 
les Produits et Marchés, — la Police rurale, — les Eglises, —• 
les, Habitations, — l'Alimentation. -- le Vêlement, — l'Instruc¬ 
tion. — la Misère et la Charité, - • les Mours rurales et enfin : 
les l'êtes et Héjouissances. 

liée rivant les essais tentés pour encourager l’Agriculture, l’au¬ 
teur nous parle de l'action bienfaisante exercée par le duc de la 
Itochefoiicauld, aux environs de la somptueuse demeure de Lian- 
ccurt : « Trop longtemps, on a négligé l'instruction du paysan », 
répète toujours le noble duc, et partant de ce principe, il veut 
qu'en lilus des mémoires destinés aux savants, chaque société 
d Agriculture publie une feuille bi-mensuelle, envoyée gratis aux 

curés, aux svndics et cabaretiers de village : à coté des expé- 
* • ^ 

riences reconnues les plus utiles, on y trouverait des conseils 
pratiques. Cette gazette- deviendrait vite un besoin pour les popu¬ 
lations rurales, et serait rédigée en termes simples, clairs, précis 
«•; mis à la portée de. leur intelligence. » Cette idée originale tut¬ 
elle jamais réalisée* en pratique ? 


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150 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


M. do C’iil<miu* no dissimule pas los charges <|iti posaient alors 
sur l'Agriculture : la d'une, qui no lut pas toujours la dixième 
partie des fruits, se réglait par la coutume des paroisses et n otait 
déterminée par aucune loi ; sei-vant à couvrir la dépense « du 
culte divin » et constituant le patrimoine des pauvres, elle était, 
ainsi que l'atteste Vauban, universellement reconnue comme légi¬ 
time, mais elle devint insupportable au paysan, du jour où de 
gros bénéliciers ecclésiastiques et laïcs la détournèrent de l'œuvre 
de religion, de bienfaisance, et d'éducation à laquelle elle était 
primitivement destinée. (Cahiers do doléances do 1780.) 

Primitivement. aussi, les rederatues fendilles ne constituaient 
pas une lourde charge pour le paysan. dc\onu propriétaire movcii- 
uanl une modique eensive : mais, à la longue, la concession 
originelle du sol. ù cens, tombant dans l'oubli. le détenteur s’ir¬ 
rita contre les charges qui grevaient son bien cl qui lui parais¬ 
saient n'avoir pas do raison d être. Les pt’injes, banalités étaient 
devenus odieux, à cause dos abus auxquels ils servaient do pré¬ 
texté ; et, à mesure que le paysan échappe davantage à son soi- 
guour, les charges féodales de l'Agriculture lui deviennent d'au- 
tant plus insupportables que les anciens privilèges sont moins 
légitimés par les services rendus. « Pourquoi, dit l'auteur, la 
sor\itude de la terre et les mémos droits, acceptés sans révolte 
en Angleterre, oul-ils excité, à la xeille de lyi dévolution, nu cour 
du paysan français. • une aversion telle qu'elle a survécu à son 
objet, et quelle paraît devoir être inextinguible ? Parce que. 
devenu possesseur d une notable portion du sol. notre paysan, 
enrichi par la culture, soutirait dune dépendance qui le blessait 
dans son amour-propre. 

...Le. (nine-fief (obligation de payer une année de son revenu 
tous les 'JO ans) et souvenir du temps où la propriété du lief 
noble culminait le service militaire (dont il était la compensation 
pécuniaire) n avait plus de raison d'étre. depuis <pie nobles et 
roturiers concouraient ;ï la défende du rovaiime. 

L ensemble des droits féodaux et des taxes fiscales eoiisliluait-d 
cependant pour I \grieullure une charge accablante ? - - L’auteur 
n>' b* pense pas. car. dans ce cas. dit-il. la ruine serait survenue 
à brève échéance, et c est au contraire la prospérité des campa¬ 
gnes qui est le trait caractéristique des 80 dernières années de 


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Bill MOGIWPIIIF. 


151 


l’Ancien Régime. Mais, exemptions ol privilèges avaient fait leur 
temps, et ce que réclamait le vu*u unanime des populations (voir 
t'ailiers de 80). c’était la suppression des charges seigneuriales 
fie toute nature, la suppression de la taille et des charges de 
1 Etat en usage, leur remplacement par un impôt territorial ré¬ 
parti également sur l’universalité des biens, sans distinction de 
classes. 

A la fin du règne de Louis XV. le propriétaire noble résidait-il 
flans ses . terres ? Non, si l’on en croit Mirabeau, car. suivant 
lui : « Il n’y a pas une terre un peu considérable dont le proprié¬ 
taire ne soit à Paris. » Cette généralisation est excessive ; dans 
.les provinces du Nord de la France, tout au moins, le déracine¬ 
ment de la noblesse se faisait peu sentir, et la noblesse campa¬ 
gnarde rivalisait abus avec les monastères pour la bonne tenue 
«les exploitations. 

« L’on croit à tort, nous dit Fauteur, que la division de la 

% 

propriété est de la dévolution. Bien n’est moins vrai. » 

.\ecker déclare qu’il y a une immensité fie petites propriétés 
rurales dont la plupart avaient pour origine l’antique « censive ». 
I •«. l’état des propriétés, établi dans chaque paroisse, en 1790, il 
résulte- «pie le nombre des propriétaires fonciers s’élevait à la 
moitié, souvent aux deux tiers des proprietaires actuels, bien 
fpio la population, depuis lors, se soit accrue de plus d'un quart. 
I.e tiers de la terre, en Picardie, appartenait aux paysans, dont 
I ambition de devenir propriétaires va sans cesse grandissant. En 
Artois, la noblesse possédait 29 du sol. b* clergé, 22 "/••• la 
classe paysanne, 83 ”/„. et 48 "; u en Picardie. 

Le mc/ai/ar/e, forme primitive du contrat agraire, que Young 
prétendait ù tort être le mode d’exploitation des 7/8 de la France, 

♦ I «pii l’était au plus «les 4/7. s«* pratiquait aux environs de Sois 

■ 

s«*ns et de Calais, mais le bail à ferme . régime des régions agri¬ 
coles plus avancées, avait prévalu en Picardie, en Artois et en 
Flandre. 

L'augmentation do fermages, à son apogée, ü la veille de la 
Révolution, correspond à la division croissante de la propriété 
rurale, et prouve que le paysan s’enrichit, en dépit des crises 
agricoles. 

L’Agriculture était cependant restée stationnaire pendant six 


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152 


Société d’Emui.ation du Bourbonnais 


siècles. L'utilité fies engrais restait peu connue nu xvui r siècle, 
ci la betterave , importée d'Allemagne par l'abbé de < -oniinerel. et 
«lestinée à révolutionner I économie rurale, était encore à ce point 
ignorée sous Louis XVI que l'on discutait le nom qui lui serait 
donné. Ce n'est «pie vers 1700 «pie la pomme de terre avait péné¬ 
tré dans nos provinces, grâce à -Parmentier, ampiel on doit dé¬ 
cerner le titre «le bienfaiteur de l'humanité, s'il est vrai, comme 
le prétend Brillat-Snvnrin. «pie «< la découverte d’un mets nouveau 
fait Y*Ius pour le bonheur «lu genre humain «pie la découverte 
«l une étoile ». 

Vf. de Calonue nous fait remanpier «pu* la <-ris«* «le la main- 
«1 «euvre n’est pas spéviale à notre époque, puisqu'elle sévissait 
à l étal aigu aux xvn c et xviii* siècles, l^s vices et les passions 
ne différaient 'guère non plus de ceux <1 aujourd’hui ; les désor- 
«Ires étaient les mêmes, <M telles pages, «‘•«•rites en 1579, sem¬ 
blent lérlio «l«*s plaintes «pii retentissent à nos «avilies en l'ail «b* 

ulàce 1921. 

Au milieu «lu xvm'' si«>cle. celle crise est due en partie à l’ex¬ 
tension «les petites industries rurales, «pii apportent aux familles 
devenues 1res nombreuses un soulagement précieux, par l'ap¬ 
point «!«• uouwaux salaires, et «lonnent naissance à une nouvelle 
« lasse «le culli\ aleur<-arlisans. Lu Picardie, l'alliance de I clé¬ 
ment agrieoh*' et «b* l'élément industriel, fut portée, à cette épo- 
«pie, à un degré «pii ne s<» rencontrait nulle part ailleurs. 

Lu 17i<». 25.01 ni métiers battaient dans la généralité d’Amiens, 
d'où baisse des fermages et. plus lard, émigration vers les cen¬ 
tres manufaaluriers. |»«erle des bras nécessaires à la culture, 
disette de moissonneurs et de domestiques. 

Instruction primaire. 

Comment, à relie épfxpie, était organisée I instruction puldi- 
«pie. ? en avait-on souci ? H renseignement primaire date-t-il 
d'hier, comme on l’a prehunlu ? 

L utilité, la nécessité «h» cet rns«*ignrmeiit «Mail alors univer¬ 
sellement reconnue «M proclamé<*. les «l«*<*irions épiscopales, les 
ordonuaiiees rovales. l«*s <’•< lits «b* 1098 <M « 1«• I72i <'u font toi. 
«< La plus grande charité «pion puisse c\itc«t envers l«*s pau- 
\i«'s. écrivait en lOîl l.«M«b\ r«* »!«' Caumartin. «* , vê<|U<* d Amiens. 


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Bibliographie 


153 


c est de leur procurer les moyens de se l'aire instruire. » Lies 
tentatives d instruction obligatoire furent même essayées par 
Louis XIV et par Louis XV. I.a direction des écoles était lais¬ 
sée à l'épiscopal, et, au xvin* siècle, la plupart des paroisses 
avaient des écoles de garçons ; les filles étaient, moins bien par¬ 
tagées ; aussi fut-on contraint d accepter des écoles mixtes. Con¬ 
dorcet nous apprend que la France consacrait une somme île 

« 

20 millions (00 de notre- monnaie) à l'instruction des enfants. La 
statistique de M. de Fontaine de Heslwcq, dressée pour le Nord, 
établit que t> dfc 1750 à 1790, le nombre des conjoints ayant signé 
leur acte de mariage, s'élève à 51 chez les hommes, 37 chez 
les femmes : il en est de même pour les témoins et parrains qui 
signent fes actes de baptême et de décès. Kn présence de ces 
chiffres, ou si l'on consulte les originaux des Cahiers de 80. cou- 
\erls de signatures, peut-on soutenir (pu* le paysan de l'Ancien 
Bégiino navail nulle, instruction ? 

La question de l'instruction professionnelle agricole se pose 
pour la première fois sous Louis \\ I. I^e duc de Béthunc-Cha- 
rost rêve l'organisation d'uu vaste enseignement professionnel, 
étendu à tout- le royaume, et comprenant : les exploitations mo¬ 
dèles. «les musées ruraux annexés aux écoles, des bibliothèques 
villageoises : ce beau rèxe n'est pas encore réalisé de nos jours. 

Misère et charité. 

Bien «pie Y»d!nire affirme « qu'il uy a guère de son temps, 
dans les villages où la terre est ingrate, où les impôts sont 
lourds de colon qui n’ait un bon habit de «drap, qui ne soit bien 
« haussé et bien nourri », on a prétendu <pi<* la misère était alors 
la règle générale, et l’aisance, l'exception. Cardons-nous des 
exagérations : sans «Ionie, à «‘ertaines heures, la misère, causée 
par la <liselt<\ les épidémi«*s. les calamités publiques, s’appe¬ 
santit sur l'habitant des campagnes, mais celui-ci n'est pas aban¬ 
donné. et la charité privée, les «< Confréries de Miséricorde ». I«'s 
«< Bureaux d<«i Charité » viennent presque toujours ù son secours. 
Los paroisses avaient même établi ce «pion appelait « les rôles 
•l'aumône », «pii taxaient les notables proportionnellement à leur 
fortune. L'abondance «les aumônes distribuées par certaines 
abbayes axait augmenté la mendicité pendant le xvm* si«Vl«*. 


y 


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154 


Société d’Emulatiox du Bourbonnais 


mais lo Iravail pcrinancnl procure par elles aux ouvriers, avait 
d’autre part entretenu l’aisance. 

Des « Caisses (l'Assurance contre l'Incendie », alimentées par 
le produit des quêtes, lurent instituées, dans le diocèse d’Amiens, 
par M. de Machault, suivant l’exemple donné par M. de la Lu¬ 
zerne, évêque de Langues. Les ravages causés par la grêle don¬ 
naient lieu aussi à des indemnités. 

Au point de vue des nururs rurales, les traits caractéristiques 
de eetle époque sont : l'amour du travail, la sobriété, l'esprit 
d épargne (vertu toujours chère au paysan), l’absence des goitls 
de luxe. La population se révèle partout amie de l’ordre et obser- 

P 

valriee des lois. 

Les Assemblées de la communauté rurale étaient empreintes 

d esprit d’indépendance. Au prône du dimanche, on notifiait les 

actes de I autorité, on y donnait connaissance des événements 

publics. \ 1 issue de l'office paroissial. « innnums et hahitans ». 

parés d»' leurs beaux babils, élisent le syndic, le « messier ». et 
* • 

le-, collecteurs de la taille, décident les réparations à faire dans 
la commune, fixent le ban daoùt et lé ban des vendanges, dénon¬ 
cent les alnis et proposent les améliorations, en gens pratiques 
et pleins de bon sens. 

En dépit de ses tendances vers l'absolutisme, la Monarchie 
avait respecté les libertés communales et le fonctionnement de 
communautés rurales : le*s cahiers de 17<Nt). qui réclament si vive¬ 
ment des réformes, sont muets sur les institutions municipales. 

Entre paysans et seigneurs régnent l'union, la cordiale sympa¬ 
thie e| une déférente familiarité : des rapports continuels existent 
entre eux ; on échange des cadeaux, on partage les mêmes jeux : 
« Le dimanche, on dansait dans la cour du château, et les dames 
se mettaient de la partie ». lisons-nous dans les Mémoires de 

m 

M" 1 * de la Hoehejaequelin : les nneurs de l’aristocratie terrienne 
sont empreintes d’une simplicité pre-que paysannesque. La mor¬ 
gue est alors inconnue, et le fosse qui s’est creusé entre les clas¬ 
ses dans notre siècle « égalitaire » (!) n e\i-tnit pas jadis, «c 
(pii justifie ces mots de Jules tîuesde : « L'abîme entre le prolé¬ 
tariat. et la classe capitaliste est plus considérable qu’il n’a jamais 
été entre les castes, dans le passé, entre b* manant et le seigneur 
féodal. » 


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Bibliographie 


155 


Vie au village. 

t 

La vit* au village est-elle. <ln moins, devenue plus agréable ? 
Il ne faut pas exagérer, à l'exemple des poêles et des littérateurs, 
les joies de la vie eharnpêlre ; 1* « O forlumitos nimiutn ». les 
tableaux enchanteurs ou idylliques sont loin de la réalité, et 
nous laissent, avec raison, sceptiques. Il est plus vrai de dire, 
«(u'aujourd'hui, comme jadis, l’existence des ruraux est rude et 
pénible, mais il semble «pie. de nos jours, elle a perdu, a\ee les 
imeurs patriarcales, de sa gaieté et de sa bonne humeur. < >11 ne 
s’amuse plus guère, au village ; les heures de récréation et de 

plaisir y sonnent moins souvent quautrefois, et il faut le regret¬ 

ter. car le besoin de détente est légitime, et le délassement né¬ 
cessaire à l’homme. Jadis, nous dit l aideur, les tètes étaient l’ré- 
«pienles : les « Durasse* » et « Kermesses » suspendaient fré-. 
«picinmonl les travaux ; aux l’êtes religieuses s’ajoutaient «les dis¬ 
tractions profanes et des réjouissances variées ; les jeux d'adresse, 
tirs à l’arc, à l'arbalète, à l'arquebuse étaienj, partout en honneur 
pour les jeunes gens : dés. Iric-trae, dames, et « autres jeux de 

table » pour les vieillards, l^i « teste au village », où se mêlaient 

les classes, y entretenait les bons rapports sociaux. 

Souhaitons, en terminant, (pion remette le plus possible en 
lionneur, dans chacun de nos villages, ces vieilles coutumes, mo¬ 
dernisées comme il convient. 

One les propriétaires, les curés, les maîtres d école, que toutes 
.< les autorités sociales ». rivalisent d’entrain, pour organiser 
dans nos communes rurales, dans le monde villageois où l'on 
s'ennuie, les distractions saines cl les associations propres à dé\e-. 
lopper la gaieté, l'énergie, la discipline, telles que : sociétés de 
musique, «h* tir, de gymnastique, séances de projections ou de 
cinéma ; qu'ils y consacrent une minime partie de leur argent et 
de leurs loisirs : ce serait, croyons-nous, faire uuivre utile, et 
l'on trouverait ainsi l'occasion de répandre un pou de joie dans 
nos campagnes, de restaurer les mo ins, de lutter contre l'émi¬ 
gration vers les villes, de rétablir enfin l'union des classes e| la 
paix sociale ; et par là même. « notre vie nationale serait, sui¬ 
vant 1 expression de M. Ilaimlnux. replantée sur sa propre ra¬ 
cine. » G. Mii.cknt. 


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NOS CONFRÈRES La croix de la Légion d'honneur a été conférée A la 

mémoire du sous-lieutenant Roger Llie, « jeune 
officier plein d’allant, d’une bravoure a toute épreuve et pénétré au plus 
haut degré de l’esprit du devoir ». 

mfm M. Paul Herbi.ay, artiste peintre, a été nommé officier d’académie. 


«fw M. Léon Bideau a passé avec succès, en Sorbonne, le certificat 
d’études supérieures de géographie coloniale, en vue de la licence ès lettres. 

M. Bardet, directeur d’école à Moulins, s'est vu décerner, par arrêté 
de M. le Recteur de l’Académie de Clermont, la médaille d’argent de ren¬ 
seignement primaire. 

M. René Moreau a été élu vice-président de 1 Association provin¬ 
ciale des architectes français. 

M. Adolphe Favre a prononcé, A la distribution des prix du Lycée de 
Moulins le « discours d'usage ». dans lequel il a prôné l’enseignement des 

langues vivantes, et notamment de l’allemand. 

> 

Au congrès de la Langue française, qui s’est tenu A Marseille sur 
I initiative de l’Alliance française, des communications ont etc faites par deux 
Bourbonnais: notre confrère M. Augustin Bernard, chargé de cours a la 
Sorbonne, sur l’Algérie, et M. Antoine Meillet, professeur au Collège de 
France, sur l’Arménie. 

M. Lavault, proviseur du Lycée de/Moulins, est nommé proviseur 
du Lycée de Montpellier. ' 


CARNET DE DEUIL M'r r Doc h et. prélat de la maison du pape, doyen 

du Chapitre de la Cathédrale de Voulins, ancien 
curé de cette paroisse, est décédé le 4 juillet, A l’Age de soixante-quinze ans. 


NOS COMPATRIOTES L’Académie française a attribué un prix de litté¬ 
rature de 500 francs (fondation M ontyon' A 
M Marcel Dcnan, pour son livre: l'Autriche. 


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Chronique 


157 


MIETTES fg Dans les Lectures pour tous de mars, avril et mai, M. P. 
D'HISTOIRE Bouchardort-a publié, sous le titre : le Crime du château de 

LOCALE K Chamblas , un récit de cette cause célèbre et demeurée mys¬ 

térieuse 11840-1843) que fut l’assassinat du Bourbonnais 
Louis Vilhardin de Marcelange. 

A TRAVERS 9g Le comité de la Société des gens de lettres vient de 
LES LETTRES prendre l’initiative de célébrer le centenaire de 1 héodore 

de Banville, né A Moulins, on le sait, le 14 mars 1823. 

«f* M. Gustave Simon, qui assure la publication des œuvres posthumes 
et des papiers de Victor Hugo, communique cette lettre adressée au pocte 
par Banville : 

■ Il est bien vrai, cher Maître, que je ne vous ai pas remercié des émotions, 
des joies, des enchantements sans nombre que m’a donnés la lecture, sans 
cesse renouvelée, des Chansons des Rues et des Bois. Je voulais non me conten¬ 
ter d’une lettre qui ne peut que vous dire ce que vous savez si bien, mon 
admiration sans bornes, mais vous envoyer un article qui fût écrit pour vous 
et pour tout le monde. Et, ceci va vous sembler démesurément orgueilleux, je 
ne croyais pas inutiles les explications que je voulais donner au public A pro¬ 
pos de celte nouvelle incantation de votre génie. Hélas ! j’ai eu, comme tou¬ 
jours, bien peu de bonheur. J'aurais trouvé vingt journaux pour parler de 
niaiseries ; je n’en ai pas trouvé un seul qui me donnât l’hospitalité pour dire 
mon sentiment sur vos poèmes J’ai supplié, tant j'y tenais^ et, partout, j’ai 
trouvé le même refus. Chez les uns, la bibliographie était prise ; chez les 
autres, comme au Nain jaune , où j’espérais mieux de M. Ganesco, on s’est 
défié de moi. On me dit que je suis trop votre admirateur pour pouvoir vous 
juger ; aussi n’avais-je pas une pareille prétention ! Mais il me semble que 
c’est précisément mon admiration pour vos poèmes qui me permet de les 

comprendre un peu, de sentir toujours et de savoir quelquefois pourquoi ils 

■ 

sont beafux. J’aurais voulu, et il me semble que j’aurais su répondre à beau- 
' coup de Comment et de Pourquoi lancés par les sots ; il faut que j’y renonce 
pour cette fois et peut être pour toujours, car les journaux, même ceux où 
j’ai eu un peu de succès, voient décidément en moi un suspect de poésie. » 

«f» Notre compatriote M. Marcel Berger a fait jouer au théâtre de 
Nice une pièce en quatre actes : le Talon d'Achille. 

NOTES jg 9g fg Relevé des publications enregistrées par le service 

BIBLIOQRAPHIQUES du dépôt légal : Imprimerie Herbin et Bouché, A 

Montluçon : La Question des Cheptels , par Henri 
Bozon, 92 pp. — Imprimerie Collon, A Vichy: Monographie de Montaigut- 
le-Blin , par Jules Morel, délégué cantonal, conseiller municipal de Mon- 
taigut-le-Biin. — Imprimerie Crépin-Leblond, à Moulins : Le Bourbonnais en 
trente-cinq minutes, par René Moreau, architecte des monuments histo- 


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158 


Société u’Emulation du Bouhbonnais 


riques, 33 pp. ; Essai sur la Chasse de la Bécasse, par François Devillard, 
4* édition, 147 pp. ; Souvigny, son Eglise , par H. Aucouturier, 29 pp.; 
Un singulier Chevalier de l'ordre de Saint Jean de Jérusalem, par Philippe 
Tibrsonnier, 45 pp. («Curiosités bourbonnaises » n° xxvi). 

L’Association sportive du Lycée de Monaco a publié à la librairie Dardel. 
à Chambéry, un Manuel d'alpinisme scolaire, de notre confrère M- Jean 
Gotteland. 

Chez Jouve et C ie , A Paris, a paru Merveilleuse Tendresse, par M. Louis 
Aupauvre, de Vichy. 

«y» Grâce à l’obligeance de notre confrère M. Delinikre, nous pou¬ 
vons mentionner les livres suivants, passés à la vente des a-6 mai, de la 
Bibliothèque Jules Cordier, A l’hôtel Drouot: 

Billard (Claude), Tragédies françaises, etc. Paris. l)enys Langlois, î6io, 
reliure moderne maroquin rouge, a atteint le prix de 360 fr. — Mizauld, 
Antonii Mizaldi Montluciani de arcanis natures etc. in-16. Lutetiœ , apud 
Jacobum Kervoer , 1558, reliure ancienne, maroquin vert, s’est vendu 

140 francs. — François de Fougerolles, Le Théâtre de la nature univer¬ 
selle, de Jean Bodin, traduit du latin, par M. François de Fougerolles, 
Bourbonnois. Lyon. Jean Pillehotte, 1597, in-8, reliure ancienne, maroquin 
rouge, vendu 205 francs. 

CONFÉRENCES VL Voici la liste des Conférences qui seront données A 
BOURBONNAISES Moulins, pendant l'hiver 1922-1923, sous les auspices 

de la Société d’émulation et de la Société bourbon¬ 
naise des Etudes locales. 

1° Mercredi 25 Octobre. — M. Louis Bréhibr. professeur à la Faculté 
des Lettres de Clermont-Ferrand : « L’art de la miniature au Moyen-Age et 
la Bible de Souvigny ». 

2“ Novembre — M. le D r de Brinon, président de la Société d’Emula- 
tion du Bourbonnais : « Le Bourbonnais préhistorique». 

3” Décembre. - M. Lucien Chambron, secrétaire général de la Société 
d'Agriculture de l’Ailier : « L’agriculture bourbonnaise ». 

4* Janvier. — M. Mauve, professeur d’histoire A l’Ecole normale d’insti¬ 
tuteurs : « La Fronde en Bourbonnais ». 

50 Février. — M. Jean Gotteland, inspecteur d'académie de l’Ailier : 
« I a prose de Théodore de Banville ». 

6 " Mars. — M. Max Fazy, archiviste départemental : » La Société bour¬ 
bonnaise, des origines au milieu du XIP siècle ». 

Régemortes. 




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Hil II JLâS&llâl 1 21 $$£ 


L'Intermédiaire 

* 

des Recherches et des Echanges 


I. — Recherche* 

5 . — Nicolas de Blégny, auteur d'un grand nombre d'ouvrages dont 
le plus connu est Le Livre commode des Adresses de Paris, 1692, et le 
plus empirique: Histoire anatomique (Lun enfant qui a demeure vingl- 
six ans dans le ventre de sa mère, 1679, se qualifie de sieur d'Autun et 
de Cérilly dans cet autre: <» Projet de l Histoire générale des Religions 
militaires et des caractères politiques et séculiers de chevalerie , Par 
messire Nicolas de Blegny, sieur d’Authun et de Cérilly, médecin or¬ 
dinaire du Roy et de Monsieur, institué sous le bon plaisir de Sa Ma¬ 
jesté Chevalier, Commandeur et Administrateur général de l’Ordre 
hospitalier du Saint-Esprit. — Paris, Masuel, 1694/ » 

On demande si le Cérilly souligné est le Cérilly bourbonnais? —Dans 
l’affirmative, depuis quand de Blégny en était possesseur? 

6. — L’intéresantc revue La Vie à la Campagne, qui a publié des 
numéros spéciaux, en 1921, sur le meuble de Bresse et de Franche- 
Comté et, cette année, sur le meuble breton, en prépare un, pour l'an¬ 
née prochaine, qui s«ra consacré au meuble du Centre de la France et 
particulièrement du Bourbonnais. 

La mise au point de la documentation afférente à un tel numéro de¬ 
mandant un assez long temps et le concours de toutes les bonnes vo¬ 
lontés, notre excellent confrère serait heureux d'entrer, dès mainte¬ 
nant, en rapport avec les amateurs bourbonnais qu'intéresserait ce 
sujet et susceptibles de répondre à un questionnaire qu'il prépare sur 
les caractéristiques de nos meubles campagnards, et éventuellement de 
lui communiquer les dessins ou photographies des pièces curieuses. 

Prière à nos confrères de faire toutes propositions relatives à ce nu¬ 
méro officiel du Meuble Bourbonnais (qui s'étendra vraisemblablement 
aussi à l'habitation, paysanne ou bourgeoise) au directeur du Bulletin , 
qui se charge de les centraliser et de mettre en rapport les intéressés 
a\ec l'administration de La Vie à la Campagne. 

7 . — La Société d’Emulation ayant décidé de s'associer à l’enquête 
ouverte par la Société Bourbonnaise des Etudes locales, porte h l’ordre 
du jour de ses séances d'hiver 1922-23 la question des habiiations-types 
•/tu Bourbonnais (Voir Bulletin 1-4 de 1922. p. 17) et prie ses membres 
de bien vouloir rép>ondre aux questions suivantes ou au moins aux 
principales d’entre elles: 

i° Situation (fond de vallée, à flanc de coteau, sur le plateau), orien¬ 
tation de la façade, avec, si possible des explications topographiques, 
géologiques, hydrologiques, météorologiques, etc... 


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160 


Société d'Emulation du Bourbonnais 


2° Plan des maisons types caractéristiques (maisons à plusieurs loge¬ 
ments pour ménage pauvre ou sans enfant, maisons à 2 pièces, pour 
petite exploitation, pour grand domaine), à étage ou sans étage. Esca¬ 
lier intérieur ou extérieur? échelle: pour monter au premier étage ou 
au grenier? Latrines? 

3° Matériaux de construction employés (cavernes naturelles ou arti¬ 
ficielles habitées, couvertures en paille, en tuiles plates, en tuiles 
genre Montchanin, en tuiles creuses, dites à" canal (notre département 
e>t traversé par la limite des couvertures plates et de celles en tuiles 
creuses, aussi il serait intéressant de tracer exactement cette limite sur 
une carte à grande échelle et de voir si 1 n'existe pas des îlots avant- 
garde), en ardoises, en dalles, bardeaux, etc..., inclinaison des toitures 
(forte, faible, indiquer, si possible, la pente). 

4° Indiquer la distribution intérieure de la maison et les dimensions 
des pièces, nombre de fenêtres (dimensions et exposition), emplacement 
des cheminées, dire si I on se sert maintenant de poêles de fonte. 

Le rez-de-chaussée est-il en contre-bas, de plain-pied, surélevé? Le 
sol e^n-il en terre battue, carrelé, planchéié ? V a-t-il une cave sous 
toute ou partie de la maison? Y a-t-il des appentis? Des pignons ou des 
façades sont-ils blindés contre la pluie? Comment? Lesquels? Y a- 
t-il des rideaux d'arbres de protection contre le vent? Décoration ex¬ 
térieure: Dessins en briques, etc...: Date de la construction inscrite 
en creux ou en relief s'il y en a? A quel endroit: Signes de protection- 

Croix? Statues de la Vierge ou des Saints? 

Adjoindre, si possible, des croquis, des photographies. 

5 0 Moyenne du nombre d'habitants de chaque type de maison. 

f)° La maison est-elle exclusivement pour l'habitation ou sert-elle à 
d’autres usages : atelier, étable, grange, four? 

7 0 Disposition des dépendances lorsqu'il y en a, jardin, grandeur. 

S° Coût des divers types de fnaison (prix d'avant-guerre) et prix de 
location (/</). 

9 0 Les maisons ont-elles tendance à la disj>ersion ou à la concentra¬ 
tion en village^, en hameaux? Causes? Forme des villages: concentrés 
ou tentaculaires ? Chaque maison a-t-clle son puits? Profondeur de ce¬ 
lui-ci? (.es habitants s approvisionnent-ils d'eau à une source, à une 
fontaine* ou à une mare? 

io° Les types de maisons ont-ils changé depuis un siècle? Pourquoi: 

ii° Joindre un croquis indiquant les limites des types de maisons 
considérés, surtout si Ton est près de cette limite. 

12° (»rottcs habitées. 

13° Tous autres renseignements qui sembleraient intéressants. 


II. — Echanges 

\ To 3. — On cherche à acquérir: A. MAT.T.FT : Histoire rTArfeuilles 
pendant la Révolution Française . 

Adresser toutes réponses 
et communications au 
Directeur du Bulletin. 


Lt Gérant : E. Rcvérct. 


LCS IMMMIHIII WÉUNil». MOULINS 


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( '$33 J 




Destin d* Baria tr. 


XX E XC U E( SIO N 

DE LA SOCIÉTÉ D’ÉMULATION 

Dans l.a Région jt IIÉRISSON 

— 1" JUIN 1922 — 

• * • 


COMPTE RENDU GENERAL 


"^1u{tI^ es P e * n ^ res * q u ' son ^ venus eu reproduire les sites, out 
^A vili s^ acc I u * s à Hérisson une telle renommée, cpic notre 
' \ excursion annuelle a été suivie par un nombre 

inusité de touristes, venus non seulement des points les plus divers 
du département, mais encore de SaAne-et-Loire et du Cher. Une 
camionnette, un auto-car n’auraient pas suffi à transporter les 
voyageurs si le plus grand nombre notait venu par ses propres 
moyens ( 2 ). 


( 1 ) Pour illustrer le présent compte rendu, nous publions une série de 
clichés parus dans les Annales Üourbonuaitea, et qui nous ont été obli¬ 
geamment communiqués par notre confrère, M. Ernest Delaigue. 

( 2 ) Prirent part à cette excursion : M ,n * Bec, M"** Bec, Bernard, M“ # * A- 
Bonnet, de Bonny, G. Bourderioux, G. Bruel, de Champigny, des Champs 
de Verneix, M"*’ des Champs de Verneix, M“** veuve Charles, Chevalirr, 
M"«* Courroux, J. Üeygout, A. Durand, M" 1 2 *’ Gaillard, de Gaulroin, M"* de 
Gaulmin, M n, •• Gervy, Gourt, L. Grégoire, M"* Guay, M ,n ** de Lamaugarny, 
Ligicr, M ,u Ligier, M ,u ** Meilheurat.G, Montilliet, P. Morand, M"* Romanet, 
M™* Virmaux. 

MM. Amiot, Bec, Béhier. Augustin Bernard, Adolphe Bonnet, Ch. de 

il 


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Société d’Emulation du Bourbonnais 


4 62 


Tandis que noire véhicule de location roulait à une prudente allure, 
ceux d’entre nous à qui la science a livré plusieurs de ses secrets, 
pouvaient lire, dans la notice géolôgique. préparée à leur intention, 
par notre Président, les particularités du parcours : 

« En passant le pont de Moulins nous quittons l’ancien territoire 
Eduen de l’époque gallo-romaine pour entrer chez les Bituriges, sur 
le sol desquels va se dérouler l’excursion Nous sommes donc, a 
Moulins, sur une ancienne limite de peuples. 

« Avant les Eduens, notre sol de la rive droite de l’Ailier était sans 
doute la limite du territoire de chasse et de pêche de la tribu Auri- 
gnaciennc dont la capitale était la droite des Fées. Les lames de 
silex, quelques-unes à crans, que nous. trouvons sur la grève, à 
Nomazy et à Villeneuve, viennent sans doute d’un campement que 
ces chasseurs avaient établi sur le bord du fleuve. 

« Notre roule traverse le fond de l’ancien lac tertiaire qui avait sa 
chaussée un peu plus bas et commence bientôt l’ascension du plateau 
de Saint-Menoux, de Neuvy à Bourbon, en passant par Marigny, 
Saint-Mcnoux, Agonges ; nous restons encore sur le terrain ter¬ 
tiaire où les eaux douces out déposé des marnes irrisées, des sables 
et des calcaires, qui fournissent la chaux de Saint-Menoux. 

« Nous passons à côté de souvenirs intéressants : le tumulus de la 
Feuilléc à Neuvy, incomplètement fouillé par M. Duprat, mais qui 
lui a donné cependant des fonds de cabanes, avec de belles épées 
gauloises, et le tumulus de Joux à Saint-Menoux, où M. le cha¬ 
noine Morct a retrouvé la sépulture d’un chef barbare de l'âge du 

bronze. 

% 

« Les constructeurs de tumulus et de dolmens ont laissé peu de 
traces chez nous, nous étions trop loin de leurs hases d’opération 
qui étaient les côtes de l’Océan, l’Armorique. Les constructeurs de 
dolmens étaient des étrangers qui apportaient chez nous les rites de 
leur pays d’origine, la Scandinavie. Ce sont, d’après Alex. Ber- 

I 

Bonny et son frère, A. Bourderioux et des amis, docteur de Brinon, Georges 
Bruel, R. Gaillet, h!. Capelin, abbé J. de la Celle, L. Chambron, Champenier 
et des amis, V. des Champs de Verneix, G. Charollais, Marquis de laChau* 
vinière, chanoine Clément, Crépin-Leblond, Pierre Dubost, docteur Dubu* 
jadoux, Gédel, Gervy, Grandmougin, Louis et Camille Grégoire, aljbé 
Lafaye, de Lamaugarny, Lassimonne, Ligier, F. Méténier, Jacques Monicat, 
Montagne, Montilliet, Paul Morand, Jean Olivier, Paul Paraillon, Roux, 
André Roy, Sabatier, Jean Sabatier, Virmaux, Walther. 


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\X* Excursion 


163 


trand, les premiers Normands quf ont foulé notre sol. Celui qui 
est mort à Saint-Meuoux s’csl fait incinérer avec nu moins deux on 
trois de ses esclaves. Son beau crâne dolichocéphale, que M le 
chanoine Morel a recueilli avec ses deux poignards triangulaires, 
était accompagné de deux ou trois crânes appartenant à une race 
inférieure. 

« A Bourbon, nous sortons de la cuvette tertiaire et nous entrons 
sur la terre ferme : c’est le gneiss que recouvrent encore des marnes 
irrisées. 

• Nous traversons le plateau d’Ygrande, encore des marnes irrisées, 
pour redescendre dans la cuvette du petit lac de Cosnc. 

« En passant à Vieurc, nous saluons pour la première fois le terrain 
houiller qui voisine avec des marnes irrisées et du grès tertiaire. 

« A Gosne, nous trouvons enfin* le terrain primaire représenté par 
la granulile ou granit porphyroïde que nous allons retrouver à 
Hérisson. 

«< Cosnc est au centre d’une cuvette tertiaire qui a laissé comme traces 
de nombreux étangs aujourd’hui desséchés. — De Cosnc à Hérisson, 
nous traversons Venas où nous voyons encore le granit porphyroïde, 
accompagné de gneiss et de grès tertiaire. 

« A Hérisson, nous sommes en plein sur la grande coulée de gra¬ 
nulile que nous avons abordée dès notre passage à Cosne. 

(« Il s’agit là d’un phénomène géologique des plus curieux. Cette 
coulée de granulile; qui paraît débuter à Hérisson, s'étend en ligne 


courbe, jusqu’à Parthenay, en passant par Huriel, Châtclus-Malva- 
valeix (Creuse), Saint- Sulpice les-Feuilles (Haute-Vienne). Un pro¬ 
longement se détache de cette grande traînée rectiligne vers Saint- 
Sulpice, pour revenir en arrière en formant un angle assez aigu et 
se porter sur Bourganeuf, la Roche-Canillac et finir vers la Roque- 
brou en plein Cantal. Entre ces deux zones de granulile s’intercale 
le massif granitique de Guéret. 

« Nous revenons par Saint-llilaire, Gipcy, Meillers et Souvigny. A 
Saint-Hilaire, nous sommes sur le terrain primaire : granite- 
porphyroïde-pegmatite, avec un terrain houiller et marnes irrisées. 
Gipcy et Meillers, mêmes terrains, et à Souvigny, en redescendant 
dans la vallée, nous effleurons la traînée carbonifère de Noyant. » 

Saint-Menoux, Bourbon-l’Archambault, Ygrande, qui jalonnent 


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Société « Emulation du Bourbonnais 


le chemin do la forêt de Tronçais, devenue, grâce à Pautomobilc. 
familière aux Moulinois, sont de vieilles connaissances que nous 
saluons au passage. Moins connue est la route de Vieure et de 
Cosne. que nous suivons par plaines et par coteaux, dévalant ici, 
grimpant ailleurs. 

Mais déjà un groupe anxieux nous attend sur lc'chcmin, vers le 
Saut du Loup ; la secrète appréhension d une panne toujours possible 
commençait à poindre. 

M m * Lw Grégoire, M. Louis Grégoire et son frère, qui ont bien voulu 
nous servir de guides, prennent la tête de la colonne et nous voilà 

ft 

descendant la côte entre deux récoltes déjà hautes, et bientôt nous 
atteignons le-fond de la gorge. Il n’y a rien ici de ces « sublimes 
horreurs » que le snobisme moderne persiste à vouloir nous faire’ 
admirer. Nous ne voyons pas de dascadcs tombant d’un cirque de 
rochers vertigineux, point d’eau jaillissant en milliers de gouttelettes 
diaprées ; nous ne sommes pas assourdis par le fracas des torrents. 
L’onde coule lentement, très pure, sur des bancs de sable diverse¬ 
ment colorés. Des blocs de piètre, arrondis et polis, jadis détachés 
des bords, semblent des animaux somnolant à la fraîcheur du 
ruisseau. On verrait sans étonnement les nymphes, dont la my¬ 
thologie peuplait les lieux solitaires, tresser, après le bain, leurs 
cheveux d’or... 


Mais les charmes de la rêverie ne sont pas prévus au programme : 
il nous faut marcher et ce n'est pas commode. Fort heureusement, 
les porteurs d’appareils photographiques opèrent sans relâche et 
forcent la colonne à de nombreuses haltes, toujours bien accueillies. 
Mais enfin il faut remonter et la situation s'aggrave. 


A quelle gymnastique alpestre ne devons-nous pas nous livret! 
Quoi ! même au sein d'une « société savante w, les attitudes simies- 


ques reparaissent, et c’est à quatre pattes que s’opère, par moments, 
l'ascension. 


Quel dommage que, trop occupés eux-mêmes, nos photographes 
ne puissent prendre la série complète des instantanés ; ce ne serait 
pas la partie la moins drôle de leurs collections. En haut, l’humanité 
reprend ses droits et notre maintien sa correction. 

Que de fois ne nous est-il pas arrivé, aux Uns et aux autres, d'en¬ 
tendre gémir sur le « truquage » des paysages. (Pardon de cet horrible 


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XX e Kxcuhsion 


165 


mot.) Mais cette préparation n est-elle pas indispensable et sans elle 
les touristes viendraient-ils ? La masse des voyageurs n’est pas abso¬ 
lument désireusede se luxer une cheville, voire dose rompre la jambe 
au fond d'un ravin. 

0 

A peine les autos ont-ils parcouru quelques kilomètres, qu'au 
tournant de la route / les ruines du château apparaissent subitement, 



Hérisson. — La Synagogue. 


Cl. Mon fil lier 


imposantes, détachant sur l'azur immaculé du ciel leur masse rou¬ 
geâtre, dominant de leurs maçonneries grandioses, en dépit de leur 
délabrement, la petite ville qu’elles ont cesse rie protéger. 

Mais le moment de les parcourir n’est pas encore venu. Le calvaire 
d’Hérisson, les vieux logis ensuite reçoivent notre visite. Au presby¬ 
tère, des statuettes de bois, « saint Benoît et sainte Scholastique », 
dit-on, passent de main en main. A la maison dite : « la Synago¬ 
gue », une fenêtre à meneaux excite notre admiration, et par un 
escalier de bois, obscur, étroit, par des galeries maintes fois sécu¬ 
laires, nous arrivons au grenier où est tracé, sur les murs,- le 


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166 


Société d’E.mui.ation du Bourbonnais 


combat d’un centaure et d’une sirène, dont les articles de M. Gré¬ 
goire, après M. Gélis Didot, ont donné une description complète. 

Ce vieil Hérisson resté si médiéval, malgré le temps, malgré les 
bonnes intentions si déplorables d'ailleurs des édiles et des ingé¬ 
nieurs, nous sollicite d'un peu partout. Maisons Mousse, Luyllier de 
Couture, ancien Collège, cloches du Chapitre Saint-Sauveur, les 
peintures, laissées en souvenir, qui font de la Mairie un petit Musée, 
il y en a pour nous intéresser tous. 

Un peu partout, dans Hérisson, ce ne sont qu’étages surplom¬ 
bants, colombages se dessinant en noir sur les murs, lucarnes aux 
boiseries éditées en ogives. Se multipliant dans toute la mesure du 
possible, M. Grégoire donne les explications appropriées; c’est vrai¬ 
ment pour lui une chaude journée, sans faire allusion à la tempéra¬ 
ture torride. 

L'heure du déjeuner sonne enfin, et uotre Société envahit l’hôtel 
Ville. La vaste salle dont les murs s’ornent de peintures signées : 
« Dulasta, Camille Grégoire, Ducloux », est tôt remplie. Force est 
de s’éparpiller un peu partout et cette halle prolongée du repas est 
une occasion d'échanger de joyeux propos, voire d ’engager des con¬ 
troverses « topographiques »>. 

Au dehors, le soleil continue à darder des rayons impitoyables, 
mais dès que le moment est venu de parcourir les ruines nul ne 
s’attarde, et tous, d'un pied leste, nous pénétrons dans la vénérable 
forteresse, dont MM. le chanoine Clément et Grégoire nous résument 
1 histoire tout en nous signalant les particularités. 

Notre nouveau confrère, M. Walther, réservait encore une attraction 
imprévue : de laborieuses recherches lui ont permis de situer d’une 
façon précise la cité disparue de Cordes, et de tracer l'itinéraire des 
légions romaines opérant dans la région. Mais ce n’est pas tout, 
M. W alther a ramassé certains silex où la nature semble avoir, seule, 
tracé des rugosités, aplani des surfaces, alors que cet observateur 
sagace discerne des personnages, des scènes, des inscriptions. Utili¬ 
sant les loisirs que lui donne sa retraite, M. Walther a dessiné avec 
une minutie admirable et un art indéniable, les scènes tracées sur ses 
pierres et grâce à cette reconstitution, les yeux s’habituent plus vite, 
l’eutendement s’adapte mieux au milieu étrange qu’il aperçoit pour 
la première fois. Mais je n’en dirai pas davantage, me bornant à ces 
mots : j’ai vu, je crois, je suis enthousiasmé. f 


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Le petit village de Châteloy 

Fac-similé d'un dessin de Saint-Elme Gauthier d’après le tableau d’Harpignies. 


































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XX e Excursion 



Nous partons alors pour Ghételoy par la chemin qui suit les 
hauteurs, pierreux, malaisé et de tous les côtés au soleil exposé. 
Mais rien ne nous rebute et cette marche fait réellement honneur 
à notre endurance. La vue de Châteloy nous dédommage de cette 
épreuve. La vieille église qui domine si fièrement le val- de l’Œil» 
possède un double attrait: ses-pierres naïvement gravées, ses pein¬ 
tures et aussi celui d’une halte réparatrice. • 

Le retour se fait avec beaucoup plus de facilité. A moitié distance, 
entre Hérisson et Châteloy, d’où sou nom de « Mie-Voie », se 
trouve la .chapelle de Saint-Etienne, modeste, construction du 
xvi* siècle, devenue propriété particulière et sépulture de la famille 
Luyllier de Coupure. I/intérieur est dénué de meubles et ne présente 
à 1 attention que des peintures murales cjue le chanoine Clément 
trouve pleines d’intérêt. 

A I hôtel Ville, où nous arrivons par petits groupes espacés, eu 
raison directe de nos facultés locomotrices, les tables se hérissent de 
bouteilles. La bière et la limonade arrivent à point. 

D’aucuns, de ces athlètes que rien n'abat, descendent au bord de 
l'Œil, franchissent la passerelle, explorent le parc Bignon. Ce nom 
figure invariablement • dans toutes les libéralités intelligentes dont 
I Allier est bénéficiaire. De cette rive gauche, la rivière barrée par le 
bief d’un moulin semble large et profonde, et toute une rangée de 
maisons qui l’endiguent se réfléchit comme en un miroir. Les cou¬ 
leurs brunes des toitures, les tons grisâtres des murs se mêlent aux 
verdures chatoyantes des grands arbres, en un chaos séduisant 
d’ombres et de lumières. 

Le moment du départ est venu. Les automobiles ronflent et se 
dispersent parmi des flots de poussière. Notre auto-car s’engage, le 
dernier, sur le chemin du retour. 

A Meillers, l'aimable instance de M. Méténier nous décide è une 
halte, et ceux d’entre nous qui ne connaissent pas ce village n’ont 
pu que se féliciter de l’heureuse inspiration de notre confrère. 
L’église, visitée en 1913, par la Société Française d’archéologie, est 
une de ces merveilles comme notre Bourbonnais a la bonne fortune 
d’en cacher dans ses vallons, au coin de ses forêts, au milieu de ses 
plaines. Cet édifice est en grande partie du xu* siècle. Les chapiteaux 


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170 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


du portail, représentant l'un des musiciens, l’autre un chevalier, sont 
d'un art tellement enfantin, d'une naïveté si amusante, que les plus 
réfractaires aux vieilles pierres ne purent rester indifférents. 

M. Méténier nous conduit à sa propriété. Le portail de la vaste 
cour est décoré d’un écusson très singulier, où figure une sorte de 
u fontaine de Hiéron », très incompréhensible, pour nous, du 
moins. 

Nous faisons honneur aux rafraîchissements préparés à notre 
intention, et avec quelle abondance ! puis il faut nous arracher aux 
délices de Meillers ; M.Méténier les a célébrées en un style charmant 
au concours des « Plus beaux sites du Centre »(i); avec une parfaite 
bonne grâce, il nous en distribue des exemplaires. 

(1) Nous sommes heureux d‘en reproduire le texte : 

« En quittant Souvigny, la Nécropole des Princes du Bourbonnais, pour 
Montluçon, votre auto ronflait joyeusement sur la route libre, quand la 
barrière du P. O. vous obligea à modérer la noble ardeur de vos H. P. Alors 
vous avez remarqué longeant la voie ferrée un chemin accueillant, et au 
bout, l’ombre d’une belle forêt, c’est Messarges. Conquis par la fraîcheur, 
vous vous y êtes aventuré à petite vitesse. Votre moteur a ralenti dans la 
côte comme pour vous mettre à même d’admirer plus & l’aise la belle forêt 
domaniale, ses arbres séculaires aux troncs majestueux, ses fougères et ses 
mousses, en un mot tout son charme prenant en ce beau mois de juin. 

« Puis tout à coup à l’orée vos freins ont gémi. Surpris par un étonnant 
spectacle, vous vous êtes arrêté, cependant que sautant de l’élégant torpédo, 
de fraîches toilettes multicolores s’alliaient à la beauté de la nature. 

• Voici derrière nous Messarges, sombre rideau de feuillage'vert, tout en 
bas, là-bas, l’Etang de Meillers aux eaux transparentes, vivant miroir du 
ciel bleu. Voici le Cbàteau des Salles et ses toits d’ardoises argentées par le 
soleil, au loin des carrières de quartz roses mettent une tache de lumière 
dans de noirs sapins. Voici Montifaut, la vieille demeure couverte en tuiles, 
et dont le porche au chef étrangement armorié se cache sous des frondaisons 
échevelées. Et plus à gaùche, au loin, les Côtes Matras, sûr asile des bar¬ 
tavelles. Noyant dans la fumée de ses mines, et plus près Pravier, la belle 
demeure précédée de ses jardins à la française qui ne sont qu un trait 
d'union entre lui et le paysage charmant où il s'encadre tout naturellement.» 
Voici Maître et sa tour, le vieux reitre paysan placé là en vigje. 

« Et enfin le centre, Meillers dans sa couronne de vertes prairies où 
paissent, indolents, les grands bœufs blancs du Charollais. Meillers, minus¬ 
cule jouet sur un tapis de verdure, avec sa belle église des x* et xii* siècles, 
ses chapiteaux byzantins, et le tympan de son portail si richement et si 
naïvement sculpté. 

■ Et comme pour donner plus de fraîcheur encore au paysage, au milieu 
de la place de ce tout petit village, se dresse une bruissante fontaine d eau 

ajche, pure, cristalline et chantante. » 


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W Exr.unsiox 


171 


Mais il n'cst si bons amis qui ne se quittent ; les bielles recom¬ 
mencent à trépide^ et la route à poudroyer. Quelques instants après 
uous descendons place (iaribaldi. * 

Ce n'est pas seulement le crépuscule d’un beau jour qui tombe 
lentement, c’est celui d'une bonne partie où le plaisir de contempler 
des sites et des monuments s'est allié à un sentiment plus altruiste : 
l'amour de notre Bourbonnais inspirant le désir d'en vulgariser les 
beautés, d'en révéler les coins ignorés, de lui susciter les nombreux 
admirateurs dont il est digne. 

E. Cxpelix. 


ŒITj ou aumance 




L’affluent du Cher, qui se jette près de Meaulne, est dési¬ 
gné sur les cartes modernes sous le iiom de t Aumance », 
alors que les documents anciens l’appellent « Œil », comme 
nous le montrerons dans la partie historique de cette étude. 

+ 

* * 


Superficie . — lie bassin de cet affluent du Cher occupe une 
superficie de 986 kilomètres carrés. Il est donc plus grand 
que celui de la Besbre, qui n’en a que 887. Mais la Beshre 
qui a environ 100 kilomètres de développement, est plus lon¬ 
gue que l’Œil, qui n’a que 65 kilomètres de développement. lie 
bassin de l’Œil occupe 18 environ de la superficie de notre 
département. 

Si l’on subdivise le bassin de l’Œil en: bas bassin (en 
aval du point où l’Œil, l’Aumance et le Bandais convergent) 
et bassin supérieur, on trouve que les bassins de ces rivières ont 
respectivement les superficies suivantes : 

Bas bassin de l’Œil : 212 kilomètres carrés. 


Œil supérieur: 396 kilomètres carrés, 
Aumance: 185 kilomètres carrés. 
Bandais; 195 kilomètres carrés, 


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<72 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


Et, si l’on réunit les bassins de l’Aum&nce et du Bandais 
(admettant que l’un est affluent de l’autre), on trouve 380 
kilomètres carrés, c’est-à-dire un chiffre inférieur de 16 kilo¬ 
mètres carrés à celui du bassin de l’Œil supérieur. 

y 

t * 


Longueurs el sources. — Le cours inférieur de l’Œil a 27 
kilomètres et sa partie amont 38 kilomètres, alors que l’Au- 
mance, proprement dit, a seulement 25 kilomètres et le Ban¬ 
dais, 27 kilomètres. Si l’on considérait même que la source 
du Bandais est le ruisseau de la Lande, on. trouverait même 
29 kilomètres. 

La source de l’Œil est à 500 mètres d’altitude, au pied de 
la colline de Bernat ou Tureau dé (’oupois (586 ni.), dans la 
commune de Beau lie, pendant que l’Aumance naît à 430 mètres 
d’altitude, au lieu dit le « Hasard ». tout près de Trongei et du 
Montet-aux-Moines, qui (1) domine cette source de 54 mètres. 
Quant au Bandais, il naît à 396 mètres au nord-ouest des côtes 
Matras (464 m.), c’est-à-dire au point où le Massif Central finit 

0 

et où commence la pénéplaine de Bourbon-1 'Archambault. 


* 

* i 


Profils. — H est très difficile de tracer «les profils exacts 
cl** ces diverses rivières, car le nivellement général de la 
France n’a pas placé de repères dans ce bassin (au moins à 
notre connaissance) et il faut souvent se contenter des cotes 
de la ('arte au 1/80.000® ou de son agrandissement au 
1/50.000°. En effet, la collection des cartes cantonales au 
1/40.000®, publiées sous la direction de M. Radoult de la 
Fosse de 1883 à 1885, est incomplète et les cantons de ‘Sou- 
vigny et d’Hérisson n’y figurent pas. Or, ces cartes sont les 
seules qui donnent les courbes de niveau, qui figurent sui¬ 
tes originaux de la carte dite de l’Etat-Major, et ces cour¬ 
bes, bien qu’étant seulement approximatives, sont cependant 
très utiles et le resteront tant que le cadastre révisé- ne don- 


(1) Renseignement fourni par M. Cendre, ingénieur de* T. P. E. à 
Bourbon-l'Archambault. 


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XX* Excursion 


173 


nera pas lb* nivellement on que des levés de précision ne se¬ 
ront pas exécutés dans notre département pour détermiuer le 
profils de nos cours d’eau. 

Malgré cette documentation incomplète (les topographe? 
du siècle dernier ont en effet; déterminé surtout les cotes des 
sommets de collines ou de montagnes et se sont peu occupés 
de calculer les altitudes des fonds de vallée, que l’on obtient 
difficilement par triangulation!, nous avons tracé les profils, 
qui figurent au bas de la carte jointe à cette note. 

On voit de suite que le profil de l’Œil enveloppe nettement 
ceux du ‘Bandais et de l’Aumance. Celui de .cette dernière 
rivière est enveloppé lui aussi par celui du Bandais. Or, la 
géographie moderne admet que. lorsque l’érosion a achevé à 
peu près de sculpter le modelé d’une contrée, le profil des 
affluents est toujours de pente plus rapide que celui de la 
rivière principale. C’est ce qui a fait ,dire à notre regretté 
compatriote Antoine Vacher: « En bonne logique, il faut 
considérer le Cher, jusqu’à son confluent -avec ,îa Tardes, 
comme un affluent de la Tardes (1). » 

V 

* 

* * 


Débits. — Il serait intéressant d’avoir des renseignements 
précis sur les débits de qps diverses rivières, sur l’époque, 
la durée, la fréquence de leurs crues, etc., de façon à pou- 
voir faire des comparaisons permettant do classer ces cours 
d’eau d’après ces divers éléments. Malheureusement les étu¬ 
des hydrométriques précises font, à peu près complètement 

• _ 

défaut, puisque MM. les Ingénieurs des T. P. E. de Bour- 

bon-l’Archambault, de VMontmarault, de Cérilly, du Montet 

# 

otles instituteurs d’Hérisson, de Cosne, de Louroux-üodemeut 
n’ont pu nous fournir que peu de renseignements. 

Dans son livre si intéressant « le Berry b, Antonin Vacher 
écrivait en 1908: 

« Le caractère torrentiel du Cher ne s’atténue pas entre 
Saint-Arnaud et Montluçon, en dépit d’une diminution de 


(1 ) Annale» de Giogr ., 15 nov. 1905, « le HauPCber, sa vallée, son régime », 
p. 402. 


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17i 


Société d’émulation du Bouhbonnai.s 


pente du thalweg (0 n ’,803 au kilomètre au lieu de 3 m ,74ü), il 
s'accentue plutôt. Cette recrudescence torrentielle est cau¬ 
sée surtout par l’Aumance, qui rejoint le Cher en amont de 
Saiut-Ainand. Les 041 kilomètres carrés drainés par l’Au- 
mance sont en terrain imperméable, la pente moyenne de la 
vallée de l'Aumance est de 3“,15 au kilomètre. Le débouché 
kilométrique mouillé (rapport entre la section de la plus 
grande crue, mesurée sous un pont, et la surface du bassin 
amont exprimé en kilomètres carrés, que Belgrand a défini 
dans son bel ouvrage sur la Seine) du pont le plus voisin du 
confluent, celui de Menulne, est représenté par la formule: 

S? 

Il est le même que celui du pont sur le Cher à Montluçon. 
Les crues de l’Aumance sont soudaines et violentes. L’af¬ 
fluent, long de 5(i kilomètres, est plus court que la partie 
de la vallée du Cher comprise entre la source du Cher et le 
confluent de l’Aumance: en temps de crue, le maximum de 
l’Aumance aura chance d’arriver à Saint-Arnaud avant celui 
du Cher. S’il est très élevé, il prédominera dans le chenal 
principal, à partir de Saint-Amand. S’il ^rencontre dans la 
vallée principale, le maximum du haut Cher, il renforcera 
celui-ci. S'il passe au confluent après le maximum du haut 
Cher, ce qui dort être plus rare, il s’ajoutera au débit de dé¬ 
croissance de la crue du Cher. Quelle que soit celle de ces 
trois hypothèses qui se réalise, il reste acquis qu’cn cqh de 
cru fi générale de tout le bassin du Cher, le point de départ du 
maximum doit être Saint-Amand. Ce maximum est un maximum 
torrentiel (1). » 

l)ans son appendice, M. A. Vacher donne les hauteurs 
maxitna suivantes de crues observées à Hérisson: 

15 février 1889 .;. 2*\20; 

17 février 1904 . l m ,50; 

29 mai 1890 . 2", 10; 

7 juin 1891 . l m ,30; 

l ,r novembre 1892 . 2"\90. 

(1) A. Vaches, le Berry, A. Colin, éJ., p. 409. 


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\X* Èxcuüsion 


175 


D’après les tableaux de crues donnés par M. Vacher, les 
crues sont subites et courtes. I>a première n’a dépassé un 
mètre que durant 2 jours, la seconde durant 4 jours, la troi¬ 
sième 0 ra ,90 durant 5 jours, la quatrième 0 m ,80 durant 4 
jours, la dernière 1 mètre durant 2 jours (1). 

M. H. Dul'al, instituteur à Cosne, nous a signalé que depuis 
11 ans lu crue la plus importante qu’il ait constatée s’est pro¬ 
duite en juillet 1916. L’Œil et l’Aumance auraient monté 
chacune d’environ 3 mètres. Les crues se produiraient sur¬ 
tout en février et mars. Elles ne dureraient que 24 ou 48 
heures. 

M. A. Vacher indique que l’Œil a, au pont de Bord (ouest 
de Doyet), un débouché kilométrique mouillé de l m ,08, qui 
correspond à un débouché de 112 mètres carrés et à un bassin 
supérieur de 104 kilomètres carrés (2). 

Le dictionnaire de la France, de P. Joannes (T. I. 1890, p. 
211) donne sur les débits de l’affluent du Cher, qui débouche 
près de Meaulne, les chiffres suivants : « eaux ordinaires, 
10 mètres cubes, étiage 450 litres, grandes crues, 600 mètres 
cubes, soit 1.466 fois l’étiage » (en réalité 1.333 fois). Mais 
que valent ces chiffres? Quelle est leur origine? 

Puisque les observations directes ne nous renseignent que 
fort mal sur le régime des divers cours d’eau dont nous nous 
occupons, voyons ,ce que nous donnent les observations plu- 
viométriques publiées. 

M. Angot, directeur du Bureau Central de Météorologie, a 
publié dans la partie « Mémoires » des Annales de ce Bureau, 
ainsi que dans les Annales de Géographie, des études assez 
poussées sur le régime pluviométrique de la France, dans 
lesquelles nous trouvons les précieux renseignements suivants : 

Voici les stations situées dans le bassin de l’Œil: 

Commentry, altitude, 391 mètres, 20 ans d’observations 
1891-1910; 

Montmarault, altitude, 483 mètres, 18 ans d’observations, 
1871-1888 ; 


(1) A. Vacher, le Berry, p. 501-505. 

(2) M., p. 514. 


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Société d’Emulation du Bourbonnais 



Sauvugny, 235 mètres, 6 ans d’observât ions, 181)0-1904. 

Cosne-sur-l’Œil, 230 mètres, 8 ans d’observations, 187G- 
79, 1882-85; 

Saint-Hilaire, 314 mètres, 8 ans /d’observations, 1882-86; 

Hérisson, 238 mètres, 31 ans d’observations, 1859-77, 
1883-94; 

Les Brays (près Vitray), 227 mètres, 13 ans d’observations, 
1898-1910. 

Et sur les lisières du bassin de l’Œil : 

Montaigut-en-Combraille (1.500 m. S.),. 625 m., 19 ans, 

1874-77, 1884-98. 

Cressanges (5 kil. E.) 428 mètres, 16 ans, 1885-97, 1908-10. 

Givarlais (3 kil. 700), 280 mètres, 9 ans, 1884-92. 

Montaloyer (près Ursay), 279 mètres, 7 ans, 1877-81, 
1883-84). 

M. Angot a ramené toutes les observations faites à la 
moyenne de la période 1851-1900, grâce à un procédé d’inter¬ 
polation qu’il a exposé en 1908 dans l’annuaire de la Société 
Météorologique de France, T. 58, pages 125-128. 

Voici un tableau extrait des Annales du Bureau Central 
météorologique de France (1). 


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69 





























W Excursion 


177 


Si l’on admet <|ut» l'altitude moyenne de ces II stations: 
31 10 mètres, correspond à l’altitude moyenne du bassin de 
l’Œil, cm trouve que ce bassin recevrait annuellement une* 
moyenne de 717 millimètres de pluie. 

Dans toutes les stations, le» mois de Juin est celui où il 
tombe le plus d’eau (de* 73 à 104 m/m et celui de lévrier est 
celui où il pleut le moins (de 37 à 48 “Y" 1 ). Octobre est un 
peu moins pluvieux que Juin (de 00 à 8ü m/m) et mai suit 
ensuite de près (58 à 85 m/m). Les écarts entre les divers 
mois sont surtout sensibles dans les régions hautes (45 et 
104 m/m à Moutaigut-en-Combrailles). 

M. Augot. n’a publié aucun renseignement sur le nombre 
des jours de pluie (à cause de la difficulté qu'ont les obser¬ 
vateurs pour enregistrer les pluies inférieures à 1 m/m) et 
sur l’importance des pluies mnxima en un jour ou dans lino 
période où il pleut tous les jours. 

Aussi les résultats météorologiques publiés ne nous per¬ 
mettent- guère de» prévoir quel est le régime lies cours 
d’eau ({lie nous voulons étudier. Seules des observations 
d’étiage, (ailes avec sain cl confimiitc , peuvent éclairer cette 
question fort inq>ortaiite pour l’étude des barrages destinés 
à fournir de la houille verte (1) et à alimenter le canal, qui 
unira un jour Moulins à Yallon-en-Sully en empruntant les 
vallées de la Queune ou du ruisseau de Marigny, la haute val¬ 
lée du Chumarcm, le ruisseau de Verne, le Bandais inférieur 
et l'Œil jusqu’à Hérisson. Ce canal présentera un gros intérêt 
pour Montluçon le jour où la concession houillère de Souvi- 
gny (accordée le 12 janvier 1022) sera en pleine exploitation; 
on espère en cIVct obtenir une extrac tion annuelle de 300.000 
tonnes. 


* 

♦ * 


Forcis. — lies hautes vallées de 
Bandais sont formées de terrains 
liens: granits, granulite, gneiss, 


l’Œil, de l’Aumance et. du 
cristallins ou eristallophyl- 
ou de grès argileux, par 


(1) D'après la carte Montant, en 1878, il existait 59 moulins ou mailleries 
dans le bassin de l’Œil, dont 18 sur l'Œil, 13 sur le ruisseau de Rongère, 
7 6ur celui de l’Etang, 5 sur l’Aumance, 4 surje Bandais et le ruisseau de 
Murat. Mais, combien de ces moulins ont disparu à l'heure actuelle ? 

ta 


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Société d‘Emulation du ËourbonKàIS 



suite imperméables, aussi les eaux pluviales ne pénètrent 
guère dan» le sol et vont rejoindre rapidement les thalwegs, 
provoquant ainsi des crues violentes, mais courtes. Les forêts 
de quelque importance: de l’Espinasse (913 hectares), de 
Dreuille (1.524 hectares), partie de Grosbois (environ 600 
hectares), de Soulongis (376 hectares), partie S.-O. de Trou¬ 
vais (environ 3.000 hectares), sont presque toutes dans les 
parties moyennes du bassin de l’Œil, ausi elles ne peuvent 
guère régulariser le régime de cette rivière et de ses affluents. 


Elurujfi. — La partie moyenne du bassin de l’Œil est 
occupée par des limons des plateaux, des alluvions favorables à 
la création d’étangs. Aussi, autrefois, le pays était couvert d’un 
grand nombre d’étangs, qui contribuaient à atténuer la violence 
des crues. Depuis un siècle, beaucoup de ces étangs ont été des¬ 
séchés. Aussi, si l’on compare la carte de Cassini avec les cartes 
actuelles, mises à jour au moyen de renseignements récents, on 
constate, entre Cosne et Meaulne, la disparition des étangs 
suivants: étang des Landes (30 hectares), desséché en 1904; 
étang de la Jojonnière, un petit étang, dans le même vallon, 
au pied du Lac (il semble que c’est l’étang Cornu); étang du 
Lis ou des Lys; étang de Salis (qui figurent tous deux sur le 
report sur pierre au 1/80.000* du département de l’Ailier, en 
4 feuilles, édité en 1867) ; trois petits étangs situés en aval de 
l’étang du Lis, sur le ris des Mazeau, un étang près du ch⬠
teau de Couture, un petit étang au sud de Yenas, l’étang de 
la Motte (au sud d’Hénsson), ainsi que deux petits étangs en 
amont dans ce même vallon, deux petits étangs dans la haute 
vallée de la Doure, près le Vilhain, un étang à l’ouest de la 
forêt de Soulongis (Soulanger de Cassini), un étang au nord 
des Arbres, sur le ruisseau la Louise, deux étangs dans le 
bassin du ruisseau de la Bouteille, trois étangs dans la vallée 
de l’Aiguesans, qui prend sa source à 168 mètres. Ce ruisseau 
a une pente moyenne de 19 m/m par mètre et son débit est 
très irrégulier, alors que le ruisseau des Planchettes (son 
voisin) eet régularisé, en partie, par l’action de la forêt de 


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XX " Exclusion 


179 


Tronçais, dans laquelle il prend sa source au rond-point de la 
« Font Hérault », à 250 mètres d’altitude. 

Cela fait 21 étangs desséchés sur une superficie d'environ 
125 kilomètres carrés, où il n’en reste plus que neuf. 

♦ • 

* * 


//apport probable des dêbils. — L’Œil et ses affluents supé¬ 
rieurs: ruisseaux de Saugière, de l’Etang, de la Chaux, de 
la Banne, descendent de hauteurs atteignant de 550 ^ 631 
mètres, alors que l’Aumance et le Bandais collectent des 
eaux provenant de collines hautes seulement de 420 à 503 
mètres, aussi son bassin qui, par ailleurs, est plus étendu 
que ceux de ces deux rivières, doit recevoir plus d’eau de 
pluie que l’Aumance et le Bandais, puisqu'il Montaigut-en- 
(’ombrailles (625 ni.) il tombe annuellement 830 m/m d’eau, 
alors que Montmarault (483 ni.) n’en reçoit que 717. 

Nous sommes donc en droit de conclure qu’au point de vue 
géographique, l’Œil est la vraie rivière .mère du bassin et 
cela, tant à cause de son profil, que de 1 l’étendue de son bas¬ 
sin, de sa longueur et presque sûrement du total des eaux 
q’il roule annuellement. 

Pour être complet, nous devons dire que les discussions 
concernant la branche mère d’un fleuve ou d’une rivière ne 
sont jamais closes, chacun donnant la première place à un 
argument qu’un autre met à un rang secondaire ou bien des 
faits nouveaux enregistrés ou discutés pour la première fois 
sont versés aux débats. 

Ainsi, pour la Saône et le Rhône, si Elisée Reclus écrivait : 

« En moyenne, le débit de la Saône représente le tiers de 
l» portée du Rhône, mais il est. arrivé pendant des crues ex¬ 
ceptionnelles, que le cours d’eau bourguignon a presque 
égalé le fleuve des Alpes. 

Portée de deux fleuves à Lyon, par seconde: 


Saône. 

Rhône. 


Maigres ordinaires 
60 m3 
250 m3 


Eaux moyennes 

250 ro * 

650 m3 


Crues extrêmes 
*. 000 m3 
G.000 mï 


Pendant les sécheresses d’été, la Saône est fort basse et 


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180 


Société d’Emulation du Bouhbonxais 


parfois elle n’aurait à Lyon qu’une niasse d’eau bien peu 
considérable, à peine 80 méfies cubes, si le lthône, gontlé 
par les glaces de la Suisse et de la. Savoie, ne venait alors re¬ 
fluer dans son courant. » (1). 



Vue de l'Aumance près Cosne 


Belin-Dollet. 


On trouve, par ailleurs, dans le dictionnaire de la France, 
de P. Jeanne (2) : 

a Saône, cours 4S2 kilomètres, (*-17 depuis la source «lu 
Doubs, soit au continent du Rhône, 48 de plus <|ue celui-ci et 
218, si l’on admet «jue c'est le Doubs qui a droit au rang de 
blanche mère... Débit à Lyon: maigre absolu, 22 mètres 
cubes, maigri' habituel, 55 à 00 mètres cubes, eaux ordinai¬ 
res, 250 mètres cubes; grandes crues, 4.000 mètres cubes, 
module (débit moyen déduit de tous les volumes de l’année, 

(I) E. Reclus la France, p. 369. 

(2; P. Joanne, Die. delà France, t. VI, p. 4 408. 


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XX e ExcrRsio* 


181 


432 mètres cubes)... D’après les mensurations les plus ré¬ 
centes, ou en tous cas autrement conduites, la Saône aurait 
Davantage comme module ou compensation définitive de tous 
les débits du 1 er janvier au 31 décembre. S’il faut en croire 
M. A. Breitmayer (Le Régime des Eaux dans le bassin du 

Rhône) le débit moyen du fleuve «à Lyon est de 325 mètres 

♦ 

cubes par seconde et celui de la rivière de 440 mètres cubes, 
supériorité (pie la Saône devrait au nombre, à la puissance, à 
la longueur de «es crues dans le courant de l’année » (IL 

Dans combien d’années aurons-nous des données certaines 
sur le module moyen (portant sur 30 ou 50 ans) de l’Œil, de 
l’Aumance et du Bandais? 


*** 


Point do vue historique. — Examinons maintenant la ques¬ 
tion au point de vue historique. Peut-être 1<‘ problème sera- 
t-il moins embrouillé et par suite plus facile à résoudre. 

Que trouve-t-on sur les cartes manuscrites et imprimées ? 
Que relève-t-on dans les actes publics et privés, dans les ma¬ 
nuscrits, les livres et les publications diverses? 


★ 

* * 


Cartes. — A. Vacher, dans 
sur le « Rerry », en étudiant les 
vince nous apprend: 


le chapitre 3 de 
anciennes cartes 


son ouvrage 
de cette pro- 


1°. — Que sur la carte de Jean Jolivet, de 1545. on voit 
figurer l’Œil (2), qui. est orthographié Oeul (3). 

2°. — Que Jean Ohaumeau, dans sa carte du Berry, de 1566, 
écrit aussi Oeul (4). 

3°. — Que Gérard Mercator, dans sa carte « Berry Ducatus », 
de 1585, a commis une erreur que Vacher qualifie de carac¬ 
téristique: « Les cartes ultérieures, dit-il, ne cessent, en effet, 
de îa reproduire. Entre Saint-Amar.d et Montluçon, l’Au- 


(1) P. Joanne, Die. de la France , t. VI, p. 3.857. 

(2) Le Berry, p. 72. 

(3) ld., p. 76. 

(4) ld ., p. 88. 


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182 


Société d’Emclation du Bourbonnais 


mance rejoint, ù droite, le thalweg du Cher. Un peu avant son 
confluent avec le Cher, l’Aumance reçoit, à gauche, un ruis¬ 
seau, l’Œil. Le thalweg dei l’Œil est orienté nord-sud, comme 

ê 

celui du Haut Cher et, pendant un certain temps, il se dé¬ 
veloppe parallèlement au thalweg du Cher. Jean Chaumeau, 
pour bien distinguer les deux thalwegs, dans la partie où ils 
sont parallèles l’un à l’autre, a pris soin d’inscrire sur l’un 
Cher, sur l’autre Oeul. Mercator s’est contenté d’une indi¬ 
cation unique, il n’a retenu que le mot Cher, mais l’a attribué 
nu thalweg Œil-Aumance. » (IL 

4) . — Que 6 cartes, comprises entre 1365 et 1666, répètent 
l’erreur relevée ci-dessus. Mais, « la carte de Jean Blaeu (1635), 
éditée à Amsterdam, est exempte de cette erreur: le thal¬ 
weg de l’Aumance et de l’Œil est nommé Cejul fl.. On restitue 
sous cette faute du graveur la graphie correcte (Eil * (2). 

5) . — La carte du diocèse de Bourges (4 feuilles, 1656, édi¬ 
tion 1678) de Nicolas Sanson, est à plus grande échelle que 
la carte des rivières de France. On a donc pu y noter, à côté de 
rivières importantes, des cours d’eau secondaires : l’Aumance, 
affluent du Cher, et l’Œil, affluent de l’Aumance, sont dessinés 
e* nommés. Le Haut Cher est, au point de vue de l’onomastique, 
bien distingué de l’Aumance » (3). 

Sur la carte du duché du Bourbonnais de Nicolas de Nicolay, 
de 1560, dont l’original sur vélin se trouve à la bibliothèque de* 
Clermont-Ferrand (elle a été reproduite dans l’ouvrage du comte 
d’Trisson d’Hérisson), on voit le nom «l’Œil, en amont d’Héris- 
son, alors que le cours supérieur de l’Œil, en amont du ruis¬ 
seau de Hongère (appelé T réville par Nicolay) n’est pas figuré. 
On doit noter que la rivière de Buxières-les-Mines est appelée 
« Bande* » par Nicolay. La carte du duché de Berry de 1557 
porte « Oeul fl. » en aval de Cosne, à hauteur de A enas. 

Sur la carte de Juillet de 1700 « l.u Générait h 1 de Moulins », 
on ne voit aucun nom de rivière dans tout le bassin de la ri¬ 
vière d’Hérisson et Chasteloy est placé à une demi-lieue de 
France, a l'est «h* celte rivière, 


(Il l.e Berry, p. 91. 
(2} hi , p. 91. 

<3> fd., p, 


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XX 8 Excursion 


m 


Au contraire, sur la carte du même éditeur, intitulée : 
« Province de Berri/ ». parue en 1707, le nom du Cher se trouve 
une première fois en; amont du confluent de < Tarde » (sic) et 
en amont de Valigny. réseau hydrographique du bassin de 
l'Œil est beaucoup plus complet que sur la carte de 1700. Le 
cours supérieur de l’Œil y figure et, entre Chastelay (sic), 
placé cette fois près de la rivière et Meaulne, on trouve le nom 
c Oeuil ». Il est à noter que la carte de 1700 porte t Caune » 
(sic), alors que celle de 1707 porte « Cosne » (1). Ces cjiffé- 
rences montrent que de nouveaux documents ont été utilisés 
par Jaillot, pour sa carte de 1707. 

La carte de Cassini (feuille 11) porte en aval de St-Pierre de 
Chateloy c l’Aumonse » (sib), alors que la feuille 50 au sud 
de Tortezais porte « l’Omance » (sic), et sur la feuille 51, 
au nord de Murat, près du moulin c le Feuillau », le nom de la 
rivière est orthographié « 1* Aumanee » (sic). 

Depuis, la carte au 1/80.000®, dite de l’Etat-Major, et ses 
dérivées, ainsi que presque toutes les cartes du xix® siècle, por¬ 
tent l’Aumance ou Aumanee en amont et en aval d’Hérisson. 

Mais, la carte, dressée sous la direction de M. l’ingénieur en 
chef Montaut, de 1877 à 1879, au 1/80.000®, en couleurs, porte 
« l’Œil » au sud de Meaulne et au nord de Yenas. M. Montaut 
a tenu compte des constatations faites en 1875 par M. l’archi¬ 
viste Chazaud dont nous reparlerons plus loin. 

Dans la seconde édition (1896-1905) de cette carte, M. l’ingé¬ 
nieur en chef Doërr, qui l’a révisée avec soin et l’a notablement 
complétée, est revenu à l’appellation courante du xix® siècle et 
a inscrit le nom de l’Aumanee, en amont et en aval d’Hérisson. 

* 

* * 

Manuscrite et imprimée. — Dans les manuscrits, qui ont été 
imprimés et édités par la suite, nous relevons: 

c L’Œil prend sa naissance aux montaignes de Combraille 
à quatre lieues de la Montégu d’une fontaine appelée oeil en la 
parroisse de Quartier: il descend à Colombier, à Malicorne, à 

(1) Cosne-sur-l'Œil a été débaptisé officiellement en 191i et porte in*intç- 
ppnt le non de Cosn^ d'^Uiép 


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184 


Société d’Emülation du Bourbonnais 


Coininentry permisse île Bourbonnais entre les maisons no¬ 
bles de Bord et du Bouchât, passe à Donevlile, à Jonzny, à 
Sauveny-le-Contat et soubz le pont île Cosne et de là soubz 
Venax et soubz le pont île la ville d'Hérisson à la Koehe Au- 
tlion au Creu et ung quart de lieue au-dessoubz de Meaulne elle 

entre dans ('lier. » ( 1 ) 

% 

Dans son manuscrit de 1014, l'enquêteur, FerauH-Daignet. 
écrivait : 

« Le Deur (sir) est le plus grand ruisseau du Bourbon- 
nays, lequel a son origine des montaignes de Montaigu en 

Combrailles. et passe soubz les ponts du bourg de Cosne, 

h Venax et soubz les ponts de la ville d’Hérisson et entre dans 
Cher à ung quart de lieue au-dessoubz de Meaune. 

« Le ruisseau do Bande (2) soit de la parroisse de Troujet, 
passe à Maltaverne, vilage sur le chemin de Montluson, puis 
se joinct. proche Beaulie (•$), avec ung aultre ruisseau nommé 
Aumance qui vient de Chavenon et tous deux entrent dans le 
grand ruisseau ou rivière du Deur au-dessoubz de Cosne » (4). 

Lt plus loin: « Hérisson qui contient 200 feux. Elle est bas- 
tic entre des roehiers, et au pied de son mur, du costé du so¬ 
leil levé et bize, passe le grand ruisseau de Deur .» (5). 

En 1051, la Gazette de France en donnant des détails sur la 
prise du château d’Hérisson par le comte de St-Géran, ajoute: 
« il (le château) est situé sur un roc vif lavé do la rivière 
d’(Euf » (mauvaise orthographe de (Eil) (0L 

En 1080, l’intendant Florent d’Argouges, dans son procès- 
verbal de la Généralité de Moulins, page 181 (édition A. 

Vayssière), écrivait : Meaune. les rivières d’Œil et du 

Cher s’y joignent. » 

En 1007, l’intendant Le Vayer, écrivait à son tour: « Hé- 


(i! Description du /bourbonnais par Nicolas de Nicolay. 1569, édition du 
comte d'Irisson d'Hérisson, p. 18. 

(2) Bandais. 

(3) Erreur de copiste, sans doute Cosne. 

(4) La Topographie du Duché de Itourbonnais, par J. FeraULT-Daignet, 
in. Rev. liourbonnaise , 1888. p. 356-357. 

(5' IdRevue bourbonnaise, 1887. p. 14 et 15. 

(6} Reproduit dans fiérisson, de C. Grégoire, liul. Soc. d'Etnul. 1921, p. 3. 


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X\“ Evxhsio* 


185 


lisRon est une petite ville asses jolie, bien fermée de murs et 
commandée par un vieux château, qui a été tout démoli, arro¬ 
sée par In petite rivière d’Œil (page 88 édition Flament). 

Par contre, dans l’Ailier pittoresque, de Jolimont, on trou¬ 
ve : « Hérisson. — Petite ville sur la rive droite de l’Au- 


1 mince » (1) et « Cosue. — Bourg, un des plus considérables 
du Bourbonnais, au confluent des rivières de l’Oeuil (sic) et 
do l’Aumnnce. » ri). Cette graphie du nom Œil, est à rappro¬ 
cher de celle des premières cartes: Jnlivet. ('haumeau, Juillet. 

Du n s sa petite Géographie de l’Ailier, Alarv, en 1851, dit 
ijtio : « l’Aunmnce se jette dans le Cher, après s’être grossi du 
Mot’gon et de l’Œil (p. GG). 

Ravelir dit ntt contraire: « l’Œil est bien la branche mai- 
% 

tresse et l’Aumnnee n’est que son affluent b (G) et il s’appuie 
sur l’autorité de l’archiviste Chnzaud qui, pour lui, a tranché 
la question au point de vue historique. Mais, il ne discute pas 
cette question au point de vue géographique. 

Dans une communication, faite à la Société d’Emulation, le 
28 juillet 1876, Ohaxaud disait, en effet : « L’erreur, qui ap¬ 
paraît poilr la première fois dans lu carte de Cassini (4), a 
passé sans difficulté dans celle de l’Tltat-Major, où, du reste, 
le confluent n’est pas indiqué avec toute la netteté désirable, 
et au-delà, dans toutes les cartes usuelles de l’Ailier. Jo n’ai 
pas eu la feuille correspondante de la carte de Capitaine, mais 
je me crois en droit d’y signaler cette inexactitude, car elle 
se retrouve dans la carte du Génie en quatre feuilles (Paris 


1840), qui n’en est qu’une réduction— Une chose bien cer¬ 
taine, c’est qu’à toutes les époques, depuis le temps où a été 
rédigée la légende de saint Prineipin, qu’on suppose avoir 
vécu vers la fin du v c siècle (475-480P), on a cru et continué 
de croire dans le pays que c’est l’Œil et non l’Aumanoe qui 
passe encore à Venus, Hérisson, etc., et se jette danà le Cher 


(1) Martial-Place, éd , Moulins, 1852, page 20 de l'arrondissement de Mont- 
luçon. 

(2) Id., p. 22. 

(3) L'Allier, de I. A. Rayecr 1892, p. 18. 

(4) Si l’on en croit M. A. Vacher (voir la citation ci-dessus). I Aumance 
aurait été désignée pour la première lois comme affluent du Cher dans la 
carte du diocèse de Bourges, de Nicolas Sanson 1656, 


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186 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


à Meaulne. J’ai relevé, soit dans des aveux, soit dans des ter¬ 
riers d’Hérisson aux archives de l’Ailier, plus de 50 actes 
notariés du xnT au xvuT siècle, qui sont tous unanimes sur 
ce point. Pas un ne nomme l’Aumance comme passant à Hé¬ 
risson: Nicolay, Dulaure, Coiffier-Demoret, etc., ne sont pas 
moins affirmatifs, ainsi que les cartes de Jaillot, et une carte 
manuscrite de la Généralité de Moulins, dressée naturellement 
avant 1792. Bien plus, en 1791-94, le Commissaire de la Con¬ 
vention, en mission dans l’Ailier (Bul. Soc. d’Emulation, T. 
12 , p. 890)) dit s’être rendu à l’usine de la Papeterie, située 
dans la commune de iVenas, sur la rivière d’Œil, et, en ven¬ 
démiaire, an xn (sept-octobre 18041, les maires de Venas, 
d’Hérisson, Vallon et Meaulne, en réponse aux questions qui 
leur étaient posées par l’administration, sont unanimes à met¬ 
tre l’Œil et non l’Aumance au nombre des rivières qui tra¬ 
versent leurs communes. En 1809, enfin, dans les plans dressés 
pour une affaire concernant l’usine de Tronçais, M. Moitié, 
géomètre de première classe, employé au cadastre, soumet à 
l’ingénieur de l’Etat, qui l’approuve, une carte du pays com¬ 
pris entre Hérisson, Vallon, Meaulne et Cérilly qui est tra¬ 
versée par l’Œil. 

Qui donc est tombé dans l’erreur ? Faut : il croire que de¬ 
puis le ix® ou x* siècle, les habitants se sont continuellement 
mépris sur le nom qu’ils auraient dû donner au ruisseau sur 
les bords duquel ils vivaient? ou, parce que Terreur de Cassini 
a fait depuis “un assez beau chemin dans le monde, faut-il 
condamner les géographes, écrivains et notaires qui sont morts 
avant la publication de cette carteP. » (1). 

Coupas, dans sa Géographie de l’Ailier (1897), ne fait au¬ 
cune allusion à la question historique, mais envisage le pro¬ 
blème au point de vue géographique et écrit : « Des quatre 
cours d’eau: l’Œil, l’Aumance, le Courget (2), le Bandais, qui 
viennent, verser leurs eaux presque au même point en aval de 

(1) De quelques noms de lieux et de rivières. Dut. Soc. d'Emul. t. XIV, 
p. 371-373. 

(2) C’est le nom que donne Cassini au ruisseau qui coule du Nord au Sud 
entre le Vilbain et Louroux-Bourbonnais. La carte au 80.000* ne lui donne 
aucun nom et la carte Montaut l’appelle ruisseau dç Doure, du nom d’up 
moulin, situé en face le Vilbain, 


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\\* Excursion 


187 


Cosne, l’Œil est <le beaucoup le plus important. Son bassin 
surpasse n lui seul ceux des trois autres réunis. C’est pour 
cette raison que la belle carte dressée par le service des Ponts 
et Chaussées maintientl le nom de l’Œil à la rivière d’Hé- 
risson » (1). 

Dans le Dictionnaire le la France, de 1. Joanne, volume V 
(1899), p. 3.031, à l’article Œil, on trouve: c Au confluent, 
l’Œil a plus de 40 kilomètres, l’Aumance, 30 à peine. lie bas¬ 
sin de l’Œil à 40.000 hectares, celui de l’Aumauce, 37.000. 
L’Aumance est-elle réellement plus forte que l’Œil, la chose 
n’est pas absolument sûre. En tout cas, elle impose sa direc¬ 
tion à l’Œil et elle lui impose son nom, 11 moulins à farine, 
4 mailleries à chanvre, 3 foulons. » Ces mailleries et ces fou¬ 
lons ont dû disparaître. 

Dans une note du 15 juin 1922, notre confrère, M. J. Wal- 
ther, a communiqué à la Société d'Emulation (séance du 3 juil¬ 
let 1922), une foule de renseignements fort intéressants qu’il 
a colligés dans les archives locales. Il cite notamment : 


1° Un acte notarié du 19 février 1686 où se trouve le passage 
suivant : « achètent une maison et dépendances, sise à Héris¬ 
son, faubourg de la Va renne, plus un glacis rejoignant Ta ri¬ 
vière de l’Œil. » 

* 

2° Une délibération du Conseil municipal du 15 janvier 1791 

dans laquelle il est dit : « Le territoire de la commune d’Hé- 
risson est ainsi sectionné. et au Midy par la rivière 

d’Œil: > 

3° Une délibération du 19 Nivôse an VII, concernant l’u¬ 
sage de bateaux appartenant aux propriétaires du moulin d»* 
Couture, du domaine des Jardins, de la Grivolée, etc., porte en 
son article 1° : « Il sera fait défense à tous les citoyens pro¬ 
priétaires de bateaux sur la rivière d’Œil, ressort de ce canton, 
de se servir des dits bateaux que pour leur usage particulier. » 

4 ° Une délibération du 11 décembre 1825, règle l’emploi 

% 

« d’une partie des matériaux à la construction du pont de la 
ville, établi sur la rivière d’Œil... » 

5° Une délibération du conseil de fabrique d’Hérisson dù 


(I) P 22, 


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188 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


28 novembre 1852 où se trouve le passage suivant : « cette 
ville.... pincée dons un étroit bassin, entouré de montagnes es¬ 
carpées, et traversée par le torrent de l’Œil, qui la sépare en 
doux parties. » 

Mais, un. décret du président de la République, du 23 jan¬ 
vier 1861, autorisa la commune d’Hérisson à emprunter 10.000 
francs pour l’établissement d’un pont sur l’Aumance. 

Enfin, M. Walther montre l’importance de deux noms pro¬ 
pres : Moulin de Gastœil et Ohâteloy. 

1 ° Le Moulin de Gastœil se trouve à 200 mètres en amont 
du pont d’IIérisson, et une rue de la ville porte ce nom. M. 
Walther fait remarquer que, d’après Littré, œil se dit en pro¬ 
vençal : Olh, O/, OUI. Huelh, Huel , Uel. Vil et en bourgui¬ 
gnon Eitille , ce qui expliquerait les graphies de Jean Jolivet, 
de Jean Ohaumeau, de Jaillot, notamment, et que, toujours 
d’après Littré, gué se dirait en piovençal • Ga, Gah r Gua. dont 
l’origine serait le mot sanscrit Gadha , signifiant passage. Dans 
ces conditions; Gatœuil (manuscrits de 1230, 20 février 1438, 
1512, 1521) et Gntueil (16 décembre 1700) signifierait: gué 
de l’Œil, ce qui prouverait bien que la rivière d’Hérisson s’ap¬ 
pelait autrefois Œil. 

Tl est à noter que Chazaud, dans son dictionnaire des noms 
de lieux habités de l’Ailier (1881) cite le nom: ■ le Gat » cinq 
fois, dans le» communes de Benune, Blomard, Ohantelle, Lou- 
roux-Bourbonnais, 8azere»t. A Chantelle, c’est un moulin, sur 
la Bouble, qui s’appelle le Gat. 

2°. — D’après M. Walther, l’étvmologie de Ohâteloy serait 
Ohâtel et Oill. Sa signification serait donc Château sur l’Œil. 

M. Walther a trouvé ce nom de Chasteloy dans desr actes de 
1221, 12G4, 1301, etc. 

Il ajoute: « Sur quels documents Cassini s’est-il appuyé pour 
donner à la rivière d’Œil l’appellation d’Aumance, puisque 
toutes les pièces dont la teneur a été reproduite plus haut, ne 
font mention que de l’Œil P 

Une seule version peut trouver créance, la voici : 

Il résulte de divers actes, confessions, terriers, sacqs, etc, 
que la collégiale du chapitre de Saint-Sauveur bénéficiait ou 
était possesseur de revenus et d’immeubles en amont et en 

/ 


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XK' Excirsiom 


189 


aval d’Hérisson : des moulins des Cassons, près du c Saut du 
Jjouj) », jusqu’à Chasteloy et au delà. Aussi, le poisson de la 
rivière constituait-il les revenus de la mense du chapitre de 
Saint-Sauveur, et cette partie du cours d’eau sur lequel étaient 
situés les moulins devS Cassons, des Foucald, des Jardins, de 
Gateieul, de Crochepot, de Renaud, de la Roche, était-elle 
appelée 1’ « Eau de la Mense, et par corruption l’Aumonse ». 
Ce nom se retrouve sur le plan cadastral de Hérisson. 


* * 


Faut-il conclure, avec M. Walther, que, conformément à 

l’histoire et, nous ajouterons, à la géographie physique, on 
doit demander au Service Géographique de l’Armée, au Minis¬ 
tère de l’Intérieur, à celui des Travaux Publics de faire dési¬ 
gner officiellement la rivière d’Hérisson par le nom d’Œil? 

Depuis bien^t 141) ans, la majorité des cartes (pour ne pas 
dire la quasi unanimité) ont adopté le nom d’Aumance pour 
ce secteur de rivière. D’un autre côté, les peintres de l’école 
d'Harpignies ont popularisé ce nom d’Aumance dans le monde 
entier. N’est-on pas en droit de dire qu’il y a prescription? 

Si la seconde édition de la carte Montaut, révisée par 
M. Doërr, avait, maintenu l’appellation d’Œil, que Chazaud avait 
démontré être la vraie au point de vue historique, nous serions 
disposés à combattre cette théorie de la prescription, car elle 
aurait coutre elle l’opinion invariable de l’Administration 
Départementale, mais il n’en est rien et, devant le grand nom¬ 
bre de documents imprimés de la période contemporaine, imi¬ 
tant la dénomination « Aumnnee », nous sommes prêts à 
admettre cette appellation de façon définitive. 

Cependant il était nécessaire de préciser les faits et de montrer 
que nos ancêtres avaient adopté une dénomination conforme à 
la géographie physique, que nous devons abandonner par suite 
d’une erreur qui a acquis, pour ainsi dire, force de loi. 


20 novembre J 022. 


Georges BrueL. 



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* 





Quelques Notes 

SI H 

Hérisson 

et Meillers 

% 


Vue du pont et des ruines du château d*Hériseon 

(Jcisin de M. E. Dclaigue, d'après une aquarelle d’Har pignics) 


Désireux d’ajouter quelques notes au compte rendu pittoresque de 
M. Capelin et au travail dans lequel M. Georges Brucl établit une 
fois de plus, après MM. C. Grégoire et Walther (^, que l’Œil passe 
à Hérisson, le Directeur du Bulletin a fait appel à mon concours. 
On ne résiste pas aux insinuantes objurgations du confrère Géncr- 
niont. Encore qu’elles me soient parvenues un peu... in extremis, 
j'ai acquiescé. De là ces notes hâtives, trop hâtives. Mais, qu’allais-jc 
dire après le Hérisson de notre regretté confrère M. C.‘Grégoire, 
publié, ici même, en 1920-1921? 

Si consciencieuse qu’elle soit, l’œuvre de M. Grégoire est incom¬ 
plète. Nul doute qu'avant de la tirer de son portefeuille, il ne l’eût 
révisée, mais Dieu lui lit trop tôt le signe auquel nul ne résiste. 

Puisque, couché dans la tombe avant d’avoir pu mettre la der¬ 
nière main à son œuvre, il ne lui a pas été donné d’écrire une mono¬ 
graphie d’Hérisson, je vais m’efforcer de donner quelques indications 
sur divers points. Peut-être seront-elles à leur tour utilisées, 
sûrement complétées, voire rectifiées par un futur historien d’Hc- 
risson, résolu à reprendre l’œuvre de M. Grégoire et à la para¬ 
chever. 

Nous allons donc parler ensemble, rapidement : des sources de 
l’histoire d’Hérisson ; de familles qui en ont porté le nom ; de quel¬ 
ques faits relatifs au passé de cette antique petite ville et terminer 
par un essai d armoriai hérissonnais. 


(1) Hulletin, 1920, p. 26 ; 1922, procès-verbal de la séance du 3 juillet. 


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XX* Excursion 


191 


Sources de l’Histoire d’Hértsson 

Sous cette rubrique, je n’entends parler que des sources manus¬ 
crites qu’un chercheur peut trouver et consulter, soit à Hérisson, 
soit à Moulins, aux Archives départementales. 

m « 

* * A HÉRISSON 

A Hérisson on consultera tout d’abord les archives municipales. 
Elles comprennent : 

1° Registres paroissiaux d’Hérisson, remontant à 1569 (baptêmes) ; 

2° Registres paroissiaux de Chàteloy, remontant à 1592 (baptêmes). 
Les cinq premières lignes sont illisibles. A la sixième ligne est relaté 
le baptême par le vicaire dudit lieu, de « Phelip Clemansson (ils de 

« Philibert. parrin et marrine Phelip Pulvant et Katherine 

« Malochet, tous parrochiens de Chastclloy, le xxvj* julhet 1592. 
« Signé : Southon. » 

Dans une monographie complète d’Hérisson, ces registres parois¬ 
siaux devraient être analysés, comme M. Claudon l’a fait, dans le 
premier volume de E. Supplément des Archives de l’Ailier, arron¬ 
dissement de Moulins, pour les paroisses ou communes de cette 
circonscription. 

3° 27 mars 1659. Arrêt du Conseil d’Etat accordant 3.000 livres 
au chapitre d’Hérisson pour la réparation de son église abîmée par 
les canons du château dont s’était emparé « le party contraire (1) ». 

4° 7 décembre 1725, 14 août 1748, 9 août 1749. Trois pièces con¬ 
cernant la paroisse de Chàteloy.. 

5° 5 août 1783. Lettres patentes de Louis XVI. 

6° 14 décembre 1737. Copie de la fondation faite en la ville d’Hé¬ 
risson de deux frères clercs pour l’instruction gratuite des garçons 
d’Hérisson. 

7* 1737 ; 1750 ; 1/59. Trois pièces concernant les écoles charitables 
de garçons â Hérisson. 

8° Registres de délibérations d’Hérisson. 11 février 1790-4 avril 
1793, (A noter en particulier, l’attroupement du 26 mai 1790.) — 
6 avril 1793-13 messidor an IV. — Frimaire an IV-messidor an IV 

(i) Allusion évidente aux faits de guerre de la Fronde dont Hérisson tut le 
théâtre. 


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102 


Société d'Emulation du Bourbonnais 


(municipalité du canton d’Hérisson). — 9 ventôse an V - février 
1838 (jusqu’en floréal an VIII, ce sont les délibérations de l’admi¬ 
nistration municipale du canton d’Hérisson). — Kegislre pour ser¬ 
vir à inscrire tous les actes délibératoires cl procès-verbaux d’assem¬ 
blées primaires du canton d’Hérisson 16 mai 1790 - 10 germinal 
an VII. 

« Registre pour servir à inscrire les pétitions, avis et arrêtés tant 
de l’administration centrale du département que de celle municipale 
du canton d’Hérisson ». Ventôse an V -pluviôse an VIII. 

« Second registre des délibérations et arrêtés de la Société popu¬ 
laire du canton d’Hérisson, établie le 6 novembre 1793 », terminé le 
30 nivôse an III ; 

9° Manuscrit du xvm c siècle intitulé : « Extrait de dilTérens papiers 
de l’église collégiale de Saint-Sauveur d'Hérisson, contenant les 
fondations faites audit chapitre depuis son établissement jusques et 
y compris l’année mil sept cent douze. » 51 feuillets. 

Ce manuscrit dit notamment : 

« L’église collégiale de Saint-Sauveur d’Hérisson a eu, dès son 
« origine, pour bienfaiteurs les anciens seigneurs de Bourbon, sui- 
« vant dilTérens titres et indices cy-après, qui se trouvent dans les 
« archives de laditte église. L’un de ces titres et le premier que l’on 
« trouve sont des lettres données par Archenbaud VIII dont s’en- 
« suit la teneur : 

« Ego Archembaldus, dominas Borbon noliim facio universis prtc- 
sentibus et fnturis qnod dedi in perpétuant cleemosinam etc... » 
( 1221 ) ( 1 ). 

On y trouve aussi mention d’obits cl de fondations, du plus grand 
intérêt pour l’histoire de la collégiale (2). 

Archives hospitalières. — Hospice d’Hérisson. Ces Archives ont été 
utilisées, par notre confrère M. Louis Montagne, alors notaire à 
Hérisson, pour son article « L’Hôpital d'Hérisson », dans les Annales 
Bourbonnaises, t VI, p. 225 et suiv. 

Eufin, il ne faudra pas omettre, si possible, les Atchivcs nota¬ 
riales, 


(1) Actc connu. Voir Huii.hard-Bréiiolles, Inventaire des titres de la 
maison Je Bourbon . 

(2) C’est de lô que semblent tirés les renseignements fournis par le cha¬ 
noine Moret, dans les Paroisses BourbonnaiseSy t. IV. 


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ï 


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* 


XX* Excursion 


m 


Les recherches y sont longues et pénibles, non que les notaires 
ne fassent en général bon accueil aux chercheurs, mais parce que le 
plus souvent, les vieilles archives notariales, entassées poussié¬ 
reuses dans des greniers, sont parfois mal classées et en des locaux 
où il est difficile de travailler commodément. Le chercheur doit 
donc être patient, tenace, ne pas craindre sa peine, ne redouter ni la 
poussière, ni les toiles d’araignées. Parla force des choses, ce n’est 
pas partout que l’on peut trouver des archives aussi bien classées et 

faciles à consulter qu’à la Chambre des notaires de Moulins. 

« 

A MOULINS 


Archives départementales. 

Série A. 91 à 99, divers terriers, fragments de terriers, lièves et 
baux de la châtellenie d’Hérisson depuis 1457 au moins, jusqu'en 
1790. 


On sait quels précieux renseignements de toute nature renferment 
les terriers. Cette source d'information parait avoir été négligée 
jusqu’ici par les historiens d’Hérisson. Il y aurait donc lieu de dé¬ 
pouiller ces documents avec un soin méticuleux, pour en extraire la 
substantifique moelle. 

Série B. Châtellenie d’Hérisson. Audiences de 1673 à 1790. N°* 1 
à 97. 


Insinuations : 1672 à 1736 et 1772-1774, n* s 98 à 113. 

Registre du criminel : 1676-1678, n° 114. 

Enregistrement des saisies réelles : 1719, n° 115. 

Registre des enfants trouvés : 1776 à 1779, n° 116. 

Registre des défauts de comparution : 1673 à 1679, n° 117.- 
Sentences, procès-verbaux et autres actes judiciaires : de 1650 à 

1790, n 03 118 à 133. 

Déclarations de défrichements : 1766 à 1789, n os 134, 135. 

Série C. Généralité de Moulins, bureau d’Hérisson. Contrôle des 
actes : de 1693-1791, n"“ 77 et suivants. 

Série G. Paroisses. Hérisson, pièces diverses : 1725-1727, liasse 
LXXIII. 

Pour qui ne craindrait pas d’aborder la période révolutionnaire et 
ses suites, les séries L et Q seraient à explorer et, guidé par notre 
complaisant archiviste départemental, le chercheur ne perdrait ni 
son temps ni ses peines. 

i3 


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En ce qui concerne les fiefs et les familles de la châtellenie d’Hé¬ 
risson. la collection des Gozis, aux Archives de T Allier, sera utile* 
ment consultée, mais le chercheur ne devra pas se borner, comme 
on le fait trop souvent, à copier servilement les dossiers. Il lui 
appartiendra de compléter des Gozis. de le rectifier au besoin. Le 
regretté des Gozis n’a jamais eu la prétention de tout savoir. Son 
travail, si considérable, donne une base, un point de départ, et il 
reste â ceux qui, venant après lui, ont à cœur d’être exacts, cons¬ 
ciencieux et complets, autant que possible, de perfectionner son 
œuvre. 

Après ce résumé sommaire de nos principales sources provin. 
ciales d’une histoire d’Hérisson, on m’excusera de ne pas aborder 
la nomenclature des imprimés. Cela nous entraînerait trop loin et 
du reste, soit dans le travail de M. Grégoire, soit dans les pages 
suivantes, beaucoup de ces sources se trouvent indiquées. 

Familles du nom d’Hérisson 

De Hérisson. — Celte vieille maison noble porta le nom de la ville 
d’Hérisson, sans pourtant jamais en avoir eu la seigneurie. Prenait* 
elle son nom de cette ville, qui serait son pays d’origine? Le tirait- 
elle d’une autre terre du nom d’Hérisson ? Sub judice lis est. Tou¬ 
tefois, comme cette maison fut précisément possessionnée en la ch⬠
tellenie d’Hérisson, l’hypothèse la plus vraisemblable, à mon sens, 
est qu’elle a emprunte son gentilice à son lieu d’origine, à la ville 
d’Hérisson, d’abord du Berry, puis du Bourbonnais. 

Voici le peu que l’on sait sur ce lignage, depuis longtemps dis 
paru. 

D’abord, Jehan de Hérisson, chevalier, capitaine châtelain de 
Montluçon en 1369. Le 4 juillet audit an, il fit serment de maintenir 
les privilèges des habitants de Montluçon et de les en faire jouir (1). 

En 1406, Pierre de Hérisson était procureur général du duc de 
Bourbonnais, d’après l’inventaire des Titres de la Maison de Bourbon, 
par Huilhard-Bréholles, t. II, n° 4.063. J’annexe ce personnage â la 
noble maison du même nom sous réserves, car il y eut des gens por- 

(1) Montluçon .par Gilbert-Bon Perrot de Saint-Angel, publié d'après 

son manuscrit par son arrière-petite-nièce, Léonie Dochet. Montluçon, 
Herbin, 1913, p. 142. 


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ËxclrhsioS 


j. 


168 


tant le nom de Hérisson n’appartenant pas à la noblesse et celui-ci 
ne reçoit aucune qualification noble ; mais, à cette époque, c’était 
chose fréquente pour les gens de robe, fussent-ils de noble lignée. 

Dans l’ordre chronologique, apparaît ensuite un Messire Pierre 
de Hérisson (de Hericione ), damoiseau. Les Noms féodaux nous 
apprennent qu’il rendit hommage l’an 1413, au duc de Bourbonnais, 
pour son hôtel, terre et seigneurie deCivray et pour un droit d’usage 

en la forêt de Lespinasse; le tout en la châtellenie d’Hérisson. 

% 

En 1443, Noble homme Maître Jehan de Hérisson, damoiseau, 
licencié ès lois produit son aveu pour un cens, avec justice 
moyenne et basse sur la paroisse de Maillet, châtellenie d’Hérisson. 

Jehan de Hérisson, écuyer, seigneur de Civray, Vérignet, Lou- 
roux de Bouble, Conseiller au Parlement de Paris (1), fit foi et 
hommage en 1468, pour son hôtel, terre et seigneurie de Civray et 
pour son droit d’usage en la forêt de Lespinasse (Noms féodaux ) et 
cela permet de le croire fils ou petit-fils du Pierre de Hérisson, 
seigneur des mêmes terres et droits en 1413. 

La même année 1468, Jehan de Hérisson fit encore hommage pour 
les seigneuries de Louroux de Bouble et de Vérignet, et agissant 
pour le compte de sa femme, damoiselle Catherine de Villers, fit 
aveu pour un quart de la grande dîme de Villaine, pour celle de 
Villatle et pour des étangs et garennes. Ces biens, venant des Villers, 
relevaient de la châtellenie de Murat. 

% 

Jehan de Hérisson, écuyer s* r de Civray, Louroux de Bouble 
et autres terres, fit hommage aux sièges des châtellenies d’Hérisson 
et de Chantelle en 1505. 

Il faut peut-être assimiler le Jehan de Hérisson ci-dessus, avec 
celui'qui, la même année 1505, fait acte de foi et hommage pour 
sa maison d’Hérisson, avec fief, cens et rentes, en la châtellenie de 
Bourbon-l’Archarabault. Et de ceci semble résulter que la famille 
d’Hérisson avait donne son nom à une de ses possessions. L’épo- 

» * 

(1) Par acte du 30 janvier 1452, reçu G. Dupauper, Jean de Hériçon, s r de 
Omray [?J Conseiller du Roi au Parlement de Paris, en exécution du testa¬ 
ment de Philippe de Hériçon, chanoine, son oncle, fonda en l'église Saint- 
Nicolas de Montluçon, une messe à célébrer le jeudi de chaque semaine. 
Cf. Montluçon... par Gilbert-Bon Perrot de Saint-Angel, p. 49. — Le sus¬ 
dit Philippe de Hériçon avait fondé cette messe hebdomadaire en la collé¬ 
giale Saint-Nicolas, en 1423 (ld., p. 57). 


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1U6 


Société o’Emulation du Bourbonnais 


que tardive à laquelle apparaît, — à ma connaissance tout au moins 
— en la châtellenie de Bourbon ce fief d’Hcrisson et la famille qui 
le possède induit à penser que cet Hérisson reçut son nom de ses 
possesseurs et ne le leur donna pas. 

Viennent enfin deux Françoise d’Hérisson. Elles nous sont ré¬ 
vélées par la collection des Gozis et, à dire vrai, on peut soupçonner 
que ces deux Françoise n’en font qu’uno. 

Toujours est-il que, d’après la généalogie des Courtais, Fran¬ 
çoise d’Hérisson, alias des Hérissons, dont la mère était née Fran¬ 
çoise de Saint-Priest, épousa, par contrat du 26 novembre 1570, 
Louis de Courtais, écuver. 

Et vers 1560 Françoise d’Hérisson devient femme de Jean de 

Fraigne, écuyer s er dudit lieu de Fraigne et de Chaloche, fils de 

Jean, s* 1 " des mêmes terres, et de damoisellc Claude de Brachct. 

Etant devenue veuve, en 1569 elle donna à bail la terre de Fraigne 

comme on le voit par une analyse d’acte des Carrés d’Hozier, vol. 

272, dossier de Fraigne, à la Bibl-N 1 ', dép 1 des manuscrits. 

Des Gozis soupçonne ces deux Françoise d’être une seule noble 

damoisclle mariée deux fois. L'hypothèse est admissible, car en ce 

% 

milieu troublé du x\T‘ siècle, les femmes avaient besoin de la pro¬ 
tection d’un bras viril et la vieille loi féodale qui obligeait toute veuve 
à se remarier dans an et jour quand elle tenait fief, était toujours en 
vigueur Et puis : 

i T no auulso non déficit aller. 


Parmi les porteurs du nom d’Hérisson. il faut saluer un person¬ 
nage de distinction : 

Thierry de Hérisson alias de llirecon, de Yrichon etc... prévôt 
d’Aire, évêque d’Arras, personnage qui a joué un rôle important à 
la cour de Mahaut, comtesse d’Artois, fille de Robert n, comte 
d’Artois, et d’Agnès de Dampicrrc-Bourbon. Par surcroît, ce fut — et 
ce point est à noter — un agriculteur distingué. 

Ceux qui voudraient faire une connaissance plus intime avec ce per¬ 
sonnage, voudront bien se reporter, d’abord à l’étude publiée en 
1892 par M. Richard, dans la Bibliothèque de iEcole des Chartes, 
dont l’intéressante collection existe à la bibliothèque municipale de 


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XV Excursion 


107 


Moulins, puis aux quelques pages que j’ai consacrées à Thierry 
d'Hérisson, dans le Bulletin, en 1904. p. 110 et suivantes. Enfin, a 
une courte notice de des Gozis, relative à ce personnage figurant 
à la suite du dossier d’Hérisson dans sa collection des Archives de 
l’Ailier. _ 

Thierry de Hérisson n’appartenait pas, ce semble, a la maison 
noble du meme nom. Je le crois du tiers-état et originaire de la ville 
d’Hérisson. En tous cas, scs nombreux liens avec notre province en 
font un personnage que notre histoire locale ne saurait négliger. 

D’abord homme de robe, sur le tard il entra dans les ordres, reçut 
la prêtrise, puis devint évêque d’Arras en mars 1328, et trépassa le 
17 novembre de la même année. 

Des Gozis se demande si Thierrv d’Hérisson était bien du Bour- 
bonnais et d’Hérisson, si son lieu d’origine n’était pas Hirson. 

L’hypothèse doit être envisagée en effet, car Hirson, petite ville 
de l’ancienne Thiérarche, actuellement chef-lieu de canton de 
l’Aisne, est bien plus près de l’Artois que notre Hérisson. De plus, 
les formes anciennes du nom sont semblables â celles de notre 
Hérisson et du gentilice de Thierry. <>n trouve en effet que le nom' 
d’Hirson est écrit Irecon en 1108, Yrecheon en 11.58 et encore Ireacon, 
Hircion. Hérisson, Herçon, Irson et en latin Heritio, puis Irsonium. 
On peut aussi arguer de la naissance en cette ville de Hugues d’Hir¬ 
son, abbé général des Prémontrés au xm c siècle (1). Mais l’origine 
bourbonnaise de Thierry me parait néanmoins indéniable. 

D’abord, on ne voit pas que Thierry ait été possessionné en 
Thiérarche, tandis qu’on lui connaît des liens prouvés avec le Bour¬ 
bonnais. S’il n’était pas -de notre province, pourquoi aurait-il des 
terroirs et vignobles en Bourbonnais ? Pourquoi aurait-il fait dona¬ 
tion au Chapitre de Saint Nicolas de Montluçon, et fondation en 
celui de Saint-Sauveur d’Hérisson ? Pourquoi se serait-il intéressé 
àja tombe d’Agnès de Dam pierre, dame de Bourbon ? N’oublions 
pas qu’il débuta comme clerc au service de Robert II de France, 
comte d’Artois. Et ce dernier était le beau-fils d’Agnès de Dam- 
pierre-Bourbon, puisque celte princesse, veuve de Jean de Bonr- 


(1/ Melleville. Dictionnaire historique du département de l'Aisne, Laon 
et Paris, 1865, t. I, p. 457-458. 




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198 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


gogne, épousa en secondes noces Robert I er de France, comte d’Ar¬ 
tois, père du dit Robert II (1). 

Donc, bien que Demay, dans son Inventaire des sceaux de l'Artois, 
traduise le nom de Thierry en d’Hirson, je tiens pour assuré qu’ho¬ 
norable homme, Thierry d’Yrichon, prévôt d’Aire, était bien dü 
Bourbonnais et tirait son nom de notre ville d’Hérisson. 

Je viens de parler de l’inventaire des sceaux d’Artois de G, 
Demay, il convient d’y noter la description de deux sceaux de 
Thierry. 

Sous le n°2.393, on voit Thierry d’Hérisson (d’Hirson d’après 
Demay), prévôt du Chapitre d’Aire, par acte du 7 décembre 1309, 
céder à la comtesse d’Artois son manoir de Gosnay. A l’acte est 
appendu le sceau de Thierry. C’est un sceau ogival de 57 millimè¬ 
tres ; Demay le décrit ainsi : 


« Dans une niche gothique : Saint Pierre assis, milré et nimbé, 
« tenant ses clefs et un livre, accosté à dextre d’une (leur de Ivs et 

9 W 

« à senestre d'un château ; nu dessous, un priant. |Sans doute le 
« prévôt Thierry en personne]. 

« £*. Tl)iei\f\ICI : DG t(....ÏJG : PPO/ilT! : GCCG*: ^Cl : 

« PGTÏ\I : AÏ\IGÏ^IS 

• (Sigillum Thierrici de llirsone prepositi ecclesic Sancti Pétri 
« Ariensis). 

« Contre-sceau : Ecu au loup rampant, écartelé de trois mûcles 
« dans une rose. 

« * COq»PÏ\H /ÏIOIDDYM 

« (Contra Sigillum) » 

Le second sceau employé l’année suivante, et dont usait Thierry 
pour les actes moins importants « un signet ». est décrit comme 
suit : 


c N° 2.394 Iiirson (Thierri <f). 

« Prévôt du Chapitre d’Aire — 1310 signet rond, de 18 rnill. 
« Arch du Pas-de Calais ; les Comtes d’Artois. 


(I) Robert l ,r de France, comte d'Artois, 61s du roi Louis VIII et de 
Blanche de Castille, avait épousé en premières noces Mahaut de Brabant, 
d'où Robert II, comte d'Artois, marié en premières noce* à Mahaut, com¬ 
tesse d’Artois, et en secondes à Agnès de DaiVi pierre, dame de Bourbon, 
Voir ftullttin, 1904, pp. 105 et suivantes, 




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XX e Excursion 


199 


« Les initiales Jflïj (Thierricus) dans une rose. — Sans légende. 

«r Quittance à valoir sur les finances des arrière-fiefs d’Artois. — 
« Aire, 14 mars 1310. » 

Nous avons donc dans le contre-sceau du numéro 2.393 les ar¬ 
moiries de Thierry, et même, comme on va voir, celles de sa 
famille. 

S’il était prouvé un jour que le futur et éphémère évêque d'Arras 
était bien de l’estoc des Hérisson nobles, possessionnés en la ch⬠
tellenie bourbonnaise de ce nom, nous aurions par là même le bla¬ 
son, jusqu'ici inconnu, de cet antique lignage. 

Il semble bien que Thierry avait appelé près de lui un de ses pro¬ 
ches, frère ou neveu sans doute,et l’avait placée au service delà mai¬ 
son d’Artois. En effet, l’inventaire déjà cité des sceaux de l’Artois, 
de Demay, donne, sous les n°* 1.703, 2.245 et 2.247, trois descriptions 
du sceau de « Denis d’Hirson ». En 1306 et 1307, il est valet et tré¬ 
sorier de In comtesse d’Artois ; en 1329, châtelain d’Arras. Et son 
sceau porte les mêmes armes que le contre-sceau de Thierry, avec 
une brisure de puînesse, le classique lambel. Les armes sont en 
effet : au loup passant, écartelé de trois mâcles au lambel , dans un 
quadrilobe 

Dans la légende du n° 1.703, qui est de 1329 et en français, le nom 
est nettement : DG d’après l'inventaire, et cela explique 

le nom « d’Hirson » adopté par Demay, pour Thierry et pour ledit 
Denis. Dans la légende du n° 2.246, datant de 1307 et qui est en latin 
le nom est : DG Y...OÏ|G. 

S’il fallait jamais admettre que Thierry ne tire pas son nom de 
notre Hérisson, le personnage n’en resterait pas moins intéressant 
pour notre province, par ses possessions, don et fondation en 
Bourbonnais, ses rapports avec Agnès de Dampierre-Bourbon et sa 
descendance. Il n’v aurait pas à regretter d’avoir mentionné ici son 
sceau, son contre-sceau et son signet. 

• * 

A titre d’homonymie et pour être complet, je signalerai une 
famille du nom de Hérisson , sur laquelle des Gozis a rassemblé de 
maigres renseignements, en utilisant une mention de l’Inventaire 
des Arch. de l’Ailier, série B, une autre de l'abbé Boudant ep son 


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200 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


Hisjoire de Chanlelle, et une troisième empruntée â YArmorial 
général de 1696. 

Rien ne prouve au surplus que cette famille Hérisson tire son 
noru de notre petite cité bourbonnaise. Son gcntilice a pu être tout 
simplement emprunté nu hérisson de nos campagnes. D’où l'on est 
en droit de supposer que le fondateur de la race ne manquait pas de 
piquant. 

Quoi qu’il en soit, de ces Hérisson on connaît noble François 
Hérisson, sieur de Boullicr, en la paroisse de Deux-Chaises, 
conseiller du Roi, lieutenant général civil et criminel en la châtel¬ 
lenie de Chantcllc, suivant provisions du 26 septembre 1619 (Arch. 
Allier B 845) et par surcroît, en 1635, d’après l'abbé Boudant, juge- 
châtelain de Fourilles. 

Fuis, c’est Claude Hérisson, curé de Saint-Loup en la châtellenie 
de Verneuil, lequel, en 1699, déclara à YArmorial général , (Mou¬ 
lins, II, n®43), les armoiries de sa famille: d'azur, à trois gerbes de 
blé d’or. 

Et c’est tout. Ces Hérisson se sont si bien mis en boule, toutes 
pointes dehors, comme ils le devaient à leur nom, que le tenace 
fureteur qu’était des Gozis n’en a jamais pu savoir plus long. 

Ce sont toutefois des armoiries à ajouter à YArmorial du Bourbon¬ 
nais, du comte de Soultrait. 


D'Ii ’isson d’IIérisson. — Dans son étude 

0 

1921, p. S », M. C. Grégoire a raconté 
d’IIérisson fut l’éphémère possesseur des 
château. 


sur Hérisson ( Bulletin 
comment un d’Irisson 
intéressantes ruines du 


Le comte Maurice d’Irisson d'Hérisson racheta « comme souvenir 
de famille » (1), les restes du vieux castel des Bourbon. Après des 
Gozis, il convient de rappeler que jamais une famille noble du nom 
d'Hérisson, n’a tenu en licf le château. A une simple homonymie 
se borne donc « le souvenir de famille » que M. Maurice d’Irisson 
d'Hérisson pouvait trouver sous les pierres écroulées du castel 
d’Hérisson. Mais puisque le comte Maurice d’Irisson d’Hérisson fut 


(!) Voir : Collection des Gozis à de Hérisson et d trisson d'Hérisson, 


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XX e Excursion 


201 


un temps possesseur de ces ruines, il n’est pas hors de propos de 
dire un mot du personnage et de sa famille. 

Maurice d’Irisson d’Hérisson appartenait à une maison noble ori¬ 
ginaire de Gascogne qui a eu des établissements en Brie et Cham¬ 
pagne. Connue depuis le xiv e siècle, elle fut maintenue en 1669 par 
l’Intendant Le Fèvre de Caumartin, et en 1670 par son collègue 
La Cour de Beauval. Scs armoiries sont : de gueules, au hérisson au 
naturel sur une terrasse de sinoplc ; au chef cousu d'azur, chargé de 
trois roses d'argent. Devise : qui s’y frotte s’y pique. 

Fils d’Augustin-Guillaunic d’Irisson d’Hérisson et de Dorothée- 
Julie-Ernestinc-Maurice Allard, il naquit à Paris le 25 septembre 
1839. Entré d’abord au service, Maurice d’Irisson d’Hérisson lit la 
campagne d’Italie en 1859. Lors de la campagne de Chine, il fut 
attaché comme interprète à l’état-major du général Cousin-Mon- 
tauban, depuis comte de Palikao. Chargé d’une mission de statis- 
que aux Etats-Unis, il s’y trouvait, en 1869, lorsque, par bref du 
- 1 er octobre, il fut honoré du titre de comte du Saint-Siège. Lors 
de la guerre avec l’Allemagne, il revint en France, reprit du service, 
fut d’abord capitaine de mobiles dans l’armée du camp de Châ- 
lons, puis attaché à l’état major du général Schmit, et pendant le 
siège de Paris, aide de camp du général Trochu. Il assista Jules 
Favre lors de sa douloureuse entrevue avec Bismarck, à Ferrières, 
le 19 septembre 1871. Il était en dernier lieu commandant supérieur 
des milices indigènes du Congo, quand la mort vint le saisir.à Cons- 
tantine, dans sa soixantième année, le 5 mai 1898. Il était chevalier 
de la Légion d’honneur. 

On lui doit divers ouvrages dont plusieurs firent grand bruit lors 
de leur publication. 

Etudes sur la Chine contemporaine, 1864. — L'esprit chinois et 
l'esprit européen, 1868. — Relation d’une mission archéologique en 
Tunisie, 1880. — Journal d'un interprète en Chine, 1885. — Journal 
d'un officier d'ordonnance, 1885. — Le cabinet noir, Louis XVII, 
Napoléon, Marie-Louise, 1887. — Autour d’une Révolution, 1888. — 
Nouveau journal d'un officier d'ordonnance, la Commune, 1889. — 
Journal de la campagne d'Italie, 1889. — Un drame royal, 1890. — 
Le Prince impérial, 1890. 

En 1882, le comte d’Irisson d’Hérisson allait publier un ouvrage 
sur la campagne de Chine, lorsque le ministère de la guerre s’émut, 


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202 Société d’Emulation du Bourbonnais 

s’opposa à la publication, mit le livre sous séquestre, chez Plon, et, 
finalement, acheta l’édition. 

Mais la publication du comte d’Irisson d’Hérisson qui doit le plus 
vivement attirer l’attention des érudits du Bourbonnais, est celle, en 
1875, de la description du Bourbonnais de Nicolay. L’éphémère 
possesseur du château d’Hérisson la fit paraître sous ce titre : a Des¬ 
cription générale du Bourbonnais en 1569, ou Histoire de celte pro¬ 
vince ( villes, bourgs, châteaux, fiefs, monastères, familles anciennes, etc.) 
par Nicolas de Nicolay, géographe et valet de chambre du Roi 
Charles IX. Moulins, Desrosiers. 

Cette édition n’a certes pas la valeur de celle donnée quinze ans 
plus tard par M. Vayssière .archiviste de l'Ailier, mais il n’en est 
pas moins vrai que le comte d’Irisson d’Hérisson a eu l’honneur de 
mettre le premier à la disposition du public l’œuvre précieuse du 
vieux géographe, depuis si souvent consultée et citée par les érudits 
de notre province (1). 


Quand les sires de Bourbon sont-ils devenus sei¬ 
gneurs d’Hérisson ? 

L’hommage aux Comtes de Champagne pour Héris¬ 
son. Quand a-t-II cessé ? 


La première question qui se pose, à propos d’Hérisson, est de sa¬ 
voir quand et comment les sires de Bourbon en devinrent seigneurs. 

Suivant M. C. Grégoire, « avant le xn* siècle, ils avaient proba- 
« blement le territoire dont dépendait Hérisson, car en 1155-1180, 
« Archembaud V dut se reconnaître vassal d’Henri I er , comte de 


« Champagne, pour ses terres d’Hérisson.» (2) 

•l’avoue que la conclusion ne me parait pas prouvée, car, du fait 
qu’au milieu du xii c siècle les sires de Bourbon tenaient Hérisson 


en fief, il ne s’ensuit pas forcément qu’ils le possédaient aux époques 


antérieures. 


Le fait de l’existence 


constrtée en 1030-1086 du castrum Iricio - 


(fi Sur le comte d Irisson d’Hérisson, voir notamment Borel d Hauterive, 
A nnuaire de la noblesse, 1870. — Louis de La Ro<.»ue, Itulletin héraldique de 
/•'rance. 1898, p. 314. — BasCIIEUN-Deflorenne, btat présent ûe la noblesse 
de France, 1873. — Vapereac, Dictionnaire aes Contemporains, 

(2' Itulletin, 1920. p. 218. 


0 


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XX e Exclusion 



\ 


203 


nense ne le prouve pas davantage. Rien n’indique dans le texte invo- 



Dessin de P. I.eprat. 

Ruines du château d’Hériseon 

que, 'une lettre de) Wulgrinus, archevêque de Bourges, que les Ar- 
etiambaud soient alors les seigneurs d’Hcrisson (1), 

(l ChaZaUP, ('qrtuloirc de La <’,hapeUe-Aude, p. 10R. 


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204 


Société d'Emulation du Bourbonnais 


Le fait de l’existence d’un viguier d Hérisson en 1077, ne le 
prouve pas non plus, car il n’est pas dit que ce viguier exerce au 
nom du sire de Bourbon (1). Toutefois la charte du 23 juin 1077 où 
Figure le signum du viguier Constancius, présente en premier lieu le 
« signum Archinbaldi Burbunensis » et immédiatement après celui 
d’« Archinbaldi filii sur ». De plus, le donateur, Jean de Saint-Ca» 
prais, fondateur du prieuré de La Chapelle-Aude, déclare concéder 
à l’abbaye de Saint-Denis tout ce qu’il avait en Fief de son suzerain 
Archambaud de Bourbon. Or le territoire de Saint-Caprais Fit partie 
de la châtellenie d’Hcrisson. D’où on est amené à penser que dès 
lors Hérisson est tenu par les sires de Bourbon et même depuis 
longtemps déjà (2). 

Le seul document dont on puisse induire, avec une certitude à peu 
près absolue, que les sires de Bourbon tiennent Hérisson en fief, 
à la fin du xi e siècle, est une charte des Archives Nationales , cote K, 
19. On peut la dater soit de 1077-1078, soit de 1078. Aux termes de 
cette charte, Archambaud de Bourbon (3) donne à l’église de Mont- 
cenoux, « silvam de Iricione et mansum de Aulariis » et plus loin : 
« in isto etiam dono sunl exarli de Iricione et de Mural... >» 


Si Archambaud II donne à l’cglisc de Montcenoux, restaurée par 
ses soins, la foret et les essarts d’Hérisson, on en peut conclure 
qu’il possédait le chastel d’Hérisson et le bourg déjà formé à son 
ombre. Ainsi se trouve confirmée par un texte, à peu près formel, 
l’opinion de M. Grégoire. Il est même permis de supposer qu’Ar- 
chambaud II ne fut pas le premier possesseur d’Hérisson, mais je 
ne connais aucun document absolument précis à l’appui de cette 
hj’pothèse. 

A mon avis, et contrairement à ce que pourrait laisser croire 
le texte de M. Grégoire qui écrit, d’après Chazaud, qu’en 1152-1180, 


(1) Cha/.aui», Cartulaire de La l'.hapelie-Aude, p. vu et p. 25. 

(2) M. H. Gau .lari». Recherches géographiques sur la formation du fief de 
Bourbon , dans Annales Bourbonnaises, t. VI. note la mouvance du Comté 
de Champagne de cette partie du Bourbonnais, li cite le document K 19 des 
Arch. Nationales, avec faute de cote dans l'indication de source et mauvaise 
interprétation du texte. Son travail renferme de nombreuses erreurs, rec¬ 
tifiées en marge <e l’exemplaire des Archives de l'Ailier, par M. Fazy. archi¬ 
viste du département. 

’d) D après la chronologie de Chazaud, c'est Archambaud II, sire de Bour¬ 
bon, dit le Jeune ou le Blanc, mort en 1078. 


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XX* Excursion 


205 


Archambaud V dût se reconnaître vassal d’Henri I* r , comte de 
Champagne, cette situation n’était pas nouvelle. J’estime que dès 
leur prise de possession d’Hérisson, les sires de Bourbon tinrent 
cette seigneurie à hommage lige des Comtes de Blois et de Cham- 
pagne. 

On sait, en effet, que des le x c siècle, Thibaut le Tricheur, mort 
vers 978, était comte de Blois, de Chartres et de Tours. Dans son 
Histoire du Berry, Raynal nous dit comment ce rude seigneur, fon¬ 
dateur de la puissante maison de Champagne, possédait en Berry 
de nombreuses terres. Quelques-unes, avoisinant le Blésois, furent 
annexées lentement et imparfaitement au Comté de Blois (1). 

Ses descendants continuent à être Comtes de Blois, de Cham¬ 
pagne, etc... Et ainsi on arrive à s’expliquer que lorsque les Feoda 
Campanie nous montrent les sires de Bourbon vassaux des Comtes 
de Champagne pour Hérisson (2), ils ne révèlent pas une situation 
nouvelle mais constatent au contraire, selon toute vraisemblance, 
un état de chose ancien. 


Après bien d’autres (3), j’ai attiré moi-même l'attention de notre 
Société sur l’intérêt de ce fait de vassalité des sires de Bourbon par 
rapport aux comtes de Champagne. Il convient de reproduire ici, 
d’après M. Longnon, les textes formels qui l’établissent (4). 

Le plus ancien de ces textes, daté approximativement de 1172 par 


M. Longnon. est tiré du premier registre des Fiefs relevant du comté 
de Champagne, du temps de Thibaut V. On lit : n° 2.052 : « Archem- 


(1) Cf. t. U f , p. LII. 

(2) Pour cette mouvance du Comté de Champagne, d’Hérisson, Ainay, 
Epineuil, Huriel, etc..., consulter Brussel, Usage des Fiefs, t. l* r , p. 347, 
col. 2 et p. 366-369. Je ne connais cette source qu'à travers le texte de Ray¬ 
nal. — Raynal, Hist. du Berry, t. I» r , p. L1 et LII et note 1 de la p. 343. 

Je dois ces indications de sources à l'obligeance de M. Fazy, archiviste de 
l’Ailier, qui a bien voulu mettre à ma disposition le brouillon de deux thèses 
fort intéressantes pour notre histoire, qu’il prépare en ce moment. En voici 
les titres : 1* Etudes sur les sources de l'histoire du Bourbonnais, des ori¬ 
gines à la mort d’Archambaud VIII, sire de Bourbon (1249). — 2° Essai sur 
le Bourbonnais, des origines à la mort d’Archambaud VIH sire de Bourbon 
(1249). L’Archambaud VIII iDampierre Bourbon) de M. Fazy, correspond à 
l’Archambaud VII, de Chazaud. — Voir aussi Flach, Les Origines de l'an¬ 
cienne France, t. III, p. 513 et suiv. Le Principat de Blois et de Champagne. 

(3) Raynal, Chazaud, Gaillard. — Voir Bulletin, 1910, p. 237-238. 

(4) Documents relatifs au Comté de Champagne et de Brie, 1172-1361. T. l ,r * 
Les Fiefs, n<” 2.052, 2.426 , 2.462, 6.443. 


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Société i>*Emulation du Bourbonnais 


« baudus de Borbone, el lenet Iricon, et Anai et Hiiri, et Espineul, 
« et Sanclum Desiderium. » 

Voilà la première mention absolument formelle d’Hérisson, aux 
mains des sires de Bourbon et sous la suzeraineté des comtes de 
Champagne. Ainay-le-Châtcau, Huriel, Epineuil et Saint-Dcsiré 
sont également tenus du comte de Champagne. 

L’Archambaud de Bourbon dont il s’agit ne peut être qu’Archam- 
baud V (numérotation Chazaud), époux d’Agnès de Savoie et grand- 
père de Mathilde ou Mahaut de Bourbon, laquelle porta en mariage 
la sirie de Bourbon à Guy de Dampierre, maréchal de Champagne, 
fondateur de la seconde maison de Bourbon (1). 

Chazaud nous apprend, d’après la petite chronique de Cluny» 
qu’Archembaud V mourut en 1171. M. Longnon explique dans les 
préliminaires de ses Documents relatifs au comté de Champagne et 
de Brie, comment il est arrivé à dater d’environ 1172 le premier 
registre des Feoda Campanie. Archambaud V étant mort en 1171, il 
faudrait reculer d’un an au moins la date du premier registre des 
Feoda Campanie. 11 ne peut s’agir en effet vraisemblablement du fils 
d’Archambaud V, autre Archambaud, qui mourut en 1169, avant son 
père (2), sans avoir régné sur les possessions paternelles, à moins 
d’admettre que, lors de son mariage avec Alix de Bourgogne, il n’ait 
étéapanagé du groupe de seigneuries mouvant des comtes de Cham¬ 
pagne ; or, aucun acte à ma connaissance ne vient appuyer cette 
hypothèse. 

Il ne peut s'agir d’Archambaud VI (numérotation Chazaud) de 
Dampierre- Bourbon, petits-fils en ligne maternelle d’Archambaud V. 

(1) On doit compter, jusqu'à la réunion du Bourbonnais au domaine 
royal, quatre maisons de Bourbon. 1* Celle des Archambaud qui finit vers 
1180. 2" la maison de Darapierre-Bourbon qui acquit la sirie de Bourbon 
par mariage avec Mahaut et prit fin en 1249.3° la maison de Bourgogne- 
Bourbon, d'existence éphémère, qui commence avec Eudes de Bourgogne, 
comte de Nevers, marié en 1248 à Mathilde de Dampierre-Bourbon, ae con¬ 
tinue avec Jean de Bourgogne-Chàtellerault, frère cadet du précédent, marié 
a Agnès de Dampierre-Bourbon et prend fin avec leur fille Béatrixde Bour¬ 
gogne-Bourbon, laquelle ayant épousé en 1276 Robert de France, comte de 
Clermont (en Beauvaisis), sixième fils de saint Louis, lui porta la seigneurie 
de Bourbon. Robert comte de Clermont fonda ainsi la quatrième maison de 
Bourbon, celle de France-Bourbon, sires, puis ducs de Bourbonnais. D'or¬ 
dinaire les historiens ne nombrent que troit maisons de Bourbon. 

(2; Chazaud. Chronologie des tires de Bourbon. 


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XX e Excursion 


207 


Cet Archembaud VI ne fut en effet sire de Bourbon qu’en 1216 et 
mourut le 23 août 1243. 

Il me paraît donc certain que l’Archambaud de Bourbon, vassal dé 
Thibaut V, comte de Champagne, pour Hérisson et autres terres, 

est l'Archambaud V, de Chazaud. 

\ 

Le second document des Feoda Campanie relatif à Hérisson est : 

t N° 2.426. Dominas de Borbun tenet en Berri Ennai, et Epinel, et 
« Huré, et Blet, et Hericum cam omnibus appendentibus eis a domino 
< Campanie et dominas Campanie a domino rege (1200-1201 environ). » 

A cette date, le sire de Bourbon est Gui de Dampierre, du chef de 
sa femme Mahaut de Bourbon. 

Ceci est du reste surabondamment prouvé par la mention sui- 
vante, de même date (1200-1201 environ) des Feoda Campanie : 

« N* 2.462. In Bituria tenet Guido de Dampelra ligie Espineil et 
« Sanctum Desiderium et Hericon et Esnai. » 

Hérisson (Hericum t Hericon) est dit en Berry (en Berri, in Bituria). 

A ce propos, Raynal, dans son Histoire du Berry , t. 1 er p. li-lii 
note qu’on ne devait pas encore, au début du xm e siècle, distinguer 
le Bourbonnais du Berry. 'C’est seulement dans le courant de ce 
siècle que l’existence d’une seigneurie particulière paraît avoir été 
consacrée et reconnue comme un fait accompli dans le formulaire 
des actes officiels. 

Sans méconnaître la justesse de cette remarque, j’irai moins loin 
que Raynal et distinguerai entre la sirie de Bourbonnais issue de 
l’ancienne viguerie de Bourbon et le groupe de fiefs : Hérisson, 
Ainay, Epineuil, Huriel, Saint-Désiré. 

Ces seigneuries ne font pas partie du bloc primitif. Tandis que 
pour la sirie de Bourbon, les Archambaud ont depuis longtemps 
relâché sinon rompu le lien unissant la viguerie au comté de Bour¬ 
ges et sont directement vassaux des Rois de France (1), Hérisson, 

(I) Après la mort, en 926 ou 927, de Guillaume II le jeune, comte de Berry, 
qui avait eu les plus violents démêlés avec Raoul, roi de France, ce dernier 
supprima le comté de Bourges, donna la propriété de Bourges au vicomte 
de cette ville, déclaré héréditaire, et ordonna qu'à l’avenir ce vicomte, le 
seigneur de Bourbon , le prince de Déols et lea autres seigneurs du Berry, 
relèveraient immédiatement de la couronne,alors qu'avant ils étaient dans la 
suzeraineté directe des comtes de Bourges. — Cf. L'art de vérifier le» date», 
nouvelle édition revue, corrigée et augmentée par un religieux Bénédictin 


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208 


- Société d'Emulation du Bourbonnais 


Ainay etc..., acquisitions postérieures de ces puissants assembleurs 
de terres, relèvent du Roi en arrière-fiefs et sont tenues ligièremcnt 
des comtes de Champagne. 

La sirie de Bourbon existe, avec son nom, on ne la dit plus en 
Berry. Pour Hérisson et autres terres, possédées par les sires de 
Bourbon mais tenues des comtes de Champagne, la situation est 
différente. Ces seigneuries sont juxtaposées à la sirie ou baronie de 
Bourbon mais n’y sont pas encore incorporées. La fusion n’a lieu 
qu’au milieu du xin* siècle. En 1259, c’est chose accomplie. Les 
Feoda Campanie le prouvent : 

« N® 6443. Cornes Nivernensis (1) est ligiuster domini Campanie : 

« 1° de Clamiciaco cum Castellania et periinenciis ; 

a 

« II® de Yrecon et de Ignaio in baronia Borbonii ; 

« 111° de Bruigneio cum parlinentiis et de his quéhabet in Campania 
« et Bria et de his tribus feodis debet tria homagia (1259). » 

Donc, en 1259, Hérisson et Ainay (de Yrecon et de Ignaio ), sont 
officiellement reconnus par la chancellerie du suzerain comme fai¬ 
sant partie de la baronie de Bourbon, avec hommage aux Comtes de 
Champagne, alors que pour le noyau primitif de ladite baronie il est 
dû au roi de France. 

Vint un temps pourtant où Hérisson et autres terres précédem¬ 
ment tenues en fief lige des Comtes de Champagne, durent hommage 
direct au Roi. Ce fut sans aucun doute, à mon avis, quand Jeanne I™ 
de Navarre, comtesse de Champagne et de Brie, reine de Navarre, 
ayant épousé en 1284, Philippe de France, dit le Bel. depuis roi de 
France, fit entrer dans le domaine royal le comté de Champagne 
et de Brie, définitivement réuni à la couronne par Jean II le Bon, 
en 1361. 

de la congrégation de Saint-Maur, Paris, Desprez, imprimeur ordinaire du 
Roi et du clergé de France, MDCCLXX, p. 709. Même indication dans le 
Trésor de chronologie, par le comte de Mas-Lastrie, Paris, Palmé, i889, 
p. 1562. — Même indication encore dans La Thaumassière, Histoire du 
Berry , T. I» r , p. 75 (Réimpression de la Société des Antiquaires du Centre). 

Cest donc è partir d' Aimard, mort vers 950, premier auteur certain de la 
maison primitive des sires de Bourbon, que la sirie de Bourbon releva di¬ 
rectement des rois de France. De l'avis général, les sires de Bourbon, parais¬ 
sent avoir tiré leurs origines de viguiers de la viguerie de Bourbon parve¬ 
nus è rendre leur charge héréditaire. 

(1) Eudes de Bourgogne, camtede Nevers, sire de Bourbon du chef de sa 
femme, Mahaut de Bourbon (Dampierre-Bourbon). 


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A 


XX* Excursion 


309 


Eu fêsümé, les Comtes de Blois ét de Ghampaghé devinrent dès 
la seconde moitié du x* siècle possesseurs de nombreuses terres en 
Berry, rattachèrent) petit à petit, les plus proches du Blésois au 
Comté de Blois* flreht dés autres d’excentriques enclaves du comté 
de Ghampaghé. De ce nombre fut le groupé Hérisson, Ainay, Epi- 
neuil, Hurlel, Saiht->Désiré et Blet. 

A une époque, antérieure à 1077-ioŸ8, Hérisson et autres terres 
furent inféodées aux sires de Bourbon par lés Comtes de Blois ét de 
Champagne, soit de bdhne grâce, soit autrement (l)t Ces terres, rat¬ 
tachées au comté de Champagne, furent ténues A hommage lige par 
les seigneurs du Bourbonnais, lesquels, au milieu du xm e siècle, les 
iireut entrer définitivement dans la sirie ou baronie de Bourbon, 
continuant à en rendre hommages aux Comtes de Champagne, jus¬ 
qu’au jour où le comté de Champagne étant réuni au domaine royal, 
Hérisson et autres terrés furent tenues directement des rois de 
France, comme le reste du Bourbonnais, 

Pour conforter l’opinion que j’émets ici à la hâte, il faudrait avoir 
le temps dé reprendre toute l’histoire des Comtes de Blois et de 
Champàgné; UHistàiré dés Ducs et des Gottiféê de Gfiattiptighé, par 
H. d’Arbois de Jubainville, ne donne rien au sujet de l’origine dé 
possession d’Hêrissoh et autres terres parles sires de Bourbon, rien 
non plus sur l’époque et la façon dont ces terres prirent rang dans 
les fiefs relevant du comté de Champagne. M; d’Arbois de Jubaîn- 
vilie §e borne ft constater le fait révélé par les Feoda Compu/t/e. 


La chapellenie du château d’Hérlsson 

Dans son testament. Gui de Dampicrre, maréchal de Champagne, 
devenu sire de Bourbon par son mariage avec Mahaut ou Mathilde 
de Bourbon, avait pris des dispositions en faveur des chapellenies de 
divers châteaux, parmi lesquels Hérisson. Après sa mort, survenue 

(1) D’après lè CartUlaite rfe là Chapelli-Aûde, de CHaéàud, oh peut ad¬ 
mettre, parla donation de Jean de Saiht*Caprail, qu'ArthambdUd II, dit lé 
Blanc, le Jéunë bu du Mdntèt, Sire de Bourbon-, (environ 1034 & tOffc) tenait 
déjà Hérisson et que son pèrt Afchathbalid I*>, Hit le Vérd oü lé Vlëüt, l'avait 
tfchu avant lui. 


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210 


Société d’EmulaIton du Bourbonnais 


le 18 janvier 1216, le vœu du défunt n’avait été qu'imparfaitemcnt 
accompli par son (ils, Archembaud VI (1), en 1221 (2). 

Le petit-fils de Guy de Dampierre, Archembaud VII, sire de 
Bourbon, de la maison de Dampierre, eut à cœur de réaliser le 
pieux désir de son aïeul. Au mois d’août 1248, ayant pris la croix, 
prêt à partir avec Saint Louis pour cette terre d’Egypte qu’il ne 
devait même pas atteindre, il fit son testament, léguant ses biens à 
ses deux filles, Mahaut et Agnès. 

Cette pièce importante pour lhistoire du Bourbonnais a été pu¬ 
bliée par Chazaud, j’en extrais seulement le passage suivant où il est 
question de la chapellenie du château d’Hérisson. 

Parmi les nombreuses libéralités faites par le sire de Bourbon, 

on lit : « Similiter capellaniis meis de Hyricone, de Monlc-Lucii, de 

♦ 

« Neris, de Monte acuto, de Canlella, de Biliaco , de Molinis, de Bella 
* Pertica, de Limesio, de Gannaco, de Muralo, de Huppe Forli, cuilibet 
« cissideatur A'V libre reddituales in castellania in qua quelibet est sita 
« pro anniversario meo et antecessorum meorum... » (3) 

D’après le texte ci-dessus, il s’agit de chapellenies, mais toute cha¬ 
pellenie suppose un chapelain pour la desservir. Il y eut donc des 
chapelains attachés au château d’Hérisson. 

Page 225 de sa chronologie, analysant le testament d’Archem- 
baud VU, Chazaud écrit : «... 2° la fondation de chapellenies dans 
« chacun des châteaux qui lui appartiennent. » Il y a là une légère 
erreur. Du texte même du testament, résulte que les chapellenies 
existent déjà, il s’agit en l’espèce non d’une fondation de chapelle¬ 
nies, mais d’une constitution de rentes en faveur de chapellenies 
déjà existantes (4). 

Dans cette courte note, je ne chercherai pas à pousser l’histoire de 
la chapellenie du château d Hérisson, ni à dresser la liste des cha¬ 
pelains. Mon seul but est de signaler l cxistcnce de l’une et des 
autres. 


(1) Dans cette numérotation des Archembaud, je suis la chronologie de 
Chazaud. 

(2) Chazaud, Chronologie des sires de Bourbon, p. 208. Source indiquée : 
Archives Nationales, P. 1376, cote 2697. 

(3) Chazaud, Chronologie des sires de Bourbon. Pièce justificative XXI. — 
Inventaire des titres de la maison de Bourbon ; 300 A. 

(4) Extrait de la châtellenie de Rochefort, aux rtues de la Sioule, par 
Ph. Tjersonnibr, travail inédit. 


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211 


XV ExCl'HSIOM 

_I_ 


La charte de franchise d’Hérlsson 

Dans le Bulletin, année 1920, p. 222, \1. C. Grégoire signale que 
la ville d’Hérisson reçut en 1381 une charte de franchise. Malheu¬ 
reusement, il n’indique pas à quelle source il emprunte cette date. 
La charte de franchise d'Hérisson n’est pas connue et Chazaud dans 
son article sur les villes franches du Bourbonnais (1) ne consacre 
aucun paragraphe à cette ville. 

Je n’ai rien à opposer à la date avancée par M. Grégoire. S’il a 
signalé que la charte de franchise d’Hérisson est de 1381, c’est 
qu’il a rencontré cette date quelque part. En tout cas, il est indé¬ 
niable qu’Hérisson a eu des franchises. Dans l’article sur les villes 
franches que je viens de citer, Chazaud y fait, page 361, une allusion 
indirecte. Il note en effet qu’en 1446, il y avait quarante-sept indi- 
vidus, des paysans, établis à Hérisson, « jouissant des privilèges de 
« bourgeoisie induement et bien qu’ils tussent hommes ou femmes de 
« serve condition. » Et, continue Chazaud : « On chercha à concilier 
« l’intérêt du trésor ducal avec les droits que créait, sinon aux usur- 
« pâleurs de bourgeoisie, au moins à leurs enfants et petits-enfants, 
« une longue possession d’état, pour plusieurs incontestée sinon 
« incontestable : on les admit à acheter individuellement le droit de 
« bourgeoisie, en payant pour indemnité de l’usurpation une somme 
« proportionnée à leur nombre et à leurs ressources. » 

Les quarante-sept usurpateurs d’Hérisson furent taxés à 32 réaux 
et 33 écus courants. Ils durent les verser ès mains de Gilles Le 
Tailleur, argentier du Duc et receveur général de toutes ses finances. 

Page 160 de cette même étude, à propos des franchises de Cosne- 
surTŒil, en la châtellenie d’Hérisson, lesquelles datent de juin 
1408, Chazaud signale incidemment les franchises d’Hérisson, en 
notant que le duc Louis II accorda aux nouveaux bourgeois de 
Cosne tous les privilèges anciennement accordés aux bonnes villes du 
Bourbonnais et nommément à Montluçon et Hérisson, dont les privi¬ 
lèges sont proclamés par lui identiques. 

(1) Archives historiques du Bourbonnais, t. I* r , p. 165, 197 , 200, 229, 235, 
237, 261, 262, 264, 293, 325, 328, 357, 363. Cette étude de Chazaud a été publiée 
après sa mort par les soins de Vayssière, alors archiviste de l'Ailier. 


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212 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


Le 14 mai 1494, dans le procès-verbal des anciennes coutumes des 
châtellenies d’Hérissoti et La Chaussière. document à peüprès, sinon 
tout-à-fait inconnu des Érudits du Bourbonnais, et dont je ferai état 
un peu plus loin, il est question « des villes et franchises d’Hé- 
« rieotl, Montlüçon et Cosnfe »; 

Donc, c’est indéniable, Hérisson a eu scs franchises. Hérisson fut 
ville franche. A défaut du texte meme de la charte, peut*on se faire 
une idée de cè qu’étaient ces franchises ? Je réponds, sans hési¬ 
tation, oui. 

M. Grégoire noiis apprend que la charte franchise est de 1381, 
donc cette charte fut oclroyéc par le bon duc Louis II. Or, nous 
savons par l’étude de Chazaud que toutes les chartes de franchisés 
dü Bourbonnais ont une ressemblance frappante avec celle fort 
Connue de Lorris. Bien plus même, nous savons que les franchises 
de Cosne, je viens de le noter tout â l’heure, sont identiques à celles 
antérieurement octroyées à Montlüçon et Hérisson. Or, comme les 
franchises de Montlüçon et de Cosne sont connues, par voie de 
conséquence, nous connaissons les franchises octroyées à Hérisson. 
A défaut dü teste dé la charte d’Hérisson, il suffit de se reporter à 
Celles de Montlüçon et de Cosne. Je renvoie donc le lecteur aux 
Villes franches tin Bourbonnais, paragraphes de Montlüçon, p. 262, 
et de Coshe, p. 3.58, ou au Montlüçon, de Gilbert-Bon Perrot de 
Saint-Angel, publié par M"* Duchet, p. 132-136. 


1437. De la rencontre aux portes d’Hérlason d’une 
reconnaissance des troupes de YliiandPafitio, comte 
de Rlbadeo, avec les fourriers du Roi Charles VII 
et de ce qui en advint. 

Page 222 du Bulletin, année 1920, M. Grégoire écrit : a En 1437 f 
« Charles VII, revenant de Montpellier, châtia les bandes de Villan- 
« drado, qui ravageaient son royaume, se dirigea sur Hérisson ; 
« ces routiers ne l’attendirent pas et, avant de fuir, pillèrent aux 
« portes de la villes les bagages du roi conduits par ses fourriers et 
« domestiques, » 


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XX* Excursion 


213 


Or, en réalité, les bandes du hardi capitaine d'aventure ne furent 
nullement châtiées. 


L'échauffourée d'Hérisson est un épisode d'un complot ourdi par 
plusieurs princes du sang, dont le duc de Bourbonnais, mécontents 
de voir, depuis la disgrâce de La Trémoïlle, faveur et crédit aller h 
Charles d'Anjou. Notre Duc Piorre I pr était à la tête de l'intrigue. 
Rodrigue de Villandrando, comte de Ribadeo, son beau-frère de la 

main gauche, et le bâtard de Bourbon, son principal lieutenant, avec 

« . 

toutes leurs forces appuyaient les projets du Duo, marohant sur 
Tours où se trouvaient la Reine et la Dauphine. Villandrando étqil 
déjà à Angers quand il fut avisé que le secret de la coalition ayant 
transpiré, il n’y avait qu’à battre en retraite. Ccci se passait en 
ipai 1437. 

En effet, Charles VII étpit averti et o'est alors qu'il partit à mar¬ 
ches forcées de Montpellier. Par Saint-Flour, Clermont, Aigueperse, 
Saint-Pourçain, il gagna Montmarault. Les rudes compagnies de 
Rodrigue étaient alors concentrées autour de lui à Saint-Amand. 

Les deux partis, mutuellement incertains des projets de l’adver¬ 
saire, restaient en expectative, à 10 lieues l’un de l’autre. 


C’est alors qu’un détachement des ccorchcurs de Rodrigue, en¬ 
voyé en reconnaissance, se heurta aux portes d’Hérisson aux four¬ 
riers et autres domestiques du Roi, venus préparer son logis. 

Sans respect pour la livrée royale, les routiers du comte de 
Ribadeo, battirent les hommes, firent butin du bagage. 

A cette nouvelle, l’irritation de Charles VII arrive au paroxysme. 
Sur le champ, il lance son armée en pvant. Du coup, le comte de 
Ribadeo n’a plus que deux alternatives, ou tirer l’épée contre son 
souverain d’adoption ou prendre le large. Il se décide pour le second 
parti, bat en retraite, mais sans tourner le dos, évitant toute prise 
de contact. Connaissant mieux le pays que les capitaines du Roi, 
Rodrigue se faufile au milieu d’eux passe l’Ailier à Varennes, la 
Loire à Roanne, la Saône face à Trévoux, utilisant un gué qu’il 
connaissait bien pour l’avoir maintes fois pratiqué dans le temps des 
guerres avec la Bourgogne. Outre Saône, il est en sûreté, en terre 
relevant de l’Empire et appartenant au Duc de Bourbonnais. Toutes 
ses troupes s’y trouvaient concentrées et en sûreté, bien avant que 
l’avant-garde de l’armée royale parût sur l’autre rive. 


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214 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


Les bandes de Rodrigue de Viliandrando, on le voit, ne furent 
nullement châtiées. 

Sans doute Rodrigue fut dépouillé de son titre de conseiller et 
de chambellan du Roi, déclaré banni du royaume ; permission fut 
donnée à un chacun de courir sus aux gens de ses compagnies ; le 
Duc de Bourbonnais dut désavouer son beau-frère. Mais qu’impor¬ 
tait au hardi capitaine d’aventures. Ses forces étaient intactes, il 
était prêt à agir au mieux de ses intérêts. 

Il lui importait si peu, que cette même année 1437, allié aux com¬ 
pagnies rendues célèbres sous le nom d’Ecorcheurs par le comte 
de Dammartin, un Chabannes, il dévaste la Champagne, ravage le 
Mflconnais. 

Mais il veut faire sa paix avec le Roi ; l'Anglais paiera. A ses 
risques et périls, l’infatigable chef de guerre l’attaque, le boute 
hors du Quercy, hors du Périgord, cl ce coup de maître lui vaut sa 
rentrée en grâce. De nouveau il est à la solde du Roi, de nouveau le 
voilà conseiller et chambellan de Charles VII et, sans oublier le 
soin de ses affaires. le butin promis à ses hommes, c’est au service 
du Roi de France qu’on le trouvera, jusqu’au jour où il quittera le 
royaume pour n’y plus jamais revenir (1). 

Il n’y eut donc pas bataille entre l’armée royale et les bandes de 
Rodrigue, elles ne furent pas châtiées, comme le laisse entendre le 
texte de notre regretté confrère M. C. Grégoire. 


i 'ic)3. Procès-verbal des anciennes coutumes des 
châtellenies d’Hérlsson et La Chausslère 

Par lettres données à Montbrison, le 26 mars 1493, Pierre II, duc 
de Bourbonnais, prescrivit de dresser le procès-verbal des diverses 
coutumes de son duché. Les écrits, faits en vertu de ces lettres nous 

(I) Voir : Rodrigue de Viliandrando, par Quicherat, étude parue d’abord 
dans la Bibliothèque de l'Ecole des Charte », deuxième série, t. I* 1 ' 1844, puis 
refondue en un volume du plus haut intérêt. 

J'ai eu à m'occuper longuement de Viliandrando et de «os rapports avec le 
Bourbonnais, dans mon étude inédite sur Rochefort. paroisse de Saint-Bon¬ 
net-de Rochefort. 


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XX* Excursion 


215 


ont été conservés par Richebourg (1). Ils méritent une étude dé¬ 
taillée ; aucun érudit ne l’a faite jusqu'ici, malgré l’intérêt qu’ils pré¬ 
sentent pour l’histoire de notre vieux droit provincial et par les ren¬ 
seignements fournis sur nombre de personnages du clergé, de la 
noblesse et du tiers état. Ce n’est pas le lieu d’entreprendre cette 
étude, le temps me manque et la place limitée qui m’est attribuée dans 
le Bulletin s’y oppose également. Je me borne donc à relater la partie 
concernant les châtellenies d’Hérisson et La Cbaussière. Elles 

avaient les mêmes coutumes locales, différant sur certains points 

* 

particuliers de la coutume générale du Bourbonnais. 

« Hbrïçon kt la Chaussièrf. 

« Les dits commissaires s'étant transportez en ladite ville ( 2 ), mandé- H tnai 1793. 
rent venir pardevers eux nobles hommes Pierre de Grassais, Escuyer sei¬ 
gneur Dcginçays, Pierre de Beauregard seigneur dudit lieu, Louis 
Sanson Escuyer, seigneur de Brisse, Archambaud de Villlards, seigneur 
de la Guierchc, Bernard de la Pcrebutte seigneur des Forges, Jean de 
Vernages seigneur de Mauvezinière, et venerable et discrette personne 
Messire Charles Dufourg, chanoine de l’Eglise collegiale dudit Mont- 
luçon et autres; et Religieuse personne Frere Guillaume Jacquelin 
Prieur de Brethon, honorables et sages hommes maistre Pierre Audene 
Licencié ès Loix et Substitut du Procureur Monsieur en ladite chastel- 
ltnic d’Hériçon, Gilbert Dcculland aussi Licencié en Loix, Lieutenant 
general en la Chastellenie de la Chaussièrc; comme aussi firent assem¬ 
bler des Procureurs et Bourgeois au nombre de seize, et autres Prati¬ 
ciens desdites Chastcllenies d’Hériçon et de la Chaussière, desquels le 
serment pris comme devant pour déposer de vérité sur et touchant le 
fait des dites Coustumes, Usance et Stiles dudit Pays et Duché de 
Bourbonnois, ensemble de la manière d’icelles pratiquer, et comment 
ils en usent et en ont par cydevant usé et pour estre plus acertenez et 
avertis leur fut enjoint y penser jusques au lendemain, et chercher 
chacun endroit sov s'ils avoient nuts registres, livres et papiers desdites 
Coustumes, et que ce qu'ils en trouveroient. ils eussent à l'apporter par 
devers lesdits Commissaires le lendemain, et autres jours, que l’on be- 
songneroit à l’examen d’iceux sur le fait desdites coustumes. 

Ont dit sur le quatriesme article du titre Des Ccnsivcs, que le droit Titre I. — Des 
de retenue se doibt faire dans les quarante jours du jour du contract. Fiefs et Censires 
aussi bien que celuv du réméré, à compter du jour qu’il est finy. 

fl) Nouveau coutumier général... de France, par M* Charles Bourdot dk 
Richebourg, avocat au Parlement, Paris, Michel Brunei, Grand’-Salle du 
Palais.au Mercure Galant, 1724, t. III, p. 1210-1211, 

(2) Hérisson, 




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Société d’Euulation du Bourbonnais 



Titre 6. — Des 
Mariages 
et Douaires. 


Titre 7. — Des 
Communautés . 


Titre S. — Des 
droits seigneu¬ 
riaux et de jus- 
tûe. 


Titre 14 . — Des 
prises de bestes. 


Titre 4f. — Des 
Successions et 
tutelles. 


Titre 13. — Des 
exécutions, etc . 


Sur l’article deuxième Des Mariage qu'il q’y ayoit point (Je temps 
déterminé à une femme pour faire lg renonciation, aucups disent qu’i) 
seroit bon d’y qrdonner quarante jours, les autres disoient vingt-quatre 
heures et les autres conscilloient trente jours. 

Sur l'article sixiesme que le douaire coustumier de la feramo sur¬ 
vivant son mgry estoit seulement de la moitié des héritages paternels 
et maternels, et n’y estpient compris les héritages advenus par succes¬ 
sion cQllat^rqlle. 

Au titre Des Communautés, article quatriesme, que si le mary bastit 
dans Fherltage de sa femme, ledit mary ny ses héritiers n'en 6ont point 
récompensez. 

Sur le quatriesme article du tiltre Des droits seigneuriaux, que 
l'usage est en ladite Chastellenie, que la rivière toit et donne au Sei¬ 
gneur tresfoncier, et non pas au Seigneur Justicier, tellement que si 
la rivière fait et laisse aucune isle, ladite isle sera au Seigneur pro¬ 
priétaire et tresfoncier, et ne sera pa6 au Seigneur Justicier, et au re¬ 
gard des Justices, elles se partent par le filant de l’eau. 

Sur le titre Des frises de Besles, article troisiesme dirent que l’in¬ 
terest de la partie sera selon le dommage qui aura esté fait, excepté 
d*ns les fourests de Monseigneur le J>ue. oit l'on paye pour priso de 
heste pour la première beste on paye sept sols et sia deniers, et pour 
chacune des autres douze deniers, et disent qu'en ont ainsi veu user 
en la Cour des Fourests do toute leur mémoire. 

Au titre Des Successions, article cipquiesme, que ès Villes et Fran¬ 
chises d Hvriçon, Montkiçon ert Cosnc, quii ne succèdent au pèrp et 
mère par teste, et que c'est au sentiment de quelques-uns par cous- 
tume particulière et Ineallc desdits lieux, et d’autrps que c’est par pri¬ 
vilège. 

Sur l'article «eptiesme déposent qu'il leur semble que le Seigneur 
justicier doibt payer les debtes, tant que les biens confisqués se peu¬ 
vent estendre. 

Sur le dixiesrne parlant du droict d’aisnesse, qu'il s’entend de 
FHostcl et circuit d’iceluy par le vol du chappon, et lps autres dirent 
qu’il s'entend de l'Hostcl avec le pourpris, qui est jqsques dessus le 
d*hoe du fos<é s'il y a fossé, et s'il n y a point de fossé, il s’entend de 
ce qui est dedans la clôture dudict chastel. 

Sur le onziesme conseillent qu’on ordonnast par cy-après qu’lnven- 
taire soit fait, et que la mère prenne les biens par inventaire, et qu’elle 
baille caution à tout le moins juratoire. 

Au titre Des Exceptions, article quatrieime, leur semble qu’on $e 
doibt premièrement prendre au principal dobteur avant que au fidel- 
jusseur. 


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XX e Excuqsio^ 


217 


Au titre Des Tailles, réelles , article neufjesmc, toutes tajljes sont 
doublans et tierçans, en tapt que touche l’argent, ainsi qu’il est contenu 
audit article. 

Au titre Des tailles personnelles, elles rendent la personne en ser¬ 
vitude. 

Sijr l’article trpisicsiqe faisant mention des charrois et manœuvres, 
ont dit que la Coustume dudit pays est telle, pourveu que on ne les 
fasse charrier hors de ladite chastellenie, et depuis le soleil levant 
jusques au couchant, dedans les limites de ladite Chastellenie. 

. Sur le quatriesme que le Seigneur leur succède a faute d’epfaps com¬ 
muns non séparez, et ne leur succèdent point les frères et autres par- 
sonniers, jaçoit qu’ils soient communs avec eux. 

Sur le septiesme, que si nul homme de la condition, dessus dite se 
estoit party de l’une des quatre chastellenies, et s’en alloit demeoiirer 
en l’une des autres chastellenies ou ailleurs, mon dit Seigneur le peut 
suivre et demeurera homme de la condition dessus dite. 

Sur le dixiesmp, que si aucun, estrangier vient demeurer en la terre 
d’un vassal, en l’une desdites quatre Chastellenies l’an et jour passé, 
Monseigneur le Duc ou son Prévost luy peut imposer la taille, et par 
ce moyen, il sera homme de mondit Seigneur, s’il précède le Vassal 
à imposer ladite taille; mais aussi si le Vassal luy impose premier 
taille que à mondit Seigneur ou son Prévost, il sera homme dudit 
vassal. 

Sur le vingtiesme, l'homme serf peut donner a\t franc quand il se 
marie scs héritages, en faveur dudit mariage dudit homme franc. 

Sur le vingtToisiesme, un homme de serve condition est une fois sé¬ 
paré d’avecque6 ses parsonniers, il ne peut plus rentrer ny retourner 
en icelle communauté avec les autres comparsonniers sans le congé 

de son Seigneur» 

Sur le vingtquatriesme, il y a une coustume localle et particulière 
en la Chastellenie d’Hériçon, par laquelle coustume quiconque de¬ 
meure dedans le mas-serf par trente ans continuels consécutifs, il est 
fait homme serf de Monseigneur, de main-morte et de suite, et luy peut 
mondit Seigneur le Duc imposer taille serve à voulonté rajsonable. » 

Les points les plus importants à signaler dans ce procès-verbal, 
sont : 

L’affirmation de franchises pour les villes d’Hérisson, Moutluçon 
et Cosne. 

Le fait que quatre châtellenies constituent, à côté des autres, un 
groupement spécial dans lequel les serfs peuvent se mouvoir (1), 

(1) Ces quatre châtellenies étaient Hérisson, Montluçon, Murat et Chan- 


Titre 17. — Des 
tailles réelles. 


Titre 18. — Des 
personnelles. 


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218 


Société d’Emulation du Bouhbonnais 


Le fait que la condition des serfs depuis le haut Moyen-Age s’est 
adoucie puisqu’ils peuvent transmettre leur héritage à leurs en¬ 
fants (1). 

Le fait qu’en l’an de grâce 1493, en Bourbonnais, les tailles sont ou 
réelles ou personnelles. 

Le fait qu’il y a discussion sur le point de savoir, à propos du 
droit d’aînesse, ce que l’on doit entendre par le vol du chapon. 

Enfin, la constatation de l’existence, sur certains points, d’une 
coutume locale. • 


Les protestants à Hérisson 

« Nous ne savons pas si Hérisson eut un rôle militaire pendant 
« les guerres de religion ; nous ne le pensons pas, car le capitaine 
< châtelain du château et de la ville, de Fougières, se tenait sur ses 
« gardes, et avait reçu de Diane de France, â qui appartenait sa 
« châtellenie, l’ordre de rester sur les lieux de sa charge et de veiller 
« à la conservation de la place. » 

Ainsi s’exprime M. Grégoire dans le Bulletin, 1920, p. 223. 

Si bonne garde que fît le capitaine d’Hérisson, il ne put éviter la 
visite des protestants après la bataille de Cognât (6 janvier 1568). Le 
chanoine Morel, puis M. Gabriel Morand, relatent comment les 
Huguenots après leur victoire traversèrent successivement Chan- 
telle. Le Montet. Ygrande, Hérisson, Cérilly, signalant leur passage 
parle pillage et l’incendie, notamment des couvents et des églises (2). 

J’ignore toutefois si Hérisson eut particulièrement à soufTrir des 
troupes de Bruniquel. 

11 y eut, depuis 15(52 au moins, une communauté protestante à 
Hérisson. Lorsque viendra l'heure d'une monographie complète de 


telle. Voir les Villes franches du Rourbonnais. pnr Cha/aitd. Archives his¬ 
toriques du Bourbonnais, t. I er , p. 3f>2. 

(1) Far édit d'Henri II, de juin 1518, le servage fut aboli dans les quatre 
châtellenies, moyennant le payement annuel à la Saint-Martin d'hiver, de 
deux sous par leu, pour droit de bourgeoisie. 

(2) Histoire du Mnnlet-aux-Moines, par le chanoine L.-K. Morel, Moulins. 
Auclaire, 188(5. p. 57-65. — Le capitaine Pontcenat, par G. Moi»ani>, Mou¬ 
lins, Grégoire, éditeur, 1912. p. G9. 


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XX e Excursion 


219 


✓ 


la vieille cité, ce chapitre ne devra pas être négligé. En attendant 
l’apparition de l’histoire du protestantisme en Bourbonnais, préparée 
par notre érudit confrère, M. l’abbé Dumont, je conseille aux 
lecteurs du Bulletin , de se reporter aux documents publiés dans les 
Archives historiques du Bourbonnais, année 1891, sous ce titre : Le 
Protestantisme en Bourbonnais , pages 309 à 317, et pages 268-269. Ils 
trouveront, d’après les actes de la cote 106 des Archives municipales 
de Moulins, des renseignements pleins d’intérêt sur les protestants 
d’Hérisson, leur lieu de réunion et leur cimetière. 


Une Illustration hérlssonnalse 


En parlant d’Hérisson. il est un personnage qu’on se doit d’évo¬ 
quer ; c’est Maître Pierre Bizot, chanoine de la collégiale Saint- 
Sauveur d’Hérisson, né à Hérisson en 1630 et mort à Moulins en 
1696, si l'Age de 66 ans. A la fois versificateur latin et historien, il 
fut surtout un numismate de premier ordre. Pour ne pas répéter ce 
qui a déjà été écrit, je me borne à renvoyer les curieux de notre 
docte Compagnie à : Moréri, Baluze, la Biographie Didot, des Gozis 
et M. Roger de Quirielle dans sa Bio-bibliographie des écrivains an¬ 
ciens du Bourbonnais. 


Et si, d’aventure, aucuns voulant plus encore, désiraient par 
exemple étudier la famille du numismate, scs attaches avec Moulins, 
ses tenants et ses aboutissants dans cette région, je les assure que 
de patientes et scrupuleuses investigations dans les registres parois¬ 
siaux de Saint-Picrre-des-Ménestraux, Saint-Jean, Saint-Bonnet et 
Iseure, leur procureraient quelque satisfaction. 

Bref, le nom de Pierre Bizot doit prendre place parmi les notabi¬ 
lités d’Hérisson mentionnées par notre confrère M. C. Grégoire. 
(Bulletin, 1920, p. 233-234). 


La reprise d’Hérisson par M. de Salnt-Gerand sur les 

troupes du Prince de Condé, 1651, 

M. Grégoire a raconté cet épisode des guerres de la Fronde 


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220 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


d’après Y Extraordinaire de la Gazette de France (1), si j’y reviens 
ioi c’est pour signaler comment le fait fut rapporté, à environ 
100 kilomètres de là. par Messire Girard Charnay, curé du Donjon. 

Messire Charnay devait être un des lecteurs assidus de la vieille 
Gazette, alors dans sa jeunesse, et il me parait indéniable qu’il a 
emprunté au correspondant de Théophraste Renaudot, la nouvelle 
insérée dans son manuscrit. Mais il ne se piquait pas de minutieuse 
chronologie et au lieu de préciser, comme la Gazette, que Saint- 
Gerand investit la ville le 2 novemhre 1051 et s’empara du château 
le 2 décembre suivant, il se borne à mentionner le fait sans le dater 

0 

de façon précise. 

Voici le texte du curé Girard Charnav : 

* 

« 1650-1651 

« .. . . 

« Monsieur de Saint-Gerand, gouverneur de Bourbonnois avec 
« ses trouppes par rencontre a deflaict partie de la garnison du fort 
« d’Hérisson et prins le huttin. 

* Monsieur de Saint-Gerand, gouverneur de Bourbonnois par le 
« commandant du roy avoit investy et assiégé le chasteau d’Héris- 
« son despuis environ trois mois et a faict donner un assaut audict 
« chasteau de plusieurs costéset en même temps Monsieur de Corn- 
« mières bras-dc-fer est monté par escalade avec plusieurs aultres 
« dans une des tours du chasteau et a esté cause que la garnison qui 
« estoit dedans pour Monsieur le prince de Condé sc sont rendus et 
« s’en sont allés trouver leurs compagnons dudict Prince qui sont 
« aussi assiégés par les gendarmes du roy en décembre 1651 (2). » 

Les registres paroissiaux de Cérilly notent aussi la reprise d’Hé¬ 
risson par Saint-Gerand aussi bien que divers autres épisodes des 
guorres de la Fronde relatifs à la même ville- Je renvoie les cu¬ 
rieux aux extraits des registres paroissiaux de Cérilly donnés dans le 
Bulletin par M. Bodard et reproduits dans les Paroisses Bourbon- 
naises par le chanoine Morel (3). 

(1) Archives historiques du Bourbonnais, t. I er , p. 69, 101, 133 et Bulletin, 
1920. p 225. 

(2) Manuscrit du Donjon, écrit par Girard Charnay, natif <Je Bourg-le- 
Comte, curé de Melleray et du Donjon du 29 mai 1606 à octobre 1651. D’après 
copie qu’a fait exécuter M. G. Morand. I.'original est actuellement perdu. 

(3) Bulletin, 1909, p. 216-217. — Paroisses Bourbonnaises, t. IV, p. 193. 


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XV Excursion 


221 


Organisation municipale d’Hérisson 

On ne pcutla faire remonter qu’à la charte de franchise d’Hérisson. 
Des syndics élus par les habitants dirigent les affaires de la com¬ 
munauté des bourgeois. Le maire semble n’apparaître qu’à l’époque 
de la création des offices de maires perpétuels par Louis XlV, pour 
raisdn fiscale. 

Celte Organisation municipale n’a pas été sérieusement étudiée 
jüstjü'ici, à ma connaissance. Il esta présumer que le dépouillement 
des archives notariales amènerait la découverte de quelques rensei¬ 
gnements. Ils cbmpléteraient utilement, le peu que i’ou sait jus¬ 
qu’ici, notamment pâr lés Villes franchis du bourbonnais , dé Chazaud. 


L'Instruction publique à Hérisson, 

avant la Révolution 

Cette question a été laissée de côté par M. Grégoire et abordée 
pàt* M. le chartbihë Mbrèt. Il cÜrtSdcré cinq pages au fcollôge d’Hé- 
riSSort, d’àpfès des sources que malheureusement il n’indique pas. 

Le collège d’Hérisson était aticien puisque lé chanoine Moret cité 
lè testament, en 1651 dé Pierre Martceau, élu pbur le Roi eii la châ- 
tellénie d’Hérisson, aux ternies duquel il légué 200 ëcus pour la 
restauration et l'entretien dudit cbllége. 

Quant à l’instruction primaire, Ce point est effleuré par M. Mon¬ 
tagne, qui du reste n’avait pas à le traiter, et par lechanoine Moret (t). 
A hotèr que les ettfants pauvres étàleht Instruits gratuitement au 
tbllégéet que tous les parénts étaient tenus d’y envoyer leurs gdrçohs 
ft peine de 10 livres d’amende. 

Il semblé bien que dans le collège, réservé duX garçons, on don¬ 
nait à là fois rihstrtiCtion primaire et Secobdaire. 

% 

Pour les filles, il y avait les petites écoles, au xvm è siècle. 

(1) L'hôpital d’Hiritson, par L. Montagne, dans les Antialea bourbon¬ 
naises, 1892. — Les Paroisses bourbbnnàiaek, par le chanoine Moret, t. IV, 
p. 306. Voir aü9si, du même, les Ecoles bourbonnaises avant 1789, Moulins, 
Auclaire, 1892* 


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222 


Société d’émulation du Bourbonnais 


Outre le collège, il y eut aussi, à certains moments tout au moins, 
une école pour les garçons. Preuve : la copie de la fondation de 
deux Frères clercs pour l’instruction des garçons d’Hérisson, le 
4 décembre 1737. (Archives municipales d’Hérisson.) 

Pour les écoles de filles et de- garçons, les documents signalés ne 
remontent pas plus haut que xvm* siècle. 

Ce sont là de faibles indications. Il v aurait donc lieu de rechcr- 
cher des documents plus anciens. Il est à présumer que les vieilles 
archives notariales fourniraient des renseignements, car, le plus 
souvent, les conventions passées entre les maîtres agréés et les com¬ 
munautés d’habitants, l'étaient par devant notaire (1). 

Sur l’importante et intéressante question de l'instruction publique, 
le futur auteur d’une monographie définitive d’Hérisson aura encore 
de patientes recherches à faire. 


1789. Les États Généraux 

Le cahier des doléances de Chateloy et Hérisson est, je crois, 

% 

inconnu. Par contre, dans le tome I de notre Bulletin, M. Clairefond 
a étudié les « Députations de la Province du Bourbonnais aux grandes 
assemblées nationales ». Dans le tome II il a donné les Cahiers des 
doléances des trois ordres de la Sénéchaussée du Bourbonnais. Page 
144 on trouve les électeurs du clergé de la châtellenie d’Hérisson, 
page 205 ceux de la noblesse, page 314 ceux du Tiers-Etat, envoyés 
à Moulins. 

« 

% 

Dans celte publication, un certain nombre de noms sont estropiés. 
La liste des électeurs de l’ordre de la noblesse devra être comparée 
avec celle donnée par MM. de La Roque et de Barthélemy, reproduite 
en tète du premier volume de l 'Armorial du Bourbonnais, du comte 
de Soultrait (2 e édition). Ces listes d’électeurs nobles qui assistèrent 
à la séance d’ouverture à Moulins, seront elles-mêmes utilement 

(1) Voir dans la Générale description du liourbonnais, de Nicolay, édition 
Vnyssière, t. II, p. 21, en 1569, la mention des deux prébendes delà collé¬ 
giale de Saint-Sauveur « affectées au maistre des enfants de choeur pour l’en- 
« tretènement de lui et de cinq entants de chœur, qu’il nourrit et apprend ». 


% 


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XX e Excursiom 


223 


confrontées avec le manuscrit original du cahier de la noblesse, 
conservé dans les Archives de notre Société. On constatera qu’un 
certain nombre de nobles n’attendirent pas la (in des opérations et 
ne signèrent ni le cahier des doléances, ni l’adresse au Roi qui y fait 
suite. 


Essai d’armorial hérlssonnals 

Est-il besoin de rappeler à gens aussi avertis que les membres de 
notre Compagnie l’utilité du blason en histoire et en archéologie ? 
Evidemment non. On ne sera donc pas surpris de l’essai d’armo¬ 
rial Hérissonnais terminant ces notes. 

Cet essai ne s’étend pas à toute la châtellenie d’Hérisson. Il reste 
dans les bornes de l’excursion et s’attache seulement à rappeler ou à 
révéler les armoiries de la ville et du chapitre, celles des familles 
ayant eu avec Hérisson des rapports suivis plus ou moins pro¬ 
longés. 

J’ai donc laissé de côté l’armorial des doyens et chanoines de 
l'église Saint-Sauveur, celui des capitaines du château et autres 
fonctionnaires n’ayant eu avec Hérisson que les rapports dûs à leurs 
prébendes et à leurs charges. On trouvera dans cet essai des armes 
de cette catégorie, mais seulement lorsque les titulaires appartien¬ 
dront à des familles méritant tant soit peu le nom d’Hérissonnaises. 

Cet essai est un armorial et non un nobiliaire, donc les armoiries 
de familles bourgeoises y tiennent plus de place que celles des mai¬ 
sons nobles. 

Parmi les armoiries citées, un certain nombre, surtout celles affé¬ 
rentes à des lignées du tiers état, furent imposées d’office, faute de 
déclaration, dans Y Armorial général dont Louis XIV édicta la créa¬ 
tion en 1696, par mesure fiscale. Pour la plupart de ces armoiries 
officielles, je ne puis dire si les titulaires et leurs descendants les 
adoptèrent comme ils en avaient le droit. Il peut donc se faire que 
les familles se trouvant dans ce cas aient usé, sur leurs cachets, 
leurs logis et leur meubles, de blasons différents. Des trouvailles 
ultérieures pourront peut-être sur ce point apporter des modifica¬ 
tions heureuses au présent essai. 


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Société d’Emulation dû Bourbonnais 



M. Walther, qül sait Si bien faire parler les pierres^ tt notre 
secrétaire général en demeure stupide •**- Je i’eritends bien entendu 
ddrtime Mu grand slêdlé» -*» M. Wallhër en découvrira pèuFétre qui, 

UU jour OU l'autre, lui révéleront d’intéressants Secrets héraldiques. 

% 

Mon essai commencera par la ville d’Hérisson et sa collégiale, 
viendront ensuite les familles, rangées par ordre alphabétique. 
Qu'on ne s’attende pas à des généalogies complètes ou à des copies 

de dossiers des Gozis, encore que j’aie utilisé cette précieuse collée- 

• • 

tion, comme il se devait. Pour chaque famille citée, je me bornerai 
aux indications, plus ou moins sommaires, justifiant l’insertion de 
son nom dans un essai d’Armorial Hérissonnais. 

* 

• * 


La viLlb d’HérissoH. — L’armorial du Bourbonnais, de Soultrait 
nobs appredd que la ville d’Hérisson reçut (pour la somme de 50 
livres, c’était le tarif) les armoiries suivantes : d'axar , au hérisson 
d’or (1). 

D’après deb renseignements, fournis ù ma demande par notre très 
obligeant confrérè Lobis Grégoire, aucun édifice de la ville ne porte 
ces afrtioirles et l’on ne connaît aucun cachet ancien de la munici¬ 
palité. 

A l’heure actuelle, la ville ou commune d’Hérisson ne porte 
aucune armoiriè sur ses cachets municipaux et sur son papier à 
en tête» 

Toutefois, M» Walther a fait examiner à M. Louis Grégoire « un 
<r petit poids d’Hérisson, de trois grammes environ, portant sur une 
« face uUe tête de personnage, de profil, et sur l’autre un hérisson ». 
Mon aimable correspondant ne me dit pas à quelle époque on peut 
faire remonter ce poids, ni s’il est bien en cuivre, comme je le 
suppose. 

Sur la bannière de la Société de Secours mutuels et sur la ban¬ 
nière de la Fanfare on voit un écusson ; d’azur, au hérisson d’or , 
pdèiatii. 

(1) Les armoiries d'Hêrisson furent enregistrées au bureau de Moulins, 
registre des villes et communautés, n° 10, et non pas ail buréaU dé Mont- 
luçon. 


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J. 


XX* Excrnsjos 


225 


Sur un ancien drapeau de la commune dominant la table du con¬ 
seil municipal et sur un petit fanion tricolore, figurent, m’écrit 
M. Grégoire, un écusson d'azur, au hérisson d’or, l’écu timbre d’une 
couronne royale de France. 



Dessin Je Dutasta 

Hérisson. — Porto de le Verenne. 


Chapitre de Saint-Sauveur d’Hérisson. — Le chapitre n'ayant 
pas déclare d’armoiries se vit attribuer d’ofticc, dans VArmorial géné¬ 
ral, Généralité de Moulins, élection et bureau d’enregistrement de 


i5 


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226 Société d*ÉmulatioN du Bourbonnais 

* 

Montluçon, sous le n® 2 du registre des communautés : d'azur, à une 
figure du Sauveur assis (sic) dans une chaire à l’antique, donnant la 
bénédiction de la main dextre et appuyant sa seneslre sur un livre 
ouvert, posé siu' son genou, le tout d’or. 

Ces armoiries, qui pourraient bien avoir été composées d’après 
une empreinte de sceau, furent-elles adoptées par le Chapitre ? Jé 
ne sais, n’en connaissant aucune représentation autre que celles de 
YArmorial général et de VArmorial du Bourbonnais du comte de 
Soultrait. Je ne connais pas non plus d’empreinte de sceau émanant 
du chapitre collégial de Saint-Sauveur d’Hérisson. 


FAMILLES 


Rysi.i: ou Baixi:. sieurs do Pelilbois, paroisse de Oosno-sur- 
n.)Eil, de Sainl-< iobain, Crocliepol, paroisse «It; (Jlialeloy, et La 
Molle «les Bre's, paroisse d«* Yillefrauehc. 

('elle famille a ligure «le ÎÔIK) à 1700 «lans la bourgeoisie dllé- 
risson. Ses aimoiries : d azur, à trois trèfles d'or, sont semblables à 
celles des Le Borgne. 

t ’es armes furent déclarée* en 1007, à VArmorial general, bu¬ 
reau de Moulins, I, n° 0->, par b'raneois-Marlin Basic, conseiller 
du Moi, commissaire des guerres, résidant en la ville de Bourbon- 
rArcliambatill. Iles (iozis rallaclie ce personnage à la famille 
liérissonnaise du même nom. 


Bu i»i:\i . Originaires d«* Marcillal. sieurs de \ illebrel et Saint- 
Largeol, sur les par<*isses de c«* nom, de Beauregar«l-Villeneuv«', 
sur Maillel, ils n’apparaissnit à Hérisson «jue dans la seconde 
moilni «lu xvn° siècle, avec Charles Beaudeau, sieur .de La Paye, 
\ illebrel. Sainl-b’argeol «*t autres lieux, natif «le Marcillal. 

I>«* son mariage avec sa «•«uisine. Marie-Gilbertc Charrolon «h* 
\ illebrel (Moutlueou, ^0 janvier 1000,), il eut notamment un fils : 
Jean Baudcau de La Paye, écuyer, garde du corps du Moi, puis 


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XX e Ëxcunsio* 


22? 


lieutenant à rilùtel des Invalider. le<ju«*l se relira à Hérisson avec 
sa femme, Marie-Anne Martinel. 

Leur (ils, Gilbert Beaudeau de \ illcbret, naquit à Hérisson le 
19 juin 1758. Le 16 mai 1790, il fut élu président de l’assemblée 
électorale de sa ville natale el, le 20 mai 1790, membre de l’as¬ 
semblée départementale. Kn juin 1791, il fut un des électeurs dési¬ 
gnés'pour la nomination de membres à la Législative. 

Le 24 janvier 1794, à la fêle commémorative de l’exécution du 
malheureux Louis XVI, il prononça un discours « analogue aux 
circonstances », en vue de « tenter d’inspirer la haine des Bois et 
l'amour de la Bépublique ». 

Il mourut à Paris, en 1830, sans avoir eu d'enfants de son union 
avec Marguerite Martinet de La Moulière. 

Des Gozis attribue à celle famille les armes suivantes : de j/ucu- 
les, au chevron, accompagné de Irais roses, le loul d'unjenl. 

A noter que ce sont des armoiries imposées d'office, à l'.-lrmo- 
rial général, généralité de Bourges, élection de Sainl-Amand. Rien 
ne permet d assurer qu’elles aient été retenues par la famille Ban¬ 
deau. 


♦ 

♦ * 


Bknoist, sieurs de* Sainl-Gohin, paroisse de Chûteloy, et Jeu, 
j >a r< > i sse d ' 11 é ri ss< * 11 . 

La famille bourgeoise des Benoist apparaît à Hérisson à la lin 
«lu xvii 0 siècle. Kilo y a eu plusieurs des siens pourvus de charges 
de judicaturc et un chanoine de la collégiale de Saint-Sauveur. 

Si, comme le soupçonne des Go/.is, il s’agit d'un rameau des 

♦ • • 
Benoist fixés à Montlueon et originaires de Boussac, ses armoiries 

seraient : d'azur, nu chevron d'or, aeeompatjné de trois mains 

bénissantes de même. Armes allusives au nom de Benoist. 


* 

* ♦ 


Beoijas, sieurs de La Grivolée. paroisse d’IIérisson, des Situons, 
paroisse de Chàtelov. des Haies et de Piray, paroisse de Maillet. 

Des Gozis considère cette famille comme une des plus anciennes 
de la bourgeoisie dans la région montluçonnaisc. 11 la croit origi- 


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228 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


naire d’IIérissoii «»n «les environs. <'est à Hérisson «ju'il trouve ses 
principaux et plus anciens établissements. 11 regarde les Bequas 
répandus dans les ehalclk*nics de La Bruyère-h Aubespin, Cérilly, 
Moulins, en l’élection de Sainl-Aniaud et à Saneoins, comme issus 
de la môme souche «pie ceux d’Ilérisson. Dès le xvi* siècle, on 
rencontre des branches diverses, dont le point de jonction n’appa¬ 
raît pas. 

Notons pour Hérisson «jue N... Bequas, l’ancien, était doyen «lu 
Chapitre d’Hérisson en 158C. Noble Gilbert Bequas, le jeune, un 
neveu ou petit-neveu sans doute, occupa la même charge de 1642 
au moins jusque vers 1688. Il fut aussi chanoine de la Sainte- 
Chapelle de Bourges. 

Les armoiries des Bequas sont demeurées inconnues, bien que 
nombre d’entre eux, dans les diverses branches, aient eu d’hono¬ 
rables charges de robe et «pic l’un iihmiic ail été Conseiller en la 
Cour souveraine «les Monnaies d<; Paris. 

On trouve seulement à l’ Armorial général, généralité «le Bour¬ 
ges, bureau de Saint-Arnaud, st>us le n° 47, des armoiries imposées 
«l’oflice, faute «h* déclaration, à Jean « Becas », lieutenant au bail¬ 
liage «le Saint-Arnaud, .louant sur !«• nom du titulaire, elles sont : 
d'azur, à dru.e Itérasses aj[rontée s, l'une d'or cl l'nulrc d'argent, 
et leurs bers passes en sautoir. 

Il «*sl douteux «pi«’ < «‘s armoiries, polir officielles «ju elles soient, 
aient été adoptées par Jean Bequas ou «|uch|u’un dos siens. 


* 

♦ * 


in: Biorn:nrs. Celle maison il'aneicnnc m*blesse, entièrement 
éleinle, succéda aux Yilh'liittie à La ltoch('-Olhon, connue l’a ra- 
eonlé M. (’. Grégoin*. Il y a lieu «le noter, après le comte de Soui¬ 
llait et «les Cozis, «pie les armoiries «l«* cette famille se présentent 
avec «liverses varianl«*s. 

Primitivement, elle semble avoir porté : d ( argent, à la rose de 
gueules ; puis, après» une alliance avec les Beaucaire, la croix 
aiu ivo apparaît dans ses armes et l’on trouve : 

Dans l’armorial «le Guillaume Hevol (xv° siècle) : Parti : au pre¬ 
mier, d'argent, à une ruse de gueules ; au second, coupé : au pre - 


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XX® Excursiox 


229 


mier, de gueules, à une croix ancrée d'argent ; au deuxième t 
d'azur, à un lionceau d'or, arme et lampassé de gueules. 

Dans Y Armorial général de 1000 (Moulins) : d'azur, à une croi- 
selle ancrée, d'argent, surmontée d une rose d or : au chef d’ar¬ 
gent, chargé d'un lion léopurdé d'azur, armé et lampassé de 
gueules. 

Et à Issoudun : d'argent, à une croix ancrée de gueules, chargée 
d'une rose (tor ; au chef cousu d'argent, chargé d’un lion léopardé 
dazur, armé, et lampassé de gueules. 

Malgré son étendue, la généalogie des üiotières, par des Gozis, 
est incomplète, et un travail d’ensemble sur celte maison devrait 
ne pas se borner ù une simple copie du dossier de notre érudit 
compatriote. 


* 

* * 


Bonr.wnoN. (Vite famille semble originaire «le la Combraille et. 
n’csl guère connue à Hérisson <|ue par Jean Boulandon, prêtre, 
chanoine du chapitre de Saint-Sauveur d’IIérisson. En 1700, A 
Y Armorial général, bureau de Mnntlucon, n° 130, il déclara por¬ 
ter : d’azur, à un agneau [pu.sc/i/] jtassant d'or, avec son guidon 
du même. 

Comme son oncle le mouton, cet agneau devait parfois devenir 
enragé, témoin le procès soutenu <*n 1070 devant le présidial de 
Moulins, par <‘e vénérable chanoine, contre Pierre Huguet, syndic 
d’Hérisson, antérieurement condamné A lui payer 100 livres tour¬ 
nois pour sa nourriture. (Anh. Allier, B 182, inventaire.) 


* 

« * 


du Carlier. Famille noble ayant eu de nombreux rapports avec 
Hérisson. Presque tous ses fiefs relevaient de la châtellenie d’Hé- 
risson, notamment sa seigneurie de Yenas et ses fiefs de Couture, 
les Pérauds, les Longes, Les Granges, le tout paroisse do Yenas et 
ceux de Torière, sur CbAteloy, «lu Ma/.eau sur Cosne-sur- l’Œil, 
de Tivallière, sur Louroux-Bourhonnais. 

Les Noms féodaux nous la font connaître et l'un de ses membres, 
Claude du Carlier, écuver. seigneur «le Yenas. déclara en 1008, ù 

7 4*7 w f 


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230 


Société d’Emui.ation nu Bourbonnais 


Y Armorial général, n° 4 du Bureau de Montluçon, les armoiries de 
sa maison : d’azur, au chevron d'urgent, accompagné de trois 
basants d'or. 

* 

* * 


nus Champs i>e Yerxeix. Encore représentée de nos jours, la 
famille des Champs a tenu une grande place à Hérisson dans la 
première moitié du xix" siècle. Son nom ne doit donc pas être 
omis dans une revue héraldique de celte ville. Originaire de 
Montluçon, elle a dans la collection des lîo/.is une copieuse généa¬ 
logie, bien documentée. On y voit (;ue son nom était écrit primi¬ 
tivement Deschamps, mais l'orthographe logique des Champs a 
été adoptée par la suite. Ses branches principales furent celles 
de Ilisseret, représentée en 1789, à l’assemblée de la noblesse de 
la sénéchaussée de Bourbonnais ; de La Yarcinne, figurant ù la 
même assemblée, honorée d'un litre de Baron de l’Empire, avec 
institution de majorât, le 17 mars 1811, et confirmée dans ce litre 
par Louis XVIII, le 1" juin 1819, avec règlement d’armoiries : 
iFazur, au cltcrron d'or accompagné de trois roses de même. 
Bans son Armorial <lu Premier lïmpire et dans ses Titres, pairies 
et anoblissements de la fteslauration, le vicomte A. Bévérend a 
donné la généalogie île celle branche. 

Chérir* a établi celle de la branche de Verneix, à l’occasion de 
lettres d'anoblissement de 19.Vj, dont l’enregistrement fut négligé 
par l’intéressé, et de lettres de confirmation de noblesse avec 
anoblissement en tant que de besoin, demandées par un membre 
de la branche de Verneix, Colbert des Champs de Savignv (1740 
f 1817), lieutenant-colonel du régiment de Ilainaut, chevalier de 
Saint-Louis. Il obtint satisfaction en mars 1783- et eut en même 
temps le règlement d'armoiries suivant : coupé <l'azur et d'or, 
an lion • /tassant de l'un en l'autre , arme et lampassé de gueules. 

Hans le Dictionnaire des familles françaises, anciennes ou nota¬ 
bles à la fin du xix' siècle, ouvrage en cours île publication, tiré 
à 290 exemplaires, et non mis dans b' commerce, l’auteur, M. C. 
H'E.-A. a consacré une importante notice aux des Champs de 
Bisseret, de La Yareinne et de Verneix. 

Hans YA.rpiorial général de 1999, Antoine des Chnnqts, écuyer, 


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X\® Excursion 


234 


seigneur de Verneix, gentilhomme servant de Monsieur, frère 
unique du Roy, déclara porter : d'azur , à trois roses de cinq feuil¬ 
lesd'argent , deux en chef et une en pointe. (Montluçon, n° 0.) 
Ce sont là les armes plaines de la famille. 

La branche des sieurs de Rocques et de La Chcvilhe, brisait 
tantôt d’un chevron d'or , tantôt d’une fasce d'argent. . 


★ 

* * 


de Ciiaieai iîode vi*. Très ancienne maison de noblesse chevale¬ 
resque, originaire d’Auvergne. Kl le portait primitivement le nom 
de Bochard et doit celui de Chfdeaubodeau à la seigneurie de ce 
nom, paroisse de Rougnat-en-Combraille. 

La généalogie des Chàteaubodeau, donnée par notre confrère, 
M. Eugène Le Brun, dans son intéressant ouvrage sur Le Vcur- 
dre (1) et les notes du chanoine Morel dans le Tome IV de ses 
Paroisses bourbonnaises (2) indiquant suffisamment ‘les rapports 
des Chàteaubodeau de la branche de Rhimbé avec Hérisson, je me 
bornerai à rappeler ici que celte maison, encore existante, est repré¬ 
sentée notamment par le comte de Chàteaubodeau, chef d’escadron 
<lc cavalerie, fidèle abonné de notre Bulletin. 


Les armoiries des Chàteaubodeau sont : d’azur, au chevron d'or 
accompagné de trois quinte feuilles de même, celle de la pointe 
soutenant un croissant d'argent. 


* 

* ★ 


de Crr.i.Avr alias de Citant et de ( ti w. Famille qui préten¬ 
dait descendre de la grande maison féodale des ( niant, du Berry. 
Des Gozis lui dénie cette origine. Toutefois, il résulte de pièces 
d’archives existant au château de (’havigny, commune de Monlillv, 
que les Culant, de Moulins, ayant été imposés à la taille, furent 


(1) Une petite ville bourbonnaise. Le Veurdre, ses seigneurs, sea châteaux 
et leurs possesseurs, Paris. E. Champion; Moulins, Louis Grégoire, 1913. 

(2) Voir p. 248, les fondations faites en 1673 et 1676 par Marie du Château, 
femme de Jean de Chàteaubodeau, écuyer, sgr d'Espalais et autres lieux, et 
la mention du tombeau de Chàteaubodeau dans l'église collégiale de Saint- 
Sauveur d'fiérisson. 



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232 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


rayés des rôles en 1621, après avoir prouvé qu’ils descendaient de 
la noble maison de Culant en Berry, et que leurs auteurs étaient 
venus se fixer en Bourbonnais au \iv° siècle (1). 

Au xviii* siècle, ils obtinrent pour le môme motif un nouveau 
jugomcnt confirmant le premier. Des Gozis n’a pu, du reste, ratta¬ 
cher les Culant, seigneurs de Chavigny, aux Culant qu'on trouve 
à Montluçon et ù Hérisson. Il serait à souhaiter que la filiation 
produite par les Culant-Chavigny, pour être rayés des rôles des 
tailles, soit un jour publiée. 

Les Noms féodaux nous signalent, en 1 4 i3, Gilbert de Culant, 
seigneur du 'I rait, paroisse de Saint-Cnprais, licencié ès-lois, 
bourgeois d’Hérisson. Il fait hommage au Duc, en la châtellenie 
d’Hérisson, pour son hôtel du 'Irait, terres, dîmes, garennes et 


cens. 

Le 14 mai 1493, honorable et sage homme Gilbert Deculland, 
licencié ès-lois, lieutenant général en la châtellenie de La Chaus- 
sière, coni|4iraît h la rédaction du procès-verbal de la coutume 
des châtellenies d’Mérisson et La Chaussière. 

Il était, je suppose, fils de l’autre Gilbert de Culant cité plus 
haut. 

Les Culant d’Hérisson, Montluçon, Moulins, etc... portaient tous 

t t 

les armoiries des Culant du Berry, qu’ils revendiquaient comme 
ancêtres : d’azur , semé de molettes d’éperons d'or ; au lion de 
même brochant sur le tout. 


★ 

+ * 

Com.iykt. Famille bourgeoise connue ù Hérisson, par les regis¬ 
tres paroissiaux de cette ville. File figure également dans ceux do 
la paroisse voisine de Maillet, où elle possédait la terre de La 
Chaussée ou La Chausseau. 

On ne connaît pas aux Collinet d’autres armoiries que celles 
imposées d’office, en 1701, dans VArmorial général , sous le 
n° 148, du bureau de Montluçon, à Gilbert Collinet, sieur de La 
Chaussée, d’abord sergent royal, puis greffier de la ville d’Hé¬ 
risson. 

(i) Bulletin , 190i,p. 323. Les Culant du Bourbonnais étaient-ils de la Mai¬ 
son de Culant en Berry ? par Ph. Tiersonnier. 


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XX* Excursion 


233 


Ces armoiries, que la famille n’a sans doule jamais adoptées, 
sont allusives au nom de Collinet. Elles sont blasonnées 'comme 
suit dans le susdit armorial : de solde, à un collier de perles 
argent. 

¥ 

¥ * 


Courtois. Celle famille, aussi loin qu on puisse remonter, pa¬ 
raît originaire d’Hérisson, où elle a tenu un bon rang dans la 
bourgeoisie. Divisée en plusieurs brandies, elle a possédé aux 
environs les terres de Saint-Gobin, paroisse de Châteloy ; Faviè- 
res et Crussais, paroisse de Yenas : Chézelles et T.a Rue-des-Rois, 
paroisse de Maillet. 


Des armoiries furent données en 1701, faute de déclaration, à 
Jean Courtois, sieur de Chézello, marchand et bourgeois d’Héris- 
son, époux de Marguerite George, par les commis du bureau de 
Montluçon, n° 2»î«S : d'or, à un bdlnn raccourci. d'azur. Inutile d’ap¬ 
puyer sur le pitoux calembour que le bâton raccourci a l’intention 
de faire avec le nom de Courtois. Pour suivre sur leur propre ter¬ 
rain les commis du traitant Vanier, nous dirons que le jeu de mot 
eût pu être plus... courtois. 

Un chanoine de la famille, honorable membres du chapitre d’Hé- 
risson, reçut la même année, également d’office, des armes plus 
gracieuses : de gueules , à une colombe (tor, tenant en son bec un 
rameau d'olivier de sinople. 

Je crois bien que bâton d’azur et blanche colombe restèrent pour 
compte aux scribes de YArmorial général. Au surplus, ils n’en 
avaient euro. I/essentiel n’était-il pas que marchand et. chanoine 
payent chacun 20 livres pour droit d’enregistrement. 


♦ * 


Crut, vis, alias Crutays. Appartenant au Tiers-Etat, les Crutais 
faisaient, aux xvii* et xvuT siècles, partie de la bourgeoisie héris- 
sonnaisc. Us ont fourni à Hérisson plusieurs notaires royaux, un 
chanoine de la collégiale Saint-Sauveur d’Hérisson, un procureur 
du Roi, en la châtellenie, pourvu de cet office en 1737. 

Les Crutais ont tenu sur Châteloy, Raubier et Mittonnière, se 
qualifiant sieurs des dits lieux. 


m 


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23 i 


Société «'Emulation du Bouhbonnais 


Leurs armoiries, connues par un cachet familial, dont je parle¬ 
rai plus longuement à l’article de la famille Pktit, sont : Ecartelé, 
aux premier et quatrième : de gueules, à une épée d'argent, accom¬ 
pagnée en chef de trois étoiles d'or, rangées ; aux deuxième et 
troisième : d’azur , au sautoir d'or. 


+ * 


nu Bost ou Di/bost, sieurs.de Ferrières, en la collecte de Bu- 
xières en Hérisson, ont eu des représentants dans la robe et les 
offices, à Hérisson, h la fin du xvii 0 et au cours du xvm" siècle. 

Dos Gozis leur attribue pour armoiries : d'argent, à un chevron 
de sable, accompagné en chef de deux tourterelles de même. 

Il y a lieu de noter <[ue celle attribution manque de certitude. 

* 

+ * 


ne Favières, Famille de haute bourgeoisie, qui habite h Héris¬ 
son dès 1001, où des Gozis signale Gilbert de Favièros, qualifié 
« bourgeois notable ». Celle famille est passée ù Montluçon au 
début du xvnr siècle et a poussé à l'rcav un rameau qui acquit 
la seigneurie de ce nom. 

Les Favièros ont possédé sur Chfiteloy la terre des Situons et 
sur Maillet celles de Villaines, La Chausseau et Boauregard-Ville- 
neuve, dont ils se sont qualifiés « sieurs ». 

Mentionnée ù plusieurs reprises dans Y Armorial général pour 
des armoiries d’office, les Favièros semblent avoir retenu, suivant, 
des Gozis, les suivantes : d'azur, à la fasee d'or, accompagnée en 
chef de deux hures de sanglier rangées, de même. 

Le sont h's armoiries données par Y Armorial du Bourbonnais, 
de Scmllrail. sans mention du n’sle du fait qu'elles ne proviennent 
pas d une déclaration de la famille. 


* * 


ni: Foi mi nus. Celle noble maison, originaire de la châtellenie 

« . 

d Hérisson, où se trouvait la seigneurie de l’ougières. paroisse «h* 
Saint-Caprais, mérite de trouver place dans cet essai d'armorial 
hérissonnais. F.llc le mérite d’autant plus que la charge de capi- 




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\X C Exccrsiox 


23o 


lainc-chùtelain d’Hérisson fut, pendant un siècle, tenue pour ainsi 
dire héréditairement par les seigneurs de la branche du Creux, 
paroisse de Vallon-en-Sully. Kilo le fut même avec honneur, té¬ 
moin la belle défense et l'héroïsme dont fit preuve à deux reprises 
pendant les troubles de la Fronde, Messire François de Fougières, 
écuyer, seigneur du Creux et du Cluzcau, époux de Marie de Mon- 
taignac. Ces faits d'armes ont été narrés plus d’une fois déjà, et, 
en dernier lieu, par M. Grégoire (Bulletin 1920, p. 223 et suivan¬ 
tes). Je n’y reviendrai pas ici. 

La maison de Fougières, divisée «mi plusieurs branches, s'est 
perpétuée presque jusqu'à nos jours dans celle des seigneurs de 
La Sauvatte, en la paroisse de Tronget. Celte branche a pris fin, 
quant aux mâles, avec Jenn-Bnptiste-Edouard-Léonce, comte de 
Fougières, officier de cavalerie, marié, le 10 avril 1866, à Marie- 
Augustine-Geneviève-Xoëmie d'Orjault de Beaumont; fille de René- 
Augustin d’Qrjault de Beaumont, écuyer, et de Rose-Henriette- 
Augustine de Fougières. 

La terre de la Sauvatte appartient aujourd'hui à M ,Ir des Fîmes, 
fille de Bernard, comte «les Fîmes, et de sa première femme, née 
d'Orjo de Marchoveletle. M" 10 \orlolT, et son père, M. d’Orjo de 
Marehovelettc, dont la femme était née d’Orjault de Beaumont, 
sont également propriétaires sur Tronget. 


I>es armoiries rie la maison de Fougières, données par nombre 
d'armoriaux, parmi lesquels Y Armorial du Bourbonnais, du comte 
de Soultrait, étaient : d'azur, à la fasce d'argent , accompagnée de 
quatre molettes d'éperons d’or, une en chef, trois en pointe posées 
deux et une. 


On trouve les variantes suivantes : des étoiles à six rais au lieu 
île molettes d'éperons et encore : des étoiles à cinq rais , relies au 
dessous de la fasce, rangées. 

La branche de La Sauvatte, d’après la généalogie des d'Orjault 
ou d’Orjo, publiée dans le Bulletin de la Société héraldique et 
généalogique de France, 1882, p. HT. 151, 183, 217, 282, 382 et 
405, portait : d’azur, à la fasce d'argent accompagnée de quatre 
étoiles d'or, une en chef et trois en pointe. 

Les d’Orjault de Beaumont, alliés aux Fougières, étaient de¬ 
venus bourbonnais dès la fin du xviu* siècle et s’étaient fixés au 



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236 


Société d’Emülation du Bourbonnais 


château des Berauds, commune de T rouget. Les armes des d’Or- 
jault sont : d'or , à l'aigle éployée de gueules , becquée el membrée 
d'azur. Le cri, qui rappelle les origines de cette maison est : 
Walcoiut et Roche[ort. 

La famille d’Orjault, alias d’Orgeo, d'Orjol et d’Orjo, origi¬ 
naire du Luxembourg, est issue de la maison dos sires de Wal- 
court, comtes de Rochefort, ainsi que l'explique l’article du 
Bulletin de la Société héraldique el généalogique de France, men¬ 
tionné plus haut. 

* 

w * 


Fouquet. Famille connue à Saint-Arnaud (Berry) dès le début 
du xvii e siècle. 

Kilo «e rattache â Hérisson par Louis Fouquet, chanoine du 
chapitre Saint-Sauveur, <*l Anne sa soMir qui demeurait avec lui. 
Par acte du 11 janvier IT'iT, ils se firent une donation mutuelle 
de r>0() livres, au profil du survivant (1). I*it encore par Jeanne- 
Marie Fouquet des Roches, fille de Jean, sieur des Roches, de 
Férolles, notaire royal, greffier en chef en l’Klection de Saint- 
Amand, et de Catherine Ia> Rasle. ( ctte Jeanne-Marie épousa, le 
12 juin 1792, Jacques-Claude Luylier. jadis qualifié sieur de L’Isle. 
fils de Claude Luvlier. sieur du Plaix, et de Madeleine Berlhomier 
de La Grange. 

Un autre point d’attache des Fouquet avec le Bourbonnais se 
trouve dans le mariage de Marie-Aglaé Fouquet, en 1811, avec 
Pierro Béraud des Rondurds, qui lut député de Moulins, sous In 
Restauration. 

Madame Béraud des Rondurds était fille de Louis-Antoine 
fouquet, écuyer, seigneur de Pontcharraud, en la paroisse d’Ai- 
nay-le-Château, Président Trésorier de France au Bureau des 
finances de Bourges, et de Francoise-Klisabelh Bouchet de SU 
Domingue. 

Madame Béraud des Rondurds, née Fouquet, fut la grand’- 
mèro de notre confrère Léon, comte de Cliampfeu. 

Dans Y Armorial (îénéral de J(»9l>, Généralité de Bourges, élec¬ 
tion do Saint-Amand, le nom des Fouquet est plusieurs fois cité, 


(t) Arch. Allier, B. 763, Inventaire, 


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XX e Excursion 


Ml 


tantôt pour dos armoiries d'office, tantôt pour les véritables, dé¬ 
clarées par des membres de la familier d'urgent, à l'écureuil de 
gueules. 

Ces armes soûl identiques à celles du surintendant Fouquet, 
bien que les Fouquet, de Saint-Arnaud, n'aient jamais eu la pré¬ 
tention de se rattacher à sou lignage. Mais, /duquel étant le 
vieux nom de l'écureuil, il est naturel que les uns et les autres 
aient choisi « comme nom muet » ce gracieux petit animal. 


* 

* * 


Fumai. Celte famille appartenait au xvu® siècle à la moyenne 
bourgeoisie d'Hérisson. 

Un de ses membres marquants, Jean Fumât, chanoine de la 
collégiale d’Hérisson, se vit, en 1701, sous le n° 145 du Bureau 
do Monlluçon, imposer dans YArnwrial général: de sable , à 
deux pipes d'ajgenl , passées en sautoir. Si les commis de M. Va- 
nicr avaient su que les Fumât avaient fourni des apothi¬ 
caires à la ville d’ilérisson, il y a des chances pour qu’on ait 
substitué aux pipes accordées au bon chanoine, une seringue po- 
sec civ (m e... (sir), ainsi qu’il arriva à un membre de l’utile corpo¬ 
ration, dont un autre représentant, devenu juge, fut, dit-on, eu 
plein tribunal révolutionnaire, vertement traité par la marquise 
de ('ourlais, « d'espèce de \i<e en c... ». 


+ 

* * 


Gilbert. Originaires d'Ilérisson, les Gill>erl tenaient, à la fin 
du xvu® siècle et au sui\nnl, un rang distingué dans e.ettc ville. 
Ils ont possédé le fief d'Ancinay, paroisse de Maillet, et le Gros, 
sur Domérat. 

Parmi les individus marquants de cette famille, on peut citer: 

Florent-Gilbért, chanoine «le Saint-Sauveur d’Hérisson, qui re¬ 
çut d’office au Bureau de. Monlluçon, sous le n° 174 : d’or, au 
chevron engrélé d'azur, accompagné en pointe d'une tour de sable. 

Jacques Gilbert, chanoine «lu mémo chapitre, principal du col¬ 
lège d’Ilérisson en 1740. 


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23$ 


Société d'ÉmulàTioK dü Boch&onnàIS 


Jean Gilbert, frère du précédent, sieur d’Ancinav, écuyer, garde 
du corps du Hoi, puis, eu 17i9, brigadier en la mèine compagnie ; l 
chevalier de Saint-Louis. De son union avec Jeanne-Françoise «le 
Platitude, fille de Jean de Plantadc, seigneur du Mas de Lau- 
gière, capitaine de cavalerie, chevalier de Saint-Louis, et de Marie 
de La Chauline, il eut entre autres enfants : 

1° Pierre de Gilbert d Ancinav, écuyer, garde du corps du Hoi, 
qui émigra. 

2° Jacques de Gilbert, sieur d Ancinav, écuyer, lieutenant en 
premier au régiment de .Ylédoc-liifantcrir. 

8° Marie-Anne GHIktI d'Aminav, mariée à Monlhnon le HO 
août 1708, avec Jean-Gabriel Feldej*, écuyer, seigneur de Muii- 
sat et autres lieux, gouverneur d’AImn. 


* 

♦ * 


f •u.itKHro\. Famille bourgeoise «pii semhh; originaire des en¬ 
virons d’iiérisson, d où «les branches diverses, dont le point «le 
rattachement n est pas toujours bien déterminé, ont rayonné à 
Givarlais, à Monlluçon, au Hrethon, au Vilhain, à Cérilly et Ai- 
nav-le Château. 

Dès le coiumencena'iit du x\n’ siècle, on tr«*u\e «les Gilbcrloii 
à Hérisson. 


• - 10.'{ô. Louis Gilb«*rlon. clerc-juré et notaire royal on la ch⬠
tellenie. 

• - lO'vJ. Marcel Gilbert«tn, procureur en la châtellenie «I lle 
risson. 

HioU. Pierre (lilherton. époux de Gulherim* Thibault, veuv«* 
«h* Jean P«*litj« , an, Pro«‘iir(“iir «lu Hoi «*u la châhdlcnic d’ilérissoii, 
fi11«* «le <'lundi? Thibault, sieur du Coudrais, et de Martine Thi¬ 
bault. 

-- 10*8. Margu«*rit«* Cilberlon. femme «le Jac<jues Fumât. apo¬ 
thicaire à Hérisson. 


La brandi*' <l«*s sieurs du S«»nli«*r. paroisse «lu \ illiaiu, «*l son 
raiiK'au <l«*s sieurs de Marçais, paroisse d«.* Givarlais - revinrent 
à Hérisson, à la lin «lu wm' siècle. 


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X.V Exctmsiox 


239 


A lu branche du Soulier, appartenait Gilbert-Bon-Charles Gil- 
berlon, colonel du génie, chevalier de Saint-Louis, officier de la 
Légion d’honneur, qui, en 1820, avait épousé Marie-Madeleine 
des Champ-s de Yernoix, fille «le Jacques «.les Champs de Verneix 
et de Marie-Anne Petit. 

C’est le colonel Gilberlon, «[ui, en 1852, donna à la commune 
d’IIérisson l’église de Chàteloy, que son père avait achelé<‘ 
comme bien national «mi l'an VIL 

Le colonel Gilberlon eut trois enfants: un (ils mort sans al¬ 
liance et deux filles. L’une fut unie à Gilbert-Pierre Saulnier, no-, 
taire à Moulins, qui fut maire de cette ville et conseiller général 
de l’Ailier. L’autre épousa à Hérisson, le 14 janvier 1850, Ama- 
blc-Charlcs-Franeoi-s manpiis de Fontanges. 

Le rameau de Mariais, suivant des Gozis, a pris lin avec Fran¬ 
çoise Gilberlon, mariée, vers 1800, à Louis Maugemist. 

I)es Gozis ne connaît pas aux Gilberlon d’autres armoiries que 
celles imposées d Office dans Y Armorial g encrai , à David Gilber¬ 
lon, sieur de Soulier, bourgeois de Cérilly: de gueules, au lion 
d argent. (Généralité de Bourges, élection de Saint-Amand, n° 7.) 

J’ignore si ces nrmoiriivs officûdles lurent adoptées par la fa¬ 
mille, conformément à son droit le plus certain. 


♦ 

* * 


Go/.Aito. Encore une vi«*ille fainilh*. hérissonnaise, cl de bonne 
bourgeoisie, dit des Gozis. tjmdques Gozard, à la fin du xvi' siècle 
et au commencement du suivant, firent une petite excursion dans 
le protestantisme. 

Les Gozard ont tenu un rang distingué parmi les gens de robe 
d Hérisson et même, deux d’entre eux eurent droit à la qualifica¬ 
tion d'écuyer. Ce sont : Gabriel Gozard, sieur «les Ingarands, garde 
«lu corps du Hoi, retiré à Hérisson dès 1707. où il habitait avec 
-sa femme, Agathe Guérin de Guédolle, fille de Jacques, sieur «le 
Guédolle, avocat au Parlement, et de Marie Luvlier. M ,DC Gozard 
s’était mariée ù Muriel, le 18 février 1750. D'elle naquit Gilbert- 
Bon Gozard qui, en 1783, était écuyer, gendarme de la Garde ordi¬ 
naire du Roi. 


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240 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


Nous veuous de voir que les Gozard furent sieui>s des Ingarands 
sur la paroisse de Ghâteloy ; ils eurent aussi Fayolle, sur la même 
paroisse ét Les Forges sur celle de Nassigny. 

■ 

Des Gozis signale une de leurs branches comme ayant possédé 
le fief de Laugèrc ou Logère sui Monlillv et Bagneux et le Sault 
sur celle dernière paroisse. Pourtant, en dépit des Noms [éodaux , 
il n’en dit rien dans son dossier Gozard. Pour combler celte la¬ 
cune, voici le peu que je sais sur cette branche. Pierre Gozard, 
seigneur de Logère, du Sault, de la Grandc-Augère et de la dîme 
du Bord, sur les paroisses de Montilly et Bagneux, en fit hommage 
en 1a châtellenie de Belleperche, en 1719, pour Logèré et Le Sault, 
en 1722 pour le reste. 

Sa fille, Catherine Gozard, issue de son union avec Françoise 
Borrelly, porta Logère et autres biens à son mari Pierre Legros, 
lieutenant, puis maître particulier en la Maîtrise des Eaux et Forêts 
de Moulins (contrat de mariage de janvier 1741, reçu par Sauldois, 
notaire, Aroli. Allier, B. 757). La terre de Logère passa ensuite à 
I un de leurs enfants, Mossirc Pierre Legros, seigneur de Logère, 
aussi ma tire particulier en la maîtrise dos Faux et Forêts de Mou¬ 
lins, marié en 1783 à Marie-Jeanne Tiersonnior. La tet'Ve de Logère 
appartient aujourd'hui à leur arrière-petite-fille, M n,u Gaëtan Ala- 
dane de Paraizc, née Marguerite Dosniercièros. 

Les Gozard reçurent, en 17ol. è VArmorial général, bureau de 
Montluçon, n" 197, les armoiries sui\anlés : losange d'argent et de 
t •'unop/e. Elles furent imposées à Jean Gozard, sieur «les Ingaratais, 
Gonsoillrr et Procureur «lu Itoi, «lu fait commun <‘t de police à 
Hérisson, lequel se maria deux lois : en pivitiièrcs noces, avec. 
Madeleine Itouëron, cl en secondes, a\«'c Marie Preschonnet. Il 
fut le père de Gabriel, garde «lu «•«*rps, «huit j’ai parlé plus haut, 
issu du premier mariagf*. 


♦ 

♦ * 


Hit.uitt ne Lys. A maintes réprises, dans son «'Inde sur Héris¬ 
son, M. Grégoire n parlé «le celt«» vieille famille d'Hérisson. Elle 
s’v trouvait déjà nu début du xvi* siècle (1). 

(t) Jean Huguet, bourgeois d'Hérisson, fait hommage au duc de Bourbon¬ 
nais, en 1505, en la châtellenie d'Hérisson, pour une dtme en la paroisse de 
Cherrais. 


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XX* Excursion 


241 


Il a meme indiqué que, d'après dos empreintes d’anciens cachetés, 
les armoiries des Muguet du Lys étaient : d'or, au chêne de sinofde, 
englanlé d'argent, accosté de deux lions de gueules rampant contre 
le tronc de l'arbre (1). 

Il se pourrait que les Muguet du Lys li aient pas toujours porte 

ces armoiries et que, plus anciennement, leur écu ail été bla- 
soiiné autrement. A moins d’admettre que les Muguet, possessiomïés 
à la lin du xv w siècle et au suivant sur Nassigny ne soient tout à 

fait différents, mais je ne le pense pas, car Nassigny est de la ch⬠
tellenie d’Hérisson et, à vol d'oiseau, à huit kilomètres seulement de 
cette ville. Ces Muguet devaient être vraisemblablement de la 
même souche, mais, tandis que les Muguet d’Mérisson étaient bour¬ 
geois, ceux de Nassigny sont qualifiés écuyers. Leur branche avait 
sans doute monté, sinon il faudrait supposer que la qualité 
d’écuycr leur a été donnée afin de faire meilleure figure dans la 
généalogie des Le Borgne. Ceci dit. j'arrive au fait. 

Mans la généalogie de sa maison, qu if avait lait dresser sur 
litres, le comte Jean-Joseph Le Borgne mentionne, page ‘JM, que 
« damoiselle Be'née Le Borgne lut mariée à Antoine Muguet, 
« escuyer. fils de Michel Muguet et de damoiselle Peronelc de 
« I^ierrebruue. 

« Lcsdils Muguet, seigneurs vie La Vauvre eu Nassigny, liouj- 
« mes d’armes servant en I.VjO dans la compagnie de \|, «le Ville- 
« quier ou à ses ordres, capitaine de ladite compagnie d’ordon- 
« nance de Monseigneur frère du Bov. » 

V • 

Et il indique que les armes des Pierrebrune sont. : « daryent. au 
giron de gueules mouvant du canton droit, et celles des Hiiguel : 
d'azur, au chevron • d'or surmonté d'un croissant montant d'argent , 
accosté de deux éloilles d'or rangées en chef, cl en f mi nie, au lion 
d'or armé et lampassé de gueules. » 

Plus loin, page Ml, ta même généalogie indique comment Jean 
Le Borgne. \' du nom. escuyer, seigneur de La Prugne (2), Mara¬ 
thon, Verneix et autres lieux, gentilhomme de la Heine, épousa, 
par contrat du L’O janv ier li'.M. devant Jean Ihtlrcuil. prestre, no¬ 
taire du scel de La lloche-t •uillebault. damoiselh* Isaheau d Au- 


(1) Bulletin, 1921, p. 323, note 1. 

(2) La Prugne, paroisse de Préveranges, où il demeurait. 


16 


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242 


Société d’Emülation du Bourbonnais 


busson, fille de Jean d'Aubusson, escuver, seigneur de La Maison¬ 
neuve, et de damoiselle Jeanne de La Chapelle» 

Devenu veul, ledit Jean Le Borgne, oscuycr, alors seigneur du 
Vernel, des Hoberts, du Plaix, de Lovsorie en Saint-Palais et 
autres lieux, gentillioinine de la Heine, convola en secondes noces 
avec damoiselle Jeanne Lovs, fille de Messire Louis Lovs, escuver, 
seigneur du Lacq, et veuve de Gilbert lluguct. 

La généalogie donne pour armes aux Lovs : de sable au lion 
rampant d'argent , armé , lampassé et couronné d'or. 

Ouant à Gilbert lluguct, il est dit qu’il portail les mêmes armes 
qu’Antoinc lluguct. 


* 

+ * 


ni: La Moi ssi;. Noble maison < |ti i. eulr'aulrcs liel's. a possédé sur- 
la paroisse de Maillet. La Bruyère et Che/.elles. Sa lilial ion est 
encore mal établie. 

Dès la fin du xiii c siècle, «-Ile a des rapports avec Hérisson. Ln 
l’an I.'JOO. Jean de La Mousse, chanoine du Chapitre de Saint-Sau¬ 
veur d’Hérisson, fait foi et hommage au duc de Bourbonnais, en la 
châtellenie d’Hérisson, pour son hôtel, terre et seigneurie du Frai- 
gne (paroisse de Verneix), et pour h*s dîmes de Chasollea cl de La 
Bruyère, paroisse île Maillet. (.Vomis féodaux.) 

En 1353, Guillaume de La Mousse cède au duc de Bourbonnais 
une maison à Hérisson, sise' sur un emplacement 'qui la rendait 
nuisible à la défense du château et en reçoit.'en échange, une au¬ 
tre, adossée au mur d'enceinte de la ville, à cote d une porte qui 
prit le nom de porte Mousse ou Moussa (1). 

En 1360, il rétrocéda celte maison au duc (2). 

En 1380, Marguerite « de Massa », damoiselle, femme de Louis 
de Saint-Aubin, autrement dit de Sarregoce, fait hommage au Duc, 
pour l’hôtel, terre et seigneurie de Fraigne, sur Verneix, cl pour 
un moulin dit « Guan de Beuf » (sic). 

Louis de La Mousse,’prêtre, prieur de Ghateloy, fut inscrit, en 
1 !50, dans l’Armoriul de Guillaume Hevol. 

Les armes plaines des La Mousse étaient : de sable , au lion d ar- 


(1) Annales Bourbonnaises , 1888, p. 222. 

(2) Noms Féodaux. 11 est appelé : de Mossa. 


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N 



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Dessin de P. Leprat, d'après un croquis de Barriau. 





Société d’Emulation du Bourbonnais 


2U 


< jcnl , armé , lum/iassé cl couronné de y italien ; au chevron de même 
brochant sur le tout. 

On trouve eoe urines, nveo dos brisures, noluiunieni dans I* Ar¬ 
morial do Hevol. 

* 

é * 


r 


Lu B<>R«»,nk. Ce \i<*n\ lignage mms csl venu du Berry. \1. Camille 
t îrégoirc ayant marqué suffisamment les lions rattachant les Le 
Borgne à Hérisson, je ne rééditerai par ici ce qu'il a fort Bien mis 
en lumière. 

Je noterai seulement que dans la longue suite dos Le Borgne, il 
eu est un tout au moins qui mériterait quelque peu d'être silhouet¬ 
té : Gilbert Le Borgne, écuyer, seigneur du Luc, plus connu sous 
le nom de sieur du Lac ou mémo llulac. Ol'licier de valeur, il 
reçut, le l ,,r janvier 1681), une commission de colonel commandant 
un régiment de milice de lu généralité de Moulins. Il conduisit sa 
troupe en Italie <q. lut lue à sa tète, à la Bataille de La Marsaille. 
le j octobre lOtXi. 

Y CirWMWHJL Jc ‘"‘BIX* 111, aussi qu un autre Le Borgne, seigneur de La I'oiii- 

ineraye,T))rès BourBon-l ArcliamBuull, le comte Je.an-Joseph Le 
Borgne, a laissé de nombreux papiers, entre autres un abrégé de 
ses campagnes à 1 armée de Coudé. I*e style peu élégant, ccs 
notes sont toutefois, à mon avis, pleines d'intérêt (1). 

Ce Jean-Joseph est le premier qui ait été qualifié comte. Il 
raconte lui-même qu’il a pris ce litre parce qu’il lui avait été 
donné dans des lettres que le Moi lui avait fait l'honneur de lui 
••«rire. 

I rès attaché à ses souvenirs de famille, très convaincu de l'an¬ 
cienneté et de l'illustration de sa race, il a laissé aussi une copieuse 
^ ne#des ï.e B «i ^^n Réserve faite pour les origines, elle est 
ploino do miseigiirtnoiiK ulilos pur 1rs indimlions do noms do 
li«Mi\. do prrsnniios, do dnlos, de* l.iils <*l d noh*s divers. l/inspoo- 
lr«»n do ros papiers iiidupie «pir In gtuirnlogip drossée par dos 
’">/is. aurait hes«uu d être ivsmvic. complétée, voire rectifiée. 

Les Le Borgne, aujoiird hui éteints, portaient : d'azur , à frais 
trèfles d'or. 




» 

» * 


(I) Voir Bulletin, 1910 p. 238 239. 


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XX* Excunsio* 


245 


Le Mme ou Le Myhl. Celle familk* hcrissonnaiso apparaît, ou 
début du xvn r siècle, divisée en plusieurs branches, dynl le point 
de jonction n’est pas connu. I .< > s uns font partie du groupe ardent 
des religionuaires, «juj réclamaient avec ténacité temple, cime¬ 
tière et libre exercice de leur culte. I> autres au contraire étaient à 
la même époque, dé* fervents catholiques. 

Parmi ces derniers se trouvait Pierre Le Mire ou Le Mvrc, con¬ 
seiller et procureur du Moi eu la'chatellenio d'Ilérissou, de Hio.l 
au moins h 1054. Le 25 juin 1012. lots de la venue à Hérisson de 
MM. de Genicom! d’Autry <‘t de Saint-Germain, commissaires dési¬ 
gnés par le roi Henri IV en vue de l'établissement régulier dans la 
ville du culte protestant, Pierre Le Mire fut au nombre des catholi- 
quos convoqués, tandis que son parent, Guy Le Mire, procureur en 
la chAlcllciiic, syndic, des sectateurs de la H. P. H., soutenait à pro¬ 
meut b‘s prétentions de ses cn-rrligiominires, fondées sur l'appli¬ 
cation, à Hérisson, dis* concessions accordées aux Huguenots par 

l'Edit de Nantes (1). 

Le petit-fils de Pierre Le Mire. Jean, lui aussi procureur du 
Roi en la chAtellenie d’Ilérissou (provisions du 21 décembre 1002, 
Arch. Allier H. 848, inventaire), fut inscrit d’office, en 1701, à 
VArmorial yénéral, bureau de Moulluçon, .sous le n° 142, et reçut 
les armoiries suivantes : d'uryent , fret U 1 de subir, à une niyle d'or 
broèlwnJ. (-était flatteur. Rossuet était l’aigle de Meaux et lui, 
celui (THérisson. 

(Vite branche des Le Mire tomba en quenouille, semble-l-il. 
dans la seconde moitié du xviiT siècle. Les membres de cette 
branche sc «uialiliaioni siriins de \ érignv. en la paroisse de 

Maillet. 

■ 

La branche protestante paraît avoir disparu assez v ite d’Ilérissou. 
Une Madeleine Le Mire, protestante, que des Gozis pense fille du 
syndic Guy, épousa après 1012. et sans doute vers 1680. Pierre 
Régnault, protestant de la ville de Saint-Amand. 


* * 


l.rvi if:u. M. h' chanoine Clément devant parler de celte famille, 
je me bornerai à rappeler ici que scs armoiries sont : d’azur, à 


(1) Voir à ce sujet Archives histor. du Bourbonnais, 1891, pp. 309 et sui¬ 
vantes. 


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246 


Sociiîtk D'Emulation du Bourbonnais 


trois vot/uillc ,>• d'or , ou chef d'arpent, <7i orpé de trois molettes 
d'éperon de solde. 

Claude Luvlier, sieur <lu IMaix et de Coulure, conseiller du Koi. 

* • 

président et lieutenant général en la châtellenie d* Hérisson, les fil 
enregistrer dans VAnnoriol pènérol de HîtMl, Bureau de Montlu- 

eon. n° 17. 

« * 

La branche des Luvlier de Couture est éteinte et n’est plus 
représentée qu'on ligne féminine. La branche des Luvlier du IMaix 
a pour dernière représentante du nom, Madeleine Luvlier du 
IMaix, mariée à Henry Aladane do Parni/.e; qui fut pendant la 
guerre officier de chasseurs alpins, décoré rie la croix de guerre. 


* 

* * 


M \xriv\r. La lignée Manceau compte parmi les familles patri¬ 
ciennes de la petite ville. Les registres paroissiaux d'Hérisson et 
de Monllucon permet!raient sans doute d'en dresser une généalo¬ 
gie plus complète et plus fournie de dates certaines que celle, assez 
ample déjà, établie par des Gozis. 

On ne commit à celle famille que les armoiries imposées 
d’office, en I7<>7. dans V Armorial pénéral (Bureau de Monllucon. 
n° 218). à Marie Manceau, votive do François Luvlier, sieur du 
Plai.x et autres lieux, conseiller du Boi. lieutenant général en la 
châtellenie d’Ilérisson. 

Ces armoiries qui. sans doute ne furent jamais portées, sont : 
de solde, ô si.r étoiles d'arpent. Ce blason funèbre convenSit bien 
à une veuve e| témoignait de la paît d<s commis de plus de défé¬ 
rences que celui malicieusement 'attribué à Mlle de Toutifault 
de Chnsscmnis : de sohle, ô on homme nu d'arpent, posé en pol. 
Ce| homme, à qui tout « failli ». dut scandaliser quelque peu la 
bonne demoiselle. Kl puis, qu’en eàt-elle fait ? Car. puisque tout 
lui faisait défaut, il no lui manquait pas que la chemise. 


• * 


Mumxrvr ni: i \ Cnozi:. Originaire de .lamage, en Marche, et de 
souche bourgeoise, la famille Martinet doit le vocable de La Croze 
à une terre sise paroisse do Saint-Christophe sous lluriel. dont 
elle a pris le nom. 


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XX* Excursion 


2i7 


Antoine Martinet, sieur de la C’roze, conseiller du Roi en l’élec¬ 
tion de Montlucon, alla se (ixer à Hérisson, à la suite de son 
union avec Marie Gozard des Gouttes (1700). 

Parmi ses enfants, signalons Gilbert-Bon Martinet de Marignat, 
qui fut chanoine du chapitre de Saint-Martin d’IIuriel, puis du 
chapitre de Saint-Sauveur d’Ilérisson, lequel trépassa. Agé «le OTi 
ans, le 1 er août 1777. 

La famille Martinet de La Cmze est éteinte. 

Les armoiries de la famille Martinet de La Crozc étaient : 
d'argent, au chevron d’azur , accompagné, de trois molettes d'éperon 

t 

de sable. 

Pierre Martinet, chanoine de F .a Chapclle-Taillefcrt, les déclara 
ainsi, en 1700, en l'élection de Guéret (1, n° 137). 


* 

+ * 


Matiiat. Les bourgeois «le c.* nom semblent n’avoir habité lié- 

risson qu’un espace de temps relativement court. Peut-être la fa- 

« 

mille Matra l ne fut-elle représentée en celte ville qu’au temps où 
Pierre Matrat faisait partie du chapitre de Saint-Sauveur d’Ilé¬ 
risson. 

I.es commis «lu traitant Yanier. ayant repéré cette vénérable 
et discrète personne, l’invitèrent à venir déclarer ses armoiries. 
Toujours discret, Pierre Malrat n’en fil rien et, pour justifier la 
taxe de 20 livres, on lui enregistra d’office, sous le n° RVl, des 
armoiries qui, ma foi. ne manquent pas d’allure : paie d'or et 
d'azur de si.r pièces , nu chevron de gueules brochant. 


* * 


nr May. Venue «le la Combraille. celle famille noble appartient 
à Hérisson par la branche «les seigneurs «le La Motte «lu Yilhain. 
près celle ville, laquelle posséda aussi Romagnet sur ChAteloy et 
Routière sur Hérisson. 

Le fondateur de cette branche fut Gaspard de May, écuyer, 
seigneur de Romagnet et autres lieux, lieutenant général en la 
«•liàellenie d’Hérisson vers ir>r>0. époux «le Gilberle «l« v J .a Loire 
(ou de La I.oère), 


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248 


Société d’EmulatIon dü Bourbonnais 


Cette liranclie parait avoir pris fin, quant aux mâles, au milieu 
Hu xvn c siècle, avec Pierre de May, seigneur de La Mothe du 
Yilhain. conseiller au présidial de Moulins, marié h Antoinette 
Faverot. 

('.'es de May portaient : d'azur , à la [ame d or , acconifmgnée de 
trois roses d'argent et il n’y a pas lieu d’attacher la moindre 
iniportancè aux armoiries d’office de \'Armorial général de 1090 
(bureau de Montluçou, n° i.'j). 

Ites Gozis a compulsé les différentes généalogies données de 
celle famille et a formulé sur elles diverses observations auxquelles 
nous renvoyons le lecteur, aussi bien qu'aux registres paroissiaux 
d’Hérisson et paroisses voisines, â consulter avec, soin pour la 
branche qui nous occupe ici. 


* * 


Petit, sieurs des Durets. paroisse de Maillet, des Raubiers, 
paroisse de ChAteloy, cl de Culanl. 

Cette famille paraît être une branhe des Petit de Montluçou, 
fixée à Hérisson par Gilbert Petit, notaire royal en cette châtel¬ 
lenie et marié à Marguerite Fumât, issue d’une vieille fnmille 
hérissonnaise. 

Les Petit qui oui appartenu à la liante bourgeoisie d’Hérisson 
lui ont donné un Procureur du Moi en la châtellenie, un maire 
sous le Premier Empire et un colonel d’infanterie, breveté de 
I Ecole de Guerre. chevalier de la Légion d’honneur. 

Les Petit ont quitté Hérisson, mais comptent encore des repré¬ 
sentants. 


Des Go/.is a décou\«*H, «le façon indéniable, les armes de cette 
famille sur un cachet de Gilbert Petit, sieur «b* Cillant. Procureur 
«lu Rot en la châtellenie d’IIérisson. 

Ce cachet figure au bas d’une légalisation «le signature que Gil¬ 
bert Petit certifie par l'apposition de son scel, ainsi qu’il le men¬ 
tionne expressément (14 décembre 1709). I.e cachet est aux armes 
«le Gilbert Petit, arrole«*s de celles de sa femme, née Crutays (1). 


(1; Cette pièce existe encore aux Archives de l’Ailier, dans les document* 
du Cabinet des Gozis , Dossier Petit. 


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XX* Exgursion 


249 


Les armoiries des Petit, très nettes, y sont : dnzur, au chevron 
d'or, accompagné de Irais, rencontres de laurean.c d'argent. 


4 

* * 


Raby. Dans sa (’olleclion , des tîo/.is a noté avec curiosité qu’au 
commencement du xvn* siècle, trois familles, très nombreuses, 
originaires du hameau du Dès ou Rez, paroisse de La Salle, près 
Briançon, au diocèse d’Embrun, eurent de leurs membres qui, du 
fond du Dauphiné, vinrent s’installer h Monllucon, où elles firent 
du commerce avec succès. 

Ces trois familles sont les Rourel (anciennement Borcl) les Bom- 
pard et les Raby. 

Très anciennement connues, au hameau du Dès de La Salle, ces 
lignées avaient entre elles do multiples liens de parenté. 

Pu Rourel, le premier, v int vers 1(145 à Monllucon, y commença 
sa fortune, n’eut pns d’enfants, mais attira auprès de lui un de 
ses neveux qui, lui, eut postérité et devint riche. 

L’exemple de ces deux Rourel fut suivi et, pendant un demi- 

• ^ 

siècle, ce fut un exode ininterrompu de Rourel, de Raby et de 
Bompard, de Raby notamment. 

Ils s’installèrent à Montluçon, provignèrcnl dans la région et 
c’est ainsi que des Rabv, appartenant à diverses branches, vin¬ 
rent habiter Hérisson. Parmi ces derniers, je citerai : 

Pierre Rabv, marchand drapier à Hérisson, né vers Ifioft, marié 
h Madeleine Gozard. Il mourut veuf à Monllucon, ;Wé de 72 ans, 
Je 4 janvier 1728. 

Barthélemy Rabv, marchand drapier à Hérisson, époux d’Eli¬ 
sabeth Dutremblay, fille de Gilbert Dutromblay, maître chirurgien 
ù Hérisson ; il semble bien avoir été fils de Pierre ci-dessus. 

En tous cas, Barthélemy Raby et Elisabeth Dutremblay eurent ; 

» 

— Joseph Raby, né ù Hérisson, le 9 juin 1737. 

— Claude Raby, né le 17 septembre 1743. 

— Françoise, « l’aînée ». 

— Françoise, « dite la jeune ». née le l* r mars 1739, mariée le 
7 octobre 1755, «4 Charles-Michel Mélénier, bourgeois de Reugnv. 

— Jacques, né le 28 mars 1740. 

Un autre, Barthélemy’ Raby, oncle du précédent, fut aussi mar- 


I 


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250 Société d’Emulation du Bourbonnais 


chaud à Hérisson, et reçut des armoiries d'office à lWrmorial gé- 

ê 

néral : de suide, un lion parti d'argent cl de gueules. 

Il marqua son passage à Hérisson par la fondation de deux 
messe-s perpétuelles dans la chapelle de l'Hôpital et trépassé avant 
1708. 

On rencontre aussi à Hérisson un Antoine alias Claude Rahv, 
qui y fut marchand et vint mourir à Montluçon, le 21 juin 1690. Il 
était né à La Salle, en Dauphiné. Sa veuve, Oilherte Bilhardou, 
mourut aussi à Montluçon, le 4 mai 1719, âgée de 77 nus. 

Dans la branche des sieurs de La Lande (\ allon-en-SulIy), qui 
fut certes une des plus marquantes de la famille en Bourbonnais, 
il faut noter Pierre Bain, sieur do La Lande, né ù Montluçon, le 
5 novembre 171G, qui épousa à Hérisson, le 24 février 1745, Jeanne 
lïuguot du Lys, fille d’Antoine, sieur de La Chiè/.e, châtelain de 
La Crète, et de Françoise Bergeron. Il en eut postérité. 

Ce Pierre Rabv était fils d’autre Pierre, sieur île La Lande, T.a 
Route, Colonbaroux, bourgeois et marchand de Montluçon, et de 
sa seconde femme. Marie-Marguerite de Favière. 

Ce Pierre reçut, dans Y Armorial de 1090, n° 110, des armoiries 
d’office, en 1701, celles indiquées plus haut, au nom de Barthélémy 
Rabv, et qui furent attribuées à tous les Rahv du Bourbonnais, 
aucun n'avant jugé à propos d’aller en déclarer. 

\otons en passant, qu’à la fin du xviii* siècle, les Rabv de La 
Lande allèrent pousser une pointe jusqu’à Cérilly. 

Parmi les Rabv restés eu Dauphiné, l’un d eux, Antoine Rabv. 
châtelain d’Oulx. subdélégué de l'Intendant du Dauphiné, fut ins- 
cril d’office à Y Armorial général, registre du Dauphiné, avec le 
blason suivant : d'argent, à une lunule componnée d'or et de saJde. 

Il est à supposer que ses descendants adoptèrent ces armoiries 
officielles, comme ils en avaient le droit, car. Y Armorial général , 
de Rielslap. indique, au nom de Rabv, eu Dauphiné, à peu de cho¬ 
ses près les mêmes armoiries : d'argent, à la fnsec componnée d'or 
et de solde. 

l'infin. un aimable nirrespniidaut, M. Lucien Bord du liez, issu 
d une des nombreuses branches de CCS Rurel. du Dauphiné, dont 
j ai parle en tète rie celte notice, m’a signalé’ ceci ; 

Dans le fonds. Rabv. des Archives de l’Isère, on trouve, vers 
1 nu X... Rabv. marié à l ibelle d’Agoull. lequel usait d’un 


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XX e Exclusion 


251 


cachot armorie comme suil : d'argent, à ht fasee (l'azur, chargée 
(l une croifietle année de .... 

De tout ceci, semble résulter que les Raby n’ont jamais eu d’ar- 
moiries patrimoniales anciennes, qno les Raby du Montluconnais 
ne se souciaient guère d’en prendre et que pour ceux restés dans 
leur province d'origine, deux blasons différents se rencontrent, l’un 
choisi, cl l’autre adopté à la suite d'une inscription officielle dans 
VArmorial général de HW». 

Voilà, dira-t-on, une bien longue notice. Il est vrai, mais ne 
convenait il pas de saluer une de ces vieilles rares prolifiques de 
l’ancienne France, à l’heure où 1<* problème de la natalité devient 
si angoissant dans notre pays. Les Raby et bien d’autres accom¬ 


plissaient sans faiblir leur devoir social et chrétien, alors que tant 
de nos contemporains, avec une froide immoralité, semblent vou¬ 
loir placer sur l’eau tout l'avenir de leurs enfants, à l’instar de 
l’ex-haiser Wilhelm If pour l’impudente Allemagne. 


• * 


IVwkt. R WEVS et IhvEv. Famille d Hérisson qui, au dire de des 
t îozis. d’après les registres paroissiaux, compte, dès le commence¬ 
ment du xvn r sièje. dans la liante bourgeoisie de cette ville. 

I n de ses membres, conseiller du Roi et maire perpétuel d’IIé- 
risson, fut un des rares bourgeois de la ville avant déclaré à 

Y Armorial général les armes ancestrales. Le maire Ravel indiqua 

* 

ail commis du bureau d*onregislroinenl de Montlucon qu’il portait : 
(Targent, à une fasee haussée et ondée d'azur, s urmordée en chef 
de Irai s eanelle* de siflde, rangées. <•/ soutenue d'itiv ( lierai effaré 
de même. 

Les Ravel ont possédé Saint-fiobin, paroisse de ( bàleloy. (irand- 
tnaison. paroisse de \'nuire. La (’assinerie, paroisse d’Ainay-le- 
< ’liàleau. 


* * 


Roiuùui:. sieurs de Romaguel (t’hnleloy). Les Relins ou Rlains 
(l.ouroux-Rourbonnais), sont mentionnés par des (iozis. comme 
famille, indigène d’Ilérisson, tenant au xvié siècle, rang honorable 

dans la meilleure bourgeoisie de celle ville. 

« _ 


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252 


Société d’Emulatiom dc Bourbonnais 


Jean Robière, seigneur des Blains ou Relins, conseiller et procu¬ 
reur du Roi en lu MaUrise des Faux et Forêts de Cérillv. habitant 
à Hérisson, où, en Hi8U, il était un tles administrateurs de l’Hôpi¬ 
tal, déclara à Monlluçon, sous le n° 190, porter : d'argent , à trois 
pals de sable ; au chef d’azur, charge d'un lion léopardé d'or. 

Son frère, Charles, chanoine d’Hérisson, qui négligea de com¬ 
paraître, se vit imposer des armoiries d'office, assez ridicules : 
d'or, à la robe de procureur, de sable. On sait que les commis à 
rénregistfèment aimaient les calembours et ne se creusaient pas 
lu tête pour composer aux négligents des armes parlantes. 


+ 

* * 


Ronu.i.oN, puis llonii.i.ox ni-: Ciiai , i;tti; et ne Itonu.ioN ni: Oiia- 


l'iri i i:. 


Celte maison apparaît dans la châtellenie d'Ilérisson en l'i'iR. 
A celte date, les A’o/ms féodaux signalent Klienne Uodillon, licen¬ 
cié ês-lois, qui fit hommage au duc de Bourbonnais pour les pré¬ 
vôtés de Murat et Voi/.elles (?) et pour des cens, notamment en la 
châtellenie d’Ilérisson. Le nom de Chapette, que les Rodillon ont 
parfois porté à l’exclusion du nom patronymique, leur provenait 
«I un fief sis sur Chappes, où ils avaient succédé à une famille de 
< ’hapette. * 

Les Rodillon de Chapette ont réapparu à Hérisson, A la fin du 
sviii' siècle, y ont pris quelques alliances et y ont eu des repré¬ 
sentants jusque dans le milieu du xix'' siècle. Ils ont possédé un 
temps la terre de Jeu, commune d’Ilérisson. qui appartient actuel¬ 
lement à notre confrère. M. Louis Grégoire. 

Leurs armoiries, données par divers armoriaux et nobiliaires, 
notamment par VArmorial du rbairhormais , de Soultrait, sont ; 
paie de gueules et de sable. 


s 


♦ * 


Roi’ëron ou Rouairox. seigneurs de Saint-Gobin, paroisse de 
( hatelov, des Périchons (id.), rie Crochopot ( id .). des T^mdep (par. 
de Cosne-sur-l’Œil), de Guiflonnière (id.), etc... 

Famille originaire d’Hérisson, semble-t-il. On l’y trouve dès le 
milieu du xv* siècle, d’après les Yo ms féodaux. 


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XX e Exclusion 
» 


253 


Los Rouëron oui certainement l'ail partie des familles patricien¬ 
nes de la petite ville d’Hërisson. 

N» 

Les branches des Itouëren de l mariais et dos Landes ont, en 
particulier par leurs charges, leurs qualifications et leurs alliance;. 1 , 
tenu un rang des plus distingués. 

Un cachet de famille nous apprend que les Rouëron portaient : 
de... à un chevron brisé de... abaisse sous une couronne à l'unli- 

m 

tfue de ... 

On remarquera que ces armes sont allusives au nom. Parlant le 
patois de leur pays, les Rouëron ou Rouairon se comparaient à 
de petits rois, « roues » ; de là la belle couronne à l’antique des 
armes qu’ils avaient adoptées. Sachant ce qu’ils devaient aux Ca¬ 
pétiens, qu’ils ont bien servi, ils leur laissèrent courtoisement la 
couronne royale fleurdelysée. 

Aucun des Rouëron ne scdérangea pour aller faire enregistrer 
au Bureau de Montiuçon les armes de la famille, mais les commis 
de M. Vanier veillaient. Ils repérèrent « Noble » Jean Rouëron, 
sieur dos Landes, avocat au Parlement, conseiller «lu Roi, maître 
îles Eaux et Forêts en la Maîtrise de Oérilly, et lieutenant des 

•>* 7 

Eaux et borèts d Hérisson (1). Ils lui imposèrent, pour le prix de 
-9 livres tournois, «les armoiries d’office, également parlantes : 

coupé de sinople cl d'anjeid, à une roue de ijueulcs brochant sur le 

tout. 

Dédaigneux de ce blason officiel, les Rouëron semblent bien ne 
l’avoir jamais adopté. En dépit de l’édit de. 1096, du garde de YAr- 
morial d’Hozier et du traitant Vanier, ils continuèrent à porter 
leur couronne à l’antique. El cela dura jusqu’à la fin du xvm 8 siè¬ 
cle, où ils s’éteignirent comme bien d’autres dynasties plus fameu¬ 


ses. 


> 
♦ 4 


Sanson. La 1 haumassicre. en son Histoire de Rerrij t a donné 
une généalogie succincte île «•«•Ile famille noble. Elle a été posses- 
sionnéc paroisse «le (’hntelov, y ayant eu le fief de Omchepof, 


(1) Fils de « noble » Gilbert Rouëron. sieur des Landes, et de Madeleine 
Banezon. Il naquit le 7 septembre 1(46 et vivait encore en 1708, ayant 
épousé, le 22 août 1675, Marie Furet, dont il eut postérité. — Pour plus de 

détails, voir les Registres paroissiaux d’Hérisson et lieux circonvoisins, et 

la collection des Gozis. 

% 


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Société d’Emulation du Bourbonnais 


lequel fui vendu en 1(592 par Pierre Sansoii, écuyer seigneur de 
Lji Vallée, à Antoine Charpy. 

M. (Iréguire a raconté eoinmenl. <*11 1(551). Simon Sanson, couver, 
sieur de Bris, <jni tenait le parti du Prince de Coudé, tenta de 
s’emparer par ruse du cliùlcuu d Hérisson eL fut tué d’un coup 
île fusil par le sieur de Kong'icrcs du Creux, capitaine du château. 

Les armoiries de cette maison. indi<|uées en dernier lieu dans 
VArmorial ilu Bourbonnais, de Souillait, étaient : d'azur, à trois 
cloches d'or sans battant. 

Ces cloches sans son constituaient. Bien le nom muet de la fa¬ 
mille, car. en l’espèce, on n'ose dire des armes parlantes. 


* 

♦ * 


DK Tnoi sM.uois. Celle maison, d'ancienne et nohle extraction, 
portait primiti\cnicnl le nom de : Trousscbois. Originaire du 
Berry, pnssossioiuiée en Bourbonnais et .Nivernais, elle mérite 
d'avoir sa place dans un essai d’armorial hérissounais. 

M. < «régoiic a dit. dans le Bulletin (1921. p. - * l i ), comment les 
Trousscbois furent seigneurs de La Uoche-I Hlion. Il suffit donc de 
rappeler ipie les armes plaines de celte maison étaient : d'or , 
au lion de sable, armé et lainfiassé de tjueules. 


* * 


ni; \ 11 . 1 . 1 : 1.1 'MK. Celle très aiieienuc maison nohle. dont les armoi¬ 
ries se \ oient encore en l’église de Cliàleloy, ne doit pas être omise 
ici, à cause* de sa seigneurie de La Boehe-Olhon. M. Camille (Irc- 
goire ;i donné la suite de ces seigneurs : je nie borne donc à 
dire que les \ illelume comptent encore des représentants, que la 
collection des (îo/is contient une copieuse généalogie des \ ille- 
lume. cl qu'ils ont pour armes : d’azur, à dix besants d'qnjent. 
Iaisés quatre, trois, deux et un. 

Un trouve du reste des variantes quant au nombre des besants. 


Ceux d’entre nous qui voudront compléter mes notes hâtives, 
reliront le travail de M. (îrégoire, paru dans le Bulletin en 1920- 
1921. Ils auront recours au Bourbonnais pittoresque, articles parus 


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XX* Excursion 



dans les Annales bourbonnaises , où ils trouveront sur Hérisson 
un travail de M. L. L>elaigue, et un autre de M. C. Grégoire. Dans 
les Paroisses bourbonnaises de M. le chanoine Moret, tomes I cl 
IV ; ils fcuilleteront les pages consacrées à Olialeloy-Hérisson. 

Lutin, pour (hôpital d’ilérisson, ils se reporteront à l’article 
publié par notre confrère. M. Montagne, dans les Annales bour¬ 
bonnaises , année 1892. 

Philippe Tikksonniek. 


« * 


Une curieuse coutume funéraire à Hérisson 

En dépit de l’instruction devenue obligatoire légalement, sinon 
répandue avec prolit, les superstitions subsistent nombreuses dans 
nos campagnes de la région d’ilérisson. .l'en veux noter un trait 
remarquable à l'intention de notre Compagnie. Voici donc le fait 
dont je viens d’être témoin : 

Une jeune femme de 23 ans, th* mes voisines, meurt, ces jours, 
de suite de couches. Son enfant, une petite tille, l'avait précédée 
de trois jours dans la tombe. 

Les parents, ne reculant devant aucune dépense? j*our sauver 
leur entant, avaient sollicité les avis d’un grand chirurgien de 
Montlu^on, puis d’un grand médecin spécialiste, qui vit isolé sur 
les lisières de la forêt de Tronçais. 

Lors de la mort de cette pauvre jeune femme, que rien n’avait 
pu sauver, les parents attendirent le moment de partir à l'église 
pour procéder à la mise eu bière, et note/, que la maladie infec¬ 
tieuse nécessitait, depuis près de 2i heures, une inhumation rapide. 

9 

On habilla la morte de vêlements simples, puis, ne la trouvant 
pas assez belle, on lui mit aux pieds une robe de bal rose et tous 
les accessoires de toilette d’usage pour un bal, plus sa couronne 
de fleurs d’oranger, et aussi une somme d’argent, près de II) francs 
en monnaie* variée, remise? par les assistants, parents et amis de la 
famille. 

J’avais déjà remarqué, à propos d’autres décès, que les gens ne 
manquaient point de mettre par ici, dans la main de leurs morts, 
en plus d’un chapelet ou d’un crucifix, une pièce de monnaie. 

Cette obole est-elle destinée à payer le passage de la barque des 


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256 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


Enfers ? Certainement aucun de nos paysans ne connaît Caron et 
le fleuve Styx. J’ai jugé curieux ce geste, cl, bien que je ne croie 
pas que celle habitude disparaisse bientôt, utile de la signaler, 
laissant aux érudits de noire société le soin du commentaire quelle 
comporte. Loris (jiua.oinu. 


Meillers 

Les excursionnistes, désireux île rafraîchir les souvenirs empor¬ 
tés de leur visite ù Meillers, trouveront desf renseignements sur 
cette antique localité dans les Faroisses bourbonnaises du regretté 
chanoine Moret, tomes I et 111. 

L’ Inventaire de la série E supplément, tome I er , arrondissement 
de Moulins, p. 712 et suivantes, par l’analyse consciencieuse et 
méthodique dos registres paroissiaux (1671-1792) leur fera connaî¬ 
tre lu chronologie des curés, les noms des notables, les posses¬ 
seurs de fiefs, etc... Ce remarquable inventaire est dû à notre con¬ 
frère, M. Cluudon, ancien archiviste de l’Ailier. 

Au point de vue archéologique, il ne faudra pus oublier de con¬ 
sulter le rapport du comte de Soultrnit (1). publié dans le volume 
du ( 'onijrès archéolmjiqud de France, tenu à Moulins en ISÔ /. 
(Voir p. 123 et suivantes.) 

La Générale description du Bourbonnais , de Nicolas de Nicolay, 
devra être aussi feuilletée. 

( eux qui ne craignent pas de manier les « in folio » auront 
recours à l’Ancien Bourbonnais. 

Pour la période révolutionnaire, il faudra relire l'Ancien canton 
de Saint-Hilaire, par C. Grégoire (1907). Meillers en faisait partie. 

A l’aide de ces quelques ouvrages, les excursionnistes pourront 
sc- constituer un jxïtit compte-rendu de leur visite à Meillers. L'ef¬ 
fort du travail personnel y ajoutera un charme de plus, leur per¬ 
mettant «l’attendre avec patience la monographie à laquelle la 
paroisse de Meillers et <sa remarquable église ont certainement tous 
les droits. Philippe TiensoNNiER. 

(1) L'église de Meillers est classée comme monument historique (ç!*»w*- 
tnent primitif). 




9 


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PROCÈS-VERBAUX 


SÉANCE DU LUNDI 9 OCTOBRE 1922 


Présidence de M. le D r de Brikon 

— Etaient présents : M“* Monceau, MM. Amédée Baudet, Bidault, 
Bonny, Georges Buuel, Capelin, Chambalous, abbé Dumont, Gal- 

KIONE, GÉNERMONT, HeRBLAY, D r MONCEAU, MlTTON, P.AVAII.LON, 
André Roy, Sarrazin, Tiersonnier. 

— Excusés: M. le Chanoine Clément et M. Delaigue. 

— Il est donné lecture du procès-verbal de la précédente séance ; 
il est approuvé sans observations. 

— En ouvrant la séauce, M. le Président signale (pie l'exercice 
qui vient de s’achever a été marqué par une grande assiduité aux 
réunions et il exprime le désir que cela continue. 

— M. le Président rappelle l'accident de chemin de fer de 
Laguian qui a éprouvé durement plusieurs de nos confrères : M u,e Al¬ 
bert Defaye, M. Hubert Beauciiamps, M"' c des Champs de Verneix. 
qui sont au nombre des morts. Parmi les blessés figure M. Edmond 
Clayeux. 

— M. Marcel Génermont lit les notes suivantes relatives à la cons¬ 
titution d'un Comité Banville : 

« La Société des Gens de Lettres et, avec elle, tout co que Paris 
compte d’écrivains et d'artistes, se disposent à fêter Théodore de 
Banville, né à Moulins le i4 mars 1823 . 

«7 


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258 


Société d’Emulation du Bouhbonnais 


« Il a paru. Messieurs, à plusieurs membres de notre Compagnie 
que Moulins ne pouvait rester étranger à l’hommage ainsi rendu à 
l'un de ses (ils les plus illustres et sc devait de prendre part aux fêtes 
du centenaire du grand poète. 

« Lorsqu’en mars 1891 le monde des Lettres dut prendre le deuil 
de l’auteur fêté de Gringoire et des Odes Funambulesques, enlevé 
subitement en pleine gloire littéraire, ses amis cl ses admirateurs 
moulinois s’apprêtaient à poser une plaque commémorative sur la 
maison de la rue de Bourgogne où il naquit. 

« Les détails de celle manifestation avaient été soumis au poète 
et avaient reçu sa bienveillante approbation. Hélas! ces préparatifs 
furent vains et la fête dut rester à l’état de projet. On émit alors 
l’idée de rendre au poète disparu un double hommage : celui de 
faire revivre dans le bronze, sur l’une de nos places, l’image vénérée 
de notre grand concitoyen et d’apposer une plaque commémorative 
sur la maison où il a vu le jour. 

« Une partie de la dette a été acquittée : et remarquez, Messieurs, 
que ce fut sur l’initiative de la Société d’Emulation que se cons¬ 
titua en i8g3 le Comité à la diligence duquel nous devons la statue 
du maître sur l’une de nos promenades moulinoiscs. 

« Dans ces conditions, il nous a semblé, Messieurs, que notre 
Compagnie qui consacre, de par son programme, une partie de son 
activité aux Lettres au même titre qu'aux Arts et aux Sciences, 
pourrait provoquer la constitution d’un Comité moulinois pour le 
Centenaire de Banville. Il reste fort à faire, dans notre ville, pour 
honorer le poète, et il nous semble qu’outre l’inauguration d’une 
plaque commémorative sur la maison natale, l’année 1923 pourrait 
voir le baptême, au nom du poète moulinois, d’une de nos grandes 
artères, une série d’articles et de conférences‘consacrés à sa mé¬ 
moire, peut-être des représentations théâtrales de quelques-unes 
de ses œuvres... 

« Nous vous demandons donc, Messieurs, de bien vouloir approu¬ 
ver le principe de la constitution d’un Comité Banville et autoriser 
votre conseil à s’assurer le concours de ceux de nos confrères qui 
accepteraient d’organiser, de concert avec les éléments moulinois dé¬ 
signés par les autres sociétés locales, les fêtes du Centenaire de 
Théodore de Banville. » 

La Société décide de s’associer à l’hommage qui sera rendu en 
1923 au poète moulinois et charge son Bureau de provoquer la cons¬ 
titution, à Moulins, d’un Comité du Centenaire de Banville. 

— M. Amédée Baudet porte à la connaissance des assistants qu’il 
possède un dessin représentant la grotte de Bill y et qu’il en disposera 
eu faveur de la Société. 


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Phocès-Vkrba L'X 


259 


— Il est procédé au dépouillement de la correspondance : 

Lettre de M. Ch. Mecquexem. colonel en retraite, membre de 
la Société historique du Cher, signalant le fait suivant : 


« Ce que je veux vous signaler, à toutes fins utiles, est peut-être 
connu de vous. 

« II existe à Bourbon-l'Archambault, dans la cour de l'hôpital 
militaire, deux laques de cheminées, armoriées ainsi qu’il suit : 

« L’une porte un écusson ovale, d'azur à un cœur d’or accosté dg 
« deux demi-vols (d'argent?). Couronne de comte. Supports deux 
« lions. 


« L'autre se compose de deux écussons accolés. 

« I .de — au chevron abaissé de..., accompagné en pointe d'un 
« trèfle de... (au-dessus du chevron, une ligne en saillie pourrait 
« indiquer une partition dans la région supérieure P) 

. « II. de ... au croissant montant de .., accompagné en chef d'un trèfle 
< de... 

<t Pas de couronne, une draperie. 

« Les écussons sont encadrés par deux palmes. 

« Si ces deux laques présentent quelqu'intérêt (j’ignore leur ori¬ 
gine, et quelles familles les armoiries représentent), il semble qu’elles 
seraient mieux placées dans un musée que dans la cour d’un hôpi¬ 
tal où elles sont exposées à tout accident. » 


— Notre confrère, M. Bourderiolx, donne sur ces plaques des 
renseignements complémentaires : 

« L’une porte une couronne comtale avec lions, cœur ailé. 

« L’autre, non entière, a croissant et trèfles. 

« Evidemment, je vous en donne une description sommaire déno¬ 
tant un non initié à l’art héraldique. 

« J’ai vu M. l’Econome de l’hôpital. Il ne peut prendre aucune 
décision sans l’avis de la commission de l’hôpital. 

« Voulez-vous donc écrire à M. Bignon, maire de Bourbon, 
président de la commission de l’hôpital, qui soumettra votre de¬ 
mande à la prochaine réunion. 

• M. Augustin Bernard voulait faire un musée à Bourbon ; 
voyez si vous les désirez pour le musée de Moulins, pour la Société, 
ou sous réserves. » 

# 

Lettre de la maison d’édition Javal et C ,< \ 11 , rue des Pvramides, 



tant qui se chargerait de la vente de ses Editions d’ouvrages de luxe 
et des Editions de reproduction en fac-similé des dessins du 

Musée du Louvre. 




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260 


Société d’Emulation uu Bourbonnais 


Lettre de démission de M. Favre, nommé professeur au Lycée 
Ampère de Lyon. La Société félicite M. Favre de son avancement, 
tout en regrettant profondément la perte d’un distingué confrère. 

Lettre de M. Tierson.nier signalant une série d’articles deM. Paul, 
au sujet de Pompéran. Quand la publication en sera terminée, il en 
sera donné un résumé. Le personnage intéresse le Bourbonnais en 
raison de son rôle auprès du Connétable. 

— M. Tiersonnier demande la souscription de la Société pour 
l’ouvrage de poésies, publié par un Bourbonnais, Jacques de Champ- 
feu. Renvoyé au Conseil. 

— M. le Président a écrit au président de la Société archéologique 
de Tulle et de Brive, au sujet d’un échange de Bulletins. 

Puis il donne lecture de son compte rendu bibliographique : 


SOCIÉTÉS SAVANTES 


I. — Chalon-sur-Saône. Mémoires de la Société d Histoire et d Ar¬ 
chéologie. 2 e série, tome X. Tome XVIII de la collection 1922. 

II. — Revue du Berry et du Centre. Année 1921. 2 fascicules; 
dans le second, notes généalogiques Villelume etc. 

III. — Bulletin-Journal de la Société d'Agriculture de VAllier. 
N ü 3, mai et juin 1922. 

IV. — Société Havraise d'études diverses. Recueil des publications. 
3“ et 4'* trimestres 1921. 

V'. — Bulletin historique et scientifique de VAuvergne , publié par 
1 Académie de Clermont-Ferrand 1922. X° 6, juin; n° 7, juillet; zi ü 
8 , août. v 

VT. — Bulletin historique du Diocèse de Lyon. Nouvelle série, n° 
3, juillet 1922. 

VII. — Académie d'Amiens* T. LXII1. Année 1920. 

VIII. — Revue scientifique du Bourbonnais et du Centre de ta 
France . N° 2, juillet 1922. 

IX. — Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques et 
scientifiques. Ministère de l'Instruction publique et des licaux-Arts. 
Année 1920. 2 e livraison. 

A la séance de la section d archéologie du 12 juillet 1920, p. 
CXC 1 X, M. M aurice Prou, lit un rapport sur une demande de subvention 
formée par M. le maire de Néris. afin de faire dans l’église de Néris des 
fouilles ayant pour objet de retrouver les substructions de l’église primitive. 

N. — Academie des inscriptions et belles lettres. Comptes-rendus 
des séances de l'année 1922. 

XI. — Annales de la Société d'agriculture, industrie , sciencesj arts 


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Procès* V erbaux 


261 


et b elle s-lettre s du département de la Loire. 2 e série, t. XXXX. i r0 
livraison 1922. 

XII. — Bulletin de la Société bourbonnaise des Etudes locales. N° 
11, juillet, août, septembre 1922. 

XIII. — Société des antiquaires de la Morinie. Bulletin historique, 
69" année, ,259° livraison, tome XII, Saint-Omer, janvier-avril 1922. 

XIV. — La région du Centre. 2 U année, n° 11, juillet, août et sep¬ 
tembre 1922. 

XV. — Société des antiquaires de l'ouest. Bulletin du 4* trimestre 
1921 et du I er trimestre 1922. 

XVI. — Bulletin de la Société historique et archéologique du Péris 
gord. Tome XLIX, 3 0 et 4 P livraison, Périgueux, mai, juin, juillet, 
août 1922. 

XVII. — Bulletin de la commission historique et archéologique de 
lu Mayenne. 2 0 série, tome 38, 1922. Laval. 

XVIII. — Mémoires de VAcadémie de Stanislas 1920-1921. CLXXI® 
année, 6 e série, T. XVIII. 

XIX. — Provincia. Bulletin trimestriel de la Société de Statistique 
de Marseille. T. I, année 1921. 3'' et 4“' trimestres. Aix-en-Provence, 
192t. 


XX. — Bulletin historique , scientifique, littéraire, artistique et agri¬ 
cole, illustré, publié par la Société d'agriculture, sciences, arts et 
commerce du Puy et de la Haute-Loire, 1922. Fascicule 1-2. T. VI, 
année 1921 et 7 e année 1922, fascicules 1 et 2. 

Ces deux numéros contiennent un travail de M. Georges Paul, 
sur Joachim de Pompéranc, le favori et compagnon fidèle du con¬ 
nétable. Nous y voyons qu’il appartenait à un rameau des Drac, sei¬ 
gneurs de Pompéranc, détachés anciennement des Drac, seigneurs 
de Châtcauneuf, près Saint-Germain-l’Hcrme. Il était le deuxième 
fils de noble Armand Drac, seigneur de Pompéranc. L’histoire du 

favori entraîne forcément l’histoire du maître. La thèse de M. Geor- 

\ 

ges Paul est à peu près celle qui domine ici, sauf qu'il fait jouer un 
rôle au côté passionnel à Louise de Savoie. 

XXI. — Revue de Saintonge et d'Atmis. XL e volume, 3 0 livraison. 
Saintes, 1922. 

XXII et XXIII. — Mémoires de l'Académie de Dijon . Juin et 
juillet 1922. 2 fascicules. 

XXIV. — Res Amis de Moutluçon. Bulletin de mai-août 1922. N° 28. 

XXV. — Mémoires de la Société d'Emulation de Cancbrai. Tome 
LXIX. Cambrai 1922. 

XXVI. — Revue des Etudes historiques . 88° année, juillet-septem¬ 
bre 1922. 

XXVII. — Mémoires de la Société académique d'archéologie, scien¬ 
ces et arts de l'Oise . Tome XXIII, 2 0 partie. Beauvais 1922. 

XXVIII. — Mémoires et documents de la Société savoisienne (This - 


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262 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


toire et d'archéologie. Tome LIX, 2* série, T. XXXIV. Chambéry 
1920. 

XXIX. — Bulletin philosophique et historique du Comité des tra- 
vaux historiques et scientifiques du ministère de Vlntruclion publique 
et des Beaux-Arts. Année 1920. 

XXX. — Bulletin du Comité des travaux historiques et scientifiques : 
section des sciences economiques et sociales d'histoire moderne de¬ 
puis 1715 et d'histoire contemporaine. Congrès des sociétés savantes 
de 1920 à Strasbourg. Paris, imprimerie Nationale, 1921. 

BIBLIOGRAPHIE 

— Le Nouveau Guide de Moulins et de ses environs, par M. Ed. 
Capelin. Moulins 1922. ChambaJous, édit. 

— Un singulier cheinsBer de l'Ordre de St-/ean de Jérusalem, par 
M. Ph. Tiersonnier. Moulins 1922. Ii.;p. Crépin-Leblond. 

— Vichy médical, par le docteur Therre. 

— Les voies romaines du Berry , par M. Em. Chénon. Paris 1922. 

— Une Réserve dans la Sologne l ourbonnaise. Thèse agricole de 
M. Gabriel Sonnier. — Cette thèse a été soutenue, en juillet 1922, à 
l’Institut agricole de Beauvais, devant les délégués de la Société des 
Agriculteurs de France. Elle sort des presses des Imprimeries Réu¬ 
nies, à Moulins, 15, rue d'Enghien. Elle compte 142 pages, avec une 
coupe géologique des terrains sur la direction Besson-Mercy. 

— Le cœur rayonnant du donjon de Chinon, attribué aux Tem¬ 
pliers, avec 30 bois originaux, gravés au canif par l’auteur. — L. 
Charbonneau-Lassay, 39 pages. 

— La XVII e région économique et le Bourbonnais. — Deux cartes 
par M. Georges Bruel, administrateur en chef des colonies. Tirage 
à part du Bulletin. 

Don anonyme. 

— i°. Jean de Lingendes. Stances précédées dune notice par 
Jacques Madeleine. Paris, Sansot, libraire, 1911. De la Petite Biblio¬ 
thèque normande. 

— 2 0 . Jean de Lingendes. Œuvres poétiques. — Edition critique, 
avec une introduction de scs notes, publiée par E.-T. Griffilhs. 

— M. le Président est heureux tic portera la connaissance de la 
Société que notre confrère M. Amédée Bardot, directeur de l'Ecole 
de la rue du Jeu de-Paunie. a reçu la médaille d’argent de l’en¬ 
seignement primaire. 

Il ajoute : « Nous qui avons pu apprécier le dévouement infatigable 
de M. Bardet dans les oeuvres para-scolaires, nous ne pouvons 


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Procès-Verbaux 


263 


qu'applaudir à une distinction aussi bien méritée et nous félicitons 
notre collègue. * 

— L 'Illustration économique et financière, 39. rue de la Victoire. 
Paris, a l'intention de consacrer un numéro spécial à l’Ailier, du 
genre de ceux qui ont déjà paru sur l’Aveyron et le Limousin. Le 
représentant du journal s’est présenté chez M. le Président et, sur la 
remarque que le côte économique et industriel semblait primer, a 
répondu que la moitié du numéro serait consacrée à des notes histo¬ 
riques et archéologiques. Ce journal enverra d’ailleurs un spécimen 
et des notes pour être communiqués aux Membres de la Société. 

— M. le Président informe l’assistance du fait suivant: 

a Un membre de la Société se trouvant avec moi à la Biblio¬ 
thèque (26 juillet) admira nos deux fauteuils, et me demanda pour¬ 
quoi nous ne les vendions pas. disant qu’ils valaient un prix élevé. 
La question n’a pas été posée, mais, vu la pénurie de la caisse, elle 
mériterait au.moins d’être posée. » 

Les assistants estiment qu’ils est préférable d'ajourner la solution. 

— M. le Président lit une note de M. Vouilloux, membre de la 
Société. 

« On a trouvé, dans le cimetière de Liernolles, un débris impor¬ 
tant de la statue de saint Louis, œuvre du plus haut intérêt. > 

La Société émet le vœu que M. Vouilloux soit chargé de récupérer 
ce fragment précieux. 

— M. Pavaii.i.ox exprime le désir de voir rentrer au Musée une 
statue provenant de Saint-Nicolas et qui est restée dans le jardin de 
l’ancien presbytère du Sacré-Cœur. Celte statue est d’ailleurs brisée 
en deux morceaux. 

— M. Galfioxe informe la Société qu'il a été chargé par le 
Conseil municipal, dont il fait partie, de la mission de rechercher 
les Bourbonnais dignes de donner leur nom à des rues de Moulins 
Al. Gallione prie la Société de l’aider dans son travail. 

M. le Président propose aussitôt le nom de Jean de Lingendos. 
notre poète du début du xvu* siècle, auteur de stances, de I ode à 
0\ide, etc. 

La Société étudiera, au cours de scs séances de l'année, les dénomi¬ 
nations de rues qtii pourraient être proposées à notre confrère 


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264 


Société d’Emülation du Bourbonnais 


M. Galfionc pour son travail d’ensemble destiné au Conseil mu¬ 
nicipal. 


— M. P a vaillon fait circuler un dessin, représentant avec une 
fidélité rigoureuse et de grandeur nature, le coq du clocher de 
Coulandon. 

— M. Capri.iv lit à la Société une communication de notre confrère 
M. \\ AI.THER, d'Hérisson. Il s'agit d’une pierre sculptée trouvée à 
Reugny. Celte pierre, de nature granitique, mesure 0,60 X o, 4 o 
X i m io. Elle proviendrait d’un temple dédié à Bacchus, et élevé à 
Malorge. 



Lycabas, d« Rcugny 

Dessin de M. Ilcrblay d'après un relevé de M. V. Walther. 


L«i face sculptée forme un tableau divisé eu deux parties par un 

trait vertical représentant, à gauche, dans le registre supérieur, une 

•‘‘le bovin tenant entre ses cornes un disque qui représenterait la 

constellation du taureau, sou,s la lune au plein quartier. Ce taureau. 

deuxième signe du Zodiaque, rappelle le temps compris entre le 

21 avr ‘l ol - r ma >- A côté, deux traits horizontaux complètent ce 
premier registre. 

Au milieu, deux personnages, dont les bras contigus se fondent 


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Procès-Verbaux 


265 


en un seul, représentent les Gémeaux : Castor et Pollux. Ce dernier 
tient, sous le bras droit, un boisseau. 


Ces deux premiers registres sont réunis par un encadrement en 
forme d’écusson. Au-dessous, on dislingue, à gauche, un enfant 
emmailloté, reposant à lerre, sur le.dos. les bras étendus. C’est la 
divinité égyptienne Horos. 

A droite, une colombe et entre les deux un disque. Dans le seg¬ 
ment de droite, une face humaine portant une couronne murale. Il 
s’agit là d’Isis ou de Cérès. 

M. Walther donne à ces tableaux le nom de Lycabas qui ex¬ 
prime la successiou des douze signes du Zodiaque, se suivant comme 
les loups au passage d’une rivière. 

M, W alther a tracé de cette pierre un fort beau dessin, minutieu¬ 


sement rendu et dont il a fait certifier l'authenticité et l’exactitude 


par la mairie de Reugnv. 

Cet important travail est, en outre, suivi de poésies. 

Les assistants qui ont écouté avec grand intérêt l’analyse som¬ 
maire de l’œuvre de M. Walther et admiré le dessin qui l’accompa¬ 
gne, seraient désireux que M. Walther précisât la maison où se 
trouve cette pierre et s’il y avait possibilité d’obtenir sinon la pierre 
du moins un moulage pour nos collections. 

— M. le President signale un article paru dans Je Courrier de 
/’ Allier, et consacré au Père Talon, S. . 1 ., un Moulinois assez inconnu 


du public Bourbonnais, et dont le nom figure dans la Biographie 
Générale du l) r Hoefer publiée par Firmin Didot. « Aussi indépen¬ 
dant que pouvait l'ôlrc un jésuite, le Père Talon (ifio 5 -i 6 ()i) était 
un ami foncièrement fidèle, un convive de gaieté tour à tour ingé¬ 


nue et narquoise. A l’improviste, ce simple et brave religieux éton¬ 
nait par des répliques plus rudement gouailleuses, par des critiques 
indignées contre les mauvaises mœurs, par des idées souvent en¬ 
thousiastes et toujours généreuses.. 

« Ce contraste faisait du Père Talon, une figure extrêmement 
originale et s'expliquait par une existence double. Ce familier des 
princes était, en effet, aumônier des prisons. » Le reste de l’article 
en date du 12 septembre 1922 relate une exécution dont la barbarie 
révolte notre philanthropie moderne. 

A propos de cet article sur le Moulinois Nicolas Talon, M. Tier- 
sonxier a fait paraître dans le « Carnet du chercheur »>. le résultat 


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266 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


d’une recherche entreprise pour préciser l’ascendance de Talon et 
aussi sa parenté réelle ou fausse avec les Talon de Paris. 

— M.* le Président signale un article paru dans le Courrier de 
l'Ailier, en date du 2 août 1922, sous la rubrique : « Carnet du 
chercheur ». 

« Le volume qui est connu dans le monde des bibliophiles comme 
le premier en date des livres de prix existant encore, est un exem¬ 
plaire des œuvres d’Hérodote, en grec, et qui porte, en tête, une 
note en latin dont voici la traduction : « Ce livre a été le prix de 
prose grecque, que, tan du Seigneur 1609 , dans la 1 n classe de gram¬ 
maire, j’ai remporté avec l’aide de Dieu. La Gresle à Moulins au 
collège des R. I*. Jésuites. » Cet ouvrage a dû être offert par Honoré 
d’Urfé et sa femme Diane de Châteaumorand, fondateurs du collège 
de Moulins, en i 6 o 4 . 

— M. Tiersonnier lit la note suivante : 

Les Bataillols (Iseurc). — On a voulu chercher l’origine de ce 
nom dans le souvenir de quelques faits de guerre. En réalité, les 
Bataillols, jadis exploitation agricole encore existante au xvm*siècle, 
au temps où M. de Régemortes édifiait son pont, doivent leur nom 
à une famille d’Iseurc, citée dans le terrier de la châtellenie de 
Moulins (Arch. : Allier A. 116). 

C’est ainsi qu’on y trouve, au f* vn'xxv : 

Jehan Bataillot l’ainsné, parroissien d Iseure, demeurant au 
village de Pouzculx, lequel confesse devoir au duc de Bourbonnois 
huit deniers tournois de cens (Reconnaissance du 9 décembre i46i). 

M. Tiersonnier met sous les yeux de l’assistance un tableau de 
quartiers de la famille de Monlagnac pour une présentation à l’Ordre 
de Malte. 


— M. le Président donne lecture de la pièce suivante revêtue de 
la signature de l’amiral d’Orvilliers : 


Extrait de mariage de la paroisse de 


Saint-Sauveur de Cavenue 

* 


du 11 mars 

de Cavenne. 
* 


1691, légalisé le 20 septembre 
Remv de (i 11 iIliMiet d’Orvillier 


1710 par le gouverneur 
s : avec signature auto¬ 


graphe du dit Rerny Guillouel et cachet rouge à 
à .7 fers de pique d or. 


ses armes, d’azur 


Le mariage est celui île messire Pierre de Chouppes. chevalier 
seigneur de Bedeau, fils de M r * Guy de Chouppes. et de Suzanne 
Guy on de Yezamay, de la paroisse de Douflay, en Poitou, avec 
Demoiselle Anne Guyon, fille de M rc François G., chevalier sei- 


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Procès-Verbal* 


267 


gneur de la Torchaise, et de Catherine Conte, de la paroisse de 
Saint-Médard, en Poitou. 

Le mariage a été célébré le 12 mars 1691 par Jean Rullier, de la 
Compagnie de Jésus, curé de Cayenne, en présence de M. Pierre- 
Eléonore de Ville, chevalier seigneur et marquis de Feroles, gou¬ 
verneur pour le roy de cette île et terre de Cayenne, et M r * Rem y 
Guillouet d'Orvilliers. 

La copie est déclarée authentique par le Père Percheron, curé de 
Cayenne, le 7 mai 1710. et la signature du Père Percheron est 
légalisée le 20 septembre 1710, par Remy Guillouet. 

Note. Remy Guillouet avait succédé en 1706 comme gouverneur 
de Çayenne à Pierre-Eléonore de Ville : il est remplacé en 1713 par 
son fils Claude, capitaine de frégate. Remy était marié dès 1671 
avec Marie Lefèvre de la Barre, dont il a eu au moins 9 enfants. 
Marie Lelèvre était veuve lorsqu’elle est morte en 1716. Remy 
Guillouet est l'arrière-grand-père de l’amiral : Claude, le capitaine 
de frégate, son fils, épousa Marie-Claude de Vict de Pontgibaud ; 
il a pour fils aîné Gilbert, le troisième gouverneur de Cayenne de la 
famille, qui épousa Justine de Braque, et l’amiral est leur fils. 

M. Georges Bruel expose l’état de la question du canal Mou¬ 
lins-Sancoins. 

Un projet de loi. déposé le il octobre 1021 , prévoit l'élargisse¬ 
ment du canal du Berry et un arrêté du Préfet de l’Ailier, en date du 
5 juillet 1922 , a prescrit une enquête d'utilité publique au sujet de 
cet agrandissement. 

Le projet des Travaux Publics prévoit l'alimentation du canal 
élargi soit grâce à la transformation de l'usine de Mornay, soit au 
moyen d’une rigole non navigable Moulins-Sancoins. Chacune de ces 
solutions est évaluée à 7 millions et demi. 

La transformation de l’usine élévatoire de Mornay comporterait 
l'installation de trois pompes centrifuges actionnées par trois moteurs 
électriques de 500 chcvauç chacun (l’énergie doit être fournie par 
l'usine thermique de Fou relia mbau 11 ) et une canalisation souterraine 
de 3.072 mètres de long, de 3 mètres de diamètre, qui permettrait de 
ne refouler l’eau puisée dans l'Ailier qu’à 17 m. 87 au lieu de 
39 m. 60 , comme actuellement. 

La rigole non navigable Moulins-Sancoins aurait 48 kil. 450 , sa 
largeur au plafond 5 mètres, au niveau de l’eau 9 mètres, et la pro¬ 
fondeur d’eau serait de 1 mètre. 

Le président de la section Moulinoisc de la Ligue Maritime et 
Coloniale a répondu à l'enquête en envoyant un rapport, reproduit 
notamment par le Courrier de l'Ailier du 23 août 1922 . Dans ce rap¬ 
port il montrait que la solution Mornay ne créera aucune richesse 
économique, alors qu’un canal à large section Moulins-Sancoins ( 1 er 


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268 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


tronçon du canal de pénétration de l’Ailier, qui a été l'objet du con¬ 
cours du 27 juillet 1918) provoquerait un développement économique 
considérable dans la zone d’attraction du canal. Cette zone compren¬ 
drait : Ambert, Brassac et par suite Clermont-Ferrand, Tbiers et 
Vichy, soit environ 6.000 kilomètres carrés. Le président de la sec¬ 
tion moulinoise réclamait enfin une enquête économique de détail 
pour déterminer aussi exactement que possible le trafic probable du 
canal Moulins-Sancoins, qui avait été évalué en 1901 à 80 tonnes et à 
100.000 tonnes en 1908 (sans aucune décomposition'. 

Lors de la réunion de la commission départementale, le 26 août 
1922, les représentants de Montluçon condamnèrent la solution rigole 
non navigable (comme tous les membres de la commission d’ail¬ 
leurs), mais insistèrent pour la transformation de l’usine de Mornav. 
qui, d’après eux, serait effectuée beaucoup plus rapidement que le 
creusement du canal Moulins-Sancoins. Finalement un accord se fit 
pour réclamer d’urgence l'élargissement du canal du Berry et pour 
indiquer une préférence pour un canal à large section Moulins-San¬ 
coins afin d’alimenter le canal élargi. 

Le Conseil municipal de Moulins et le Conseil général de l'Ailier 
ont voté des subventions permettant de gager chacun environ 
1 million et ont laissé entendre qu'ils pourraient l’un et l'autre aug¬ 
menter au besoin ces subventions. Par ailleurs la Chambre de Com¬ 
merce Moulins-Lapalissc est disposée à faire un effort analogue. 

Mais le canal Moulins-Sancoins devant coûter environ 45 millions, 
même en admettant que l’Etat prît à sa charge : 


1° Le capital représenté parla transformation de l’usine de Mor- 
nay soit 7 millions et demi ; 

2 ° Le capital correspondant à l’entretien annuel de l’usine et à son 
amortissement, soit environ 10 millions ; 

3° La moitié du supplément : 45 millions— 17 millions 1/2 — 
27.500.000 

---= 13.750.000 francs. 


il faudrait que les'collectivités intéressées 
au moins 17 millions. 


fournissent 


de leur côté 


M. Brucl estime que l’Auvergne est intéressée à être rapprochée de 
50 kilomètres du réseau navigable intérieur, ainsi que d’une partie 
de nos ports et qu’elle verrait ainsi réaliser le premier tronçon du 
canal de pénétration, qui la traverserait plus tard, aussi elle devrait 
être sollicitée de fournir non seulement unconcours moral, mais aussi 
financier, et il regrette que nos représentants paraissent peu disposés 
à plaider la cause totale et à montrer l’importance de notre canal 
pour une partie importante du N.-E. du Massif Central. 

Au Congrès de^ la Fédération des groupements commerciaux et 
industriels du département de l'Ailier, M. Bruel a défendu une série 
de vœux (voir le Courrier de l'Ailier du 24 septembre 1922} et 
notamment un demandant qu'une enquête économique fût faite 
auprès de tous les intéressés, de façon à connaître le tonnage qu’ils 
donneraient au canal Moulins-Sancoins. s’il existait actuellement, 
car cette enquête donnerait sans doute un chiffre très important. 


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Procès-Verbaux 


269 


qui étonnerait tout le monde et pourrait amener l'Etat à augmenter 
sa contribution. 

Dès maintenant, M. G. Bruel signale que neuf réponses de com¬ 
merçants. d'industriels de la zone Moulins, Souvigny. Meillers, donnent 
un total de 28.490 tonnes ; que la Compagnie Fermière de Vichy 
expédiait par le port de Roanne 8.738 tonnes d’eau minérale, en 1913, 
qui viendraient naturellement à Moulins, si un canal y existait. 

Par ailleurs, une concession de mine de houille et de schistes de 
2.577 hectares a été accordée à la Société de Souvigny (capital de 12 
millions), par décret du 12 janvier (Journal Officiel du 24 janvier 
1922) et l'on estime que la production annuelle pourra atteindre, 
peut-être, 300.000 tonnes lorsque l'exploitation sera en pleine mar¬ 
che. 11 y a donc là un traiic probable, sinon certain, pour notre 
canal et ce trafic ne sera pas négligeable. 


Qui peut dire quelles industries de surface ou minières, l’ouverture 
du canal Moulins Sancoins pourra faire naître en Bourbonnais et en 
Auvergne ? quel sera le développement de toutes les industries exis¬ 
tantes après l'ouverture du canal P Enfin, nos agriculteurs ne sont-ils 
pas intéressés à recevoir par voie d'eau, des engrais, des amende¬ 
ments, des tourteaux, des matériaux de construction et à expédier de 
la même façon leurs céréales ? 

Il importe donc que tous les sacrifices financiers nécessaires soient 
faits par les intéressés du Bourbonnais et de l’Auvergne pour qu’une 
combinaison financière sérieuse assure le vote rapide de l'élargisse¬ 
ment du canal du Berry et de son alimentation par le canal à large 
section Moulins-Saucoins, qui transformera une partie du Bour¬ 
bonnais. 


M. l’abbé Dumont lit une note relative au gentilhomme Loys 
de Marsac, note reproduite plus loin dans « l'Intermédiaire des Re¬ 
cherches ». 

— M. le Président communique plusieurs notes qui lui ont été re¬ 
mises par M. Hackspill. 

Passage de Souverains à Moulins. 

Charles VIII était à Vierzon les n, i/j et j.b octobre i4qo. Ce 
dernier jour il offrit cinquante-sept livres trois deniers tournois « à' 
la vraie croix de Bourbon » (l'Archambault). 

Le 26 octobre 1490, il était à Moulins, en Bourbonnais ; le même 
jour il arriva à Varennes où il donna 35 sous tournois « à ung 
Laçais » (c’est la première fois que ce mot se trouve dans les 
comptes des rois de France où les mots valet et serviteur se rencon¬ 
trent souvent). 

Le 16 novembre 1490 il était à Varennes, « où plusieurs escoliers 
plantèrent devant lui le Noël », pourquoi il leur donna 35 sous. 


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270 


Société d’F'mulation du Bourbonnais 


Il était le 25 novembre à Moulins (fol. 24-25). 

Le i* r janvier 1 , 491 » le roi était à Moulins où il était encore le 19. 

Dans une seconde note, M. Hackspill rétablit, d’après Jal, que les 
sculpteurs du mausolée de Montmorency ne sont pas les frères 
Aghieri, comme le disait P. Mérimée, mais les deux frères Michel et 
François Anguier. 

— Sont présentés à l'admission : 

M. le Chanoine Goulfert, rue de Paris, présenté par MM. le Cha¬ 
noine Clément, Thonnier, Génermont. 

M. Jacques Faulquier, château de Pontot, commune de Cervon 
(Nièvre), présenté par MM. le D r de Brinon, abbé Dumont, André 
Roy. 

Commandant Pierre Javogues, chevalier de la Légion d’honneur, 
Croix de guerre, à la Croix-Rousse d’Artaix, par Marcigny (Saône- 
et-Loire). présenté par MM. Gédel, D r Fourny. Tiersonnier. 

— Sont admis en qualité de membres titulaires : 

MM. François Mitton, Ingénieur des Arts et Manufactures. 
Architecte. 

M. Adrien Mitton, élève de l’Ecole des Beaux-Arts, Architecte. 

— L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 22 h. 1 / 2 . 

E. Capelin. 


SEANCE DU (5 NOVEMBRE 1922. 


Présidence de M. le Docteur de Brinon 

— Etaient présents ; M"” Monceau, MM. Amédée Bardet, de Bonny, 
Rrossard, Georges Bruel, Capelin. Ciiambron, Cuarpy, Cha- 
noinc Clément. Abbé Dumont, Dupuy, Galfione, Génermont, Frère 
Gustave. Ghii.lot, Herhlay, Loizei., Milcf.nt, Michel Mitton, Fran¬ 
çois Mitton, Adrien Mitton, D r Monceau, Monnac, André Roy, 
Saruvzin. Thonnif.r de la Bussriue, Tiersonnier. 

— Excusés : M M. de Bargues, Delaigue, Raymond, Thomas. 


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271 


Pkocks-Verbaux 


— Il est donné lecture du procès-verbal de la séance précédente. 
Le procès-verbal est approuvé. 

— Il est procédé au dépouillement de la correspondance : 

Lettre de M. Walther, d’Hérisson, accompagnant l’envoi dénotés 
et du plan de Reugny, et complétant les indications relatives au 
Lycabas. Cette pierre se trouve à l’angle d’un mur d’une maison de 
Reugny, appartenant à M. Souchard. 

Lettre de M. Marc Dénier, au sujet de portraits de la famille 
Bourdier qu’il a eu l'occasion de voir et qu’il espère pouvoir pho¬ 
tographier pour la Société. 

Lettre de M. Viple, au sujet de la somme allouée par la munici¬ 
palité de Moulins à la Société des Conférences. 

Rectification du prénom de notre regretté confrère de Champigny, 
mort au champ d’honneur, qui est Léon et non Louis. 

— M. le Président donne la liste suivante des publications 
reçues : 


I. — Mémoires de VAcadémie des sciences, arts et belles-lettres de 
Dijon. Août 1922. 

II. — Académie des inscriptions et belles-lettres. -Comptes-rendus 
des séances de l’année 1922. Bulletin de Mai-Juin. 

III. — La Revue de France. Octobre 1922. N° spécimen. 

. IV. — Bulletin de la Société archéologique et historique du Limou¬ 
sin. Tome LXIX. Limoges 1922. Ce numéro est à peu près totale¬ 
ment consacré à la publication du cartulaire de l'église Saint-Etienne 
à Limoges. 


V. — Mémoires de lAcadémie des sciences, arts et belles-lettres de 
Dijon. Août 1922. A noter un travail de M. Joseph Billioud: « Les 
Etats de Bourgogne aux xiv® et XV e siècles. » 

VL — Bulletin de la Diana. Avril-Juin 1921. 

VII. — La région du Centre. Octobre 1922. . 

VITI. — Annales de la Société démulation et d'agriculture de 
l Ain, 1922. 


IX. — Bulletin de la Commission historique et archéologique de la 
Mayenne. 2® série, t. XXXVIII, 1922. 


— M. le Président donne connaissance de la décision prise par le 
Conseil d’administration au sujet des fauteuils de la Bibliothèque : 
« Ces fauteuils ont été donnés par un ancien professeur M. Alary, qui a 
fait de nombreux travaux sur le Bourbonnais et enrichi notre biblio¬ 
thèque. Il y aurait une sorte d’engagement moral à les conserver. » 


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272 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


— M. le Président rappelle aux assistants que ceux de nos mem¬ 
bres qui emportent, à l’issue des séances, des livres ou des brochures, 
doivent laisser une fiche pour le contrôle du bibliothécaire. 

— Trois communications de M. Baudet : 

« i. lin tronçon de voie romaine entre Bègues, Gannat et Chan- 
telle-la-Vieille. Ce tronçon formé de couches superposées d’em¬ 
pierrement et d'argile ocreuse atteint une épaisseur d’un mètre à un 
mètre dix : la largeur diminuée par les empiètements de la culture 
est difficile à évaluer, il débute un peu après Saint-Bonnet-Rochefort 
et se prolonge en ligue droite jusqu’en face de Naves, coupant obli¬ 
quement le chemin de fer et la route de Gannat à Bellenaves. 

« a. Sur le territoire de la commune de Saint-Germain-de-Salles, 
près du village de Saint-Cyprien, entre le moulin des Places et le 
pont sur lequel passe la route de Saint-Germain au Mayet-d’EcoIe, 
on voit, dans le lit de la Sioule, lorsque les eaux sont très basses, 
une large bande pavée, qui va d’un bord à l’autre de la rivière. 
C’est, croit-on, un ancien gué de l’époque gallo-romaiue. 

Parfaitement conservé, ce passage présente une curieuse particu¬ 
larité, c’est qu’il est disposé eu damier, comprenant des carrés de 
pierres noires, encadrés de pierres blanches. 

Ces renseignements m’ont été fournis par M. le docteur Baratier, 
de Bellenaves, conseiller général d’Ebreuil. 

u 3. Sur le versant occidental du massif de la Bosse, s'élève un 
monticule au sommet duquel est construit le château de Beauvoir, 
commune d’Echassières. De l’ancien manoir féodal, qui appartint à 
la famille Le Loup, il reste un énorme donjon, plusieurs tours ra¬ 
sées et la porte d’entrée principale, le tout relié par des bâtiments 
d’habitation ou des communs plus modernes. Les fossés qui entou¬ 
raient le château ont été comblés ; le pont-levis a aussi disparu. 

« Je ne décrirai pas le site magnifique où se trouve Beauvoir, ni 
l’admirable panorama qui se déroule solis les yeux du visiteur, 
depuis le bourg d'Echassières, tapi au fond d’un vallon verdoyant, 
jusqu’au lointain horizon limité par les monts de la Combraille ; 
mo nbut, plus modeste, est de faire connaître un ouvrage d’archi¬ 
tecture féodale qui, s’il n’est pas unique, comme certains le pré¬ 
tendent, est du moins, probablement, très rare. 11 s’agit des deux 
meurtrières placées à hauteur d’homme de chaque côté de la porte 


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I 


Procès-Verbaux 



fortifiée qui s’ouvrait à l’extrémité du pont-levis. Ces meurtrières, 
évasées à l’intérieur, ont leur ouverture extérieure oblitérée par un 
ovoïde en granit porphyroïde très dur. Cet obturateur porte en son 
milieu un trou rond qui le traverse de part en part. Ce trou est sur¬ 
monté d'une lunette rectangulaire qui permettait au guetteur île 

# 

voir au dehors et de viser pendant que le trou était occupé par le 
canou d’une arquebuse ou toute autre arme de jet. » 

« Si, au lieu de tirer lui-même, le défenseur du château voulait sc 
protéger contre l’assaiJlânt, il lui suffisait de faire faire, avec la main, 
un quart de tour à l'obturateur et celui-ci présentait, des deux côtés, 
ses faces pleines et invulnérables. Cet ovoïde de grauit peut tourner 
sur lui-méme avec la plus grande facilité, chacune de ses extrémités 
étant engagée dans une alvéole ou crapaudine creusée, l une dans la 
pierre supérieure, l’autre dans la pierre inférieure de l'ouverture 
extérieure de la meurtrière. 


M. Ckambrox fait remarquer que la même disposition de meur¬ 
trières existe au château de la Souche, commune de Doyet. 

M. le Président donne lecture de la note suivante : 

« La station néolithique de Marmin à Saint-Prix. 

9 

u Le 3o octobre, j’ai visité, «ous la direction d’un guide très ren¬ 
seigné, la petite colline qui domine le gracieux village de Saint-Prix : 
elle est séparée par le Nandon, affluent de la Besbre. On trouve sur 
cette colline connue dans le pays sous le nom de turail Marmin, 
et qui porte sur la carte du ministère de l lntéricur la cote 388, des 
silex taillés et polis du néolithique : (lèches, lames, disques, haches 
polis. Le sommet forme un plateau regardant Droiturier, qui parait 
avoir été un camp de refuge ; il forme éperon au Nord, avec des 
ravins à pic et très profonds, et il reste trois buttes disséminées sur 
sa surface, qui ont été fouillées par M. de Sezc et n'ont rien donné. 
J’en conclns que c’étaient des bases de tours de défense et d’obser¬ 
vation. Dans k voisinage se trouve le pont romain de Droiturier et 
un lambeau de voie romaine dans le bois de la Godinière, tronçon 
qui correspondrait avec le pont et ferait partie d’une voie à direction 
Edi-Ouest La Palisse-Sail. » 

— M. le Chanoine Clément sachant que notre confrère M. PavaflIon 
avait parlé à la dernière séance du coq du clocher de Coulandon, a 

18 




% 


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274 Société D'Emulation du Bourbonnais 


» 

pensé nous être agréable en nous l'apportant et en nous taisant 
remarquer les inscriptions gravées sur les ailes de cuivre de ce petit 
meuble d’église. 

Puis, notre confrère, déroulant le relevé des épitaphes des sires de 
Brosse, d’Huriel, nous fait part de la découverte faite à Paris par un 
des conservateurs de la bibliothèque Sainte-Geneviève, et qui donne 
le nom, nom illustré, de l’auteur de ces superbes inscriptions et des 
statues qui décoraient le mausolée des sires d’Huriel avant la Ré¬ 
volution, et dont les fragments sont aujourd’hui, grâce à notre 
confrère, conservés au musée de Moulins. 

M. le chanoine Clément a publié, en 1889 , dans les Annales 
Bourbonnaises, une étude sur la chapelle collégiale de Saint-Martin 
que les de Brosse avaient fondée h Huriel, et spécialement sur le 
mausolée remarquable que Pierre de Brosse fit élever en i4i 5 à scs 
ancêtres. Après avoir fait I historique de chacun des membres de 
cette puissante famille dont les corps reposent sous le mausolée, il 
avait, grâce à un procès-verbal de visite dressé par notaire en 1791 , 
pu rétablir, dans leur presque intégrité, les inscriptions dont il ne 
restait plus alors que des fragments. 

Malheureusement, ni Thaumas de la Thaumassièrc, ni le proçès 
verbal de 1791 . ne donnaient la lecture complète des épitaphes. 
Tous ces textes s’arrêtaient aux vers latins qui terminaient les ins¬ 
criptions, à la gloire de la maison des de Brosse. Or, un fragment, 
en très mauvais état, de la pierre des épitaphes, laissait deviner 
qu elles avaient été signées par leur graveur, qui était en même 
temps l’auteur de diverses statues dont il était parlé dans leur texte, 
à savoir : une statue de la Vierge et une autre de saint Martin, sans 
parler du gisant lui-même. Notre confrère lisait « gincs », termi¬ 
naison probable de « Imagines », puis le mot abrégé coutumier : 
fcc., fecit. Mais qui donc avait gravé ce splendide texte d’un alphabet 
bien supérieur à ceux des inscriptions de la même époque, qu’on 
trouve dans les régions voisines, qui surtout avait taillé les magni¬ 
fiques images du gisant et du saint Martin? Hélas! la question restait 
forcément sans réponse, même pour notre chercheur. C’est que si 
en Bourbonnais nous possédons ce qui reste des anciens monuments, 
Paris, avec ses archives et ses riches bibliothèques, conserve les 
documents qui peuvent servir à les dater et à révéler même leurs 
auteurs. C’est ce qui s’est passé pour les épitaphes d’Huriel. 


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IPhocès-VehbaCX 


27d 


En eflet, M. Barbarin, un des conservateurs de la bibliothèque 
Sainte-Gencvicvc, qui s’intéresse en sa qualité de Bcrrichou Saint- 
Amandois aux choses du Bourbonnais, et particulièrement aux 
antiquités de l’arrondissement de Monlluçon, relisant les papiers non 
utilisés des frères de Sainte-Marthe, les doctes auteurs du Gallia chris- 
iiatui, a retrouve une communication qui leur fut faite, dans la pre¬ 
mière moitié du xviu* siècle, par un Hurrélois. C’était une excellente 
lecture de nos épitaphes avec un sommaire des dernières lignes. Mais 
du moins le correspondant n’omettait pas, lui, la dernière et si impor¬ 
tante ligne qui donnait le nom de l’artiste !... Il écrivait : « au bas 
on lit : Phiüppes Colombe m'a écrit el a fait les autres images. » 
Ainsi, les épitaphes, le saint Martin et le chevalier — car on ne sait pas 
encore où se cache la statue de la Vierge dont parle le texte — étaient 
l’œuvre d’un Colombe, un ancêtre presque certain, père ou oncle du 
grand Michel Colombe... En tout cas, c’est un nom nouveau et glo¬ 
rieux à ajouter à la lignée de nos grands artistes du xv* siècle. 

En attendant que des documents certains viennent confirmer ces 
suppositions, il est permis de rcgardçr ce Philippe Colombe comme 
le père de Michel. Il travaille pour le compte des de Brosse en i/|i 6 
et en i.'| 20 , époque où il termine les épitaphes et il les signe. Il ne 
serait pas surprenant qu’il eut comme fils Michel cl un autre Co¬ 
lombe qu’on sait père au moins de Philippes Colombe, peintre verrier, 
habitant Boussac, et travaillant aux vitraux d’Ainay-le-Chàteau lors 
de la mort de son oncle,Michel, dont il vint à Tours réclamer la 
succession.. S’il en était ainsi, on s’expliquerait le prodigieux talent 
de Michel Colombe. On cherche depuis longtemps l’atelier puissant 
où a pu se former SOn talent, on a parlé de l’école de Bourgogne, de 
Claus Sluter, Le Morturier qu'il avait connu d’ailleurs en passant. Ce 
talent serait dù tout simplement à son père, I’ « Imagier » des sires 

de Brosse et l’auteur maintenant certain de leur mausolée à Huricl. 

» • 

— M. Georges Bhlel lit la lettre'qu’il a reçue de M. le général 
Chevalier, en date du 16 août 1922 : 

« Siège du /«7 e Corps d'Armée après 1871. — Le choix de Moulins, 
comme siège du i3* corps, eut sans doute présenté quelques incon¬ 
vénients par suite de sa position excentrique, mais ce ne serait pas 
une raison sulïisante, ainsi que le prouve l’exemple de Bourges, chef- 
lieu du 8 ° Corps, qui s'étend jusqu’à Dijon et à la Cotc-d’Or, région 


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276 


Société d’Emulation ou Bouhbonsais 


• avec laquelle les communicatiçns par voies ferrées sont, en outre, 
lentes et difficiles. 

« La principale raison doit être, je pense, recherchée dans le sou¬ 
venir si proche que l’on avait de l’invasion allemande, qui, en 1871 , 
menaçait directement le département de l’Ailier et son chef-lieu. On 
avait donc le souci très légitime de mettre autant que possible à 
l’abri d’une pareille menace le siège de Corps d’Arniée cibles im¬ 
portants établissements militaires que I on se proposait d’y installer. 
Or, à ce point de vue, le choix de Clermont présente évidemment 
• de grands avantages, d'une part, en raison de sa situation beaucoup 
plus au Sud, d autre part, à cause des facilités que présente la dé¬ 
fense de ses abords par la vallée de l’Ailier, ne serait-ce qu’eu occu¬ 
pant fortement les hauteurs de Briaille, qui permettent de barrer et 
d’interdire les voies d’accès vers le Sud suivant cette vallée. 

« 11 y avait donc, selon moi, de sérieuses raisons militaires pour 
que Clermont fût préféré à Moulins comme siège du |3* Corps 
d’Arméc, et je ne crois pas qu’il convienne de chercher ailleurs les 
motifs réels de ce choix, bien que, comme nœud de chemin de fer. 
Moulins se trouvât dans une situation plus favorable que Cler¬ 
mont. » 


Cette lettre qui expose les raisons qu’avait le Ministère de la 
Guerre de choisir Clermont au lieu de Moulins, précise un point 
resté obscur de notre histoire locale. 

Les membres présents remercient M. le général Chevalier et 
M. Georges Brucl de cette communication. 


— Il est procédé ensuite à l’élude des statuts de notre Société. 
Chaque article est examiné, les modifications apportées aux textes 
précédents sont discutées et votées, et l’ensemble du réglement est 
adopté. 


— Divers ouvrages sont offerts par leurs auteurs à notre Société: 
De M. IIacrshu.i.. une intéressante plaquette consacrée à l’élude 
de la « Fermeture île l’entrée d’une grotte à Aïn Bcida (Algérie) »>. 


Cet article a paru dans Y Homme préhislorir/ue , n° 5. 191 $. 

Il s’agit de l'obturation de la porte d’une grotte par une sorte de 
meule roulant sur son axe, et se déplaçant ou se fixant à volonté. 

Des croquis d’une rigoureuse exactitude permettent de se rendre 
compte du procédé. 


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Procès-Verbaux 


277 




lecture est donnée du compte rendu île la thèse de M. Yirlogcux 
sur la Crise des Cheptels en llourbonnais. 

— Sont présentés à l’admission : 

M. Charles Prai>at. les Allains, parTrevol, par MM. lluhctl Bruel, 
Maurice Bruel et Georges Bruel. 

M. Mr R at, instituteur à Péraclos, commune de Chouvignv, par 
MM. Bardct, Moulin et Joseph Viple. 

M. Gaston Balmoat, propriétaire, demeurant au château de Cou- 
lombièrcs, Saint-.\ubin-le-Monial (Allier), par MM. le D r de Brinon, 
chanoine Joseph Clément, Charles de Chamelle de Bargues. 

M. le D r Béi.ot, par MM. le D r Monceau, chanoine Clément et 
Chambron. 


— Sont admis en qualité de membres titulaires : 

MM. Je commandant J a vogues, Jacques F.vulquieii, chanoine 
Goiji.fert. 

— La prochaine réunion est fixée au lundi !\ décembre. 

— l/ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 22 heures. 


E. Capelia. 



SÉANCE DU 4 DÉCEMBRE 



Présidence de M. le docteur de Brinon 


_ • 

— Etaient présents : M nw Monceau ; MM. Amédéc Bardet, de 
Bonny, Bony, Georges Biuel, Capei.in, chanoine Clément, abbé 
Dumont, Gauthier, Gédel, Génermont, François Mitton, D r Mon¬ 
ceau, André Roy, colonel de Saint-Hillier, Sarhazin, Tiersonmer. 

— Excusés : MM. Chambron, Delaigue, Dupuy. Gai.fione, 
Leutrat, Adrien Mitton, Michel Mitton. 


— Le procès-verbal de la précédente séance est lu et approux'é. 

— En commençant la séance, M. le Président adresse ses félici¬ 
tations à notre sympathique vice-président, M. Milcent, à l’occasion 
du mariage de son dis. 


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278 


Société D'Emulation du Boukbonnais 


En termes attristés, M. le Président évoque la mémoire de 
M. de Ballore. un de nos plus anciens confrères (élu en 1893) ré¬ 
cemment décédé. La Société prend une vive part ft la douleur de la 
famille. 

M. le Président envoie des félicitations à M. Pierre Monicat. le 
distingué avocat, dont le fils Jacques vient de subir avec succès 
l'examen d’admission à l’Ecole des Chartes. La Société est heureuse 
de voir le goût de l'Archéologie et de la Paléographie se propager 
parmi la jeunesse bourbonnaise. 

— Pour satisfaire un vœu exprimé par beaucoup de membres, 
la Bibliothèque sera ouverte tous les jeudis, de 14 à 15 heures (au 
lieu de 13 à 14). 

— 11 est procédé au dépouillement de la correspondance : 

Lettre de M. le maire de Bourbon-l’Archambault, président de 

la Commission d’administration de I hôpital, annonçant que cette 
Assemblée a décidé.de faire don au Musée de Moulins des deux 
plaques de cheminée, en fonte, qui avaient été signalées à l’atten¬ 
tion de la Société. Des remerciements sont votés à M. le maire de 
Bourbon et aux membres de la Commission administrative. 

M. le maire de Moulins fait connaître qu’il s’occupe de faire 
entrer les dites plaques du Musée et remercie la Société. 

— M. le Président signale les publications suivantes : 

La Faïence de Moulins , son histoire, ses phases, ses particula¬ 
rités caractéristiques, sa classification, par notre collègue et ancien 
président, M. Roger de Quiriki.i.k. 148 pages de texte et 48 plan¬ 
ches avec 63 figures, permettront à ceux qu’intéresse la question, 
de se faire une idée exacte de ce que fut cette industrie moulinoise. 
La fin du xvm f siècle vit nos faïenciers réaliser un effort artistique 
qui fut couronné de succès. Ce livre, très bien présenté, fait le plus 
grand honneur il l’imprimerie Crépin-Leblond. 

M. de Quiricllc a remis à la Société un exemplaire de son ouvrage, 
par l'intermédiaire de son éditeur. Les Membres présents lui adres¬ 
sent leurs vifs remerciements. Il en sera rendu compte. 

A paraître : 

Charroux-d’Allier. Histoire civile. Histoire religieuse, par M. l'abbé 
Manükt, curé-doven de Charroux. Membre de la Société d’Kmula- 
lion. Cet ouvrage qui sort des presses des « Imprimeries Réunies », 


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Pkocks-Verbaix 


279 


15, rue d’Enghien, Moulins, comprend deux parties : la première 
embrasse : les origines, l'historique des monuments, la condition 
des habitants, les juridictions, administrations, impositions, etc. ; 
la seconde traite des paroisses, des églises, des commanderies, etc. 
On souscrit chez l’auteur et aux « Imprimeries Réunies ». 

— M. le Président exprime le vœu que, parmi les noms exclusive¬ 
ment bourbonnais que le Conseil municipal a l’intention de donner 

« 

aux nouvelle rues de Moulins, il soit rappelé celui du Bon duc 
Louis II, le grand bâtisseur, â qui notre cité doit sa création. 

M. le Président donne la nomenclature des publications reçues et 
lait un compte rendu des articles intéressant notre Société. 


SOCIÉTÉS SAVANTES 

I 

I. — Société des Antiquaires de l'Ouest, Bulletin du 2 e trimestre 
1922. 

II. — Bulletins et Mémoires de la Société archéologique et histori¬ 
que de la Charente. Année 1921, 2' série, t. XII. 

III. •— Bulletin historique et scientifique de l’Auvergne, 2 e série, 
1922, N° 10: Octobre. 

IV. — Revue scientifique du Bourbonnais et du Centre de la France. 
Octobre 1922, N° 3. 

V. — Bulletin de l’Académie du Var, S4'' année, 1921. 

VI. — Bulletin-journal de la Société d'Agriculture de /’ Allier, n°.b, 
septembre et octobre 1922. 

VII. — .V< •moires de VAcademie nationale des Sciences # Arts et Sel¬ 
les-Lettres de ( aen. 1020-1921. 

VIÎ 1 . — Revue Mabillon. Octobre 1922, 2* série, n° 8. 

IX. — La Région du ( entre. Novembre 1922, 2* année, n° 15. 

X. — Société rf Agriculture, d'Archéologie et d'/Hstoire naturelle du 
. département de la Manche, Notices, mémoires et documents. 34'* vol. 

Saint-Lô, 1922. 

# 

XI. — Mémoires de la Société d Emulation du Doubs, 1921, q r série, 
' r r vol. 

XII. — Mémoires de la ('ommission des Antiquités de la Côte-d'Or ' 
Tome XVI1’*, 5'* fascicule, 1918-1020. 

XIII. — Hulletin de la Société nivernaisc des Lettres . Sciences et 
Arts. Année 1922 (i‘ r et 2 0 trimestres). 

Je sipnnlc ici un travail de M. l'abbé Cachet: « I.e Diocèse de 
Xevors et se-* quinze archiprétrés. » Deux paroi^c* bourl>onnai>es v 
sont nommées: Villeneuve-sur-Allicr et Château. 

XIV. — Société des Antiquaires de la Morinie. Bulletin historique. 
71 e année, 260° livraison, t. XIII, avril-octobre 1922. 


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280 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


XV. — Revue tirs Etudes / iistorit/ues . 88‘‘ année, octobre-décembre 


«922. 

XVI. — Société iïAgriculture de l'Ailier. Programme du Concours 
général d'animaux de boucherie pour février 192,3. 

XVII. — Annales de la Société d Agriculture, Industrie, Sciences, 
Arts et Belles-Lettres de ta Loire. 2*' série, tome XL, 2* livraison, 1922. 

XVIII. — Société des Sciences et Arts de Vitry-le-François. XXIX. 
1910. Imprimé à Vitry, en 1914, un vol. de 800 pages. 

XIX. — Bulletin de la Société bourbonnaise des Eludes locales. 


N° 12, octobre, novembre, décembre 1922. 

. Dans ce numéro figure un appel pour la constitution d’une enquête 
sur le patois bourbonnais. Les renseignements doivent être adressés 
à M. E. Bourgougnon, professeur au collège de Cusset. 


— M. le Chonoine Clément fait circuler deux diplômes de thèses 
« ulrinsque jtiris * de Bachelier et de Licencié, délivrés à Jacques 
Imbert de la Cour, par la Sorbonne, en 1751. Les titres de ces beaux 
diplômes représentent sainte Anne faisant lire la Sainte Vierge. Ce 
sont de superbes gravures qui justifieraient l’encadrement. 

Notre confrère communique une liste relevée par lui, lors de son 
dernier passage à Paris, aux Archives Nàtionales, dans la série N. 
C’est un extrait de la section historique, répertoire de tables alpha¬ 
bétiques, consacré à l’énumération des plans anciens du départe¬ 
ment de l’Ailier. II y a là des renseignements précieux pour ceux 
qui se proposent de faire des monographies locales ou qui traitent 
de nos grands monuments. 


M. le Chanoine Clément signale dans la Revue des autographes de 
M. Gabriel Charavay, n° 109, une pièce originale signée par Pierre 
de Bâillon, de Lyon ; on y trouve une déposition d’un Jean Vincent, 
(ils d’Antoine et de Pcrnette Gaudon. Celle-ci était originaire de 


Moulins, et sa curieuse et édifiante biographie fait l’objet d’un petit 


livre conserve à la bibliothèque de la ville. 


— M. Amédée Bahdkt propose d’arrêter le plus tôt possible le 
projet d’excursion à faire, en vue de pouvoir dès maintenant ras¬ 
sembler tous les documents nécessaires. 


— M. le Chanoine Clément propose, d’accord avec MM. Viple et 
Bardet, la visite de Chantclle, Bellenaves, Echassières, la Forêt des 
Colettes, le château de Beauvoir. 11 a prié M. Viple d’étudier sur 
place l'itinéraire et propose aux membres présents de remettre 
l’examen de la question à la réunion prochaine. 


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Procès-Verbaux 


281 


■» - — r -■- ■ — • — ■ — — » - ■ ■ ■ - - ■ — —— ■ ■ 

— M. Tiersonnier fait les communications suivantes, que nous 
nous bornerons dans ce procès-verbal, à analyser sommairement. 

1 ° Fondation d’une vicairie et d’une chapelle en l’église deMones- 
tay-sur-Allier, par Agnès de Vcndat, veuve de Jehan de Montmo- 
rillon, 1357. Renvoyé à la Commission du Bulletin. 

2 ° M. Tiersonnier porte à la connaissance de la Société qu’en 
1909. ( Bulletin , p. 92-93), il avait annoncé la disparition prochaine 
d’une vieille maison de Dompierre, qui fut jadis l'auditoire de la 
justice de la seigneurie de Ghezelles-Dompierre. Maison sommaire¬ 
ment décrite dans notre huitième excursion (Bulletin 1906). Or, la 
maison en question n’a fort heureusement pas été démolie, elle a 
conservé son cachet et appartient à présent à M. Defrance. 

— En compagnie de notre confrère M. Mitton, M. Tiersonnier a 
eu récemment l’occasion de visiter de nouveau l’ancien petit château 
du Plaix, commune d’Ygrande r actuellement transformé en do¬ 
maine. C’est une construction du xv e siècle dont il a eu l'occasion ' 
déjà, il y a longtemps, de parler a la Société. Le Bulletin publiera 
ultérieurement l’intéressant exposé de notre confrère. 

4° Enfin, notre confrère communique le texte de trois inscriptions 
bourbonnaises du xvtu e siècle, l’une pour le bâtiment de M. de 
Saugé, receveur des tailles à Montluçon ; la seconde pour le Château 
d’Eau de Moulins (81, rue de Bourgogne) ; la troisième devait figu¬ 
rer sur une maison appartenant aux Carmélites de Moulins. 

Il ajoute à ces mentions la description de médailles dont l’em¬ 
preinte se trouve en dessous des inscriptions. 

— MM. Brukl, le Chanoine Clément, Génermont entretiennent 
l’assistance des projets que comptent exécuter, séparément l’un de 
l’autre, l'Illustration économique et financière et. le Monde Illustré. 
Chacun de ces périodiques se propose de consacrer un numéro spé¬ 
cial à l’Ailier. Le Monde Illustré publiera ce fascicule dans le même 
format que son numéro habituel. L ’Illustration économique et finan¬ 
cière le donnera en supplément. 

Les rédacteurs de ces journaux ont déjà fait un premier voyage 
dans l’Ailier. La Société engage ses Membres à leur fournir les 
renseignements qui leur seront nécessaires. 

— M. l’abbé Dumont lit une note relative à la date de construc¬ 
tion de la chapelle du prieuré d’Yzeure, — note que le Bulletin 
publiera, — et fait les deux communications suivantes : 


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Société d’Emulation du Bourbonnais 


Charles de Chantecler 

m 

« Charles de (’hanleelcr, né à Moulins et élevé dans la famille 
« des princes de Bourbon, u-l-il été l'objet de quelque publication 
« ou communication locale ? 

« Charles de Chantecler quitta Moulins pour l’Auvergne où.il sc 
maria dans une» riche et noble famille. Quand, à son retour d'Es¬ 
pagne, François I er passa par l’Auvergne pour se rendre à Paris, la 
ville de Clermont choisit Chantecler pour le haranguer. Le Père des 
Lettres garda de- cette harangue un tel souvenir qu’il fit d’abord 
Chantecler lieutenant général de la province de Touraine, et lui 
confia ensuite une des premières charges du Parlement de Paris. 

« Charles de Chantecler eut deux fils, conseillers de grande ré¬ 
putation : Pierre et Charles. 

« lions les Ehujes des Hommes illustres de Scévole de Sainte- 
Marthe, traduction <i. Collrtct. Paris. 1044. trois pages sont consa¬ 
crées ^ Charles de Chantecler. Ce sont les pages 228, 229 et 230. *» 

Louis Chataigner de la Rocheposay (I) 

« Scévole de Sainte-Marthe, dans ses Eloges des Hommes illus¬ 
tres, traduction G. Colletet, Paris. 1644, page 234. signale la mort à 
Moulins, à la fin du xvC siècle de* Louis Chataigner de la Boche- 
posay. — Disciple de Joseph Scaliger. la Rocheposay fut envoyé 
par Henri III en ambassade à Rome et fait membre du Conseil 
Privé. Henri IV le nomma gouverneur de la Haute et Basse Mar¬ 
che. C’est en cette qualité (pie la Rocheposay défit en Poitou, sur 
les bords de la- Vienne, un corps d’armée rebelle sous les ordres du 
vicomte de la Gurrche-Villequiev. « \ostre guerrier, dit Scévole. 
« retournoit triomphant et tout chargé de lauriers de la comté de 
« Bourgogne, où il avait puissamment secondé les armes du Roy 
« pendant plusieurs mois ; (quand) il fut surpris d’une fiebvre 
« chaude dans le Rourbonnois. Et passant par Moulins, son mal 
« s’irrita de telle sorte,, qu’il y esteignit ensemble sa lumière et 
« sa vie, » 

— M. Georges Bruf.l lit une note relative au projet de voie ferrée 
La Jonchère-Saint-Germain-dcs-Fossés : 

Le département de l’Ailier étant au centre de la France nouvelle, 
«e trouve en situation d'ètre ce qu’en style ferroviaire on appelle une 
vraie plaque tournante. Les lignes Paris-Ntine*. ï.\on-\anlos. 
Strasbourg-Bordeaux s'y croisent. Il est donc naturel «pie l'on 
sonye à améliorer les communications transversales de la France, 
de façon à relier aussi bien (pie possible nos ports de l'Océan au 
Rhin, à la Suisse, à l'Italie et l'Orient. Les solutions adoptées ne 
peuvent nous laisser indifférents. 

Dans le but d accélérer le transport des voyageurs entre Lvon et 
I Océan, le Conseil supérieur des chemins de fer a étudié derniè¬ 
rement. diverses solutions : 


(I) Le vrai nom est « de Cliasteigner de la Rocheposay. » 


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PkOC'.KS-V EUHAl’X 


. 283 


1°). — Fntre Tarare et Amploplui^, il existe des rampes de 20 
millimètres pour aUeindre le tunnel de Sauvage. On a étudié le 
jurement d un tunnel de plus liasse altitude, mais sou forage et 
les remaniements de la ligne sont évalués à 1)0 millions, ce qui est 
un peu cher pour économiser 15 minutes de temps et annuellement 
2. -199.1)00 fr., soit l'annuité d’un capital de 30 millions ^seulement. 
La solution considérée comme trop onéreuse a été abandonnée. 
Kspérons que l’on ne lardera pas en revanche à électrifier la ligne 
Saint-tîermain-des-Fossés-Lyon, ce qui diminuerait l'inconvénient 
des fortes rampes. 

2 °). — L’itinéraire le plus direct .entre Bordeaux et Lyon à 558 
kilomètres et passe par Périgucux, Fssel et Clermont-Ferrand, mais 
les |>entes sont très fortes, les courbes ont de petits rayons, aussi 
elle ne peut être rapide ou économique, ce qui fait que la ligne 
utilisée par les trains exprès passe par Limoges, Montluçon. Gan- 
nal, ce qui porte le parcours à 087 kilomètres, soit un allongement 
de 50 kilomètres, c'est-à-dire «le près de 1 "/„. 

Pour améliorer ce dernier trajet, le Conseil supérieur des che¬ 
mins de fer a adopté le 5 juillet 1922 le tracé : La Jonchèrc (pre¬ 
mière station au sud de Saint-Sulpice Lainière), Bosmoreau (6 kil. 
au nord de Bourganeuf), Les Fourneaux (9 kil. au nord d’Aubus- 
son), Toi Uct (22 kilomètres sud-ouest de Montluçon), IVéris, Com- 
mentry, Clianlelle et Sainl-Gormnin-des-Fossés. La ligne serait à 
2 voies, n’aurait pas de déclivité dépassant 10 m/m par mètre et les 
courbes auraient un ravon. minima de 500 mètres. 

Le tracé Commentrv. Ohantelle. Saint-Germain (58 kilomètres) 
fait gagner 10 kilomètres sur celui passant par Gannat, mais cop¬ 
iera environ 110 millions. Ce tracé est. classé en première urgence, 
parce que le doublement do la voie Lapeyrouse. Gannat, en com¬ 
prenant les ouvrages d'art à refaire, les variantes et les courbes à 
ouvrir reviendrait à environ 112 millions. L’économie d’exploita¬ 
tion de la nouvelle ligne est évaluée à 700.000 fr.. ce (pli équivaut 
à l’annuité de 8 millions, alors (pie l'électrification de la ligne ma¬ 
jorera les dépenses de 10 millions. 

La ligne La .lonrhèrc-Commenlrv raccourcira l’itinéraire actuel 
de 3'i kilomètres, mais coulerait 887 millions. On obtiendrait ainsi 
un gain de '»5 minutes sur le trajet et une économie de 1.000.00ÏT fr. 
sur l’exploitation. Compte tenu des travaux indispensables, si l’on 
ne fait pas celle ligne, il r( , slr un excédent do dépenses de 179 mil¬ 
lions. Aussi avait-on rejeté cette solution comme trop copieuse, 
lorsqu'on se souvint qu’avant la guerre une loi avait accordé au 
P.-O. la concession d’une ligne à voie d'un mètre partant de Sainl- 
héonard (30 kilomètres est de Limoges), passant à Bourganeuf et 
aboutissant à Au/.ances (70 kil. sud de Montluçon). Celle ligne tra¬ 
versant un pays montagneux et pauvre est considérée comme ne 
devant pas être payante. On propose donc de substituer le projet 
La Jonchère-Oornmentry à la ligne déjà concédée Saint-Léonard, 
\uzances (les deux lignes sont voisines dans leur partie centrale), 

cl de classer ce travail en seconde urgence. 

» 

Lorsque celte ligne sera exécutée, elle sera utilisée par le Bor¬ 
deaux-Strasbourg. 


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284 


Société «'Emulation ïïu Bourbonnais 


En attendant, on fera diverses améliorations ■sur le sertenr Li- 
moges, Montluçon cl on supprimera notamment le rebroussement 
do Saint-Snlpice-Laurière. 

Nous devons ajouter que l’on est étonné de voir que, dès le début 
de In discussion, lo Conseil Supérieur des chemins de fer ne' >se>t 
iréoecupé ni do la (piestion transport des marchandises, ni du trafic 
Joeal qui pourrait prendre naissance dans la zone traversée. Cotte 
dernière cependant est dépourvue de chemin de for à voie largo et 
par suite réellement économique. Le «soi et le sous-sol du Massif 
central ne présentent-ils donc aucune richesse latente et les ri¬ 
chesses déjà exploitées ne doivent-elles pas se développer dès que 
l’aménagement hydraulique de nos hautes vallées nous donnera de 
l’énergie électrique en assez grande abondance ? D’un autre côté, 
no serait-il pas nécessaire de prévoir l'électrification de la ligne 
Moulins-Monlluçon, son doublement de Doyel à Moulins, ainsi que 
des rectifications pour améliorer son profil et augmenter le rayon 
de ses courbes. Ces travaux sont indispensables pour améliorer les 
relations Bordeaux-Strasbourg. Mais, ne devrait-on pas aussi 
relier directement Chagnv à Môle, ce qui est facile, puisqu’on est en 
plaine, cela éviterait le détour important de Dijon. 

Il est indispensable que l’opinion publique s’intéresse aux per¬ 
fectionnements de notre outillage national, afin de hâter le jour où 
l’équilibre économique de notre pays sera accompli. 

L'Usine Dunlop à Montluçon. — En octobre dernier, l’usine 
Dunlop a été inaugurée à Montluçon, et le Monde Illustré a rendu 
compte de cette inauguration. 

L’usine est établie au nord de Montluçon, au lieu dit « la Loue », 
un peu en aval de l’écluse de Pasquis. le long du chemin de fer 
de Paris, et par suite près du canal, dans l’ancien atelier de char¬ 
gement créé durant la guerre. 

Il v a dans l’intérieur de l’usine 20 kilomètres de voie ferrée nor¬ 
male et 00 kilomètres de voie étroite. La surface occupée est de 
112 hectares, et une vaste cité ouvrière, pouvant contenir 700 mé¬ 
nages. y est construite. L’usine pourra employer 5.000 ouvriers. 

Pour les détails concernant I ancien atelier de chargement <1° 
Montluçon, on peut consulter utilement dans les bulletins de la So, 
ciété des Amis de Montluçon les numéros 13. 1020, (p, 03 et 00), 
cl I L 1021. pour le plan de l’usine. 


— M. Walther, d’Hcrisson, adresse à la Société des notes dont 
M. Capclin donne lecture. 

C’est un abrégé de l’histoire de Saint-Cnprais à travers les âges. 
La forme littéraire que M. Walther a bien voulu donner à ses 
informations historiques et archéologiques leur donnent beaucoup 
de prix, mais la place restreinte dont dispose le Bulletin ne permet 
d’en reproduire que les extraits suivants ; 


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Pkocès-Vekbaux 



Délibération du conseil municipal de la commune de Thémistocle : 

« Aujourd’hui, neuvième jour de Brumaire, an mil sept cent 
quatre-vingt-treize, l’an deuxième de lu Hépublique française une 
et indivisible, nous, Gilbert Auclaire, maire ; Denis Petitjean, Jean 
Beauculat, officiers municipaux, Mathieu Dubost, Jean Gobinet, 
Jean De-noux, Joseph Germain, assemblés on conseil général de la 
commune, séance publique, après avoir pris connaissance de la 
lettre des administrateurs du district de CérilJy, par laquelle ils 
nous invitent à débaptiser notre commune portant le nom de Saint- 
( aprais . Un des membres a dit : 

« Pour être bons citoyens républicains, il faut des vertus, lé res- 

« peet pour les droits et de la liberté, et la haine pour les tyrans 

« despotes. Je vous propose le nom de Thémistocle , comme un ci- 

<« toyen d’Athènes qui, au courage, sait réunir ces vertus ; il fit plus 

« par sa morale civique : il seul rallier tous les amis de la liberté 

« d'Athènes contre le tvran Xerxès et la sauver des fers dont ce 

•/ 

« tyran voulait charger Athènes. 

« Sa mort fut la suite de son amour civique patriotique et rc- 
« publicnin ; il se la donna plutôt que de* porter les armes contre 
« sa patrie quoiqu'il en fut sollicité par l’appas de l’or. 

« \ oilà les vertus que la mémoire de ce grand républicain doit 
« nous retracer et que tout bon citoyen doit, pratiquer tant au phy- 
« sioue qu’au moral. 

<t Le Conseil arrête unanimement qu’à l’avenir la commune de 
« Saint-t'optais s’appellera Thémistocle et on a crié : Vive la com- 
« mime de Thémistocle ! Vire la Hépubliquc une et indivisible ! 

« Arrêtons, en outre, que copie du présent arrêté sera envoyé au 
« Corps administratif cl à la Convention Xalinnale. » 


, Un très beau dessin à la mine de plomb, œuvre patiente de 
M. Walther, reproduit le cadran solaire de Saint-Caprais. 

— M. le Président émet la proposition que voici au sujet du cata¬ 
logue de notre Bibliothèque, à dresser par ordre de matières : 

« Les membres qui prennent des livres à la Bibliothèque sont 
priés d’établir des fiches qu’ils rapporteraient aveq l’ouvrage ; ces 
fiches comprendraient : 

1° Le titre exact, tel qu’il est sur le livre; 

2 ° Un titre se rapportant plus exactement au contenu de l'ouvrage. 
Bien souvent les titres donnés par les auteurs, ou ont vieilli, ou ne 
sont plus exacts ; 

3° Un titre se rapportant aux grandes sections : bibliographiques ; 
par ex. biographie, monographie ; architecture civile, religieuse, 
militaire ; histoire du Duché, etc. ; la série de Bourbonnais, etc.; 
préhistorique, etc. ; 


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28fi 


Société d'Emulation nu Üouhboxnais 


* 


4° Je propose à ceux qui se sentiraient le courage de faire le 
dépouillement méthodique de nos publications. Publications pari¬ 
siennes et provinciales, par matières surtout. » 

— M. le Président rend compte, en ces termes, d’une découverte 
d’ossements faite à Saint-Bonnet, Yzeure. 

M. J. Usclade, secrétaire à l’Inspection d’Académic, me prévint 
qu’un proprétaire de Saint-Bonnet, en faisant une fouille pour des 
fondations, a rencontré de nombreux ossements et des poteries. 

Je suis allé voir. Le propriétaire, M. Trouillet, était absent ; mais 
son ouvrier m’a montré avec beaucoup de bonne volonté les résultats 
de la fouille. C’est dans la cour de l’ancienne Cure, le premier 
groupe de constructions que l’on trouve à gauche en prenant la 
route de Gennelincs. La fouille est descendue à environ 4 mètres; 
elle a permis d'isolcr un bloc de maçonnerie qui paraît être une 
ancienne fondation et tout autour existent des sépultures, les unes 
orientées les pieds à l’Est et les autres au-dessous pcle-mêlc. Les 
os sont modernes, ainsi que les poteries : débris de plats noirs, gros¬ 
siers. sans aucune trace d’ornements. Ce qui est assez remarquable, 
c’est que les bières orientées étaient déposées dans une cavité 
formée de pierres sur champ, non maçonnées; il s'agit évidemment 
de 1 ancien cimetière de Saint-Bonnet. 

— M. Génehmont lit, au nom de M. Crépin-Leblond, la note 
suivante : 


<' M. Alfred Bertrand avait, sinon créé, du moins complété avec 
une judicieuse persévérance la petite galerie des Emulationnistes 
notoires dont les portraits ornent la Bibliothèque de la Société. Il 
était juste que M. Bertrand, qui fut un de nos mçmbrcs les plus 
dévoués, figurât lui-même dans celte collection familiale. C’est chose 
assurée désormais. Notre confrère M. Vonilloux vient, en effet, de 
faire don à la Société d’Emulation d’une excellente photographie de 
l’ancien conservateur du Musée.» 

La Société remercie MM. Crépin-Leblond et Vouilloux de leur 
geste qui vient heureusement compléter notre galerie des célébrités 
bourbonnaises. 

— La prochaine réunion est fixée au 8 janvier 192,'î. 

— Est présenté comme membre de la Société : 


% 


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BIBLIOGRAPHIE 


287 


M. Gaspard Brunet, huissier à Lurcy-Lévy, par MM. le chanoine 
Clément, Jean Mosnier, Marc Dénier. 

— Sont admis en qualité de membres titulaires : 

M. le docteur Belot ; M. Georges Balmont ; M. Murat ; M. Charles 
Pravat. 

— L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 22 h. 1/2. 

E. Capeltn. 



La Faïence de Moulins, son histoire , ses phases, scs particulari¬ 
tés , caractéristiques , sa classification, par Koger.de Quirielle. 

Moulins , C ré pin-Leblond , imprimeur-éditeur , 1922. 

C’est un plaisir d’avoir à féliciter, à louer ses amis. Ce 
plaisir m’échoit aujourd’hui où j’ai l’agréable mission de par¬ 
ler de La Faïence de Moulins. 

Depuis longtemps, les amateurs de notre province souhai¬ 
taient de voir notre confrère Roger de Quirielle, de sa plume 
toujours spirituelle et alerte, élever ce monument à notre art 
provincial. On le souhaitait surtout depuis le jour, déjà loin¬ 
tain, où, avec sa coutumière bonne grâce, il nous avait fait les 
honneurs de sou Montaiguët et de ses collections. La faïence 
n’y tient-elle pas une large place et si artistique (1). Pour¬ 
quoi, se disait-on, notre faïence n’aurait-elle pas, de la main 
de M. Roger de Quirielle, le pendant de la Faïence de Xevers, 
par M. L. du Broc de Segange? Et voici que c’est chose faite. 

Dans une suite de chapitres, où l’érudition sait se faire ai¬ 
mable et souriante, M. Roger de Quirielle aborde et traite son 
sujet sous toutes ses faces. 

Et d’abord l’auteur nous parle des faïences et des faïenciers. 

Peut-être élégante descendante des antiques potiers de notre 


(!) Voir Bulletin, 1906, sixième excursion, a Mu A/aùon », par Ilogcr de Quirielle. 


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288 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


cité, la faïence de Moulins est certainement fille de Nevers, et 
cela lui donne une artistique ascendance. Toujours est-il que 
dès 1730, la faïencerie moulinoise est en pleine activité. 

Selon des recherches faites par notre confrère M. Marc Dé¬ 
nier, ce serait un marchand (le Moulins, Pierre-Joseph Gil- 
liard, grand vendeur de produits nivernais, qui aurait eu l’idée 
de foire fabriquer de la faïence dons notre bonne ville, par 
deux ouvriers moulinois, Perrot et Sèves (1), formés dans les 
faïenceries de Nevers. M. de Quirielle nous les montre, du 

4 

reste, passant de Moulins à Clermont-Ferrand, où ils installè¬ 
rent la première fabrique auvergnate. Dès 1735, l’auteur nous 
signale un Jean Dubourg, celui-là formellement qualifié di¬ 
recteur de la manufacture de faïence, établie a Moulins. Dès 
lors, peut s’établir une liste chronologique de maîtres et ou¬ 
vriers faïenciers, liste évidemment incomplète et que l’explo¬ 
ration méthodique des registres paroissiaux, surtout des re¬ 
gistres de Saint-Pierrc-des-Ménestraux, permettrait d’étendre 
considérablement. 

Mais ce n’est pas tout de uomenelaturer des faïenciers, il im¬ 
porte plus encore de classer les faïences moulinoises. M. de 
Quirielle n’y manque pas et note avec soin les trois phases 
de cette artistique industrie: la naissance, l’apogée, la déca¬ 
dence ; le tout s’échelonnant du commencement du xviii* siècle 
à la Révolution. Il montre comment la fabrication utilitaire 
du début atteint bientôt l’art véritable, s’éloigne de Nevers 
pour s’inspirer de Rouen et plutôt même de Sineeny. 

Reprenant ensuite ces trois phases, l’érudit-collectionneur 
en note les caractéristiques, cite de nombreux exemples et dé¬ 
crit, avec le charme qu’on lui connaît, les plus beaux exem- 
plaires. 

Des pièces justificatives et des remarques finales terminent 
le texte attrayant, où se condense l’histoire de notre faïence 
moulinoise. Due liste de faïenciers, due à feu M. Bertrand et 
communiquée par M. le chanoine Clément, apporte un supplé- 


|i) A lire ce nom de Sève*, on peut se demander si l’artiste faïencier de ce nom 
n'était pas du lignage de Gilbert Sève, îe peintre moulinois, et de ses éetix fils 
Gilbert et Pierre, tous deu* membres de 1.Academie rovale de peinture. Voir Bul¬ 
letin, iqo 3, pp. 313 et suivantes, Gilbert et Pierre Sève, par E. Boudurd. 


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HlBMOGfl&t'IllK 


289 


ment d’informât ion sur les faïenciers et leurs aides. Malheu¬ 
reusement, M. Bertrand n’avait que superficiellement feuilleté 
les registres paroissiaux de Saint-Pierre-des-Ménestraux. Sa 
liste pourrait être revue, augmentée, voire corrigée. M. Dénier, 
explorateur minutieux et patient de <-es registies, nous donnera 
sans doute un jour un état à peu près complet des maîtres et 
artisans es faïence moulinoise. Kt qui sait, on verra peut-être 

surgir de véritables petites dynasties. 

♦ 

.Soixante-trois 'reproductions en héliogravure et une fine 
planche en couleurs dues à l’artistique maison S. A. 1). A. G. 
de France, illustrent l’ouvrage, reproduisant les meilleurs et 
les plus caractéristiques produits des ateliers moulinons. Pc 
« lioix en fut fait par M. de Quirielle, et c’est- tout dire. 

Après avoir loué l’auteur et'l’illustration, il me sera bien 
permis de féliciter aussi M. Marcellin Crépin-Leblond, un au¬ 
tre ami. Si je manquais à ce devoir, M. de Quirielle me le re¬ 
procherait le premier. 

L’habit ne fait pas le moine, il n’en est pas moins vrai (pie 
la présentation d’un livre est point, où l’art et le goût de 
l’éditeur et de l’imprimeur se révèlent. On n’en saurait rêver 
de plus ravissante pour Pieuvre de M. de Quirielle. 

Tirés sur papier de fil Lafumu, imprimés avec des carac¬ 
tères typographiques entièrement neufs, les .‘125 exemplaires 
numérotés et paraphés de lu l'tiït'iu-r <lc Moulin sont un vrai 
bijou. On remarquera, j’en suis sûr, le tour de force, grâce au¬ 
quel, dans tout l’ouvrage, on ne trouve pas un seul mot coupé 
d^in trait d’union. 

Maître eu son art, M. Marcellin t.’répin-Leblond, par sa con¬ 
science et son goût, continue très brillamment les traditions de 
ses prédécesseurs, qui, il y a près d’un siècle, firent le renom 
di* l’impression moulinoise. 

Lu Fuie/nv tic. Moulins, si bien présentée par M. de Quirielle, 
si bien habillée par M. Crépin-Leblond, deviendra rapidement, 
c’est à prévoir, une de ces raretés bibliographiques que fer¬ 
vents de l’a if et amoureux du livre recherchent- et s’arrachent. 

Kn attendant, notre Compagnie tout entière damera, d’une 
seule voix, avec moi : Jlravo Quirielle! Bravo Crépin-Leblond! 

FlIILiri'E TlBKSONNIF.lt. 

*9 


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200 Société d’Emulation du Bourbonnais 


<( Le Maroc », par Augustin Bkrnahd, un vol in-8, Alcan, éd., 
Paris 1921, sixième édition, 4(55 pages, 5 cartes h. t. 

Notre compatriote A. Bernard, spécialiste de l’Algérie et du Maroc, 
qu’il a parcourus et étudiés au cours de nombreux voyages, vient de 
mettre à jour et de refondre entièrement le volume qu’il avait ppblié 
il y a une dizaine d’années et dont 5 éditions ont été rapidement 
enlevées. 

Ce volume est divisé en cinq livres ayant pour titres: les Condi¬ 
tions géographiques ; les Conditions historiques ; la Société indi¬ 
gène; les Européens au Maroc et enfin le Protectorat Français. Une 
carte au 5 millionième et 4 croquis concernant l’Hypsométrie, les 
pluies, la densité de la population, les productions, complètent et 
éclairent le texte. En tète de chaque chapitre une courte bibliogra¬ 
phie signale les ouvrages les plus importants a consulter pour ceux 
qui veulent étudier les questions dans le détail. 

De nombreuses pages sont entièrement nouvelles. Il en est ainsi 
notamment pour la pluviométrie, la géographie botanique, la ques¬ 
tion des pierres écrites, les troglodytes (Africa dériverait du mot 
Ifri, qui signifie grotte en berbère), l’histoire - du Maroc de 1914 à 
1921, etc. 

Tous ceux qui veulent connaître notre effort marocain, les résul¬ 
tats obtenus, ceux que l’on entrevoit, doivent lire les 80 dernières 
pages qui traitent de l’organisation, de l’outillage et de la mise en 
valeur du Maroc. Les 5 pages consacrées à l’urbanisme intéres¬ 
seront tous les Français amoureux du pittoresque, heureux de voir 
que le maréchal Lvautey a voulu « non seulement conserver aux 
villes indigènes leurs caractère propre et leur cachet artistique, 
mais encore faire en sorte que les villes nouvelles répondissent à 
tous les besoins modernes de sécurité, d’hygiène, de circulation et 
d’esthétique ». 

Ce volume, fruit d’une longue expérience africaine, d’une docu¬ 
mentation livresque abondante, complétée par des.visites presque 
annuelles dans un pays qui évolue avec une vitesse toute Améri¬ 
caine, puisque Casablanca, petite ville d’une vingtaine de mille 
ùmes en 1907, comptait, en 1921, plus de 102.000 habitants, dont 
22.000 Français, est devenu un vrai livre classique de lecture facile, 
qui permet de comprendre ce pays, si divers, hier encore en grande 



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I 


Hun .IOGR.UMIIE 


291 


partie inconnu et maintenant presque complètement pacifié grâce à 
la collaboration du Maghzen, du Sultan et du maréchal Lyautey, 
qui dirige ce pays depuis un peu plus de dix ans. 

Georges Bhuel. 

Le nouveau Guide de Moulins et de ses environs, par M. 

Edgar Capelim. Moulins, chez M. Chambalous, successeur de M. L. 
Grégoire. 

Ce guide, de 8(5 pages, orné de nombreuses photographies, et 
d'une carte de la \ ilie, est lait au point de vue de renseigner les 
étrangers sur les curiosités que doit voir un touriste à Moulins et 
dans ses environs. Notre collègue l a mis au point ; et sa docu¬ 
mentation savante sera utile aux habitants autant qu'aux étran¬ 
gers. Il est accompagné d’une notice en anglais, en espagnol, en 
allemand et en italien, et comprend une série de neuf excursions 
en automobile, dans un rayon de lOO kilomètres autour de Mou¬ 
lins. 


— Les curiosités bourbonnaises viennent de s'enrichir d'un 
nouveau fleuron. L auteur, qui est notre érudit collègue Philippe 
Tiersoimier, s est associé à l'éditeur M. Marcellin Crépin-Leblond 
pour en faire hommage à la Société, (."est un hommage que vous 
apprécierez tous : car, m le contenu est parlait, le contenant est 
dune élégance typographique qui fait honneur aux presses de 
notre collègue Crépin-Leblond. A tous les deux, la Société dit 
merci. 

La plaquette de 45 feuillets, porte en litre : Un singulier che¬ 
valier de Tordre de Saint-Jean de Jérusalem, lin du xiv\ com¬ 
mencement du xv° siècle, par Philippe Tieuso.xmeu. — Moulins : 
Crépin-Leblond, imprimeur-éditeur, rue .leaii-Jacques-Ituusscuu, 
11. 1922. 

m 

Il s'agit du frère Aymar Brou tin, dit Talebarl, qui fut un grand 
procédurier devant l'éternel et assez mauvais frère de l'Ordre de 
Saint-Jean de Dieu. Il se rattache au Bourbonnais, non par sa, 
famille, c'est un dauphinois, mais par les nombreuses comman- 
(Icries qu'il s'efforça d'agripper dans notre province : Lavaufran- 
che, Lainaids. Hcugnais, Bardou, las péripéties qu'entraînèrent 
les appétits du chevalier Talebart ne manquent pas d’intérêt ; 


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SoCIKTK d’KmLI.ATION DU 


Bo UHBONNA1S 


n«»us y \oyons défiler de nombreux personnages bourbonnais, les 
chevaliers de \ illers. d’Avenières, di* Grivel, viclinics du liirhti- 
leni I nlebnrl. lit coiuiue prélude ol fond de laldoau à ces luttes 
d intérêts, 1 auteur nous expose l’Iiisloire des débuts de ce grand 
ordre de Malle et le mécanisme de son fonctionnement, tel qu’il 
a survécu aux. révolutions. J espère que l'auteur ne voudra pas 
nous laisser sur celle fâcheuse impression du chevalier Talcbarl 
et qu’il fera revivre devant nous quelqu'un de ces nobles comman¬ 
deurs, qui venaient apporter au fond de nos campagnes un fer¬ 
ment d élégance et de progrès. 

— Vichy Médical. par le docteur A. Tmauu:. médecin-chef ho¬ 
noraire à la Maternité de l'iléipilnl de Yieliy. Vue d'ensemble de 
la station. Les spécialisations <le la cure hydroniinérale. 2" édi¬ 
tion. Moulins. ( ’répin-Leblond. 11*22. 

I/auteur a inscrit sur la feuille de garde : « Offert par l’auteur 
à lu Société d Linulalioii de l'Allicr. » 

Çet ouvrage nous est parvenu par l'intermédiaire de M. le doc¬ 
teur (’ornillon. 

( ’e tra\ail surtout médical-débuté par un historique de Vichy, 
qui résume en quelques pages les faits saillants de cet historique. 
I >ii traxail médical proprement dit, je ne dirai rien, sinon qu'il 
apporte une contribution précieuse aux médecins qui exercent à 
\ icliv et à ceux qui oui des malade-, à \ envoyer. I.e contenant est 
digne du cnniciiu. comme tout ce (pii soif des presses de notre 
collègue ' répiii-l.eblond. 


Les voies romaines du Berry, a\ee une carte, par M. Kmile 
Ciiûnon. professeur à la Kaeulléde Droit à Paris. Librairie de la Société 
du Hccueil Sirev-Léon Tcnin. directeur. 22, rue Sou lllol, Paris-5*. 
11 * 22 . 

I.a Société a rcyii a\cc la mention : «< Hommage de 1 auteur ». 
ce Iras ail capital, qui intéresse pour une grand'; partie Iç Bour¬ 
bonnais- Les \oicsde Itoui'gc- ;• * Icruioiil par Allicliamp et Néris. 
de Bourges à Bourbon l'ArcliambaulL sont sur notre territoire 
pendant nue longueur impôt tante, de leur parcours. Mais ce qui 
nous intéresse davantage, eo sont les centre* vovers de .Neiis, 
Gosue et Bourl'on-l'Archanihault. le dernier, avec scs huit voies 


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Original fro'm 

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Biruoc.raphif. 



rayonna nies, «*sl entièrement <-ln*/. lirais : et bailleur se trouve 
a mené à éludier la <|iieslion qui nous avait intrigues lors il*' l'ex¬ 
cursion de* Bourbon, de la voie reliant Auluu cl. !)«•<• i/.«* par IJour- 
bou-I Archambault. I.a solulion que donne \l. (Iiénon diffère de 
‘■••Ile que nous avions envisagée. Il élimine eaiTémcnl Bonrhon- 

Laitev dn réseau des voies romaines di* «s* secteur el il admet deux 
• « 

voies parlant de Bourbon-l'Archambault : une se dirigeant sur 
Itecize, par Bagneux. \illeneiive, Aurouër et Bornes. h mie anlre 
se dirigeant sur Antun, par Sninl-Mcnoiix, Vlarigiiv, ïseure, Thiol. 
Uiuu, Périgny et Tou Ion-su r-Arrou\. 

Ouant à lu voie directe d’Aulun à heci/.e, elle devrai!, suivant 
lui, passer par Saint-Honoré. 

I.a Société doit envover un chaleureux merci à M. Chénon : car 

•• 

son livre est un des plus précieux que possédera notre Biblio¬ 
thèque. 

IV dk B. 




Dans la notice bibliographique sur Etienne de Belleville ou de Bourbon, 
parue dans te dernier numéro du Bulletin 1 'mai août 1922), deux erreurs typo¬ 
graphiques sont à corriger. 

Page 105, ligne 10, au lieu de : « Martèner Ample colt. », il faut lire : Mar¬ 
te ne, Ampl. coll. : l’ouvrage indiqué étant VAmplissima Collectif). 

Mè me page, ligne il, au lieu de: « Scriptores ord. Prad. », il faut lire : 
Scriptores ord. Pred.\ le recueil visé portant le titre de Scriptores ordinis 
Predicatorum. 



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L'InteptriÉdiaipe 

des Recherches et des Echanges 


I. — Recherches 

8 . — Dans Y Histoire Ecclésiastique des Eglises Réformées au Royaume de 
France, édition Baum et Cunitz, Paris, Fischbacher, 1883. t. I, p. 111-112: 
il est question d’un Loys de Marsac « gentilhomme de maison du pais de 
Bourbonnois.et aiant esté des Ordonnances du Roy », qui fut arrêté à Lyon, 
avec un de ses cousins, « comme ils retournoient de Genève, où ils avoient 
esté un grand exemple de toute vertu à chacun ». Les deux cousins auraient 
été brûlés pour hérésie, vers le i 5 septembre de la même année. 

L’ Histoire Ecclésiastique fait, d’après le Martyrologe de Crespin, l’éloge de 
la science scriptuaire de Loys de Marsac. et de sa constance dans les sup¬ 
plices. 

Comme il s’agit d’un des plus anciens documents concernant la Réforme 
en Bourbonnais, je serais très reconnaissant A ceux de mes confrères de la 
Société d'Kmulation qui pourraient me donner quelques renseignements sur 
la famille de Marsac, dans la première moitié du xvi* siècle, et sur Loys de 
Marsac en particulier, 

9 . — - Un maitre écrivain et artihméiicien de la ville de Riom, Michel 
Gillet, qui fut recteur du collège de Gannat de 1680 à 1686, est l'auteur d’une 
Méthode d'Ecriture in-folio oblong. avec planches gravées. 

Quelqu’un peut-il donner le titre exact de çet ouvrage, le lieu et la date 
d'impression ? 

10 . — Charles de Chantecler, né h Moulins et élevé dans la famille des 
princes de Bourbon, a-t-il été l’objet de quelque publication ou communica¬ 
tion locale ? (Voir P. Y. Décembre t()22. p. 2821 



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» 



NOS CONFRÈRES La croix de la Légion d’honneur a été conférée à la 

mémoire du lieutenant Joseph Bourdérioux, « très 
bon officier, très courageux et d une grande énergie ; tué glorieusement au 
Mont Kemmel, au cours d’un violent combat » 

•f» M. J.-B Buvat, maire de Moulins, président d’honneur de la Société 
d Emulation, et notre confrère M. Jules Bussière ont été nommés chevaliers 

m 

de la Légion d’honneur. 

M. René Moreau, architecte des monuments historiques, a été promu 
officier de l’Instruction publique. 

L’Académie des sciences morales et politiques a décerné le prix Delbos 
(2 ooo francs), à M. Jacques Chevalier, professeur de philosophie à l’Uni¬ 
versité de Grenoble et membre correspondant de notre compagnie, pour son 
ouvrage sur Descartes. 

•J* L’Académie de médecine a élu M. Antonin Mallat, membre corres¬ 
pondant national. 


Notre président M. le docteur de Bri non, et nos confrères MM. Louis 
Montagne et Joseph Viple, opt été nommés membres correspondants de la 
Commission des monuments historiques (section des monuments préhistori¬ 
ques) pour le département de l’Ailier. 

La Société académique de Reims «a décerné une médaille de vermeil 
A M. Léon Bidkau, pour une étude de « grande valeur» sur l’instruction 
primaire dans la Marne cous la Restauration. 


M. Raymond de la Barre a été admis à la Société des gens de lettres. 

M île Julie Béraud, professeur de chant au lycée de jeunes filles de 
Moulins, a été nommée en la meme qualité à Paris (Lycées Fénelon et 
Victor Duruy). 

«y» Le lieutenant-colonel de Saint-Hillier a été appelé au commande¬ 
ment du 5* spahis. 


CARNET DE DEUIL Le sculpteur Jean Coulon, originaire d’Ebreuil, 

qui exposa longtemps, et avec succès, au Salon 
des Artistes français, vient de mourir à l’Age de soixante-dix ans. On lui doit 
notamment : a Moulins, le monument de Banville et celui des Morts de 1870 ; 
a Vichy, celui de la République ; A Gannat, la m lanterne »» des Morts. 


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290 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


NOS COMPATRIOTES M. Jacques Monicat a été admis à PEcole 

nationale des chartes 

% 

UNE CATASTROPHE Pour les chercheurs de l’avenir, notre « Chronique ■> 

• a le douloureux devoir d’enregistrer une cata¬ 
strophe qui mit cruellement en deuil le département de l’Ailier et notre compa - 
gnie. (Voir plus haut le procès verbal de la séance du g octobre ) 

l-e lundi 31 juillet, deux trains, partis l’un de Moulins et le second de 
Montluçon, emmenaient à Lourdes le pèlerinage annuel du Bourbonnais. Le 
mardi matin, vers quatre heures et demie, entre les stations de Miélan et de 
Villecomtal (ligne de Mirande à Tarbes', sur le territoire de la commune de 
Laguian, le train de Moulins, — sa locomotive n’ayant pu monter jusqu'au 
sommet la rampe de Villecomtal, — redescendit la côte à une allure de ver¬ 
tige et vint s’écraser sur le convoi de Montluçon qni suivait A faible distance 
et qui, lui, demeura absolument indemne. 

Le fourgon de queue fui en quelque sorte pulvérise. Du wagon de seconde 
classe auquel il était accroché, et qui n’était plus qu’un inextricable amas de 
ferrailles tordues et de boiseries broyées, on devait, avec quelles peines! re¬ 
tirer vingt-six cadavres et vingt blessés, — sur quarante six occupants ! 

Couché sur le côté et en partie détruite, la voiture suivante, de seconde 
classe également, — où se trouvait Mk' Penon, évèqüe de Moulins, qu’ac¬ 
compagnait notre confrère le chanoine Clément, — compta cinq morts. Enfin, 
l’arrière du wagon de troisième classe qui venait ensuite avait été défoncé et 
nombreux y furent les blessés. 

Au total — effrayant total ! —trente et un morts auxquels s'ajoutait, quel¬ 
ques jours après, le décès de deux blessés de cette terrible catastrophe. 

Le 4 août, en l’égüse de Laguian, un service funèbre fut célébré, à l’issue 
duquel M. Le Trocquer, ministre des travaux publics* qui y avait assisté, 
prononça un très beau discours. Ramenés en Bourbonnais, les cercueils des 
victimes étaient accueillis par les autorités du chef-lieu, dans une dépen¬ 
dance de la gare de Moulins, où Mt>’ r l’évêque donna une absoute solennelle. 

LE CENTENAIRE Le comité formé, sur l’initiative de la Société d’Emu- 

DE BANVILLE g) lation. pour célébrer, à Moulins, le centenaire de Théo¬ 

dore de Banville, a été récemment constitué. Sous la 
présidence d'honneur des autorités, il comprend des représentants de notre 
compagnie, des Etudes locales', de l’ancien comité du monument du poète, 
de l’Université, de la presse, des sociétés diverses, etc. 

Le bureau de ce comité est ainsi composé : président, M. René Moreau. 
architecte des monuments historiques; vice-présidents, MM. Gotteland, 
inpecteur d’académie, et Viple, président des Etudes locales; secrétaire, 
M. Crépi n-Leblond ; secrétaire adjoint, M. Gén b r mont ; trésorier. M. Henri 
Probert, — tous membres de la Société d’Emulation 


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Chronique 



ANTIQUITÉS 9 9 A la vente des faïences anciennes de la collection 

& CURIOSITÉS 9 Remy Martin, faite, les 22 et 2.3 décembre, A l’hôtel 

B0UR80NNAISFS des commissaires priseurs, A Paris, une bannette bro¬ 
derie A fond bleu de Moulins, a été venduejoo francs. 

NOTES 9 9 9 9 Relevé des publications enregistrées par le service 

BIBLIOORAPHIQUFS du dépôt légal : Imprimerie des • Beaux Livres 

h Vichy T Notïe-Dame de Vichy ou Notre-Dame 
des Malades, par l’abbé Louis Allot, vicaire à Saint-Biaise, 45 pp. — Im¬ 
primerie Collon, à Vichy : Travaux scientifiques de | feu] Mme Sophie Vinaver , 
docteur es-sciences, préparatrice à l’Institut Pasteur, 144 pp. — Imprimerie 
Crépin-Leblond, à Moulins, La Mé Fonctionne ; Son Voyage à Paris, e te., par 
Huges Lapairb, 7* édition, 63 pp. ; Bourbon-l' Archambault, guide pittoresque 
du chAteau, de la ville, etc., par Gaspard Ükunbt. 35 pp. ; Vichy médical ; 
Vue d'ensemble de la station ; Les Spécialisations de la cure hydrominérale, 
2' édition, par le docteu Thbkre, 165 pp. ; Monographie de Reaune (Allier), 
prr l’abbé Sarassat, curé de Beaune 182 pp. ; La Faïence de Moulins, son 
histoire , ses phases, etc , par Roger de Quirielle, 146 pp 

Ont paru : chez Plon-Nourrit et O, A Paris : Les Maîtres de la pensée fran¬ 
çaise : Pascal, par Jacques Chbvalier. professeur à l’Université de Greno- 
noble ; et Souvenirs de la princesse Pauline de Metternich ( 1859 1871;, préface 
et notes de Marcel Dunan, agrégé de l’Université : avec deux portraits ; — 
aux Editions françaises de la Nouvelle Revue nationale, A Paris : Jacques de 
Champ feu, gentilhomme, pacte et soldat français, par Philippe n’ Estai i.leur- 
Chantrrkine. avec des illustrations d’Edouard Léon : — chez H. Floury, A 
Paris : La curieuse Vie de Marcellin Desbout in , peintre, graveur, pacte, par 
Clément-Jaçiin, 290 pp , avec 42 illustrations hors-texte et 94 dans le texte. 

Notre confrère M l’abbc Mandbf, cure doyen de Charroux, publiera pro¬ 
chainement: Charroux-d' Allier, histoire civile, histoire religieuse, On souscrit, 
au prix de 5 francs, soit <• aux Imprimeries réunies », A Moulins, soit chez 
l’auteur. 

Rkobmortes. 



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ANNUAIRE 1922 


Composition du Conseil d’Administration 

( 1921 - 1926 ) 


BUREAU 

Président : M. le cointe Henri I)B BRINON. 
Vice-Présidents : MM. Georges Milcent ; 

w Georges Bruel. 

Secrétaire général : M. Edgard C.APKUN. 

Secrétaire adjoint : M. André THONIER PF. LA BUSSERIE. 
Secrétaire suppléant : M. Albert SarrazIN. 

Trésorier: M. Henri F ROBERT. 

Directeur du Bulletin : M. Marcel GÊNER MONT. 
Conservateur des Collections : M. Gustave Qt’RYROI. 
Bibliothécaire-Archiviste : M. Henri I.KUTRAT. 


ADMINISTRATEURS 

MM. Ernest Delaigub. Gabriel Morand, Roger dp. Quirif.llp. 
I*h. Tiersonnikr, anciens présidents. 

MM. I.ucien Chambrox. MM. Gkpeî.. 

Emmanuel Choparp. Auguste SABATIER. 

Chanoine Joseph Cl EM EXT. Joseph VlI*l.E. 

Marcellin (RÊPIN-Ï.FIU.OXD. 


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r 


Liste i>ks Mkmuius 



LISTE DES MEMBRES 
de la Société d’Emulation du Bourbonnais (1) 

m 


*fC Chevalier <lc la Légion d* Honneur 
|(). Officier; (1. CIniiimatitletir,) 
J Médaille Militaire. 

{ Croifr de C ucrrc. 


i Mérite \gricole. 

O OITîcior d* Vcadcmie, 
o l - de rin*truction Publique. 
^ Décorations.<liverses et étrangères. 


m 

I. — MEMBRES DE DROIT 

M* r 1 Evêque du diocèse de Moulins. 

M. le Préfet du département de l’Ailier. 

M. le Maire de la ville de Moulins. 

« 

'1. le Col.ONKL commandant d'armes de la place de Moulins. 


II. - MEMBRES HONORAIRES 

M. I«* comte de Ciiajlaxxf.s «S» (Saint-Grégoire). ancien officier 

d'artillerie, place Bellecour. 30 bis. Lyon. 

* * * 

Ciacdon (Ferdinand), archiviste de la Côte-d’Or. Dijon. 

La Diana, Société historique et archéologique du Forez, Mont¬ 
brison. 


III. — MEMBRES TITULAIRES 

MM. Aiïdin (l'abbé Gustave), ancien curé-doyen de Montaiguét 
préeepleur. Le Barrot-Vieux. par Arles (B.-du-R.). 

Ai zki. (l’abbé Francisque), professeur libre, rue Diderot. 

B\F:n (Gustave). $. architecte, boulevard de Courtois, 0. 
Bailleat (Abel), ingénieur-agronome, à Pierrefitte-sur-I.oire. 
Bm.aioxt (Gaston), propriétaire, cbàteau de Coulonibière. 
Saint-Alibi n-le-Monial. 

Baudet (Aniédée). ?,§. £>. directeur d'ccnle. nie du Jeii-de- 
Paume, 47. 


( 1 * Toutes les adresses non suivies d'indication de ville sont de Moulins ; 
toutes celles non suivies d'indication de département, de l'Ailier 


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300 


Société d’Emulation or Bourbonnais 


MM. Bardet (Augustin), avoué, cours de Russie, 23. 

Barc.noi x, industriel à Cusset. 

Rahoues (Charb'S nu). ï. château «le Ruzières, par Bour- 
bon-rArcliaïubault. 

Bmiry (Joseph), architecte, rue Gaston, 18. 

M" 10 Bfauchamp (Michel), chAleau de Vaumas. 

MM. Beaumont (l’abbé Etienne), ï. licencié ès-letlres, professeur 
à l’Institution du Sacré-Cmur, 51, rue de Paris. 

M 1 ' 0 Beaohy (Jeanne), institutrice à rhanlelle. 

MM. BÉiftKit (Albert). tmsoricr-payeur général de l'Ailier, avenue 
Victor-Hugo, 3. 

Béi.ot (Georges), avenue Meunier, 28. 

Belot, docteur en médecine, avenue «le la Hépubli(|ue.. 

M" 0 Béraud (Julie), rue Jeanne-Marie-Bourrau, 11. 

MM. Berland (Emile), notaire, avenue Victor-Hugo, 3. 

Bernard (Léopold). 3L avocat à la Cour d’appel de Paris, 
Saint-Menoux. 

Bernard (Augustin), professeur à la Sorbonne, rue Decamps, 
10, Paris-XVIV 

M m< * Bertrand, à la Pacaudière (Loire). 

MM. Besson (Gabriel), me des Minimes, 3. Kpinai (Vosges). 

Bidault (François), agent d’assurances, rue Monin. 3 . 

Rideau (Léon), £?, rédacteur au Cabinet du Sous-Secréta¬ 
riat de l'Enseignement technique, rue «le Grenelle. 110 
Paris-VII*. 

Blondeau (Pierre), maître-menuisier, rue «le l'Ancien-Pn- 
lais, 11. 

Bodard (Georges), libraire à Cérilly. 

M"“ Boisé de- Courc.enay (Joséphine de), château de Chnhenet, 
par Saint-Marcel (Indre). 

» 

Bonand (Françoise de), rue «le Denain, 7. 

MM. Bonnet (Adolphe), notaire, place de la République. 22. 

Bonneton (René), château de Coreronny, par Chantelle. 

Ronny (Gharles de). propriétaire â Aurouër. 

Bony (Antoine), professeur à Sf-Gilles. rue Achille-Roche, 2. 

Rou comont (Antoine). J. docteur en droit, avocat-avoué, 

rue de Cours. 18. Cosne (Nièvre). 

Roudkvii.i.e (Jean-Raplisle). entrepreneur, â Dornpierro-snr- 
Besbre. 

Bouillon (l’abbé Benoît), curé de Nocq-Cbainbérat. par 
Huriel. 


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Liste des Membres 



MM. UuriiRON'-lii sse r (Comte François de), $, ancien officier, 
château de Busset. à Busset. 

Bot mn.i.iKH (le chanoine Jean), eu ré-a reh i prêtre de Notre- 
Dame, rne de la Croix-Verte, Montluçon. 

Bot rderioex (Gustave). pharmacien de l ru classe, ex-interne 
des hôpitaux de Paris, à Bourbon-l’Archambault. 

Bhixon (Comte Henri de), docteur en médecine de la Fa¬ 
culté de Paris, boulevard de Gourtais», 25. Président. 

Bhossvrd (Aristide). quincaillier, rue <le Bourgogne. 27. . 

Bm el (Georges), I. ï?, % (colon.), #4», administrateur 
en chef des Golonies, rue de Villars, 7. Vice-Président. 

Bruet. (Hubert), ingénieur F. 0. P., place d’Allier, 64. 

Bm ei. (Maurice), ingénieur K. P. P., rue du Cerf-Volant, 
37 . 

Biu net (Gaspard). Iniiissier. à l.tirey-Lévy. 

Bri \\r (Louis), propriétaire, la Grange-Champfeu, Avermes. 

Bi issox (Félix). a\euue de la tiare. Vichy. 

Bi jox (l’al)he ( liai les), «î* (Malt»*), missionnaire apostolique, 
ancien avocat, à Nomazy, par Moulins. 

Bi m: (Georges me). château de la Boselio, | ar Bert. 

Bi ni as (lahhé Kmile), curé-doyen de Bus***l. 

Beuivs (Léon), élève de l’Feole des Chartes, rufc Sedaine, 
41, Paris-IX®. 

IL ss i ère (Jules). négociant, place Goriot. 

Bi ssonxet (I..). notaire. à Saiiil-Germaiu-d«*s-Fossés. 

Bi va’J' (Henri), négociant, rue Gambetta, 10. 

Bi \.vr (Paul), négociant et auli(|uaire, rue de Paris, 32 . 

(’m'Ei.in (Hdgard). rue de Bourgogne, RI. Secrétaire. 

Cal'ssu.nac (Beué), receveur de l'enregistrement, à Varcnnes- 
^sur-Allier. 

( ’n \ ii.\nnes |.\ P veut; (Jean, Gomlc i*e). îfc. î, ollieior (h* 
marine de réser\e, château d Avrillv. à I revol. 

('il \itor (B«‘ué). propriétaire-agriculteur. La Boche, par Saint 
( îemiaiit-dos-Fossés. 

Ciimmon (Maurice de). eh M \alier d honneur et de dévoliou 
de l'Ordre de Malte, château de .Gliemiout, par Saint- 
Germain des Fossés. 

t "iivmuaiois (Marcel), libraire, r. I*raueois Péron, 2 . Moulins. 

(. nvMimox (Lucien). -Ç. industriel, conseiller municipal, rue 
de Bourgogne. 3u. Administrateur. 

M w ® Ciiamukaux (Marquise ni-;), rue d** Henaiii, 7 . 


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Société d’Kmulation du Bourbonnais 


M. I HAMi'iKt (Léon. Comte m:). 0. îfe. (1870-71), capitaine 
de frégate en retraite, rue de Bourgogne, 42, Paris-YU*. 

M"" ( ’iiwiituny (de). château de Cliamj igny, par Hérisson. 

MM. Champs de Yerneix (Victor des). à Cusset. 

Chanier, greffier du tribunal de commerce, boulevard Ledru- 
' Bollin, 52. 

CiiwrKMEssE (Bobert), rue Boissy-d'Anglois. Paris-\ lll r . 

\I Ctiahi.es, institutrice. Krole Séviifiié. \ iebv. 

MM. Chahpv (G.-B.), entrepreneur de serrurerie, rue du Vert- 
Galant, 17. 

Ciiateau (Gilles). ï, avoué, député de l'Ailier, Cusset. 

Ciiai'ctiard (André), capitaine de cavalerie honoraire, 
château de Mézangy. à- Pou/.v. 

M m * Ctiaumc.ny de Bi.ot (la comtesse II. de), Bcssé-sur-Braye 
(Sarlhe). 

MM. rnuvKiNv nu Bi.ot (.1. de). iKf, î. directeur particulier de 
la Compagnie d'assurances l'L nion. à Troues. 

Ciiopard (docteur Emmanuel), médecin honoraire de l’Ilô- 
pital tliernial de \ icliv. licencié en droit, château d’Authe- 
zal, par Aulhezal (Puv-do-Bôme). 

Cî. aveux (Ldinond), château des Gouttes, par Ja 1 igny (Allier). 

Ci.ément (le chanoine Joseph), corropondanl du Ministère 
de l'Instruction puhli<|ue et des Beaux-\rts. inspecteur de 
la Société I rancaise d\\rché*o|ogie. rue du Chambon 2, 
â la Madeleine. Administrateur. 

Coe Léon, négociant, rue de l’Horloge, 8. 

Cou as (Louis), ingénieur-agronome, propriétaire, à Besson. 

Coi.i.as de ( iiatei. perron (Paul). G. . $. &, *$•. ancien 
colonel de cavalerie, breveté d : K. M.. Chassimpierrc, par 
.Ialigny. 

Cordez (André), château des Chaulets, par Souvignv. 

( V»T e (l'abbé Léon), licencié* ès-lellres. prolesselir de pre¬ 
mière à I Institution du Sacré-t 'ouïr. 

Coi rwt (l’abbé Victor). supérieur de rinslilution Saint- 
Joseph. Montluçoii. 

M 11 ' ( m itiini \. barrière du Jeu-dc-Paume. X zeure. 

M M. Cuéit\-I.edi o\n (Marcellin), imprimeur, directeur du t'aur- 
rier île I Allier, rue J.-J.-Bousseau. 11. Administrateur. 

( iioi unr (l'abbé Jean-Baptiste), curé de I hionne. par Ja- 
lignv. 

Pi eii.i.vt (l'abbé* Auguste). curé-doyen île Sainl-Gcrmain- 
des-Lossés. 


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Li ste'des Membres 



MM. Darçon (Henri), comptable, à Saint-Hilaire. 

Debesson (l’abbé François), prêtre retiré, rue des Serruriers, 
26, Montluçon. 

Decrand, docteur en médecine, boulevard Ledru-Rollin, 25. 

* 

Defàye (Maurice), château de la Motte, à Dompierre-sur- 
Besbre. 

M lle Dejoux (Camille), Institutrice à Châtillon. 

MM. Delaicue (Ernest), corresp. do la Commission des monu¬ 
ments historiques,- Bd do Courtais, 5. Ancien président. 


Delinière (Léonce), entrepreneur de déménagements, rue 
du Vert-Galant. 

Dénier (Marc), $, propriétaire, rue du Lycée, 6. 

Deschamps (Monseigneur llapha,el), protonotaire apostoli¬ 
que, vicaire général, rue de Decize, 23. 

Descombes (F.), directeur de la Semaine de Cusset, Vichy. 

M me Desmaroux de Gaulmin (Baronne), château de Saint-Alyre, 
par Saint-Gérand-le-Puy. 

MM. Desnoix (l'abbé Pierre), curé-doyen de Lurcy-Lévy. 

Desrosiers (l’abbé Athanase), à Cuffy (Cher). 

Drluille (Comte Henri de), agriculteur, chât. de Dreuilles. 
Cressanges. 

Dreuille (Comte Jean de), 1 , ancien officier, rue du 
Vert-Galant 19. (Membre à vie). 

Dubost (Pierre), docteur en droit, propriétaire, à Treteau. 

M ,u Duciiet (Léonie). boulevard de Courtais, 71, Montluçon. 

MM. Duchon (Paul), avocat, à Ambierle (Loire). 

Dumont (l’abbé Philippe), licencié ès-lelires, professeur de 
philosophie, à l’Inst. du Sacré-Co*ur, rue de Paris, 51. 

Dupuis (l’abbé Charles), docteur en théologie, curé de Sainb- 
Gérand-de-Vaux. 

4 

M w * Dupuy (Marcel), née Y. de Castaigner-Chastaigner, rue 
Voltaire, 18. 

MM. Dupuy (Marcel), rue Voltaire, 18. 

DunAT (Vicomte de), sfc, capitaine honoraire d’artillerie, ch⬠
teau du Ludeix, par Marcillat . 

Duriat (l’abbé Abel), curé de I.ouroux-Bourbonnais. 

M nw Durye (Baronne Henri), château du Riau, Villeneuve. 

MM. Estoili.e (Comte de i.’). é, agriculteur, château de l'Ecluse, 
Nenillv-le-Réal. 

Falloi ier (Jacques), château de Pontot. par Cervon (Nièvre). 


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m 


SoCllÎTK d’Emu.ation du BouhbonnaIs 


MM. Favawhn (Docteur), maire de Sauvaguy, par Cosnc-dAllier. 
Fav«i: (Adolphe), $#, agrégé de I Lnivefsité. 

Fonnsi ii:h (deorges), propriétaire, à Saint-t *érand-le-Pu\. 
l'oHKsnr.H (l'abbé l.ouis), curé «b* Itilly. 
loituatox (l'abbé .lenu-BaplisIe), curé d'Agonges. 

Foi n.MKR (Pierre), propriétaire, cours d<* Hclgiigic, IP. 
l'm j;w (Maurice), 0. iftf, S, capitaine d'infanterie de ré¬ 
serve, docteur en médecine. boulevard Ledru-Hollin, LH). 

M mc I'iiauki. (la comtesse Louise i»k), rue Pape-Carpantier, 3<». 

M. Fhuheht (Henri), banquier, avenue Nationale, 2îî. Trésorier. 
duiv (Félix), eonservaleur des liypothèques. rue de Long- 
cliainp, Yirliy. 

M"" d \<u:t (.1.). professeur au lycée de jeunes tilles, rue Itenis- 
Papin, Yzeure. 

MM. dvoxifeni: (l’abbé Gilbert), curé-doyen de Cérilly. 

dvuxox (Camille), docteur en droit, rue Quatrefnges, 4, 
Pari s-V e . 

<i \i.no\i: (l.ouis). |K:iiilre-déeorateur. conseiller municipal, pl. 
de la Itépublnpie. II». 

M m * d\N.\AT (Edith), rue du Cerf-Volant. 24. 

MM. (l m i.myn (Comte tic*), clulleau de Itima/.oir, par Souvigny. 
du mai, ife. directeur honoraire de l'Enregistrement, rue 
de Ueeizo, 27. 

C.avki.i.i; (Chanoine Paid), euro-doyen d'Fbrouil. 

(u:ni:i., Sous-Intendant militaire de réserve, avenue Meu¬ 
nier, 4û. Administrateur. 

dr.xiaïun, directeur de la Société Générais, pince d'Allier, 4H. 
tb:Ni:nMo\i (Marcel), arebiteele diplômé par le douver- 
nemeni, p|. de la l«épubli<pie. 11, Directeur du Huile tin. 
dmu nia (tiabriel), agriculteur à Frauebesse. 
t Intox (Pierre), photographe. nie l.iiea», :d. A Yirliv. 
lioi.t.m u (André). î. rbàleau «les ltédores. I'revol. 
du\lol (Maurice), dort, cil liléder.. nie Michel-d** l’Hosp., 18. 
Im'Iiii.wii (.le,in), ’ïfc . . agrégé, inspecteur d'académie, rue 

de l'Industrie. J. 

doi i.M.uj (b* chanoine). Supérieur i|h I’IiisI, du Sacre-(àviir, 
rue dt* | *iti iI. 

du\\n\ioi t.ix (.Iule-), directeur de lu Hum/uc llétjiouide tlu 

Centre, avenue Nationale, |. 

» 


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w 

MM. Gravier i>r Munsseaex, (C. C. Alexandre), îfe, * 5 »•$*■£• me 

Verrior, 3, Vichy. 

Grégoire (I»uis), ancien libraire, à ,leu, pics Hérisson. 

Grkleet-Pimaz|;al (Alheil), ifc, docteur en droit, conseiller 
à la cour d’ap|>el de Lyon, lu, rue du l’Iat. Lyon (Hhône). 

Gn illot (Joseph).professeur à Sl-Gilles. r. Achille-Loche, 'J. 

Giiroiret (Henri), peintre-verrier, rue Hosa-Donheur, Les 
Bataillots, Yzeure. 

Frère Gustave-Marie, prof r de sciences, rue île Paris. 87. 

Henri (abbé Louis), curé de \ illol'ranehe. 

Hehüeay (Paul), tU, artiste-peintre IC. IL A., place de la Bi¬ 
bliothèque, 6. 

Jaladon de la Barre (Haymond), château de la Prée, par 
Chantenay-Saint-Imbert (Nièvre). 

J avoir i;s (Pierre), )jtf, $. conunuiidant, la ( roi x- Housse d’ A r- 
taix, Marciguv (S.-el-L.). 

Jolivkt (l’abbé Antoine), curé-doyen de Saint-Menoux. 

M 1 "' Joni.i.oN (Victor), la Honckn, rue Ahjuié, Vichy. 

MM. Jovei x ni: Lançon (André), château d’Hubert, par Morlac 
(Cher). 

La Itoi lave (Paul ni lîi isson ni:), artiste-peintre, rue Gre¬ 
nier, 5. 

l.\ Hoitresse (Itoger nr;), château des (Juillets. Tre/<*||cs. 

Lacarei.ix (t’ointe Kticnne nt:), château de la Grillère. Mo¬ 
ue la\ -sur-Allier. par ( hàlel-de-Neu\rc. 

L\ t u\i v i.mèiii: (Marquis Léon ni:), ifif. .’>, rue de l’Alboni. 
Palis Kï. (Membre a \ie.) 

La t ’iiai \JNiÈni: (Paul ni.), rue de I Alboni. Paris-BV. 

Lv Coin re (André), docteur en médecine, Bourbon-l’Ar- 
chambault. 

La Di re (F.douard Arm ni:), château de Saint-Août. Saint- 
Aoùt (Indre). 

Lamaugarny (Camille ni:), château d’Andes, à Andes. 

Lamai liARNY (Arthur ni:), château de Maguelle. par Andes. 

Lamoi REiiX (Lucien), avocat, député de l’Ailier, Palais- 
Bourbon, Paris. 

Laplanchf. (Louis de), château du Bcyral, par Bellenavos. 

La Planche de Fontemlle (Arthur de), château des Magnoux, 
par Meaulne. 

Las Cases (Marquis de), #, conseiller général, maire de Cou- 
landon, château de la Presle, Coulandon. 


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Société d' Émulation du Bourbonnais 



MM. Lassimo.wi; (S.-E.), O. è, géomètre-expert, président de la 
Société Scientifique du Bourbonnais , avenue Meunier, 22. 

La Tofrfondie (Comte de), rue Porte-des-Forges, Montluçon. 

I .avault, proviseur du Lycée, Montpellier (Hérault). 

I.i:‘B ri n (Eugène), associé correspondant national de la So¬ 
ciété des Antiquaires de France, licencié en droit, place 
Saint-Georges, 32, Paris-IX*. 

Lefort (Gustave), propriétaire aux Mescliers. par Sairil- 
Didier-en-Rollat. 

Léhat (abbé François), rue Voltaire, 11. 

Leutrat (Henri), rue du Jeu-de-Paume, 35. Bibliothécaire. 

Lioier (l’abbé Edouard-Frédéric), hôpital de Chanlclle. 

M"* Ligxeris (Marquise oes), à la Maison-Neuve, Brcssolles. 

MM. Linglin. contrôleur des contributions directes, Vichy. 

Loizel (Léon), industriel à la Madeleine, r. de Limoges, 18. 

M ali.at (Ant.), inspecteur des pharmacies, avenue des Cy- 
gnes, Vichy. 

Mandet (l’abbé Jacques-Philippe). curé-doyen de Charroux. 

Mareschal (Johanny), rue de Miromesnil, 64, Paris-VHP. 

Mareschal (Xavier de), docteur en droit, château des Ma 
gnoux, Voussac. 

Maricot, docleur eu médecine, Bourbon-l’Archambault. 

Mathé (Charles), agriculteur, Bellerue-Yzeure. 

Maizat (Gilbert-François), ingénieur agricole, propriétaire, 
à Commentry. 

Médi.ain (Docteur Firmin), rue du Lycée, 7. 

Méh.aix (Henri), château du Coude, par Montaigüel. 

Méténier (Fernand), $, propriétaire à C-ronat (S.-et-L.). 

Michel des Modières (Edouard), cours Lafayette, 14, à 
Cusset. 

Michel de Trétaiune (Baron), O. i, sous-intendant mi¬ 
litaire honoraire, chevalier magistral d’honneur et de 
dévotion de l’ordre de Malle, conseiller général de l’Ais¬ 
ne, rue Greuze, 20, Paris-XVI c . 

Michot, professeur de dessin 

Mii.cent (Georges), ^ ? ancien officier de cavalerie, rue do 
Villars, 25. Vice-Président. 

Mittox (Adrien), Elève des Beaux-Arts, architecte, rue des 
Couteliers, 40. 

Mittox (François), ingénieur A. M., architecte, rue des Cou¬ 
teliers, 46. 


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Liste des Memhhes 


.10 1 


M\l. Mitton (Michel), architecte, rue des Couteliers, iG. 

Monceau (Henri), chirurgien-adjoint do l'hôpital de Mou¬ 
lins, boulevard de Coudais. 35. 

M"" Monceau (Henri), boulevard de Conduis. 35. 

MM. Moxicat (Pierre). avocat.. conseiller municipal, avenue Vic¬ 
tor-Hugo, 2. 

Monyvc (Louis), notaire, rue do Paris. 

M me Moxxieh (Louis), château de la Preslc, Pouzy-Mézangy. 

MM. Momaone (Louis), juge de paix honoraire, rue Molière v S, 
Montluçon. 

Moxtii.i.u.t (Gabriel). château de Poënat. par Rilly. 

Monti \ih (Georges i>e \ ii.lardi, comte i»e), îfc, ancien offi¬ 
cier de cavalerie, cours d’Angleterre. (5. 

Monti.ivaui.t (Vicomte Guy i»e). îfc, $. chef de bataillon de 
réserve, boulevard de ( ourcelles, 12. Paris-W'lP. 

Momam» (Gabriel). ancien notaire, avenue Nationale, 'J. 

Ancien inrsidcnl. 

Mokeai (Item*). Sè. 1. «£♦. architecte. avenue Nationale, î). 

Moiua. (Jules), Montaigul-le-ltliu. 

Moiu.ei (Antonin). docteur en médecine, rue de I Ltablisse- 
menl, Vichy. 

Mosnieu (Claude), r. ch* Paris, 73 . St-Leu-la-Koièt (S.-et-O.). 

Mosnier (Jean), économe du Pensionnat SainLGilles, rue 
Achille-Roche. 2. 

Mouchet, docteur en médecine, au Vcurdre. 

Mot i.ix (Maurice). château de la Pommerave. par S'-Meiioux. 

Moi i.i.n (Simon), instituteur à l'école Carnot. 101 , boulevard 

Iténièro. Vichv. 

• • 

Mi n\r, inslilutrur: I Vrac Ins. commune <loi ( lmu\iimv. 

* */ • 

Noaiu.y (Paul), maire de Sanssat. ch. rie Teillat„ Sanssat. 

Nom. et (Comte J. ni:), Hôtel d \ versen, Gaillac-sur-Tarn 
(Tarn). 

\omazv im JoM.r (le baron ni:), rue de Mel/.eral, 1 bis. Slras- 
bourg-Neudorf (Ras-Rhin). 

Oi.i.AUN'iER (Pierre), ingénieur civil des Mines, directeur des 
Mines de Rert, Moutcombroiix. 

Gi.i\ ieh (Jean), co-directeur de la /ferlie Scicnlijiifue <lu liutti- 
bonnais , cours de Russie. 10. 

M m ® UncEt (Vicomtesse i>), rue Demain, 7. 

MM. Pardieu (Marquis Henri de), chalet de ImI Pierre, par T h ici. 

Paturet (A.), pharmacien à Ebreuil. 


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:îo8 


Société d’Emulation ou Bourbonnais 


MM. Pu vu.i.ox (Paul), rue Régemorlos, 13. 

Pêc.at (Georges), ancien magistrat, »î* C. (Saint-Grégoire), 
château de la Croix-de-rOrme, par Billv. 

I'kwhi» (Joseph), chirurgien, ex-interne des hôpitaux de Pa¬ 
ris, rue des Tanneries, 37. 

Peanot (Publié Michel), ancien curé de Jenzal, £i Marcillat. 

PiCAno de Grandchamp (Louis-Charles), Pierrefitte-sur-Loirc. 

Pichonnet, entrepreneur de transports, rue du Lycée, 17. 

Picq (l'abbé Edouard), curé de Beaulon. 

M mc Pingeon (Rachel), professeur de dessin au lycée de jeu¬ 
nes filles et à l'Ecole Normale, avenue d’Orvilliers, 45. 

M. Pinston, propriétaire, rue des Fausses-Braies, 2. 

M 11 ® Place (Esther), rue des Jardins-Bas. 

MM. Place (Joseph), avocat près le tribunal de Cusset, 21, rue 
Bintot, Vichy. 

Planciiard (Léon), ingénieur, rue de Uefembre, 47. 

Pointet (Antonio), propriétaire*, avenue d'Orvilliers, 32. 

Polzaikm x (Pierre), iusliliileur, Ecole Carnot, Vichy. 

Pnvnvr (Charles). les Allains, Trevol. 

M m ® Prieur (Léon), rue de Decize, 0. 

MM. Provenciières (Henri de), agriculteur, rue Begnaudin, 20. 

Qi'eyroi (Gustave), ancien officier d’infanterie, nie de Bour¬ 
gogne, 3i. Conservateur des Collections. 

Oi nt ii;i.i (Roger ni ). Mmilaiguël. Amien président.. 

Rangi.ahei (André), docteur en médecine, ancien interne 
des hôpitaux, rue Michel-de-fHospital. 2. 

Raymond (A.), imprimeur, rue Harpet, 8, Vichy. 

Raynaud (J.-J.), &?. directeur d’école, me I.ouis-Blanc, 25. 

Revkiiet (Eugène), imprimeur-éditeur, 10, rue de l’Horloge. 

M“* Roc.ier (Marguerite), château de Bcaulou, à Beaulon. 

M"" lloMM.Kiti: (Comtesse Charles ni: la), boulevard de ('ourlais, 
Montluçon. 

MM. Roi «ii-; (Comte I rhaiu ni;). 4. rue de Paris, 38. 

Roi directeur de la Verrerie de Soiivignv. 

Roux (Pierre), proprietaire à Sainl-Germain-des-l'ossés. 

Rov (André), proprietaire. inspecteur-adjoint des eaux et 
forêts. î. rue de Heci/.e. 

Roy (Paul), docteur en médecine, rue dlluulofeuille, 10, Pa- 
ris-VI°. 

Sabatier (Auguste), conseiller municipal, ancien notaire, 

château de la Motte-Pencv, Aurouer. Administrateur. 

* ' 


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Liste des Membres 


309 


M M. Sxdourny (Robert). inspecteur d'assurances, cours de Rus¬ 
sie, 20. 

S \ivr-l Iti.i.iEit (Henri i»k). <b lieutenant-colonel. comman¬ 
dant le 11" spahis. armée du Levant. S. P. 6it(l \. 

Syi.in (Lierre), ingénieur, direeleur des Mines de La Ma- 
eliine (Nièvre). 

Sahvssat (l’abbé Louis), curé de Homme, par Moultuaraull. 

Sarrassat, instituteur, rue Liandon, 12. à Cusset. 

Sarrazin (Albert), docteur en droit, notaire, nie de la Flè¬ 
che, 17. Secrétaire suppléant. 

Sarrot (Philippe), à Saint-Pourçain-sur-Sioule. 

Sarrot (Pierre), docteur en médecine, courtier d’assurances, 
31, boulevard du Nord. Nanterre (Seine). 

Svuroy (Auguste), I. artiste-peintre, rue Racine, 8, Tours. 

Sayet (llippolyte), rue du ltochcr, 65, Paris-VIll 0 . 

Seguin fils, rue de l’Industrie. 

Sèque, industriel, rue de Lyon, 80. 

Selti.iet (Marc), agriculteur à la Vernière, par Dion. 

Sorin de Bonne (Louis), ancien sous-préfet, château d’Estrécs, 
Molinet. 

TabouSt (Edmond), château de Heterre, par Saint-Désiré. 

Thénot (Eugène), professeur d’histoire au Lycée Banville. 

Tiiioicr. directeur d’école à Saint-Yorre. 

M 11 " Thomas, directrice du lvcée de jeunes filles, r. Jeanne-Marie- 
Boureau. 

MM. I ifo.MAS (A.). représentant de la Société des Arts gra¬ 
phiques de Généré. H», place Bellccour, Lyon. 

Thomas (J.-H.), commis-greffier près le tribunal île première 
instance de Cannai. 

Thonier oe r.A Ib sseuie (André) docteur en droit, avocat, 
avenue d’Orvillieis, 14 ter. Secrétaire advint. 

M ,,c T homer-I.a-Hochei.le, rue de la Croix-Verte, 5, Montluçon. 

MM. Tiersoxxikr (Philippe). •& (Malte), douât de l re classe 

de l’ordre de Malte, capitaine honoraire d’infanterie, ins- 
pecleur do lu Mutuelle île l'Ailier, rue Pape-( 'ar|*enlier. 

Ancien président. 

Tissikr (Julien), propriétaire, aux Bataillots, Vzeure. 

Tissikr (Léon), avocat. conseiller municipal, r. du Lycée, 8. 

Tortei. (Pierre), maire de Chapeau, rue de Bourgogne, 16. 

Trcwi; (Henri), &. docteur en médecine, avenue Nationale. 


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310 


Société d'Emulation du Bourbonnais 


MM. Ihkyve (François), ï, i, horticulteur. architecte-paysagiste, 
h Foulet, Yzeure. 

Trinques (Henri), directeur du Pensionnat Saint-Gilles, rue 
Achille-Roche 1 . 2. 

M wo Tulle (de), rue do Bourgogne. 22 . 

MM. V ai. i .eh y (l.ouis). notaire A Arfcuilles. 

Valois (Georges). F) r en médecine., pi. Rréchinibault, 21. 

Veroeau (Henri), photographe, avenue Nationale, 6 bis. 

Vehnois (Jacques). ^. colonel commandant le 10* tirailleurs, 
a Fins. S. P. 131. 

Vehrif.res (Raoul ni:), propriétaire, château des Guillau- 
mais, Montmarault.- 

Vil .latte des Pni'ONES (Robert). T). îfc, $, ingéuieur-agro- 
noino. château des Prrtgnes. par Vallon-cn-Sullv. 

\ î i.i.eoi’etout (Jules de), J, ►!« (Saint-Grégoire). rue Vol¬ 
taire, 20. 

Vili.ettk (Guy de), château de Sommery, par Gilly-sur- 
Loire (Saône-et-Loire). 

Vidi.e (Joseph), ê, docteur eu droit, procureur de la Répu¬ 
blique. â Cusset. Administrateur. 

\ uti.otaa x (René), docteur eu droit, agriculteur à \eu\ v. 

Vihmm'x (Jean), conseiller municipal, directeur du labora¬ 
toire départemental, avenue Victor-Hugo, 10. 

\ iiiotte-IM charme, percepteur d’Y/.euro. r. des Potiers. 33. 

\ lYiKii, avoué, rue de Paris. 1 î. 

Vouii.i.oi x (Antoine), gardien-chef du Musée départemental. 

Wai.dxer ni: Frkundsteix (Raron ni ), château «le Lévy, par 

I.urc\-Lévv. 

• «. 

\\ M.tiieu (\ idor). instituteur en retraite, rue de Favroliére. 
érisson. 


IV. - MEMBRES CORRESPONDANTS 

MM. t'ui:\ \i ier (Jacques). I. Ï.S. *ï» (M. M. angl.), docteur és 
lettres, professeur ;) la Faculté des lettres, Lniversilé de 
t irenoble. Villa Primerose. La Tronche (Isère). 

Feydeau (Henri de), contrôleur général de Farinée du cadre 
de réserve, avenue du Maine. 70, Paris-XlV*. 

Maigret (Frédéric), boulevard Militaire, 93. Ixelles (Belgique). 

Moxery (Louis), rue de la Sous-Préfecture, 9, Roanne (Loire). 




♦« 


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Aboyés al « Bulletin » 



ABONNÉS AU “ BULLETIN ” 


Archivbs Départementales dk l’Allier. 

MM. Bernasconi-Sceti, plaça d’Allier. 

Bibliothèque de l’Evêché de Moulins, rue du Lycée, n. 

Cercle Bourbonnais, cours de Russie, 21. 

CHAMPION (Edouard), éditeur (British Muséum), quai Malaquais, 5, 
Pari s-6". 

MM. CllATEAUBODEAU (Comte de), chef d’escadrons 30' dragons, Metz 

(Moselle). 

CROIZIER, propriétaire, à Liernolles. 

DEGUISE, horloger, à Beaune (Côte-d’Or). 

Dulaw, Soho Square, 37, h Londres (Angleterre). 

Etablissement thermal, à Vichy, (deux abonnements). 

FÉjard (Marc), au Prieuré, Souvigny. 

Lefort, ancien avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de Cassation, 
boulevard Emile-Augier, 5K, Paris-i6 e . 

M“ Pâtissier, à l’Eglantier, par Souvigny. 

MM. Parker et Son, 27, Broad-Street, Oxford (Angleterre). 

M m ® Veuve Ambroise Reignier, boulevard de Courtais, 10 bis. 

M. Thévenin, ancien pharmacien,- rue Regnaudin, 4. 

M D,e Thomas (Philippe), rue de Decize, 13. 

M. Tract (de), à Paray-le-Frésil. 

M”* TULLE (de), 20, rue de Bourgogne. 




SERVICE GRATUIT DU “ BULLETIN ” 


Membres de droit, honoraires et à vie. — Bibliothèque municipale de 
Moulins. — Dépôt Legal. — M. Ronrhaud, rue de Bourgogne, 53 
(Trésorerie de la Société). 


Messieurs les Membres de la Société et Abonnés sont priés de signaler 
au Directeur du llulletin, 11, place de la République, à Moulins, les erreurs 
et les omissions commises dans l'inscription de leurs noms, titres ou adresses. 



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312 


Société d’Kmulation du Bourbonnais 


Sociétés Correspondantes 


Abbeville. — Société d*Emulation. 

Agen. — Société d’Agriculture, Sciences et Arts. 

Alençon . — Société historique et archéologique de l'Orne. 

Amiens . — Société des Antiquaires de Picardie. 

Angouléme. — Société archéologique et historique de la Charente. 

Aurillac. — Société de la Haute-Auvergne. 

. Autun . — Société Eduenne. — Société d’Histoirc naturelle. 

Auxerre. — Société des Sciences historiques et naturelles de l’Yonne. 
lie aune . — Société d’Archéologie, d’Histoire et de Littérature de Beaune. 
Heauvais. — Société académique de l’Oise. 

Besançon . — Académie des Sciences, Lettres et Arts. — Société 
^Emulation du Doubs. 

Béziers . — Société archéologique, scientifique et littéraire. 

Bourg. — Société cPEmulation de l’Ain. 

Bourges. — Société historique du Cher. — Antiquaires du Centre. 


Brest. — Société académique. 

Brive. — Société d'archéologie. 

Cambrai. — Société d’Emulation. 

Chalon-sur-Saône. — Société d’Histoire et d’Archéologie. 

Chambéry. — Société savoisienne d’Histoire et d'Archéologie. — Aca¬ 
démie des Sciences, Lettres et Arts. 

Chartres. — Société archéologique d'Eure-et-Loir. 

Cherbourg. —; Société académique. 

Clermont-Ferrand. — Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres. — 
Société des amis de l Tniversité (Revue d'Auvergne). 

Dijon. — Commission des Antiquités de la Côte-d’Or, Academie des 
Sciences, Arts et Belles-Lettres. 

/. r a guignait. — Société d f Agriculture, scientifique et littéraire du Var. 
Dunkerque. — Société dunkerquoisc des Lettres, Sciences et Arts. 
Gannat. — Société des Sciences médicales. 

Guéret. — Société des Sciences naturelles de la Creuse. 

Lan grès. — Société d’Histoire et d Archéologie de la Haute-Marne. 

Laon. — Société académique. 

Laval — Commission historique et archéologique- de la Mayenne. 
Lille'. — Société dos Sciences, de ^Agriculture et des Arts. 

Limoges. — Société archéologique, historique et des Art». 


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Sociétés Correspondantes 


Lyon. — Académie des Sciences et Belles-Lettres. — Bulletin historique 
du diocèse de Lyon. 

Mâcon. — Académie de Mâcon. 

M ontauban. — Société archéologie]ue du Tnrn-et-Garonne. 
Montbéliard. — Société d : Eraulation. 

Montbrison. — La Diana, Société historique et archéologique du Forez. 
Montluçon. — Les Amis de Montluçon. 

Moulins. — Sociétés: d’Agriculture; — d’Horticulture. 

Nancy. — Académie Stanislas. 

Nantes. — Société archéologique. — Société académique. 

Nevers. — Société nivernaise des Sciences, Lettres et Arts. 

Nîmes. — Académie du Gard. 

Niort. — Société scientifique et littéraire des Deux-Sèvres. 

Orléans. — Société archéologique et historique de l'Orléanais. 

Paris. — Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. — Comité des 
travaux historiques et scientifiques. — Sociétés: des Antiquaires de 
France; — de l’Histoire de France; — d’Anthropologie de Fran¬ 
ce; de l’Histoire de Paris et de l'Ile-de-France; — Française d’Ar- 
chéologie; — Musée Guimet ; — Union bourbonnaise. 

Périgueu.r. — Société historique et archéologique du Périgord. 
Poitiers. — Société des Antiquaires de l’Ouest. 

Reims. — Académie de Reims. 

Rennes. — Société archéologique du département d’Ille-et-Vilaine. 
Rouen. — Académie des Sciences, Lettres et Arts. 

Saintes. — Société des Archives historiques de Saintonge et Aunis. 
Saint-Dié. — Société philomatique Vosgienne. 

Saint-Lô. — Société d’Agriculture, d’Archéologie et d’îlistoirc natu¬ 
relle du département de la Manche. 

Saint-Malo. — Société historique et archéologique de l’arr. de S*-Malo. 
Saint-Omer. — Société des Antiquaires de la Morinie. 

Sens. — Société archéologique. 

Soissons. — Société archéologique, historique et scientifique. 
Toulouse. — Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres. — 
Société archéologique du Midi de la France. 

Tours. — Société archéologique de Touraine. 

Vendôme. — Société archéologique du Ycndômois. 

Vesoul. — Société d’Agriculture, Sciences et Arts de la Haute-Saône. 
Vitry-le-François. — Société archéologique. 


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314 


Société d’Emulation du Bourbonnais 


Publications échangées 


Revue du Berry. Directeur: M. PîF.RRE, château de Charon, par Cluis 
(Indre). 

Revue Mabillon. Abbaye Saint-Martin, I.igugé (\ T icnne). 

Revue des Etudes historiques, rue Bonaparte, 82, Paris. 

Société de VHistoire Nationale. Direction: M. O. Hanotaux. — Plon- 
Nourrit, éditeur, Paris, 

Bibliothèque de la Vaille de Genève (Bibliographie de M. R. Montau- 
don). 



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TABLE DES MATIÈRES 

— 1922 — 


Admission de nouveaux Membres 


MM. 

{.VL.MONT ((flislotl). 
IKAI'RY M l,r JeailllO). 
Iklut (U 1 ) .... 

{on N Y (('JlMI'Ics DK) . 
Uossamii (Aristide) . 

{iii nat (Louis) . 
Iiu’xkt ((iaspiinl). 
irissoN (Félix) 
jiaiii.ks (M 11 *) . 

9 

•IlAltl'Y (J.-H.) . 
JIAXTKMKSSK (|) r Itoberl 

ilTK (allbé Léon). 

Ikjim x (.M 11 ** Omiillt*) 
)ksi:omiiks (1\) 
h tiyk (Haronue Henri) 
ïauy (Félix) 

îlHAITlKT (liillil’iol) . 
îori.KKiiT (Llianoine) 
illANIiMOl OIN (.llllos) . 

I\u i.oitku (Jae<|ue>) . 
IIk.xmi (Abbé Louis) . 


l'.iarcs. 

MM. 


1*8)10*. 

277-2S7 

Javimscks (I’mm'Iv) . 

• • 

. 27(1-277 

27 

Lkiiat (Abln* François) . 

1X-2X 

277-2X7 

M AM ILOT (l>*) 

• • 

lll-IX 

lll-IX 

Mitton (Adrien) . 

• • 

. 111-170 

Kl-IX ! 

Mitton (François). 

• • 

. 1 11-I7H 

1X-2X 

Moiikl (Jules) . 

• • 

. 110-1 II 

2X7 

Mosmkk (Claude) . 

• • 

lll-IX 

lll 

.Mimât .... 

• « 

. 277-2X7 

In 

Oi.i.aumkm (Pierre) 

• • 

lll 

lll-IX 

Pavaiu.on (Paul) . 

• • 

lll-IX 

In 

Poi z aim n x (Pierre) 

• • 

Kl 

lu 

Pit.viiAT (('liarles) . 

• • 

. 277-2X7 

IX-2X 

Itoi II.I.ON. 

• • 

lll-IX 

lll-IX 

Ilorx (Pierre) . . 

• • 

Kl 

IX-2X 

Sa im n tin y (IIoImtI) 

• • 

2X-KH» 

lll 

Tmkyyk (l) r Henri) 

• • 

Kl 

lll-IX 

Tit.i.k (M mr UK). 

• • 

lll-IX 

27H-277 

Yai.lkiiy (Louis) . 

• • 

II) 

lll 

Yuu.ouki x (l<enê). 

• • 

IX-2X 

2711-277 

1X-2S 

Wai.tiikm (Victor). 

• • 

. 101,-1 II 


Procès-Verbaux des Séances 

c> Janvier: i. — 6 Février: n. —6 Mars: 19. — 3 Avril: 2R. — 
i* T Mai: 97. — 5 Juin: 107. — 3 Juillet: ni. — 0 Octobre: 257. — 
6 Novembre: 270, — 4 Décembre: 277. 


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316 


Société d’Emulation nu Bouhbonkais 


Articles publiés par nos Membres 

Pages. 

Hidkai* (Léon). Documents sur Bcllonaves. 13S 

BRINON (D r DK). I.e Buste de Cusset . 74 

Bri’KL (Georges). Les Régions Economiques et le Bourbonnais 

(Fuite et Fin) . 53-115 

— (Kil ou Aumance . 1/1 

Bvrias (Léon). Le Trésor des Chartes de Busset, d’après un 

Inventaire du XVIir siècle. 125 

CAPELIX (Edward). Compte-Rendu de la XX* Excursion: Hé¬ 
risson. 161 

DelaUjUK (Ernest). E^sai de formation dans 1 Allier, pendant la 

guerre de 1870-71, d’un Escadron d Eclaireurs h 

cheval. 42 

GREGOIRE (Louis). Une curieuse Coutume itinéraire à Hérisson. 255 

Gl’ILLAUMIN (Joseph). Le Trésor de la Forêt de Grosbois. 146 

MORAND (Gabriel). La Navigation à vapeur sur l’Ailier. 66 

TIERSOXMF.R (Philippe). Le Père Bobynet, Jésuite, et son Horo¬ 
graphie ingénieuse . 63 

*— Quelques notes sur Hérisson et MeiUers: 

Sources de l’Histoire d’Hérisson, 191 : — Familles du 
nom d’Hérisson, 194; — Quand les sires de Bourbon 
sont-ils devenus seigneurs d Hérisson?; L’Hommage 
aux Comtes de Champagne pour Hérisson, 202; «— 

La Chapellenie du château d’Hérisson, 209; — La 
Charte de Franchise d Hérisson, 211 ; — Villandrando 
à Hérisson, 212; — Notes diverses sur Hérisson, 214; 

— Essai d’Armorial hérissonnais, 223; — Famill s 
d’Hérisson, 226: — Maillets, 256. 


Chronique, par Kkgfmoutfs 

Nos Confrères. — MM. le C hanoine Clément ; Lassimonne, 93; — 
MM. Roger Elie; P. Ilerblay; Léon Bideau ; A. Bardet ; René 
Moreau;; Ad. Favre; Aug. Bernard ri A. Meillet; Lavault, 156; — 
MM. Joseph Bourdérioux; Butai; Jacques Chevalier; Ant. Mallat; 
D r de Brinon ; C. Montagne; J. Yiple; Léon Bideau; R. de la 
Barre; M** 0 J. Béraud; colonel dr Saint-Hillier; R. Moreau, 295. 

Nos Compatriotes. — MM. Peyronnet et Vidal, 0^; — M. Marcel 
Dunan, 156; — M. J. Monirat, 296. 

Miettes d'histoire locale. — Recensement de 1921, 93; — Le Crime de 
Marcelange, 157; — Une Catastrophe, 296. 

A travers les Lettres. Banville à la Comédie Française, 95; - 


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Table des Matières 


317 


Le Centenaire de Banville; M. Marcel Bercer, 157; — Le Cente¬ 
naire de Banville* à Moulins, 296. 

Beaux-Arts. — M ,h ‘ Tissier; Les Salons de 1922, 94. 

Notes Bibliographiques. — 95, 157, 297. 

Conférences Bourbonnaises. — 158. 

Carnet de deuil. — Abbé Larondc, 93; — Mgr Douhet, 15O; — Jean 
Coulon, 295. 

Antiquités et Curiosités Bourbonnaises. — 95, 296. 


Communications faites en séance 


Bardet (Amédée). Un tronçon de voie romaine entre Bègues- 

Cannat-Chantelle. 

— Ancien gué gallo-romain sur la Sioule. 

— Ta* Château de Beauvoir (Echassières). 

Bot RDKRlorx. Le Berceau d’Henri IV. 

— Deux plaques de l'Hôpital de Bourbon. 

Brino.n (l) r DK). Vitrine gauloise au Musée de Moulins. 

— Le Père Talon, s. j. 


— Pièce d’état-civil signée de l'Amiral d’Orvillicrs. .... 

— La station néolithique de Marmin, à Saint-Prix. 

Découverte* d ossements à Saint-Bonnet. 

Brtki, (lieorgcs). La Sologne et la Limagne bourbonnaises. 

— Le Ba>sin du Haut-Cher. 

— La Phototopog raphie. 

Une note de notre compatriote, M. L. Besson, sur la 

Mortalité* . 


Pages. 

272 

272 
2/2 

1 ÎO 

259-278 

26 

265 

2 06 

273 
28O 

0 

1 5 
34 

102 


— Le Canal Moulins-Sancoins. 

— Le Siège du lÿ Corps d'Arniée après 1S71. 

— La ligne La Jonc hère-Saint-( iermain. 

BlRIAS (Léon). La Loge du gardien de Busset. 

Clément (Ch n “ J.). Tallcmant des Réaux et le Bourbonnais. .. 

— Les Souterrains de Chantelle. 

-- Les Pouilles de I église de N él is. 

— Le Coq du clocher de Coulandon. 

— Ph. Colomb et les Epitaphes des Sire*- de Brosse à 

Huriel. 

— Diplômes de thèse de 1751. 

— Plans de l’Ailier aux Archives Nationales. 

• 

CkftPiN-l.KUi.ONU. Fournier de Cus-ci. 


Dumont (Abbé Ph.). Questions de bibliographie l>ourbonnaise. 

— Ch. de Chanterler et !.. Chataigner de la Rocheposay. 
GALFIONE. Les Xoms de Rues do Moulins. 


267 

1 7 S 

282 

102 

5 
3 - 
33 
2 73 


274 

280 

280 

3 f > 

35-104 

282 

263 


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318 


/ ■ 

Société d’EmulatIon du Bouhbonnais 


GéNERMONT (Marcel). Le Centenaire de Banville. 

HauKSPII.L. Passade de souverains à Moulins. 

Morand (Gabriel). L’orfèvre Arnould du Vivier. 

— Le Comte de Bussy-Rabutin à Moulins, en 1640. 

Pavaii.i.on (Paul). Le Coq du clocher de Coulandon. 

ROY (André). Deux haches, pierre polie, trouvées à Tronget. .. 

Sauatikr. Un fait-divers de la vie moulinoise, en 1776. 


TiKRSONMKR. Un curieux ex-libris monastique. 

— L’origine du nom des Bataillots. 

— Fondation d’une Vicairie à Monestav. 
— L’ancien château du Plaix (Ygrande). 
— Trois vieilles inscriptions bourbonnaise 




\\ Al.THKR (Victor). Le Lycabas de Reugny. 
— Notes sur Naint-Caprais. .. 


Paçcs. 

2 57 
:(*) 

-7 

10 5 

106 

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37 

114 

266 

281 

281 

281 

264 

284 


L’intermédiaire des Recherches et des Echanges 


Familles de Chouvigny et de Culant, qi. — Poteries de Coulan¬ 
don, qi. — L’abbé des Gallois de la Tour, qi. — La dixme de 
Saint-Bonnet, q2. — Nicolas de Bligny et Cérillv, 159. — 
Le meuble du Centre de la France, 159. — Les habitations 
types du Bourbonnais, 159. — Loys de Marsac; Michel Gil¬ 
let ; Ch. de Chantccler, 294. 


Communications et Articles divers. 


Programme de la XX e Excursion. 39 

Publication des Conférences Bourbonnaises. -. 23-25 

Etat des Finances et Budget 1922. 24-28 

Le plan d’agrandissement de .Moulin-. 33-113 

l.a catastrophe de Laguian. 257 

Les fauteuils de la Bibliothèque. 263-271 

Modifications aux Statuts et Règlement intérieur. 276 

Numéros de Y/lluslratiou et du Momie illustre consacrés à l’Ai¬ 
lier. 281 


Errata . 293 

Liste des membres et abonnés . 298 

Liste des Sociétés correspondantes . 312 

Bibliographie. — U Afrique iiqiMtonale Iruuçaise, par G. Bruel 

(Ch"*' Clément). 82 

— Monographie de Mottlaigu-le-Hlin, par J. Morel (D r 

de Brinon). 85 


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Taule des Matières 


310 

-j._ 

Pages. 


Bibliographie. - La Vie agricole sous VAncien Régime dans 
le A ord de la h rance, par le vicomte de Galonné 
(G. Milcent). 148 

— Au pays Saint-Amandois , par H. de I.aj'uérenne. 22 

— La Faïence de Moulins, par R. de Quiricllo (Ph. Tier- 

sonnier. 287 

— • Le Maroc, par A. Bernard (G. Bruel). 290 

— Souveau Guide de Moulins, par K. Capelin. 291 

— Un singulier Chevalier de l'Ordre de Saint-Jean de 

Jérusalem, par Ph. Tiersonnier. 291 

— Vichy Médical, par le docteur Therre. 292 

— Les Voies romaines du Berry, par K. Chcnon (D r de B.). 292 

Nécrologie. — M. Pierre Gantier (Ch no Clément). 76 

— M. Abel Chabot . 11 

— MM. le chanoine Emile Moilron, P. Fagot, F relie. .. 19 

— .M n, ‘ Flachaire de Roustan . 19 

M. Joseph Faulqnier . 28 

M. de Bal tare . 278 


Dons à la Bibliothèque 

Anonyme. Stances et ivuvres poétiques de J. de Lingendes .... 26» 

Bardot (A). Dessin (le la grotte de Billv. 258 

Bruel (G.). La XVIF Région Fconomique et le Bourbonnais. 262 

Bernard (A.). Le Maroc . 104 

— LHabitation rurale des Indigènes de l Algérie . 112 

G A DELIN (Ed.). I.e Xoureau Guide de Moulins .;. 262 

ClIÉNON (Em.). Les I oies romaines du Berry . 262 

DkuniÈRE (L.). Lots de brochures, affiches, etc... de la période 

révolutionnaire. 97 

GRÉGOIRE (L.). Guide d'Hérisson . 100 

UacksI'II.L (H.). La Fermeture de Centrée dune Grotte à Atn- 

Beida . 27b 

Janet (Ch.). Considérations sur IFire vivant . 109 

I.AGUÉRENNE ( 11 . DE). Au pays Saint-Amandois . 22 

Mo.vriI.LlET et GranDMOU.IN. Photographies de > Excursion, no-in 

MOREAU (R.). Le Bourbonnais en minutes . 108 

.MosNIER (G.). Plaquette renfermant des articles relatifs à l’ex¬ 
pulsion des Trappistes de Sept-l'ons. 27 

PLACE (G.). Physiologie des Faux minérales de Vichy (Cl. Ma- 

reschal). 109 

Ql’IRIELI.E (R. DE). La Faïence de Moulins . 278 

SOKNIER (Gabriel). I ne Réserve dans la Sologne bourbonnaise. 262 

Therre (D r ). Vichy Medical . 262 

TlERSONNIKR (Ph.). / n singulier Chevalier de l'Ordre de Saint - 

Jean de Jérusalem . 262 

VOUILLOUX. Portrait de M. A. Bertrand. 286 


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Société d’Kmulation uu BouhbonnaIs 



Illustrations hors texte 


Pages. 


Croquis de la Généralité de Moulins, 
(Ci. Bruel). 

Les Chemins de 1er du Bourbonnais (G. 
1 e petit Village île Chateloy (Harpi^nie: 
Croquis du Bassin de l'Œil ((i. Bruel). . 


d 


/ 


apres 


Br uel). 


Jaillot 


(1700) 


53 

57 

» 7 - 


lllustratlons dans le texte 

Pierre Gautier. 

Le Château de Busset avant sa restauration. 

Le Lycabas de Rcujjny (Dessin de MM. Hcrblay et Walther). 

Hérisson en 1833 (Dessin de Bariau). 

La Synagogue d Hérisson (Cl. Montilliet). 

Vue de l'Aumance près Cosne (Belin-Dollet). 

Ruines du château d’Hérisson (Harpijjnies, Delaigue). 

— — — (Leprat). 

Porte de ia Varenne â Hérisson (l)utasta). 

Hérisson en 1833 (Dessin de Leprat, d'après Bariau). 


*33 
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161 

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Lf Gérant : t. Rpvfc*er. 


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